L'Union de Reims du 8 avril 2005
( France-Monde)

" Aucune possibilité pour l'opposition de se faire entendre "

Le Rémois Ali Coubba sera aujourd'hui à Paris
pour manifester devant l'ambassade de Djibouti

Réfugié politique depuis 1991 après avoir été torturé à Djibouti, Ali Coubba est désormais installé à Reims où il enseigne dans un lycée. Opposant au régime en place dans son pays, il vient de créer un nouveau parti d'opposition qui, avec tous ceux déjà en place, appelle au boycott des élections.

Pourquoi demandez-vous aux électeurs de ne pas se rendre aux urnes ?

L'adoption du multipartisme en septembre 2002 à Djibouti ne s'est jamais concrétisée dans les faits. On est toujours dans la pratique d'un système de parti unique. Il n'y a pas de presse libre, pas de liberté d'expression, pas de possibilité pour l'opposition de se faire entendre. Ce boycott, une première à Djibouti, décrédibilisera aussi l'élection du candidat unique et nous renforcera dans notre action.

Comment expliquez-vous cette relative indifférence de l'opinion internationale ?

Djibouti représente un intérêt géostratégique pour les nations et il convient donc pour les États d'entretenir de bons rapports avec le pays. La France y est historiquement impliquée depuis longtemps avec une de ses bases militaires les plus importantes dans le monde. Après le 11 septembre, les États-Unis, mais aussi l'Allemagne et l'Espagne y ont aussi installé une présence militaire conséquente. Tout cela fait que les gouvernements ne cherchent pas à faire trop de vague sur ce qui se passe dans notre pays.

Qu'attendez-vous de ces élections ?

Je suis persuadé que l'opposition en sortira crédibilisée au plan local mais aussi aux yeux des organismes et des médias internationaux. Nous devrons être plus radicaux, en exploitant le caractère quelque peu illégitime du pouvoir avec, pourquoi pas, un scénario à l'Ukraine ou à la Géorgie ?

Recueilli par Grégoire Amir-Tahmasseb

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Le mot du président
N°4 - avril 2005

Les élections
"piège à dictateurs"

 


Ali Coubba

Le chef de l'Etat djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, s'est fourvoyé en se précipitant auprès du rassemblement politique qu'il a créé (U.M.P.), afin d'être adoubé et désigné en tant que candidat unique de la majorité sortante. Cet adoubement lui a donné l'impression d'être un " élu " - dans le sens religieux du terme. Car, en République de Djibouti, ni Ismaël Omar Guelleh ni son prédécesseur ne peuvent prétendre avoir été des 'élus du peuple', dans le sens commun du terme. C'est pourquoi, étant quelque part illégitime, leur pouvoir s'est toujours caractérisé par des pratiques violentes et arbitraires.
En croyant que le scrutin présidentiel allait être une promenade de santé pour lui, le chef de l'Etat a sans doute sous-estimé la révolte populaire qui gronde dans le pays. Il a aussi sous-estimé l'état de maturité de l'opposition djiboutienne. Après avoir avalé nombre de couleuvres, celle-ci a compris que toute participation électorale est destinée davantage à crédibiliser le régime en place qu'à renforcer la démocratie à Djibouti.
Par-dessus tout, il a oublié de méditer sur le sens du mot " élection ". l'élection implique toujours l'intervention du peuple et des citoyens, même lorsqu'on cherche à les duper. Pour l'ancien chef d'escadron de torture et l'un des commanditaires de la tuerie d'Arhiba (décembre 1992), les périodes électorales étaient censés représentées une période festive où l'on joue à se faire peur. Où l'on éprouve quelques frissons agréables à peu de frais. Mais les élections sont aussi des pièges " à dictateurs ", à condition que l'opposition assume son rôle de force d'alternance.

Les élections sont des pièges " à dictateurs "

La Géorgie, l'Ukraine, la Kirghizie viennent de renverser, quasiment sans effusion de sang et sans violence, les dictatures qui les gouvernaient. Exploit considérable si l'on mesure l'état de tensions intérieures et de blocages socio-politiques de ces pays soumis depuis plus de 50 ans à des régimes autoritaires. Une simple révolte populaire, conduite par une opposition déterminée, a suffi pour renverser les chefs d'Etat qui se croyaient protégés derrière le rempart dérisoire d'une armée à leur solde et des services secrets nationaux et étrangers qui verrouillent la société civile.
A l'intérieur de leurs pays respectifs, ces présidents trop sûrs d'eux, à l'instar d'un Ismaël Omar Guelleh, comptaient avant tout sur la force de leur appareil de répression et la crainte que celui-ci suscite auprès d'une population apeurée. A l'extérieur, la protection symbolique d'un voisin puissant, (la Russie ici, la Syrie là) et plus ou moins déclarée, croyait-on, était capable d'annihiler le sentiment de révolte auprès d'une population aux prises avec des impératifs physiologiques de base (nourriture, santé, logement, etc.).
A Djibouti, certains croyent à tort que le slogan "IOG a le soutien de la France" est de nature à paralyser l'activisme des francophiles et des opposants. On voit que c'est notre prétendu chef de l'Etat qui cultive le fétichisme et la magie des mots, pour se rassurer. En baptisant "UMP " le rassemblement qui le soutient et qu'il a créé de toute pièce, à l'exemple de l'U.M.P. de Jacques Chirac, qui cherche-t-il à faire peur ou à séduire ? Le message s'adresse plus à l'homme lui-même qu'à la population djiboutienne ou à la France. Décidément, nous n'évoluons pas dans le même monde que les dictateurs. La crise économique tend provisoirement à détourner la population des préoccupations politiques. Mais cela ne dure pas éternellement. Tôt ou tard, la révolte qui gronde trouve des organisations et des hommes politiques honnêtes et déterminés, capables de l'incarner et de la canalyser dans le bon sens.

