Merci
Monsieur Ismaïl Omar
de légitimer notre combat...
Ali Coubba
La
presse internationale se donne à cur joie au spectacle
ridicule de notre candidat-président. Celui-ci vient d'être
plébiscité au cours d'une élection présidentielle
où il était seul devant les électeurs djiboutiens.
Il n'a eu à affronter, pour ainsi dire, que ses propres divagations
et paranoïas. Le candidat sortant, affirme la presse officielle
qui est aux services de l'homme fort du pays, a gagné le référendum
avec un score de 96 ,3%. Cela revient à une autocélébration,
à une autosatisfaction béate.
Nous
sommes en l'an 2005. L'Afrique a de nouveaux dirigeants, de nouveaux
leaders, capables de porter ses espoirs de développement. Les
Bokassa, les Mobutu, les Siad Barré, les Menguistou et d'autres
roitelets africains, dictateurs ubuesques plus vrais que nature, ont
disparu de la scène africaine et internationale. Le dernier d'entre
eux, Eyadéma, un dirigeant brutal qui n'avait aucun goût
pour le déguisement, vient de rendre l'âme il y a quelques
mois. Nous croyions à tort que le temps de cette caste de
"rois nègres" qui ridiculisait l'image de l'Afrique
était révolu. Eh bien, non ! En République
de Djibouti, un avatar grotesque de cette espèce survit et prospère
en la personne d'Ismaïl Omar Guelleh. Un prétendu chef d'Etat
qui s'inscrit dans la lignée de ces dictateurs chamarrés
comme un totem, se nourrissant d'éloges et de célébrations
de pacotille. Personnages assoiffés de pouvoir et d'attributs
guignolesques, que l'on rencontre plus dans les livres que dans la réalité.
Ce que fait Ismail Omar Guelleh est pitoyable.
Avec
un chef d'Etat, comme le nôtre, la presse internationale ne va
pas s'ennuyer. "Le sortant Guelleh est seul candidat à
sa propre succession" affirme L'Humanité (6/04/05).
"Présidentielle à Djibouti: un seul candidat,
le président sortant" écrit AMI (6/04/05). On
a enfin trouvé, à Djibouti, le remplaçant de Bokassa
1er.
Les
champions de la bonne gouvernance sont frappés
d'amnésie
Merci Ismaïl Omar Guelleh de contribuer, grâce
à votre intolérance et à votre aveuglement, à
la lente et irréversible maturation des idées de changement
dans l'esprit des Djiboutiens. Enfermez-vous dans votre rôle
de " chef " du clan Mamassane ou de votre sous-clan. Permettez-moi
de ne pas vous appelez " président ", par respect à
cette noble fonction. Merci
de légitimer, de crédibiliser encore plus notre
image et notre discours.
Merci
au gouvernement français de ne pas soutenir la démocratie
à Djibouti et en Afrique. Merci de dire une chose et de faire
son contraire. Bravo pour votre brillante diplomatie qui boude les opposants
quand ils sont dans l'opposition et leur étale le "tapis
rouge" quand ils accèdent au pouvoir.
Merci
à l'Union africaine, toujours fidèle à sa tradition
: " Suivons le mouvement qui nous a toujours réussi ".
Sachez que, lorsque vous vous taisez devant des élections truquées
ou la spoliation des voix du peuple, vous ratez des occasions et des
opportunités d'honorer vos prérogatives. Continuez
à fermer les yeux face aux blocages démocratiques qui
font le lit des guerres civiles. Après vous allez pousser
les cris d'orfraie !
Merci
l'Union européenne, aux associations et fondations faisant
la promotion de la démocratie dans le monde, de favoriser
l'avènement des sociétés démocratiques en
subventionnant et en graissant l'Etat en place et des associations
- prétendue société civile - servant d'intermédiaires
présentables aux dictateurs en perte de vitesse
Merci
aux Etats-Unis de briller par la rhétorique et les déclarations
fracassantes pour la démocratie et les libertés mais de
ne rien faire dans un pays où vous avez une base militaire,
susceptible de vous donner une relative influence auprès de l'administration
djiboutienne.
Continuons la lutte pour la Démocratie
L'élection
présidentielle du 8 avril 2005 a consacré la victoire
d'une idée : celle de l'unité de l'opposition.
Elle souligne la consistance d'une force politique longtemps marginalisée
dans notre pays. Cette unité de l'opposition ne doit pas se
militer géographiquement au pays. Elle doit aussi embrasser
les opposants de l'extérieur sur la base d'un programme commun.
D'ailleurs, aux yeux du pouvoir en place, qu'ils soient légalisés
ou non, nos partis sont logés à la même enseigne.
Que
doit faire l'opposition djiboutienne pour exploiter la brèche
ouverte dans la forteresse de Ismaïl Omar Guelleh ? Comment affaiblir
davantage et discréditer un homme qui ne dispose plus d'une réelle
légitimité aux yeux de l'opinion internationale ? Lire
Les propositions ci-dessous de Uguta-Toosa.
Que
faire maintenant ?
Les propositions de Uguta (Toosa)
Notre
parti politique, Uguta (Toosa),considère que le boycottage
de l'élection présidentielle s'est déroulé
exactement comme nous l'espérions. L'aveuglement du candidat
sortant l'a amené à commetre l'irréparable sur
le plan politique, en acceptant de maintenir le planning d'une élection
qui ne pouvait que générer, en cas d'absence d'un challenger,
le discrédit et la condescendance à l'égard de
Ismaïl Omar Guelleh. Cette première phase correspond à
une belle réussite.
