1 - Le mot du président

Un nouveau gouvernement
ou pas,
la dictature
est un long fleuve
tranquille
pour Ismail Omar

Ali Coubba

N° 31

Au sommaire
d'avril 2008

1 - Le mot du président :
Un nouveau gouvernement ou pas la dictature est un long fleuve tranquille pour Ismail Omar

2 L'immaturité des leaders de l'opposition djiboutienne

3 - J'adhère à Uguta-Toosa

4 - Cassim Ahmed Dini : "Pour ne pas attendre le boycott en 2011".

5. Commentaires indignes sur le forum d'arhotabba au sujet de Cassim A. Dini


6. Nouveau gouvernement d'Ismail Omar Guelleh

7. Lets point the realistic picture (Regardons la réalité en face)

8. Nouveau remaniement ministériel ou les voeux exaucés d'IOG.

9. Le sursaut des autorités éthiopiennes (Addis-Abeba, les Issa et l'Etat national et régional Afar)


10. Démission de Hamadou Ali Ben Ali

11. J'apprends une ou deux expressions en afar

12. Affaire Borrel (suite). (Quand IOG sera-t-il derrière les barreaux ?)


Djibouti, république bananière, continue à gémir sous la misère. Devant un peuple famélique, l’ancien chef de services de renseignements nationaux, Ismail Omar Guelleh, offre le spectacle à la fois insolent et honteux de la prospérité. La République de Djibouti se porte bien, affirme-t-il. "La preuve ? Regardez mon physique et mon embonpoint ». (Cf. L’illustration d'un Ismail Omar Guelleh serrée dans une chemise de mauvais goût, parue sur le site ardhd et reprise à la fin de ce numéro avec l'aimable autorisation de son animateur).

La dictature : une technologie obsolète

S’il n’y avait pas notre voisin Issayas Afworki, formé très jeune à l’école marxiste-lenniniste et au centralisme démocratique dans un environnement qui était peu propice à la liberté d’expression, et qui, de ce fait, dame le pion à n’importe quel dirigeant contemporain en matière de violence, il est certain que notre dictateur emporterait haut la main la palme de l’autoritarisme. Sans doute pour le bonheur inégalé qu’il envisage de prodiguer à son peuple ou par excès de générosité, le président érythréen a décrété que les Erythréens de moins de 48 ans ne seront plus autorisés à quitter leur chère patrie. Pour un chef d’Etat qui voulait donner des leçons de développement à tous ces fainéants d’Africains, du golfe de Guinée au détroit de Babel-Mandab, la déchéance est totale. On est peiné de le voir aujourd’hui gaspiller son énergie à pister les agents de la cinquième colonne. Son administration centrale considère que tout Erythréen est un traître en puissance. Mais le peuple érythréen vaincra tôt ou tard ce régime anachronique.

Savez-vous ce que ces deux présidents – on peut y inclure d’autres comme Omar Bongo, Sassou Nguesso, Ali Ben Ali, etc.) ont de singulier ? Ils sont leaders dans une technologie qui ne fait plus recette dans le monde moderne, lequel est bouleversé par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il n’y a plus à proprement parler des frontières. On parvient toujours à savoir ce qui se passe chez le voisin. A quoi sert-il d’être dictateur pour être dictateur ? A quoi sert-il d’être leader dans une technologie obsolète ? Il y a en chaque dictateur, une tendance suicidaire irrépressible.

Un nouveau gouvernement : un non évènement

Le 27 mars, Ismail Omar Guelleh, apprend-on, vient de former un nouveau gouvernement. Il a reconduit Dilleyta Mohamed Dilleyta au poste de Premier ministre. D’après l’opinion publique, « Dilleyta est le Barkat Gourat d’Ismail Omar Guelleh ». Certains disent qu'il est plus servile que l'ancien sénateur. D'autres soutiennent qu'il l'est moins. Voilà des propos qui ne m'intéressent pas. Ce qui me préoccupe, c'est la façon de combattre le dictateur, de l'empêcher de nuire à notre pays et d'instaurer la démocratie.
Le fait d'avoir un Premier ministre, qui qu'il soit, quelle que soit son origine, qu’est-ce que cela va changer pour le peuple djiboutien ? Rien. Est-ce que cela va améliorer les conditions de vie de notre peuple ? Non. Est-ce que cela va consolider la démocratie dans notre pays ? Encore non. Ismail Omar Guelleh a l'embarras du choix : parmi les Qagaba, mille Dilleyta, ayant brûlé les valeurs, sont prêts à se donner au dictateur. Même ce type de critique ne vaut rien car il faut agir et proposer une alternance à l'autoritarisme.
Uguta-Toosa critique et propose des solutions. Toutefois, ces ministres et députés qui ont perdu la capacité de raisonner de leur propre chef demeurent « coupables et responsables » pour nous.
Plus que la nomination d’un nouveau gouvernement, ce qui nous intéresse, c’est l’avenir. Alors, nous regardons vers l’opposition, bien entendu. Que faisons-nous aujourd’hui pour que demain nous appartienne ? L’analyse développée de Cassim A. Dini dans son article « Pour ne pas attendre le boycott en 2011" est vraiment d’actualité. Nous partageons son approche.