Au Liban, en profitant de l'indignation soulevée par la mort de l'ancien Premier ministre M. Rafic Hariri, le peuple réclame le départ des forces syriennes afin de recouvrer la souveraineté de son pays. Cette récla-mation est en passe d'aboutir sous l'influence croisée des Libanais et de l'opinion internationale.

Partout où les dictatures tombent, à la faveur d'élections contestées, on observe le même phénomène. Après des décennies de soumission feinte et de silencieuse réprobation, le peuple comprend qu'il peut changer les choses. Il comprend que s'il est bon de résister et de contester une autorité injuste, le mieux est encore de conquérir ses droits par la force. Cette force dont nous parlons n'a rien de violent. Elle correspond à la force du droit. le peuple a le droit d'utiliser des moyens pacifiques pour être écouté et respecté par ses dirigeants.

Il est clair qu'en République de Djibouti, la liberté d'expression ou de manifester doit être conquise comme l'ont fait les Géorgiens, les Ukrainiens et les Kirghizes, par la force du droit. Descendons dans la rue en étant organisés et avec des mots d'ordre clairs et précis.

A.C.
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Au sommaire
de mars 2005 (N°4)

- Le mot du Président

- Editorial : Uguta (Toosa) critique l'autorité traditionnelle)

- Le scrutin présidentiel du 8 avril 2005

- Une réflexion d'un militant de Uguta (Toosa)

-Nouvelle arrestation des membres de l'opposition à Tadjoura

-Extrait interview de Mohamed Kadami

- Extrait article de J.A./L'Intelligent sur le scrutin présidentiel

- AFP : Election élecorale à sens unique

- Rfi : la partie est jouée d'avance

- Dernières nouvelles des élections présidentielles (Communiqué de l'UAD)

-L'Union de Reims du 9 avril 2005

- Nouvelles de Djibouti du 9 avril

-Centre-Presse (Houmed Daoud)

-L'Union de Reims (Ali Coubba) - 8 avril 2005

 

 


Editorial

Uguta (Toosa) critique l'attitude de l'autorité traditionnelle

Notre grand écrivain et nouvelliste, Abdourahman A. Wabéri, parle dans un article paru dans Le Web de L'Humanité (http://www.humanite. presse.fr/journal/2005-03-24/2005-03-24-459054) de la " peur ". " Même loin, j'ai peur ", affirme-t-il avec raison. Si un écrivain d'une telle trempe dont les écrits sont traduits à travers le monde dans plusieurs langues, qui vit depuis plusieurs années en France, dans un Etat démocratique où la peur plus paranoïaque que réelle touche une infime partie de la population, il y a de quoi s'interroger sur ce qui se passe en République de Djibouti.
Abdourahman A. Wabéri a surtout peur pour sa famille, son entourage, ses amis et pour ses concityens. bref, pour l'avenir de son pays. Parce qu'"à Djibouti", confesse-t-il,"il existe ce que j’appellerais, en me référant à Foucault, « le dressage des corps ». Cela n’a rien à voir avec la politique. Chacun est un rouage dans un système. Si tu grippes la machine, elle t’éjecte. Le dressage est collectif, le pion isolé. L’élément perturbateur est immédiatement repéré. Personne ne peut faire le début du début d’un mouvement."

IOG ne respecte personne

S'il est naturel d'avoir peur, quand on vous parle de l'"Affaire Borrel" - assassinat d'un français - et d'empoisonnement des opposants djiboutiens (dossier de Abdallah Deberkalé) et de mort suspect (général Yacin Yaabé), le soutien apporté à Ismaël Omar Guelleh par les pouvoirs traditionnels afar (sultan et vizir) dans le cadre du scrutin présidentiel prévu pour le 8 avril, paraît tout à fait incompréhensible. Est-ce que s'ils ne sont pas informés sur ce qui se passe actuellement à Djibouti ? Ne voyent-ils pas que des hommes et des femmes lutter pour leurs droits et leurs libertés ? Avec l'avènement de la démocratie, ne savent-ils pas qu'ils seront respectés, leurs propos commentés et leurs fonctions reconnues ? L'autorité du sultan n'est pas vaine. Il importe d'en faire un bon usage.

"Migaq kee maaqo" (l'honneur et la survie)

Ce n'est pas par conviction politique que le sultan et le vizir expriment leur soutien politique mais par crainte de perdre des avantages financiers et le statut social, déjà érodé, qui est le leur. Sans dédouaner les autorités traditionnelles de la responsabilité politique et sociale qui leur incombe et des valeurs de probité et de neutralité qu'elles représentent dans la société afare, il faut indexer le véritable responsable. C'est le système politique instauré à Djibouti qui pousse la société civile à courber l'échine devant le pouvoir et à se prostituer. Néanmoins, il est impossible de se taire devant une attitude qui déshonore toute la communauté nationale. Nous sommes d'autant plus critiques que nous préconisons l'instauration de la dignité du sultanat et sa fonction d'autorité morale et juridique - à réajuster bien entendu avec les organisations judiciaires étatiques. Et le rétablissement du sultanat de Goba'ad : il est normal de refaire ce que le pouvoir colonial a défait.