La
deuxième phase doit avoir pour objectif d'informer l'opinion
nationale sur la portée et la signification des résultats
de cette élection. Il est clair que tous les Djiboutiens ne saisissent
pas encore la raison pour laquelle l'opposition se félicité
de la façon dont le scrutin s'est déroulé.
La
troisième phase devrait porter sur la construction de l'unité
de toute l'opposition djiboutienne autour d'un programme commun et d'une
instance de concertation. Le temps n'est plus à la jalousie,
à l'amour-propre mal placé. Je vais dire crûment
: "Chassons le dictateur d'abord, ensuite les démocrates
pourront laver les linges sales entre eux".
Plus
que jamais, il est vital que que l'opposition prenne des initiatives,
organise des rencontres entre ses membres à Djibouti ou à
l'étranger et montre sa capacité à débattre
sur des sujets constituant de véritables enjeux pour notre pays.
Par exemple, pourquoi ne pas organiser des élections au sein
de l'U.A.D. pour nommer un nouveau bureau politique, afin de montrer
ce qu'on appelle des élections démocratiques ?Pourquoi
ne pas faire une manifestation silencieuse le jour où Ismaîl
omar Guelleh va prêter sermon ?
L'opposition
djiboutienne vivant à l'étranger
A
destination de l'opposition djiboutienne résidant à l'étranger,
Uguta (Toosa) propose :
-
la mise place d'une instance de concertation en Europe, au Canada
et aux Etats-Unis entre tous les partis et personnalités
appartenant à l'opposition djiboutienne ;
- l'élaboration d'un programme commun autour des concepts
de démocratie, de libertés et d'égalités,
etc.
- l'élection d'un bureau politique qui sera renouvelé
tous les ans ;
- la définition d'un programme à réaliser durant
l'année 2005, etc.
Les
Associations seraient les bienvenues en tant qu'observateurs. Il est
normal que nous leur donnions le gage de notre volonté de lutter
contre l'arbitraire, les violations des droits de l'homme et toutes
formes d'injustice.
L'idéal
serait que tous les partis
appartenant à notre famille politique, qu'ils soient à
Djibouti ou à l'étranger, se fédèrent autour
d'une seule instance de concertation. C'est
la solution la plus sage, la plus responsable et la plus efficace si
l'on veut éradiquer la dictature dans notre pays.
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L'Afrique
n'a pas besoin de démocratie
mais d'être nourrie !!!
L'AFRIQUE
n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie. C'est
la principale leçon que l'on peut retenir
des attitudes et des propos tenus par le chef de l'Etat français,
depuis plusieurs années. Il
est mal venu de parler, en Afrique, de démocratie et de violations
de droits de l'homme.
Le
communiqué de félicitations du présidentJacques Chirac au président-autoproclamé, Ismaïl
Omar Guelleh, ne le dément pas :
"J'ai
le plaisir de vous adresser, à titre personnel et au nom du
peuple français, mes chaleureuses félicitations, à
l'occasion de votre réélection à la magistrature
suprême de la République de Djibouti.
Tous mes voeux vous accompagnent pour la poursuite de votre activité
en faveur de l'unité nationale et du développement
économique et social de votre pays ainsi que de la réconciliation
régionale.
Vous savez que les relations anciennes et durables entre nos deux
pays me tiennent personnellement à coeur. Votre réélection
nous offre l'occasion de les développer encore, en surmontant
ensemble les obstacles à leur approfondissement.
Vous pourrez, à cet égard, compter sur mon soutien sincère,
ainsi que sur celui de la France.
Présence américaine et inquiétude
française
Que le chef de l'Etat français, Jacques Chirac,
adresse une missive protocolaire félicitant son homologue-autoproclamé,
Ismaïl Omar Guelleh, n'a rien de scandaleux. Qu'il émette,
dans les circonstances actuelles, les vux que les " obstacles
" soient aplanis entre son pays et Djibouti, relève du
bon sens. Parce que l'imprévisible autocrate djiboutien
a provoqué, suite à l'" affaire Borrel ",
une crise diplomatique. Arguant que la presse et la justice françaises
cherchent à le déstabiliser, il a expulsé sept
ressortissants français et ordonné la fermeture de l'antenne
de radio France internationale (R.f.i.). Sans doute les intérêts
géostratégiques de Djibouti valent bien quelques humiliations
! Ismaïl Omar a transformé le différend juridique
en une crise diplomatique. D'où l'embarras des autorités
françaises de gérer cet imbroglio juridico-diplomatique.
D'une part, cette " Affaire Borrel " qui n'en finit pas
de faire des remous. D'autre part, la présence d'une base américaine
à Djibouti qui met à mal le monopole français
au cur la Françafrique, une chasse-gardée qui
passait pour être un sanctuaire inviolable. Il y a de quoi s'inquiéter
si l'on se rappelle que le président américain mène
une diplomatie qui contredit le statu quo prôné par la
France. Sa politique internationale appelle à la démocratisation
urgente des Etats dictatoriaux. Dès la fin de l'année
2003, devant la Fondation Américaine pour la Démocratie,
le président Georges Bush avait affirmé que "La
liberté doit être l'horizon de tous les pays ".