Que doit faire l’opposition ?

La réponse en afar : « ne wagittam, barra taaxigi ». Notre devoir est là devant nous. Il crève les yeux. Uguta-Toosa prône la stratégie suivante :
L’opposition devra :
- s’unir autour d’une plate-forme de combat ;
- élire en son sein des personnalités politiques crédibles, susceptibles de susciter un relatif consensus de l’ensemble des forces en présence ;
- mettre en œuvre une stratégie de lutte et de résistance concertée et unifiée (à l’intérieur et à l’extérieur du pays).


Si l'opposition djiboutienne emprunte cette voie, Uguta-Toosa ne jouera pas des coudes pour être à la première place. Parce que ce que nous voulons, c'est d'abord abattre la dictature.

Ali Coubba
Président de Uguta-Toosa

U.T. avril 2008

 
   

2 - L’immaturité des leaders de l’opposition djiboutienne ?

Je constate, en le déplorant, que nos camarades de l’opposition ne réalisent pas une vérité très simple.
La première étape de notre combat passe par un dialogue concerté. Pour commencer, un dialogue informel, indirect, par journaux interposés, suffirait. Il vaut mieux cela que pas de dialogue du tout. Et puis, il est important de donner à nos sympathisants - car pour l'instant je n'ai pas vu des adhérents se bousculer pour s'inscrire à Uguta-Toosa - (je félicite la petite poignée d'anonymes qui ont pris leur responsabilité de nous rejoindre). Peut-être d'autres formations de l'opposition ont des
adhérents à ne plus savoir quoi en faire ! Pas nous, pour l'instant.

L'article de Cassim Ahmed Dini

C'est l'exemple d'un dialogue informel. Notre organisation a eu l'occasion de débattre sur la production, nous en partageons l'esprit et l'urgence d'agir qui constsitue la mort d'ordre de notre collègue.
Combien d
e nos collègues ont analysé et débattu de l’article de Cassim A. Dini ? Ont-ils compris le message ? Que veulent-ils entreprendre ? D’après moi, Cassim a interpellé mais n’a pas proposé la façon dont nous devrions nous organiser. D'autre part, son positionnement au sein de l’opposition demeure encore flou pour moi (même s’il m’a avoué certaines choses). (Cf. article ci-dessous : Commentaires sur le forum d'Arhotabba).

La perplexité devant certains comportements

Certains leaders de l’opposition - que je ne nommerais - ne souhaitent pas que leurs noms ou leurs photos apparaissent sur le site de Uguta-Toosa. D’autres ne veulent pas recevoir notre journal par e-mail : l’un d’eux me menace de porter plainte contre moi parce que " je viole son intimité" ? Est-ce que vous y comprenez quelque chose ? Cette façon de réagir meplonge dans une grande perplexité de la part des gens qui nourrisent des ambitions nationales. Est-il compatible de diriger un parti politique de renom, se prendre pour le représentant d'une fraction de citoyens djiboutiens, est exigé que ses articles et ses photos n'apparaissent dans un journal ?
Pour moi, un responsable politique est un homme public, ses propos sont publics. El les diffusant, il en retirera grand profit puisque des internautes qui ne le connaissent pas ou peu pourraient développer quelques opinions positives à son égard. Je me vois mal reprocher à des journaux de l'opposition de reprendre ou d'exploiter mes articles ou diffuser ma photo. Ma foi, ce serait absurde.
Que les gens critiquent Uguta-Toosa ou les écrits de son président ou d'un représentant de notre parti ou diffusent nos articles nous semblent quelque chose de bien, de sain, de démocratique.