Si Abdourahman A. Wabéri évoque cette peur insidieuse qu'il ressent à 6000 km de Djibouti-ville - et ce n'est pas la première fois - son témoignage n'est pas un simple constat. Il dénonce "un système clanique, mû par une logique traditionnelle". Il signale la dérive d'un pouvoir autoritaire. Il décrit le fonctionnement suicidaire d'un pouvoir rejeté, honni et combattu par une écrasante majorité de la population djiboutienne.

Lorsque les enjeux politiques vont s'aiguiser, espérons que le sultan et le vizir ne resterons pas dans l'expectative. Nous ne vous disons pas "Soyez téméraires ". Nous disons :Ayez, le moment opportun, le sursaut de courage et de lucidité. Ayez le courage de dire NON.

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UGUTA -TOOSA

Reims (France), le 3 avril 2005

 

NON AU SCRUTIN PRESIDENTIEL ORGANISE LE 5 AVRIL 2005
NON A LA DICTATURE
NON AU POUVOIR AUTORITAIRE
NON A L'AUTOCRATIE

Notre parti politique Uguta (Toosa) - Uguta en afar et Toosa en somali - prône l'instauration d'une véritable démocratie dans notre pays, une démocratie fondée sur le multipartisme qui intègre à la fois nos valeurs politiques, nos traditions et nos coutumes en matière de respect de l'individu et des groupements humains.

Comme vous le savez, toute l'opposition djiboutienne a appelé au boycott du scrutin présidentiel prévu pour le 8 avril 2005. Notre parti a, dès sa création, décidé de boycotter les élections électorales à cause :

- de l'absence des libertés fondamentales dans notre pays : aucun individu ne peut parler librement, encore moins critiquer le pouvoir en place ;

- du bâillonnement des partis d'opposition qui n'ont pas la possibilité de diffuser librement leurs organes de presse internes ;

- du monopole exclusif exercé par l'ancien parti unique (RPP) sur les médias nationaux (journal La Nation et la RTD) : ce qui constitue un déni grave de libertés d'expression puisque l'opposition n'a pas accès à ces médias;

- du constant quant à l'impossibilité pour les partis d'opposition d'assurer, par leur intervention, le bon fonctionnement d'une société tolérante et démocratique ;

- des pratiques de violence, d'intimidation, de corruption et de licenciement abusif du régime politique installé dans notre pays ;

- de la dictature qui a fait le lit de la pauvreté, de la misère et de l'analphabétisme ; et un chef d'Etat, Ismaël Omar Guelleh, irresponsable, corrupteur et corrompu.

Uguta (Toosa) demande à ses militants et à ses sympathisants de ne pas prendre part à cette élection électorale. Il s'agit d'une simple farce, d'une mascarade qui consiste à plébisciter un dictateur qui a déjà ruiné notre pays.

Uguta (Toosa) appelle à ses militants et à ses sympathisants à soutenir les démarches politiques de l'U.A.D., et de diffuser les informations publiées sur notre site.

Ali COUBBA
Président de Uguta (Toosa
Reims le 04 avril 2005

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Brève réflexion d'un militant de Uguta (Toosa)
en afar


" Depuis que j'ai atteint lâge de la raison (kas baheemih), on parlait dans ma famille de mêmes hommes politiques. De 1977 à 1995, dans mon entourage les personnes et les partis politiques que l'on décrivaient comme des rebelles, des révolutionnaires, et parfois des héros méconnus, avaient pour nom : Mohamed Adoyta, Mohamed Kamil, Ismaïl Ibrahim, Iwad Daoud, et MPL, FDLD.
Personnellement, je n'ai jamais été membre d'un parti politique. Seulement un sympathisant du FRUD. Aujour'dhui je me sens proche de Uguta (Toosa).

Avec l'avènement du FRUD, j'ai eu la chance de rencontrer et de discuter avec beaucoup de dirigeants dont on disait du bien. D'autres personnalités, que j'ai connues plus tard, passent pour être les fondateurs de ce front armé auquel j'ai beaucoup cru. Il paraît que Ougoureh Kifleh, Iwad Daoud, Mahamd Ahado, Mohamed Kadami, Abbaté Ebo, ont participé à la création de ce front.
Durant toutes ces années, ces hommes ont défendu une certaine idée du progrès (bisoh maxco) et de démocratie pour moi. On les admirait. On les décrivait comme les " futurs dirigeants " d'un pays libre où tous les Djiboutiens seraient des frères.
Leurs propos laissaient croire que leur franchise était totale. D'après eux, " l
e régime de Hassan Gouled était l'ennemi juré du peuple afar. Son but visait à faire disparaître de Djibouti la langue et la communauté afares. "
Pour Ougoureh et Jean-Marie, l'actuel président de la république, Ismaïl Omar Guelleh, et Moumin Bahdon, formaient les hommes les plus dangereux pour l'avenir de la République de Djibouti.(Qafarah arrabat artan).
Regardez aujourd'hui, ce qu'ils sont devenus. Après avoir lutté durant vingt ans pour instaurer la justice et le droit dans le pays, ils affirment aujourd'hui le contraire. Ougoureh Kifleh et Ismaïl Ibrahim disent :
" Ne parlons plus du passé. I
smaïl Omar Guelleh est devenu fréquentable. Hassan Goued est un héros national."