A l'adresse de ses homologues occidentaux, il avait ajouté
que " pendant 60 ans l'Occident a excusé et a accepté
l'absence de liberté au Moyen Orient et ceci n'a pas renforcé
notre sécurité, et en fin de compte la stabilité
du monde ne peut être obtenue au prix de la liberté."
Le risque de la surenchère de la part de
la France
Paris a choisi son camp : celui du profil bas.
Son silence assourdissant sur le déroulement d'une élection
présidentielle surréaliste témoigne de cette
politique. La démocratie est, entre Paris et Djibouti, le
sujet qui fâche. Alors, Chirac suggère de ne plus
parler avec les roitelets africains des sujets qui fâchent.
Jusque-là rien d'alarmant. Mais le risque existe que les autorités
françaises fassent de la surenchère pour plaire au "roi"
djiboutien. Et puis, de quoi nous plaignons-nous ? Nous, les Africains
et les Français qui luttons contre le cynisme de l'Etat français,
sommes depuis longtemps familiers des jeux de moins en moins troubles,
pour ne pas dire cyniques, de Paris. Consolider et favoriser la stabilité
des régimes établis, tels sont les maîtres mots
de la politique française en Afrique. Depuis 1981, Paris
soutient à Djibouti, le régime de parti unique, sans
jamais dévier de sa trajectoire. La preuve nous est administrée
depuis 28 ans. L'épisode le plus grave est survenu en 1992-1993,
lorsque Paris a trahi la confiance des dirigeants du FRUD. Ses manuvres
dilatoires ont contribué à la victoire de l'armée
djiboutienne sur la résistance armée, en prétextant
le déploiement des troupes françaises sur la ligne de
front en 1992. Enfin, aujourd'hui, le silence devant la dictature
d'un président-plébiscité, non élu selon
les normes démocratiques, nous donne des informations édifiantes
sur la position de principe des autorités françaises.
Pourquoi Jacques Chirac ne fait pas référence
à la démocratie ?
Si le chef de l'Etat français ne fait aucune
référence à la démocratie, cela tient
à deux considérations : l'une d'ordre économique,
l'autre d'ordre idéologique. Jacques Chirac, ni d'ailleurs
son prédécesseur, n'a jamais été un partisan
de la démocra-tisation de l'Afrique. Un tel processus des pays
francophones remettrait en cause, non pas les intérêts
supérieurs de la France, mais certains intérêts
occultes des entreprises et ressortissants d'origine française.
Au sein de la Françafrique, l'argent (sous toutes ses formes)
conditionne et explique bien de compromissions. C'est la contrainte
économique. Jacques Chirac a déjà tenu des propos
(peu dignes) en Côte d'Ivoire en déclarant que l'Afrique
n'avait pas besoin de démocratie. En décembre 1993,
il a récidivé en Tunisie dans le but de conforter son
homologue tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, qui n'a jamais été
élu d'une manière démocratique. La Tunisie est
sans doute, après la République de Djibouti, l'Etat
de la Ligue arabe le plus policier - la Syrie mise à part.
Dans ces pays, une myriade d'espions et d'agents de renseignements
surveille les faits et gestes du citoyen. Lors de sa visite en Tunisie,
J. Chirac a annoncé sa conception idéologique de l'Etat
en Afrique. " Le premier des droits de l'homme, c'est manger,
être soigné, recevoir une éducation et avoir un
habitat", a-t-il déclaré.
Donc, retenons la leçon donnée par Chirac. En premier
lieu, nous suggère-t-il, il convient d'assouvir les besoins
économiques d'un peuple avant de lui octroyer les libertés
publiques. Avant de le laisser parler librement, il faut le nourrir
et le soigner.
Or comment peut-on savoir si l'être humain
privilégie la liberté de s'exprimer ou la nourriture,
si on l'interroge pas sur ce dilemme? Qui est-ce qui a décidé
que le peuple tunisien préfère d'abord manger avant
de s'exprimer librement ? Est-ce qu'il n'aime pas disposer autant
de son libre arbitre que de confort économique ? Bien sûr,
pour tout être humain, être nourri, éduqué
et soigné est primordial. Mais étant d'origine nomade,
donc appartenant à une société où la liberté
est une valeur intrinsèque à l'être humain, le
Djiboutien ne conçoit pas que l'on puisse hiérarchiser
les besoins économiques et l'une des valeurs fondamentales
de l'homme : la liberté. Mais que faire lorsqu'un régime, sévissant depuis
28 ans, s'avère incapable de réaliser et l'un et l'autre
?
Fiiruk:
Doolat afak yaaba mari yanim faxximata.
Usun Baaxoh lon mala, Baaxoh ummattal xayyosaanam keenil tan.
Saduh tan Eglah afak yaaba mari yan, kaadu. Too mari, sinni
mala Baaxoh ummattal xayyoysam faxximta. Toh cakkik lon. Madqat taniimiiiy,
Xintot taniimi.
Waraakit qidne edde tan alsa, Doolat kulli eglah (Doolat
afak yaaboonay, hinnay Saduk tan
eglah afak yaboonay) inki gide takke. Raadiyot, Doolat afak yaaba
mari inki saaqat edde yaabek,
Sadu tan Egla inki saaqat yabtam cakkik le.