Quand on dirige un parti politique, il est trop tard pour jouer les vierges effarouchées. Il serait cruel d'imaginer certaines hypothèses qui nous viennent à l'esprit : ces gens ne rêvent-ils pas de voir plutôt la dictature d'Ismail O. Guelleh perdurer que d'affronter la popularité d'un parti comme le nôtre ? Oui, il peut y avoit des gens si haineux, si mesquins, qu'ils sont capables d'éprouver de tels sentiments de bassesse.

Uguta-Toosa - avril 2008

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3 - J'adhère à UGUTA-TOOSA

Demandez votre carte Uguta-Tossa


Participez aux côtés d'une équipe de vrais responsables politiques - et non de soi-disant opposants de salon et de café - qui proposent des id
ées et qui réfléchissent sur le devenir de la République de Djibouti.

Les responsables de Uguta-Toosa proposent à tous ceux qui le désirent d'envoyer vos articles, vos critiques et vos suggestions à leur journal.

Les responsables de Uguta-Toosa expriment leurs idées sur la place publique. Ce sont des hommes publics qui ne craignent ni la confrontation d'idées ni la polémique quand cela peu apporter des éclaircissements sur le positionnement de leur parti.

Vous pouvez poser vos questions au président de notre parti, Ali Coubba. Il vous répondra sur le site ou, exceptionnellement, sur votre adresse électronique personnelle.

Remarques importantes

Ceux qui veulent assumer des responsabilités au sein de Uguta-Toosa doivent travailler et mener une réflexion sur les choix et les solutions politiques à mettre en place.
On n'entre pas dans un parti politique pour faire de la figuration, tout en revendiquant des responsabilités.
Nous remercions des militants anonymes qui ont décidé d'écrire sur notre site. Ceux qui vivent à Djibouti en premier lieu. Quant aux Djiboutiens qui nous ont transmis des lettres de féliciation pour le combat que mène Uguta-Toosa, qu'ils reçoivent aussi notre chaleureux remerciment.

Uguta -Toosa, avril 2008

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Cassim Ahmed Dini
(ARD)
 


4. Pour ne pas attendre le boycott en 2011
(1ère partie)
Un roitelet sourd à tout dialogue

(Extraits)

PAR CASSIM AHMED DINI
(15 février 2008)


" Banalement qualifiée d’impasse politique, la situation qui prévaut actuellement à Djibouti est la résultante de la neutralisation réciproque de deux forces d’inertie. D’un côté, le régime de parti unique camouflé, se maintient par la fraude, le tribalisme et le chantage au salaire, ayant juste besoin de faire-valoir et, parce que détenteur du monopole de la violence, réprime par la force (y compris celle d’un Droit à son service) toute velléité démocratique. Avec ses législatives de 2008, il a clairement démontré qu’il préférait se discréditer par une seule liste en lice (comme un seul candidat pour la dernière présidentielle) plutôt que de garantir un scrutin libre et transparent.
De l’autre, une opposition qui, par son boycott tacitement reconduit, s’est de facto mise hors du champ de la compétition politique et, parce qu’elle est incapable de faire advenir quelque alternance politique que ce soit étant donné que son terrain de lutte est celui d’une « légalité » sujette à caution, est jugée inoffensive et peu prise au sérieux. Effectivement, en l’absence d’un syndicalisme libre et d’une société civile organisée, la contestation est réduite au strict minimum : celui d’une façade démocratique dont se satisfont les bailleurs de fonds pour décerner leur label de respectabilité, indispensable à la coopération tous azimuts
."

Lire la suite dans les colonnes de Nouvelles d'Addis :
http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/16_analyse04/16174_CAD-poldjib.html

Pour ne pas attendre le boycott en 2011
(2ème partie)
Une identité djiboutienne à construire
(Extraits)

PAR CASSIM AHMED DINI
(25 février 2008)