C'est le monde à l'envers.

De tous les anciens du FRUD, il n'y a que Mohamed Kadami à qui je continue à faire confiance, il ne s'est pas sali avec ce régime. Tous les autres se sont transformés en ennemis de justice, de démocratie et de toute idée d'égalité. Je suis qu'ils sont aussi contre toi (Ali Coubba) et contre nous. "
A. I.

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Arrestation des membres de l'opposition
djiboutienne à Tadjoura

(Mardi le 05 avril 2005)

Nous venons d'apprendre qu'il y a eu des échauffourées à Tadjoura et à Obock, deux villes situées au nord de la République de Djibouti. Les forces de l'ordre sont sur les nerfs, elles veulent coûte que coûte empêcher la mobilisation de la population civile ou des sympathisants de l'Opposition qui cherchent à faire passer le mot d'ordre de boycott du scrutin présidentiel du 8 avril 2005.

Ce matin, un certain nombre de militants de l'opposition, qui ont été libérés après avoir fait l'objet d'arrestation arbitraire de l'Etat, viennent de nouveau d'être arrêtés. Nous sont parvenus les noms suivants :

- Mlle Fatto Omar
- Habib Houmad Abdallah
- Bourhan Abdoulkader "Babbiyyou"
- Abbas Mohamed Osman
- Hassan "Dalga"
- Aden Mohamed Abbakari

L'avènement a appris une nouvelle tournure puisque, parmi les partisans de l'opposition arrêtés, quatre sont transférées sur Djibouti-ville : Fatto Omar, Habib Houmad, Hassan "Babbuyyo", Abbas Mohamed Otban. Ce dernier, séparé de ses camarades, ferait l'objet d'interrogations à la Brigade criminelle de Djibouti-ville.

En attente d'être transférés à Djibouti-ville, Hassan "Dalga" et Aden Mohamed Abbakari (dit Adan " Mourriita ") seraient gardés à la prison de Tadjoura.

Il s'agit d'une nième violation et d'intimidation de la part d'un pouvoir désarçonné par le boycott organisé par l'ensemble de l'opposition djiboutienne. Les autorités djiboutiennes provoquent des tensions pour pouvoir justifier par la suite les répressions contre les opposants.

Service " Information et Presse "
Uguta (Toos
a)

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Un extrait de l'interview donnée par M. Mohamed Kadami au quotidien L'Humanité du 06 avril 2005.

-------------------------------MONDE---------------------------------------

DJIBOUTI
Une présidentielle piégée

Le sortant Guelleh est seul candidat à sa propre succession. L'opposition s'est retrouvée pour appeler les citoyens à boycotter le scrutin. Vendredi 8 avril, les électeurs djiboutiens sont appelés aux urnes pour une présidentielle. Qui a ceci de particulier : Ismaïl Omar Guelleh, chef de l'État sortant, est seul en lice. Rencontre avec Mohamed Kadamy, responsable du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (FRUD), principale force d'opposition aux dictatures successives de Hassan Gouled, puis de son neveu Guelleh.

Pourquoi le boycott de l'opposition ? Ne risque-t-il pas de se retourner contre les mouvements ayant lancé ce mot d'ordre ?

Mohamed Kadamy. Si l'opposition dans son ensemble a décidé de boycotter le scrutin, c'est parce qu'elle constate l'impasse dans laquelle se trouve le processus démocratique à Djibouti. La proclamation du multipartisme en septembre 2002 ne s'est pas traduite par un authentique processus de démocratisation (...) Guelleh n'est pas prêt à accepter le verdict des urnes... D'autre part, le FRUD, qui avait déjà boycotté les législatives et qui, tout naturellement, avec le soutien d'un certain nombre d'associations de la diaspora, a préconisé un comportement identique pour la présidentielle (...) Aujourd'hui, le mécontentement populaire a atteint un niveau tel qu'il devient urgent pour elle de trouver les voies et moyens pour réfléchir à cette phase décisive. L'après-8 avril ? C'est une incertitude pour l'opposition, mais aussi pour le président. La notion de boycott actif n'a pas de précédent à Djibouti, et c'est de l'activité des militants de l'opposition que dépendra la mobilisation. Côté pouvoir, il y a la crainte de ce qui pourrait se passer à l'ouverture du second mandat de Guelleh.

Le FRUD parle d'une situation de " ni guerre ni paix ". C'est-à-dire ?

Mohamed Kadamy. Deux accords de paix ont été signés par le gouvernement avec deux tendances du FRUD. Aucun n'a été appliqué. Non seulement les causes à l'origine de la guerre n'ont pas été solutionnées, mais, aujourd'hui, nous assistons à la multiplication des casernes au Nord et au Sud-Est, régions où les militaires se conduisent en pays conquis. J'ajoute que la situation de " ni guerre ni paix " vient d'être confirmée par l'assassinat de deux membres du FRUD, à une trentaine de kilomètres d'Obock, le 31 mars. Assassinat perpétré par un détachement militaire, violant le cessez-le-feu tacite observé depuis février 2000.