Waraakit
qidne gita leeh, madqa le
Saduh
num kol aaneewek, waraakit qidne maqna mali,
is edde cabtam, maro ma mudda (entériner,
accepter ).
Saduh num kol gace week, Waraakit qidne akku ma dudda.Tekkek, kaamol
ayyo xeqsittakkal, cakkil akke ma dudda.
Yi
toobokoy, nanu Uguta (Toosa) migaaqal, sin essernam :
-
Sinni cakkih, ugutaay, esserita ;
- Tengleenih inkim itteenik, Dolat cayli tu siinil baahu ma duuda
;
- Ismaaqil Qumar Geelle baaxo bayse numu (garqqinok sa edde yanim
mali) ;
- Dollat inki gide neh takke, amook num tet mali.
10/04/05
ALERTE : la situation pourrait devenir rapidement
explosive à Djibouti.
La France et les USA pourraient-elles avoir à
défendre des intérêts contradictoires en cas de
crise politique majeure à Djibouti ? Tous les ingrédients
pour des mouvements populaires répétés et de grande
ampleur semblent avoir été réunis.
D'un
côté, un dictateur qui a asservi la population, ruiné
l'économie, aboli toutes les libertés, violé les
Droits de l'Homme, dénaturé la Justice, anéanti
les système éducatifs et sanitaires.
Une famille régnante qui s'est enrichie honteusement en trafiquant
les comptes publics, en vendant le patrimoine national et en accaparant
toutes les richesses.
De l'autre, le Peuple exsangue, dont le niveau de pauvreté
n'a cessé de s'accroître dans des conditions dramatiques,
depuis des années. Ce même Peuple toujours contraint par
la force de voter et de faire semblant de soutenir officiellement, habillé
en petits hommes verts (par décision d'IOG), le dictateur unaniment
détesté, qui ne bénéficie plus que de quelques
rares supporters, issus :
-
soit de la famille et des proches : Djama le procureur, Djama Ali Guelleh
à l'EDD, le directeur de la Banque nationale, les généraux
Fathi et Zakaria, Hassan Saïd, etc..,
- soit des grands repentis : Me Aref, Aden Robleh, Moumin Bahdon, Kiffleh,
Gabayo et autres ... certainement moins solidaires avec le pouvoir,
dès lors que les effets de la débacle se feront sentir
...
Aujourd'hui, le dictateur ne dispose plus d'aucune marge de manoeuvre
; il n'a plus d'autre choix que de radicaliser, si cela est possible
encore, son régime et de le durcir pour réprimer les manifestations
d'opposition à son système, qui n'a aucun avenir de toutes
les façons.
Le
Peuple, qui a dépassé depuis longtemps les limites du
supportable, n'en peut plus et il prend brutalement la mesure de
ses droits légitimes et de sa force, face à l'injustice
promue au niveau de règle de Gouvernement. (...)
Mais
le dictateur et sa bande de sbires : Généraux, SDS, FNP,
ne vont pas se laisser faire sans résister et ils ne peuvent
que tenter de gagner une dernière bataille antidémocratique
afin de conserver leurs avantages et d'éviter de prévisibles
poursuites judiciaires pour crimes, viols, destruction et expropriation
forcée, et pour exécutions arbitraires et extrajudiciaires.
(...) Les appels de l'opposition sont clairs et les dirigeants savent
qu'ils ne faut pas relâcher la mobilisation, car l'occasion ne
se représentera pas tous les jours.
Le
Peuple djiboutien a le soutien des grandes associations internationales
qui sont informées régulièrement de la situation
et des conditions dramatiques que lui impose le Dictateur. Il faut absolument
qu'il puisse être appuyé par l'opposition en exil, pour
qu'elle multiplie les actions comme celles du 8 avril, afin de conforter
et de crédibiliser/ médiatiser ceux qui vont continuer
à manifester au pays (à l'exemple du peuple Togolais et
des manifestations d'exilés). (...)
La question qui se pose encore est de savoir quelle sera l'attitude
des forces militaires étrangères présentes sur
le territoire.
La France, comme d'habitude, serait certainement tentée d'intervenir
en faveur du maintien de la dictature et de l'oppression populaire,
en prétendant que les actions sont dirigées depuis l'étranger
et que son intervention serait légitime, dans le cadre des accords
de défense. Mais heureusement il y a aussi les américains
qui observent ... ce qui compliquerait probablement une tentative d'intervention
française.
Les Américains n'ont aucun intérêt à
défendre le système de Guelleh :
- d'abord, ils se doivent de protéger leur image de marque et
une intervention en faveur d'une dictature de notoriété
publique, ferait vraiment mauvais effet à l'heure actuelle où
ils cherchent surtout à démontrer qu'ils n'agissent que
pour l'instauration de véritables démocraties et pour
libérer les peuples ... de leurs bourreaux;
- ensuite, ils ont compris que le régime de Guelleh ne tiendrait
pas longtemps (affaire de jours, de semaines, de mois ?) et qu'à
terme l'opposition prendra les choses en main. Pour conserver leur position
stratégique, ils ont intérêt à ne rien faire,
s'ils ne décident pas discrètement de soutenir l'opposition
et ses actions;
- donner du fil à retordre à la France, comme c'est le
cas en Côte d'Ivoire ne déplairait certainement pas aux
Américains qui veulent s'imposer dans une Afrique encore partiellement
sous influence française.