" Une fois terminés, les épisodes autoritaires laissent toujours un souvenir nauséeux : on ne comprend pas comment l’on pu se rendre complice de telles dérives. Dépréciation que Marx avait énoncée dans son 18-Brumaire : « On ne pardonne pas à une nation, pas plus qu’à une femme, le moment de faiblesse où le premier aventurier venu a pu leur faire violence ». Étant bien entendu que cet homme dangereux n’a pas été démocratiquement élu, ni en 1999 ni en 2005, il n’en demeure pas moins qu’il faut s’expliquer par quels mécanismes il se maintient au pouvoir. Il s’agit alors d’examiner les variations de son discours (et de sa pratique) de légitimation en fonction des différentes composantes de la communauté djiboutienne.
Retour aux origines : aussi risible que soit sa prétention, c’est dans les tentatives d’imposition d’une lutte anticoloniale n’appartenant qu’à ceux parlant une certaine langue qu’il convient de replacer son prétendu passé indépendantiste et la hiérarchisation de nos concitoyens.
1) Zorro arrive trop tard
Il n’en a pas toujours été ainsi, et pour cause, Ismaël Omar Guelleh tente depuis peu de s’inventer des faits d’armes anticoloniaux. Les langues les plus méchantes se contentent ici de rappeler qu’il a commencé sa carrière dans la police coloniale à la brigade des mœurs, ce qui peut sembler expéditif : la fréquentation du Djibouti by night n’interdisant pas, a priori, une prise de conscience militante, de la condition des colonisés comme des péripatéticiennes. Hélas, le policier Ismaël Omar Guelleh n’était nullement prédestiné à l’héroïsme indépendantiste. Mais lisons d’abord sa version des faits (ou des méfaits, c’est selon) :...."

Lire la suite dans les coloonnes de Nouvelles D'Addis :
http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/16_analyse04/16175_CAD-poldjib.html

Commentaire de Uguta-Toosa : Cassim Ahmed Dini est l'un des dirigeants de l'ARD (Alliance républicaine pour la Démocratie), sinon l'une des figures les plus percutantes sur le plan intellectuel et sur la scène politique djiboutienne. Au besoin, il peut se prévaloir d'un passé politique vierge de toutes turpitudes nauséabondes accompagnant certains leaders de l'opposition. D'autres n'ont pas besoin de traîner des casseroles derrière eux, ils en créent eux-mêmes par leur attitude de haine et de jalousie mal-placée. Mais attention, ne déformez pas ma vision des choses. L'opposition djiboutienne a besoin de toutes les bonnes volontés, de toutes les énergies. Cela dit, Cassim ne court pas les cafés, les mabrazes et autres lieux propices à la polémique et au débat, tel qu'on l'entend à Djibouti. Le débat se résume dans ces milieux qui n'ont de politique que de nom à des verbiages sans fin, où les connaissances de base en politique font défaut. Parfois mêmes dénigrées ou dévalorisées.
Le mabraze : lieu de nivellement par le bas et de rêve d'uniformisation des individus. Exit l'individualité! Il est vrai que, lorsqu'on est doté d'un esprit pratique, d'un bon sens commun, on peut estimer que les connaissances tirées des livres ou la maîtrise des concepts ne sont pas utiles. Regardez certains de nos ministres et députés. Détrompez-vous ! Faire de la politique (dans sa conception la plus noble) implique deux vertus : l'amour de la cité et un minimum de connaissance des concepts, des savoirs au moins sur la façon dont fonctionne l'Etat-nation. Il est banal de dire que nous vivons dans un Etat-nation ou dans un Etat moderne, mais combien d'entre nous appréhendent les véritables significations de ce terme et la réalité qu'il recouvre ?
Par ailleurs, et ce qui ne gâche rien : Cassim Ahmed Dini allie l'esprit d'analyse à une bonne connaissance de ses "maîtres" en science politique et sociologie politique. De plus, ne boudons pas notre plaisir : En tant que l'une des meilleures plumes que je connaisse à Djibouti, je lis avec grand intérêt ses articles. Dieu sait qu'il en a écrit des choses entre 1987 et 2008 ! Un séjour prolongé dans le maquis semble avoir donné du relief à l'homme, avec l'apprentissage de l'afar.

Pour ceux qui s'interrogeraient sur ce leader politique nouveau genre (ceux qui savent lire et écrire un peu plus que la moyenne des Djiboutiens), son itinéraire, son engagement politique, je donne cette information de première main : Cassim écrivait des tracts incendiaires au milieu des années 8O contre la dictature de Hassan Gouled, dénonçant la gabegie et le népotisme. A l'époque, notre pays était transi sous la chape de plomb du régime de parti unique. A l'époque, écrire un tract équivalait à porter atteinte à la sécurité de l'Etat. A l'époque, les Djiboutiens marchaient sur la pointe des pieds, rasaient le mur, de peur de provoquer d'une manière ou d'une autre l'escadron de torture. Agir ainsi, dans un tel climat, était-il du courage ? De la témérité ? De la bravoure ? Je dirais qu'il s'agissait d'une prise de conscience de la réalité politique environnante contre laquelle Cassim n'avait pas autre moyen que celui d'utiliser le seul qui était à sa disposition. Sa plume. (Comparons ce qui se passe en ce moment en Europe dans le milieu de la diaspora djiboutienne, voire même à Djibouti-ville alors notre pays est censé être un Etat de droit : combien de nos compatriotes ont l'audace d'écrire en usant de leur patronyme ?)