Djibouti accueille la principale base militaire française à l'étranger. Viennent de s'y ajouter une base US et la présence de navires de guerre de la " coalition antiterroriste " orchestrée par Bush, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...Votre pays est-il condamné à ce rôle de " porte-avions " de l'Occident ?

Mohamed Kadamy. Certains pays sont victimes de la richesse de leur sous-sol, l'Irak ou l'ex-Zaïre, par exemple. D'autres sont victimes de leur site. Djibouti est connu pour sa localisation éminemment stratégique.
Durant des années, il était qualifié de " porte-avions français " ; après le 11 septembre, l'intervention en Afghanistan, puis celle en Irak, les États-Unis, mais aussi l'Allemagne y ont installé une présence militaire importante. Il faut aussi souligner que la présence française a déjà, plus d'une fois, sauvé ce régime d'une déroute militaire face au FRUD. Et que la présence américaine vient encore conforter l'intransigeance du dictateur Guelleh. Le FRUD refuse que Djibouti soit considéré comme une sorte de " terra nullus ". Il y a ici 600 000 personnes, de chair et d'os, qui souffrent d'une dictature impitoyable depuis vingt-huit ans, de l'oncle Gouled au neveu Guelleh. Quelles que soient les mannes financières perçues, elles servent au président et à son entourage pour maintenir la population sous la pression de la pauvreté ! (...)

Le 19 octobre 1995, le corps calciné du juge français Bernard Borrel était découvert non loin de la ville de Djibouti. Cette " affaire " disparaît et ressurgit périodiquement. Le nom du président a été évoqué. Votre opinion à ce propos ?

Mohamed Kadamy. L'affaire Borrel a connu une telle médiatisation d'abord grâce à la détermination et au courage de Mme Borrel, qui n'a jamais accepté la thèse du suicide, celle répétée contre vents et marées par le chef de l'État djiboutien. Un système de défense qui conduit à se demander si lui-même et son entourage ne cherchent pas à occulter les vraies raisons de la mort du juge... La justice française doit faire toute la lumière sur les causes et les commanditaires de ce meurtre. J'ajoute qu'il existe à Djibouti des centaines d'affaires de ce genre et qu'il faudra bien que les commanditaires aient un jour à répondre de leurs actes.

Entretien réalisé par Jean Chatain (http://www.humanite.fr/).

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Voici un extrait de l'analyse proposée par JA/ L'Intelligent n°2038 du 3 au 9 avril 2005 au sujet du scrutin présidentiel du 8 avril à Djibouti. C'est nous qui mettons en gras l'argumentation très orientée du journaliste, pour ne pas dire surréaliste. Il faut lire ce texte en le confrontant à l'article ci-dessus. L'on n'y parle apparemment pas du même pays !!!

DJIBOUTI Sans adversaire, Ismaïl Omar Guelleh, chef de l'État sortant et candidat à sa propre succession, est sûr de l'emporter à la présidentielle du 8 avril.

Comme dans un fauteuil

Cherif Ouazani

"Entre la présidentielle d'avril 1999 et celle du 8 avril 2005, les électeurs djiboutiens ont déjà relevé de notables différences. La première a été marquée par le retrait du président sortant, père de la nation et de l'indépendance, Hassan Gouled Aptidon, et par le fait qu'il y avait eu deux candidats: le vainqueur, Ismaïl Omar Guelleh, soutenu par une coalition autour du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (R.P.P.), et le battu, Moussa Idriss, investi par l'opposition. En 2005, la course à la magistrature suprême ne concerne que le président sortant. Le multipartisme intégral (auparavant, la Constitution limitait l'activité politique à quatre partis) est pourtant en vigueur depuis septembre 2002."

Le commentaire de Uguta (Toosa) : Le journaliste, qui s'est rendu récemment à Djibouti, feint d'ignorer la réalité politique de la République de Djibouti, où l'opposition est réduite, en matière de libertés d'expression à sa plus simple expression. Un seul organe de presse interne, appartenant à l'A.R.D., survit vaille que vaille aux persécutions du pouvoir. Les autres bulletins d'opposition, usés par le harcèlement incessant de la censure étatique, ont abandonné la partie. On trouve à Djibouti le spectacle bien connu du déquisement et du faux-semblant des roitelets africains et arabes. Le discours est avenant, volontiers "démocratique", tandis que les pratiques imposetn au citoyen la loi du silence, l'intimidation, la suspicion et la peur.

Pourquoi l'opposition n'a-t-elle pas jugé utile de présenter un candidat contre le président Ismaïl Omar Guelleh? " La certitude de perdre ", affirment les partisans du chef de l'État. " Les jeux sont faits ", assurent ses détracteurs. L'explication tient sans doute à la disparition du leader charismatique de l'opposition, Ahmed Dini. L'ancien Premier ministre, chef de la rébellion sécessionniste afar entre 1992 et 2000, grande figure de l'échiquier politique djiboutien, est mort le 12 septembre 2004, laissant sa formation orpheline face aux indéniables succès d'Ismail Omar Guelleh"

Le commentaire de Uguta (Toosa) : Certes, la disparition d'Ahmed Dini a laissé un vide au sein de l'opposition et dans le pays. Mais le boycott a une explication logique. Le boycott relève d'une stratégie raisonnée. Avant d'accepter la compétition, l'opposition exige un minimum de transparence du jeu électoral. Or l'appareil d'Etat, les services publics, les médias nationaux sont entièrement inféodés au bon vouloir du candidat sortant. Dans ces conditions, il faut être irresponsable pour concourir dans une compétition truqée d'avance. Contrairement à ce que laisse supposer JA/L'intelligent, cette élection sera semée d'embûches pour Ismaël Omar Guelleh. Fini le "poker menteur". Commencent les véritables enjeux politiques.