Bref, la situation se tend un peu plus chaque jour. La fraude
électorale et les mensonges de Guelleh et de son Ministre de
l'Intérieur sont-elles la goutte d'eau qui fera déborder
le vase ? Rapidement, Guelleh sera contraint de multiplier la répression,
qui a déjà commencé avec de nombreux prisonniers,
dont de très nombreuses femmes.
Comment pourra-t-il éviter de commettre dans un proche avenir
les plus grandes bêtises de sa carrière (peu recommandable).
Fatalement, les institutions internationales seront obligés de
prendre position : U.E., ONU, etc... La France devra s'incliner face
aux critiques et elle tentera, sans y croire, de sauver les meubles,
enfin ce qui restera de ses positions.
Le Peuple djiboutien a toujours été ami des Français
mais il s'est fait "avoir" à de nombreuses reprises
par les politiques. (...) L'amitié et la confiance entre
les populations sont intactes, mais la France, en tant que Gouvernement,
n'a plus la même place dans le coeur des Djiboutiens et personne
ne pourrait leur donner tort.
D'où un paradoxe qui pourrait se révéler
consternant :
- la France aura intérêt à soutenir Guelleh pour
tenter de sauver des positions fortement compromises, contre les intérêts
du Peuple,
- les USA auront intérêt à soutenir l'opposition
pour consolider leurs positions stratégiques à Djibouti,
avec l'aval des habitants.
Comme dommage collatéral, on pourrait assister à une tension
grandissante entre les deux pays : France et USA. L'opposition aura
tout intérêt à jouer de cette situation, à
l'instar de ce qu'a fait Guelleh depuis plusieurs années, le
terrassant avec ses propres stratégies.
Ensuite, il ne restera plus à la France qu'à établir
le bilan de toutes les erreurs commises par sa diplomatie et de son
refus d'écouter les nombreuses mises en garde qui lui ont
été adressées par les opposants et par les Associations,
dont la nôtre qui ne cesse d'alerter le Gouvernement français
sur le danger qu'elle fait courir à une population au bord du
désarroi.
Bref, les jours du régime de Guelleh sont comptés, à
condition que le Peuple conserve l'initiative ( ) multipliant manifestations
pacifiques et actions de dénonciation des crimes et de la fraude
manifeste.
Nous sommes très inquiets au sein de l'Association des risques
de dérapage qui seraient la responsabilité du régime
aux abois, prêt à n'importe quelle action pour gagner
du temps, y compris à prendre la décision de commettre
l'irréparable et d'ordonner un bain de sang et des massacres
généralisés.
Les
débats pré-électoraux : un miroir
aux alouettes
L'organisation
des élections en Afrique est aujourd'hui une pratique courante
et fait partie du paysage politique. C'est une réalité
disons heureuse et il est tout à fait légitime de s'en
féliciter. Il n'est pas un mois qui passe sans qu'un pays africain
ne soit sous la lumière pour l'élection de telle collectivité
locale ou alors à un stade intermédiaire, l'élection
des représentants du pouvoir législatif (tantôt
assemblée nationale tantôt sénat), jusqu'à
l'élection suprême que constitue la présidentielle.
L'appellation importe peu.
Qui
y participe ? Pour quelles finalités ?
Ce
qui est autrement plus important, c'est le fait même que les citoyens
puissent exprimer leurs opinions dans de telles circonstances. Circonstances,
combien solennelles, car il s'agit de donner précisément
le vote à tout un chacun.
Les citoyens sons censés exprimer des opinions librement contradictoires
dans un débat démocratique.
Or essayons d'analyser le débat en dehors des élections.
Comment celui-ci est-il mené ? Qui y participe et quelles fins
? Souvent des colloques, des débats, séminaires
(Les expressions ne manquent pour désigner cette situation) sont
organisés. Les thèmes font illusion : " la question
de l'eau à Djibouti ", "La lutte contre la corruption",
" Les femmes et développement ", " La
lutte contre les mutilations sexuelles ", " L'Education
outil au service du développement ", " Le rôle
de nouvelles technologies de l'information ", etc. Ils sont
d'une grande richesse mais leur caractère répétitif
pose problème. On se demande encore pourquoi ces séminaires
existent, car dans le passé, les mêmes thèmes ont
déjà été utilisés et débattus.
L'élection
présidentielle est une diversion de plus
Autre
situation persistante dans le même registre que le précédent,
c'est la configuration même de ces débats.
Les thèmes peuvent porter sur des sujets d'une importance capitale.
Mais, ce qui est frappant, c'est le prétexte que constitue l'utilisation
de ces thèmes qui sont laissés à la libre disposition
des personnes qui participent à ces débats. Les pouvoirs
publics font croire qu'ils associent la société civile
aux décisions majeures qui intéressent le pays. Les
participants sont été triés sur le volet. Ils comprennent
les associations et conférenciers proches du pouvoir.