A la lecture de ces quelques mots, certains lecteurs de Uguta-Toosa vont rire sous cape, d'une manière entendue, en disant Ali Coubba fait l'éloge de "son ami", de "son camarade", d'un "membre de sa génération". Et je ne sais quoi. A l'intention de ces gens incrédules - l'incrédulité est un vertu, le dénigrement une tare -, j'ajouterais ceci : quand j'ai fondé en 2005 avec un groupe de camarades le parti politique Uguta-Toosa, Cassim Ahmed Dini a pondu un article incendiaire sur nous, quoique dépourvu de sa veine habituelle, en décrétant que notre parti était de trop dans la scène politique djiboutienne. Il m'a aussi incendié. Enfin, c'est une autre histoire. Ce n'est pas une raison pour ne pas admettre les valeurs intrinsèques des gens.

Selon moi, nous avons là un grand leader politique, intègre et plein de potentialités.

Je vous ai présenté ce petit article parce que je n'ai pas le temps de faire une critique plus approfondie de deux publications de Cassim Ahmed Dini dans les Nouvelles d'Addis. Il serait bon que je vous fasse un jour un petit portrait de Abdourahman Ali Wabéri.

Ali Coubba

Uguta -Toosa, mars 2008

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5. Commentaires indignes sur le forum d'Arhotabba
au sujet de Cassim A. Dini

Excusez-moi de ne pas défendre les autres dirigeants de l'opposition qui sont écorchés sur le forum d'arhotabba. A ce sujet, je dirais tout simplement que les critiques émises sont vides de sens et dénués de tout fondement dans la mesure où des hommes debout, en action, ayant pris des engagements publics, luttant depuis plusieurs décennies n'ont pas de leçons à recevoir des gens qui sont "ni Ba ni Sa". En afar, quand une personne ne prend pas une position claire, on dit " a num Baat ma yanaay, Sa ma yana". Il ne fait partie de ni Ba ni Sa. Quelque part, dans le contexte actuel, je ne suis pas idiot pour croire que ce qui affaiblit les leaders de l'opposition ne m'affaiblit pas aussi. En tout cas, c'est la philosophie de Uguta-Toosa.

Des critiques indignes visant Cassim A. Dini

J'ai lu ce mois-ci, mars 2008, des commentaires indignes sur le forum d’Arhotabba au sujet de Cassim A. Dini. Des commentaires que je ne rapporterai pas. Cet homme ne mérite pas d'être lynché de la part d'individus qui ont peur de leur propre ombre. Si vous voulez critiquer, c'est bien alors allez critiquer ses idées. Et il n'en manque pas si vous lisez tous ses articles.

Premièrement, cachés derrière l'anonymat des pseudonymes, certains individus perdent toute décence et éthique. Ils disent n'importe quoi, profèrent des insultes et des dénigriments sur des personnes et des personnalités qu'ils ne connaissent pas. Ce n'est pas un comportement respectable de la part des Djiboutiens (somali, arabe et afar) qui se targuent toujours d'avoir le sens de la mesure dans les propos.
Deuxièmement, la façon peu polie d'aborder les sujets politiques de la part de certains internautes (pas tous) montrent qu'ils sont trop hargneux et croient posséder la science infuse. Cela est d'autant plus regrettable qu'ils ignorent apparemment l'itinéraire des leaders de l'opposition, d'une part, et d'autre part, ils ne comprennent rien à la politique. Certains se trouvent à des années lumières de ce qu'on entend par politique car, j'ai l'impression qu'ils ne mesurent pas assez bien le travail personnel, l'engagement, le dévouement et le sacrifice qu'implique de "faire de la politique" sous une dictature.
Troisièmement,
je n'ai pas vu un seul intervenant sur le forum d'arhotabba commenter une citation de l'article de Cassim A. Dini et dire en quoi il ne partage pas telle ou telle idée développée par l'auteur. Il n'y a aucune analyse sérieux, aucune volonté de comprendre. Il n'y a que le dénigrément de caniveau.
Je préfère de loin ceux qui encensent l'opposition dans la mesure où les hommes et les femmes qui ont choisi de combattre ouvertement la dictature ne sont pas nombreux et le font depuis très longtemps. De ce fait, ils méritent considération et respect de leurs personnes. Et non de leurs idées. Vous pouvez critiquer autant que vous voulez leurs idées (même en vous cachant derrière le pseudonyme).