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FRS0151 3 1 0647 DJI /AFP-LG71 (AFP)

La campagne électorale à Djibouti: à sens unique (DOSSIER - REPORTRGE)

par Béatrice DEBUT

DJIBOUTI, 7 avr (AFP) - Sur les taxis, sur les portails de luxueuses villas, sur les murs d'entreprises, seuls sont placardés des portraits du chef de l'Etat djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, candidat unique à la présidentielle de vendredi.
L'opposition...a appelé au boycottage...
"Si on met une affiche, tout de suite on est arrêté", assure Mohamed Daoud Chehem, le président d'une des formations de l'opposition, le Parti djiboutien pour le déueloppement (P.D.D.).
Affirmation démentie par le chef de l'Etat : "Ce n'est pas moi qui vais les empêcher" de poser des affiches, assure-t-il.
Pas de doute, en revanche, sur les écrans de télévision: la seule chaîne djiboutienne, la Radio Télévision de Djibouti (RTD), contrôlée par les autorités, "ne donne pas accès, ou très peu, à l'opposition", constate un diplomate occidental qui a requis l'anonymat.
"Le journal télévisé de la RTD est un matraquage publicitaire pour le président", note un observateur international, uenu pour surueiller le déroulement des élections et qui a lui aussi requis l'anonymat.
Le fils aîné du président, Liban, travaillait mercredi soir dans un studio de la RTD au montage d'un sujet sur le dernier meeting de son père, a constaté un journaliste de l'RFP. Liban n'appartient pourtant pas à l'effectif de la RTD, mais collabore à une entreprise de climatisation, selon ses propres indications.
Le chef de l'Etat sortant, surnommé I0G (Ismaïl Omar Guelleh), a déployé les grands moyens pour faire campagne, bien qu'il soit assuré de l'emporter, en l'absence d'autre candidat.
Des véhicules 4x4 flambant neufs, portant des autocollants "IOG 2005", sillonnent la capitale en diffusant des chants patriotiques. (...)
D'immenses banderoles, "avec IOG, la démocratie avance", "Partager les fruits de la croissance", sont accrochées aux principaux carrefours de la ville.
"Le pouvoir a la trouille de l'abstention, d'où cette campagne massive depuis quelques semaines", explique un autre diplomate.
"Déjà qu'il n'y a pas de candidats d'opposition, si l'abstention est forte, ce n'est pas bon pour l'image de Guelleh à l'extérieur", renchérit un troisième.
Et tous les moyens semblent bons pour gagner des électeurs. Depuis le début de la campagne, environ 3 tonnes de khat, plante euphorisante largement consommée à Djibouti, sont distribuées chaque jour aux partisans du président sortant, notamment devant le siège de son parti, selon des sources concordantes.
Dans ce contexte, l'opposition, qui manque cruellement de fonds, "est écrasée par le rouleau-compresseur" du pouvoir, note un des diplomates. Elle s'est d'ailleurs montrée extrêmement discrète pendant la campagne, organisant seulement quelques rassemblements, dont le standing n'a rien à voir avec ceux des partisans du président sortant.
Les sympathisants de l'opposition arrivent à pied. Ceux d' I OG sont transportés en bus, mis à la disposition par le parti du président, l'Union pour la majorité présidentielle (UMP).

Les partisans de l'opposition brandissent des fanions faits main, auec le sigle UAD (Union pour l'alternance démocratique, coalition de l'opposition). Leurs opposants agitent des fanions imprimés à l'effigie du président.
Les premiers portent leurs vêtements de tous les jours, les seconds des casquettes et des tee-shirts verts, la couleur de l'UMP.
Cette campagne massive du président a évidemment un coût. Selon des sources concordantes, les principaux commerçants de Djibouti-uille ont été fortement incités à participer à son financement.

bed/gu/jg RFP

Commentaire de Uguta (Toosa) : N'en doutons pas : l'opposition et ses dirigeants sortiront crédibilisés de cette élection. lls auront conforté leur unité et compris l'intérêt d'oeuvrer ensemble. Ils auront montré à leur peuple leur sens du devoir et leur capacité d'assurer l'alternance en République de Djibouti. Dorénavant, si IOG n'en prend pas conscience, au moins les ambassadeurs, les organismes et les médias internationaux devront tenir compte de la voix de l'opposition.

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http://rfi.fr/actufr/articles/064/article_35332.asp

 

Djibouti
Présidentielle: la partie est jouée d'avance

La campagne pour l'élection présidentielle se termine comme elle a commencé : avec un seul et unique candidat, le président sortant, Ismaël Omar Guelleh qui visite les principales agglomérations du pays et qui appelle les Djiboutiens à ne pas bouder les urnes.