En réalité, ces thèmes n'ont aucune importance
pour le gouvernement. Il s'agit d'un défouloir pour les citoyens
comme l'est le khat d'une manière beaucoup flagrante et plus
nocive. Tant qu'ils peuvent s'exprimer sur ces sujets " secondaires
" tout va bien. En revanche, ils ne sont point invités à
s'exprimer sur les sujets qui touchent de première importance
que sont " La liberté d'expression ", "
La démocratie dans le pays ", " La place
de l'opposition dans les médias nationaux ". Le débat
sur l'organisation même du pouvoir politique n'est jamais laissé
à l'appréciation des citoyens. Surtout, les personnalités
de l'opposition ne sont pas associées à ces discussions.
C'est
là une situation commune que l'on rencontre dans beaucoup de
pays africains. Djibouti n'y échappe pas. Les séminaires,
les débats et les conférences se répartissent donc
entre thèmes bénins, jugés inoffensifs, et des
sujets jugés subversifs. Partout on assiste à ces mises
en scène. Dans ces conditions, le président sortant
- qui appartient à un ancien parti unique - évitera
d'aborder publiquement les véritables enjeux tels que le
tribalisme, le vol des deniers publics organisés par sa famille
et son clan, la disparité des revenus, la démocratie,
la place de l'opposition, etc. Finalement, en dépit de tapage
médiatique dont elle bénéficie, l'élection
présidentielle apparaît comme un épisode ennuyeux,
un spectacle désolant, une vieille pièce de théâtre
sans surprise et, de plus, de très mauvais goût. On
connaît les acteurs et leurs discours auxquels personne ne croît.
Quand est-ce que la République de Djibouti connaîtra
ENFIN de véritables élections démocratiques ?
Les
élections ne suffisent pas à enraciner la démocratie.
Elles n'incitent ni au partage ni au compromis
Il n'y
a point de démocratie sans élections. Mais il ne suffit
pas de convoquer les électeurs pour enraciner la démocratie.
Trop souvent, le recours aux urnes passe, en Afrique comme ailleurs,
pour une fin en soi, la panacée. Au risque du simulacre. L'isoloir
ne pallie pas le manque d'Etat, il ne soigne ni la famine ni le sida.
Il ne contient pas l'avancée du désert, ne muselle pas
les miliciens ni ne terrasse les corrompus. A quoi rime l'exercice
si la loi électorale ou le recensement font défaut?
Inattaquable en soi, le dogme du «Un homme-une voix»
peut hâter les replis
communautaires. Sur le continent, bien peu de leaders courent le
risque de défier les loyautés ethniques. En Centrafrique,
François Bozizé mobilise au nord, Martin Ziguélé
à l'ouest et André Kolingba chez les Yakomas du Sud.
En Côte d'Ivoire demain, la carte électorale clonera
peu ou prou la fracture Nord-Sud. Les Bété voteront
Gbagbo, les Dioula Ouattara et les Baoulé Konan Bédié.
L'opposition,
corsetée dans un multipartisme de façade, n'a d'autre
choix que l'exil, le cachot ou l'allégeance
Accompli
à l'échelon national, le «devoir citoyen»
n'invite ni au partage ni au compromis. C'est la rançon
d'une culture du «winner-take-all» - le vainqueur
rafle tout. Logique, quand on n'a secoué le joug colonial
que pour courber l'échine sous la férule des «héros
de l'indépendance». L'opposition, corsetée
dans un multipartisme de façade, n'a alors d'autre choix
que l'exil, le cachot ou l'allégeance.
A
Djibouti, la mort en 2004 de l'ancien Premier ministre Ahmed Dini
Ahmed l'aura laissée orpheline. Au Gabon, une obscure
querelle a précipité la scission du mouvement clandestin
«Bongo doit partir» Parfois, le putschiste
lave dans l'urne son péché originel. Le suffrage
universel, c'est aussi le bain de jouvence des despotes. Voilà
comment Robert Mugabe, icône antiapartheid de la Rhodésie,
deviendra le fossoyeur du Zimbabwe. Le bulletin de vote ennoblit
aussi la tentation dynastique.
Au Togo, Faure Gnassingbé revêtira la toge de son père;
au Gabon, Ali Bongo finira par hériter du sceptre d'Omar. Quand
la Constitution récuse le mandat en viager, on déniche
toujours un juriste dévoyé, français d'ordinaire,
pour la bricoler. Déployés au Liberia, en République
démocratique du Congo ou en Côte d'Ivoire, les contingents
onusiens conjurent le pire à grand-peine. Mais il arrive
que le dénouement électoral, même bâclé,
fournisse à leurs mentors l'alibi du désengagement.
Bien sûr, on entend d'ici couiner les théoriciens du
paternalisme racialiste: «Vous voyez bien que l'Afrique
n'est pas mûre pour la démocratie!» Comment
le serait-elle, quand l'Occident y a toujours préféré
l'autocrate obligeant au démocrate indocile ?
La
Fédération internationale des ligues des droits de
lHomme (FIDH) condamne les nombreuses irrégularités
observées au cours du scrutin présidentiel du dimanche
24 avril 2005, et les violences ayant entraînées la
mort dau moins 7 personnes ainsi que de nombreux blessés.
Ces informations lui ont été transmises par le chargé
de mission de la FIDH, présent dans le pays au moment du
scrutin et la Ligue togolaise des droits de lHomme (LTDH),
organsiation membre de la FIDH.