Des questions bizarres sur Uguta-Toosa

Certains commentaires reprochent à Uguta-Toosa de faire de la politique virtuelle. Voilà un terme que j'aimerais qu'on m'explique clairement pour que je puisse répondre en conséquence. Au premier abord, je note que cette critique - au moins elle est respectable et légitime dans la mesure où elle épingle la démarche de notre parti politique - émane des personnes qui ont un certain niveau scolaire. Celles-là ayant fait des études supérieures, je ne leur répondrais pas parce que la reponse est tellement évidente que c'est à eux de découvrir le "barra taaxigi". S'ils ne savent même pas ce qu'on appelle "faire de la politique" dans le sens noble du terme, je n'y peux rien pour eux. Toutefois, s'ils m'écrivent directement, je pourrais à la rigueur leur démontrer que l'action de Uguta-Toosa s'inscrit dans la droite ligne de ce qu'on nomme la politique (cf. polis).
En revanche, j’éprouve un malin plaisir à ne rien dire au sujet de l'interrogation du type "Ali Coubba est-il un historien ou un politicien ?" ou quelque chose comme ça. Manquer autant de discernement, à leur niveau, je veux dire de la part des hommes et des femmes ayant fait de longues études, vu et lu de tas d'ouvrages sur l'histoire et la politique et qui connaissent un peu notre pays, me laisse perplexe.

Une tendance positive à signaler.

La diaspora djiboutienne commence à bouger un peu... à s'interroger de manière beaucoup combative. C'est bien. Maintenant il est temps que les hommes et les femmes prennent en masse leur carte d'adhésion de Uguta-Toosa ou des autres partis d'opposition dont ils se sentent proches au lieu de rester sur l'expectative ou d'appel à la révolte comme si le terrain était vide.

Yittikiyye maral luk soola, yi toobokoy. Yittikiyye maral luk uguta = Soutenez les hommes qui luttent sur le terrain.

A. C.
Uguta-Toosa, avril 2008

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6. Nouveau gouvernement
d’Ismail Omar Guelleh
(27 mars 2008)

Le Président de la République et chef du gouvernement, Ismaïl Omar Guelleh, a formé aujourd’hui un nouveau gouvernement de 21 membres dont, fait nouveau, un poste de Secrétaire d’état auprès du Premier ministre, chargé de la Solidarité nationale. Voici la composition du nouveau gouvernement :

Premier ministre : Dileita Mohamed Dileita

Ministre de la Justice et des Affaires musulmanes chargé des Droits de l’Homme : Mohamed Barkat Abillahi
Ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur : Abdi Ibrahim Absieh
Ministre de la Promotion de la Femme, du Bien être et des Affaires Sociales : Mme Nimo Boulhan Houssein
Ministre des Affaires Musulmanes et des Biens Wakfs : Hamoud Abdi Soultan
Ministre de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle : Moussa Ahmed Hassan
Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Loisirs et du Tourisme : Mme Hasna Barkat Daoud
Ministre de la Santé : Abdallah Abdillahi Miguil
Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Environnement: Elmi Obsieh Waiss
Ministre de l’Economie, des Finances et de la Planification chargé de la Privatisation : Ali Farah Assoweh
Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale : Mahmoud Ali Youssouf
Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation : Yacin Elmi Bouh
Ministre de la Défense : Ougouré Kifflé Ahmed
Ministre de l’Equipement et des transports : Ali Hassan Bahdon
Ministre de l’Energie et de ressources naturelles : Moussa Bouh Odowa
Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Mer : Abdoulkader Kamil Mohamed
Ministre du Commerce et de l’Industrie : Rifki Abdoulkader Bamakhrama
Ministre de la Communication et de la Culture, chargé des Postes et des Télécommunications et Porte-parole du Gouvernement : Ali Abdi Farah
Ministre des Affaires Présidentielles et de la Promotion des Investissements chargé des relations avec le Parlement : Osman Ahmed Moussa
Ministre Délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères, chargé de la Coopération internationale : Ahmed Ali Silay

Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Solidarité nationale : Mohamed Ahmed Awaleh.