La campagne officielle pour l'élection présidentielle du vendredi 8 avril se referme sans grand suspense. Le président sortant, Ismaël Omar Guelleh est le seul candidat en lice pour ce scrutin. L'opposition dans son ensemble ayant décidé de boycotter cette consultation, le président Guelleh a la course gagnée d'avance. La seule inconnue est le taux de participation. Ismaël Omar Guelleh est assuré de se succéder à lui-même, malgré le ton très humble qu'il a adopté lors de ses différents meetings en appelant ses concitoyens à juger "si j'ai rempli mes engagements antérieurs et de décider si je mérite le renouvellement de votre confiance", déclare-t-il. L'issue de la consultation ne fait aucun doute, mais le clan présidentiel redoute la désertion des bureaux de vote, ce qui ferait le jeu de l'opposition qui appelle au boycott du scrutin.

Ismaël Omar Guelleh, âgé de 58 ans, est le candidat de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP). En avril 1999, il avait été élu pour un mandat de 6 ans en succédant à Hassan Gouled, le premier président de Djibouti qui a accédé à l'indépendance en 1977. Ismaël Omar Guelleh avait été élu avec 75% des suffrages. Il brigue son second et dernier mandat comme le stipule la constitution. Le président, confortablement élu, dispose également d'une majorité exclusive à l'assemblée nationale. La mouvance présidentielle avait raflé la totalité des 65 sièges de l'assemblée nationale à l'issue des élections législatives du 10 janvier 2003. L'opposition avait dénoncé une fraude massive.
L'opposition unie boycotte

Le multipartisme intégral, instauré en 2002 qui modifie un autre texte limitant le nombre de partis politiques à quatre n'a pas changé la donne politique à Djibouti. Le Front pour la restauration de l'unité de la démocratie (Frud) qui avait lancé en 1991 une rébellion armée s'est transformée en parti politique en en septembre 2002 et devient l'Alliance républicaine pour le développement (ARD), le principal mouvement de l'opposition. Son leader, Ahmed Dini Ahmed, ancien Premier ministre, meurt en septembre 2004 et laisse l'opposition politique sans représentant charismatique.
Le Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD), l'Union de la jeunesse djiboutienne (UJD) et le Parti djiboutien pour le développement (PDD), ont chacun renoncé à présenter un candidat et se retrouvent avec l'ARD au sein d'une coalition, l'Union pour l'alternance démocratique (UAD) pour former un bloc politique contre le pouvoir du président Guelleh. Après avoir en vain demandé la refonte et la révision des listes électorales qui datent du scrutin législatif contesté de 2003 et la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l'opposition s'est résoud à un boycott total de la présidentielle du 8 mars. A son mot d'ordre s'associe un autre mouvement en exil, "UGUTA, Allons de l'avant", en langue Afar. Houmed Daoud, le représentant à l'information de ce mouvement publie un communiqué dans lequel il signale l'arrestation de six personnes, accusées de faire campagne en faveur du boycott.

Depuis quelques jours les autorités djiboutiennes ont lancé une campagne de sensibilisation et de retrait des cartes d'électeurs au moment où les partis de l'opposition signalent aux organisations de défense des droits de l'Homme et à la communauté internationale toutes les irrégularités qui empêchent, selon eux, un bon déroulement du scrutin. En revanche, une vingtaine d'observateurs de la Ligue arabe, de l'Union africaine et de l'Organisation internationale de la francophonie sont déjà présents dans la capitale djiboutienne pour vérifier le bon déroulement des opérations. Ils seront secondés par des observateurs de l'Union européenne, du Canada et des Etats-Unis et se répartiront la supervision des bureaux de vote, deux cent-huit au total. Pour une population de 750 000 personnes, un peu plus de 200 000 électeurs sont appelés aux urnes. Pour l'opposition le nombre de bulletins nuls et les abstentions donneront la mesure de "la crédibilité ou non de Guelleh."

Didier Samson (r.f.i.)
Article publié le 07/04/2005
Dernière mise à jour le 07/04/2005 à 11:24 (heure de Paris)

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Union pour l’Alternance Démocratique - U.A.D –
(A.R.D, U.D.J, M.R.D)


Djibouti, le 8 avril 2005


COMMUNIQUE DE PRESSE


Par son ampleur sur l’ensemble du territoire national, le boycott actif prôné par l’UAD a clairement démontré que, si les conditions de transparence électorale existaient, ce régime serait sévèrement sanctionné par le verdict des urnes. A midi, le taux de participation n’a certainement pas dépassé les 10%, avoisinant même 2 à 3% dans certains districts.

Même par leur systématicité, le bourrage des urnes, les votes multiples par électeurs itinérants et la falsification de procès verbaux, ne pourront ni occulter la réussite du boycott ni crédibiliser une élection qui, de toute évidence, n’a pas eu lieu.

Son recours excessif à la violence étant proportionnel à son degré d’illégitimité, le régime a ordonné à ses forces répressives de violemment disperser le rassemblement pacifique tenu ce matin devant le siège de l’UDJ à l’avenue Nasser.


Ainsi, aux alentours de 11h 30, la Police a chargé les manifestants à coups de grenades lacrymogènes ; des tirs à balles réelles ont également été entendus.

Le bilan de cette répression sauvage s’établit comme suit :

- Une centaine de personnes, à majorité des femmes, encore détenues au centre de Nagad ;

- De nombreux blessés, parmi lesquels le codirecteur de publication du journal Réalité, M. Mahdi Ibrahim, hospitalisé pour une triple fracture du bassin. Certains autres ont été passés à tabac au moment de leur passage au commissariat de Police ;

- Enfin, le siège de l’UDJ devant lequel se tenait le rassemblement est toujours assiégé par les forces de police.