Ainsi, le chargé de mission de la FIDH a été
témoin dans le quartier de Bé de lexécution
extra-judiciaire dun manifestant. Le lundi 25 avril 2005 à
10h15 à côté de lhôtel Rosalie,
une voiture de police sest en effet présentée
au niveau dune dizaine de manifestants de lopposition
et depuis le véhicule, un agent des forces de lordre
à ouvert le feu touchant mortellement au front un manifestant.
Selon
les informations reçues, le déroulement du scrutin
a été entaché par des fraudes massives : bourrages
durnes, manipulation des listes électorales, distribution
en grand nombre de cartes électorales vierges aux partisans
du parti au pouvoir, comptage des votes dans le plus grand secret,
intimidations des partisans de lopposition, interventions
de militaires et de civils armés afin de prendre possession
durnes électorales, etc... Ces éléments
constituent de graves et flagrantes violations des droits de lHomme
et du droit à des élections libres et pluralistes
consacré par le Pacte international relatif aux droits civils
et politiques.
En
outre, les membres de la LTDH et dautres organisations de
la société civile ont été écartés
du processus dorganisation et de suivi de ce scrutin, des
médias indépendants ont été fermés,
des correspondants de la presse internationale ont été
empêchés de se rendre dans le pays et les moyens de
communication tels que les téléphones mobiles, les
fax et internet sont coupés depuis le milieu de laprès-midi
du 24 avril 2005. Ces faits constituent des violations systématiques
du droit de communiquer et dinformer garanti par les instruments
internationaux de protection des droits de lHomme.
La
FIDH considère ainsi que les conditions dans lesquelles sest
tenue cette élection sont en violation flagrante des principes
de transparence, de pluralisme et de libre détermination
du peuple garantis par les instruments régionaux et internationaux
en la matière.
La
FIDH déplore la caution regrettable apportée par la
France et la CEDEAO à cette mascarade électorale
Commentaire
de Uguta (Toosa)
Les
élections électorales en Afrique se suivent et se
ressemblent étrangement par la cohorte de déni de
libertés publiques des citoyens, cultivant une idée
naîve et fausse sur ce que représente l'Etat et le
service public, et par la gratuité des violences qui visent
les populations civiles. "Au moins 7 personnes"
ont pardu la vie parce qu'un fils d'un dictateur, préoccupé
uniquement par l'obsession du pouvoir, a décidé de
devenir "président du Togo". Tel père, tel
fils.
Maintenant qu'il est parvenu au pouvoir par des moyens les plus
contextables, il veut procéder à l'ouverture politique
en direction de l'opposition.
Le
scénario est désuet et ne rime à rien, si ce
n'est de légitimer un homme qui n'a pas respecté les
règles démocratiques. JE SAVAIS. VOUS SAVIEZ ET NOUS
SAVIONS QUE Faure Gnassingbé allait gagner cette élection.
Alors
pourquoi l'opposition en Afrique accepte-t-elle de jouer à ce
jeu absurde qui consiste de participer à un scrutin électoral
dont on sait d'avance les résultats ? La dictature risque d'exacerber
la division entre les ethnies, d'approfondir le fossé entre la
classe possédante et l'immense majorité des Togolais et
d'aggraver - on ne le sait que trop bien - les difficultés sociales.
Le
nombre des victimes s'accroît de jour en jour au Togo :
"Au
moins 22 morts à Lomé : c'est le bilan provisoire des
violences qui ont suivi l'annonce de la victoire de Faure Gniassingbé
- le fils du général-président Eyadéma -
à l'élection présidentielle de dimanche. Le candidat de l'opposition
Akitani Bob vient de se proclamer vainqueur du scrutin." (Richard
Labévière, Togo: le pécéhé
original, 28/04/05), RFI).
Mélès Zénawi, Premier ministre
de la République fédérale démocratique
d'Éthiopie entretien avec Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)
Paris, hôtel Raphaël, 16 avril 2005, 11h00
(...) LNA. Vous avez rencontré le président Chirac ce
matin. Que vous a-t-il dit ? Que lui avez-vous demandé et
qu'avez-vous proposé à la France, puisque qu'il s'agit
de relations bilatérales ? MZ.: (...) Nous avons discuté de questions bilatérales,
commerce, investissements, coopération culturelle et sur
tous ces points, nous étions d'accord. Nous étions
d'accord sur la coopération bilatérale, nous avons
aussi parlé des problèmes régionaux, les conflits
dans la région en Somalie, au Soudan, en Érythrée,
sur tous ces sujets, nous avons la même opinion.
LNA. Même sur le conflit avec l'Érythrée
? MZ.: Sur l'Érythrée, la position de la France
est la suivante. Premièrement, elle insiste sur le fait que
la décision de la Commission de délimitation de la
frontière est légale et obligatoire : nous sommes
d'accord. La France insiste sur le fait qu'il doit y avoir un dialogue
pour la mise en uvre de la décision et pour la normalisation
des relations entre nos deux pays : nous sommes d'accord. Elle insiste
enfin sur le fait qu'il ne doit pas y avoir de nouveau conflit entre
l'Érythrée et l'Éthiopie : nous sommes d'accord.
LNA.: Concernant les questions de développement économique,
vous êtes un des avocats de l'abandon de la dette pour les
pays pauvres. Pensez-vous que ce soit la solution aux problèmes
du développement dans ces pays, dont le vôtre ? MZ..: L'annulation est une partie de la solution, ce n'est
pas LA solution. Mais c'est un élément de solution.