En donnant ainsi libre cours à ses réflexes répressifs, le régime a démontré toute sa fragilité face au verdict d’illégitimité dont le Peuple Djiboutien vient aujourd’hui de le sanctionner sans appel.

C’est pourquoi, confortée dans la justesse de sa position, l’UAD est déterminée à maintenir son mot d’ordre de mobilisation jusqu’à ce que le candidat non-élu s’incline devant une volonté populaire si clairement exprimée sur l’ensemble du territoire national et contre laquelle il ne pourra plus gouverner.

L’UAD exige que toutes ses militantes et tous ses militants soient immédiatement libérés, afin que la tension ne dégénère pas.


Le Président de l’UAD
Ismaël Guedi

LISTE DES PERSONNES INTERPELLEES PAR LA POLICE
LE VENDREDI 8 AVRIL 2005 AU RASSEMBLEMENT DE L’UAD


I) FEMMES

HABIBA IDRISS GOULED
ISMAN AOULED MIGUIL
FATOUMA MOHAMED ALI
ROUMANA ABOUBAKER HOUMADE
HASNA HAMADOU DABALEH
SAIDA MOHAMED ABDOU
ABBAMALLE MOHAMED ALI
ASSAWKA DAOUD MOHAMED
MADINA MOHAMED ADEN
HASNA ALI ADEN
AMINA AHMED
FATOUMA GAAS
AICHA OMAR SOULEKI
KADIGA HOUSSEIN HAISSAMA
DORO MOHAMED
MADINA ALI ASKAREH
AYAN MOHAMED DJAMA
BAHJAR DARAR
AMINA GUELLEH BOUH
MADINA ASSOWEH
HAWA BOUH
AMINA AHMED HASSAN
FATOUMA YOUSSOUF HOUMED
HASNA MOHAMED IBRAHIM
HASNA AHMED MOHAMED
MAKO HOUSSEIN MIGUIL
AICHA YOUSSOUF
YOUSSOUR DIRIR
HEMEDA HOUSSEIN MOHAMED
KADIGA HOUSSEIN
SAMI HOUMED
GOHARA OMAR
ASSIA ALI MOHAMED
AMINA HAMADOU
FATOUMA BOUH
FATOUMA AHMED
AMINA ALI AHMED
RANA MOURAD ABDO

II) HOMMES

AHMED ALI HAMADOU
SALEH OMAR IDRISS
ABDO IDRO ALI
HOUSSEIN AHMED SAID
MOHAMED ALI HASSAN
TAHER IBRAHIM HASSAN
AHMED ABDOURACHID IBRAHIM
ABDOURAHMAN ALI HOUMED
AWAD AHMED ABSIEH
AWALEH ABDILLAHI DJAMA
ADEN FARAH KAMIL
NAGUIB HASSAN IDE
MARTIN GUY
FARAH MOHAMED FARAH
MAHDI ABDILLAHI GUEDI
HADILI IBRAHIL GUIRREH
SAID ABRAR ABSIEH
MOUHYEDIN HASSAN ABSIEH
MOHAMED AMBASSA MOHAMED
ALI ABOUBAKER HOUMED
AHMED ALI FARID
IBRAHIM MOUMIN HOUMED
AHMED GUESSALEH MOUSSA
YOUSSOUF SALEH KAYAD
HASSAN ABDILLAHI
ALI ABDOULKADER
WASSANO OUDO
MOHAMED TAHIRO
YOUSSOUF NAGUILEH
AHMED ABDALLAH
NASSER AHMED
AHMED MOHAMED AHMED
MOHAMED ALI MOHAMED
MOHAMED HASSAN IDRISS
ADEN OMAR YAIDI


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L'Union de Reims du 9 avril 2005

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Les nouvelles de Djibouti du 09 avril...

" Il est 13h13 et je t'écris rapidement les dernières nouvelles du pays.

Les communiqués de Uguta (Toosa) mais aussi celui de l'U.A.D. ont très bien circulé dans notre milieu. Aujourd'hui beaucoup de personnes sont en prison : une centaine, disent les gens. J'en connais personnellement des jeunes femmes et de jeunes garçons. Hier (le 8 avril), Kassim Ali Dini était recherché. S'il y a une quelconque nouvelle à ce sujet, je te contacterais….

Il y a une rumeur qui circule comme quoi d'autres personnalités seraient arrêtées au cours de cette semaine. Pourquoi ? Parce que certains sympathisants ont écris sur les murs de la cité d'Arhiba et imprimés sur des tee-shirts des mots d'ordre et des " injures " (affirment les officiels) en afar de type : Ibbixa Oobisa Garqa (I.O.G.). Il s'agit d'une expression signifiant " Attrappez, destituez le voleur " qui mettent en évidence les initiales d'Ismaïl Omar Guelleh.

Hier (le 8 avril 2005), à midi, les opposants ont tenté de fermer les 12 bureaux de vote. d'Arhiba, de Makkat-al Mukarram, de quartiers 6 et 7, où on annonçait des fraudes massives.
L'armée est intervenue et a ouvert de force ces bureaux de vote. Je n'ai jamais vu dans ma vie un tel déploiement de force à Arhiba. Toute la citée était bouclée. "

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Quotidien Centre-Presse (Poitiers)

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