Je voudrais souligner le fait que la France a annulé l'intégralité
de la dette que l'Éthiopie avait envers elle. Et, plus important,
la France a été à l'avant-garde de l'annulation
de la dette, non seulement pour l'Éthiopie mais également
pour l'ensemble du continent africain. Ceci est une chose très
importante à nos yeux.
LNA. Quelles sont les opportunités d'investissement en
Éthiopie ? Comment pouvez-vous convaincre les investisseurs
français ? MZ. Comme vous le savez, l'Éthiopie est un pays pauvre
et il peut absorber bien plus d'investissements étrangers
qu'il n'en a jamais obtenus. Ces dernières années,
un certain nombre d'entreprises françaises ont investi dans
notre pays. (...) Ces deux ou trois dernières années,
il y a eu une hausse significative de réalisation d'investis-sements
entre la France et l'Éthiopie. (...) nous sommes en train
de discuter de la signature d'un accord supprimant la double taxation.
Les compagnies françaises en Éthiopie sont taxées
en Éthiopie mais le sont également en France. Nous
discutons en ce moment afin de nous assurer qu'elles ne seront plus
taxées deux fois...
LNA.
Vous avez effectué une visite chez Airbus. Ethiopian Airlines
aurait-elle des projets concernant Airbus ? MZ.:
Le ministre des Affaires étrangères [Seyoum Mesfin,
ndlr], qui est aussi membre du directoire d'Ethiopian Airlines,
s'est rendu à Toulouse hier, accompagné d'une équipe
technique. Ethiopian Airlines examine les possibilités d'acquérir
des avions Airbus et est intéressée pour acheter des
appareils, partout où elle peut le faire, au meilleur prix
en n'y perdant pas en qualité.
(...)
LNA.: Venons-en aux élections générales.
La coalition EPRDF a-t-elle apporté des modifications ou
de nouvelles propositions dans le programme qu'elle soumettra le
15 mai ? MZ.: Essentiellement, l'EPRDF maintient ses positions fondamentales.
Nous pensons, particulièrement au cours de ces deux dernières
années, que les résultats de notre politique ont commencé
à être concrets. Vous le savez probablement, nous avons
doublé notre indice de croissance économique [croissance
de 11.6% du PIB en 2003-2004, ndlr] et nos exportations progressent
de 25% par an depuis ces deux dernières années. Et
nous croyons que puisque cette politique a des résultats
positifs, il n'y a aucune raison d'en changer.
LNA. Que répondez-vous aux leaders de l'opposition qui
disent que la fédération est encore très centralisée
?
MZ. La plupart de ceux qui critiquent notre politique fédérale
disent que nous avons trop décentralisé et trop vite.
Je suis très content qu'il y ait des gens qui nous critiquent
pour ne pas avoir assez décentralisé. Parce que cela
contrebalance l'opinion de ceux qui se plaignent du contraire. Pour
moi, cela signifie que nous avons plutôt raison si beaucoup
de gens nous critiquent pour ne pas avoir décentralisé
assez et d'autres pour l'avoir trop fait, cela signifie que peut-être
que nous sommes entre les deux et il est bon d'être au juste
milieu !
(...)
LNA. Pendant cette visite de trois jours, - très important
une visite d'État de trois jours ! -, la France a beaucoup
insisté sur les questions de politique régionale :
Éthiopie, Érythrée, Soudan etc. Est-ce que
l'Éthiopie peut apporter quelque chose à la démocratisation
de la région ?
MZ.: La contribution la plus importante
que nous pouvons apporter pour la paix dans notre région
est de persuader que la démocratie est forte et pleine de
vitalité dans notre pays. La population éthiopienne
compte environ 72 millions de personnes et cela représente
une grande partie de la population de la corne de l'Afrique. Si
72 millions de personnes peuvent prouver qu'ils peuvent avoir une
démocratie dynamique, cela aura un effet positif sur l'ensemble
du voisinage. C'est en ceci que réside le principal de notre
contribution.
LNA. Dernière
question. Est-ce que vous allez entretenir des relations avec le
nouveau Sud-Soudan ?
MZ. Nous avons de très bonnes relations avec le SPLA et le
SPLM. Nous avons de même de bonnes relations avec le gouvernement
soudanais. (...)
Commentaire
de Uguta (Toosa)
Les
propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi,
nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés
ces dernières années ne laissent subsister aucun doute sur
les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien admettre
que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier semble figé
dans une étrange léthargie sur le plan politique. Précisons,
soit dit en passant, que la culture du coton a disparu de la région
d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation
de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge
d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne.
La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme
qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que,
comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé
des progrès notables en matière de démocratie.
Mais le "nationalisme
tigréen",
comme autrefois le "nationalisme
Amhara",
paralyse tout le pays ainsi que les réformes économiques
et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux
ont été dépouillés tout simplement de la
relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale.
C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National
et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été
réduite à néant.
Effectivement
Méles Zénawi a raison quand il affirme que l'instauration
d'une "démocratie forte" dans son pays pourrait
contribuer à l'évènement de la paix dans la
corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview
(effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte
sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la
crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la
position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans
notre pays lors de l'élection présidentielle ? L'Etat
éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité
présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre
éthiopien a-t-il déjà rencontré les
responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour
notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations
de l'Etat éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis,
de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité africaine.
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