Commentaire de Uguta-Toosa

Ceux qui s'échinent à dénombrer au sein du gouvernement les ministres d'origine afar, somali (issa, gadaboursi, issaq) et arabe doivent pousser leurs analyses un peu plus loin. il faut qu'ils essayent de déterminer les liens de sang qui existent entre les ministres nommés et notre dictateur, les relations matrimoniales et les liens claniques qui ont guidé sa réflexion en nommant ces hommes et ses femmes. Alors les facteurs explicatifs assez cohérents et pleins de renseignements vous renseigneront sur l'enfermement clinique et clanique du régime. Cette autocratie se nourrit toujours du clanisme.
Le dictateur est trop sûr de lui pour changer quoi que ce soit.
Ses meilleurs limiers sont afar. Qu'ils soientr dix ou vingt au sein du gouvernement ne feront pas avancer d'un iota le développement de notre pays et les libertés d'expression.
Uguta-Toosa prône une lutte sans merci contre ce régime. La lutte à mener vise à instaurer la démocratie contre ces individus, d'origine afar, somali et arabe, sans foi ni loi qui profitent de notre faiblesse.

Uguta-Toosa - avril 2008
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M. Ali SULTAN
Représentant de Uguta-Toosa
aux USA

 


7. Let’s Point the Realistic Picture


Regardons la réalité en face


Ethnic Conflict in Africa is a product of tyranny. By “Product”, I mean in both immediate sense in both tactic that tyrants use to divide and rule as well as in a deeper historical sense : Ethinical Conflict is a legacy of tyranny.

Les conflits tribaux en Afrique sont le produti est de la tyrannie. par "produit", j'entends les tactiques que les tyrans africains utilisent pour diviser le peuple et rester au pouvoir
. Dans le sens historique, les conflits tribaux résultent de la tyrannie.

Tribalism solved the colonial dilemma how to dominate and exploit vast number indigenous inhabitants with a limited number of colonial agents.

Le triablisme a résolu le dilemme colonial de comment diviser et exploiter une population indigène nombreuse avec l'aide de quelques agents coloniaux en nombre limité.


Corporate activity interest in Africa contributed in western countries to exploit of this ethnical division by arming dictatorship and enriching those tyranny and foreign elites.

Les grands compagnies étrangeres et les interets des gouvernement occidentaux ont aussi continué a exploiter ces dictatures en leur donnant des armes et en partageant les riches avec eux et leurs élites.

This brings us to the point that what is happening in Djibouti is not new or isolated, instead an old phenomenon. My appeal to fellow Djiboutians is that we have tried so many times to do alone. Liberate our people. However, it has become difficult to defeat the Ismail Omar Guelleh regime in our country. This is so because the French government, the American government and other interested countries support his regime.

Cela nous emmène à qui se passe à Djibouti et qui n'est pas nouveau ni isolé, la situation politique à djibouti est similaire aux autres problemes de l'Afrique. C'est un vieux phenomene. Donc mon appel aux Djiboutiens en leur disant que nous avons essayé de liberer notre peuple beaucoup des fois mais cela n'a pas marché parce que Ismail Omar Guelleh est toujours là et les Francais ou les Americains et les autres pays etrangers qui ont des interêts dans notre pays apportent leurs soutiens à ce regime.

Let my people (Afar and Somali) not be divided and manipulated : We must also play the political tactics he is using against us. We alone, Afar or Somali apart, cannot defeat him ; there we must seek the help and partnership with other citizens of Djibouti including Issas, Arabs, Gadaboursis, and Issaks. Every good citizen of Djibouti must work earnestly to take power away from this dictatorship. Djibouti is for all Djiboutian. Djiboutian must work for the future of all Djibouti people.


Donc il ne faut pas que les Djiboutiens, Afar d'une part et Somali d'autre part, ne soient pas divisés et manipulés par Ismail Omar Guelleh. Nous devons aussi les mêmes stratégies politiques qu'il utiolise contre nous. Les Afar ne peuvent le vaincre seuls. Les Somalis non plus. Nous pouvons le vaincre en nous unissant avec les autres communités du pays [issa, arabe, gadaboursi, issak,]. Travaillons ensemble pour vaincre ce dictateur. Djibouti appartient à tous les Djiboutiens. Les Djiboutiens doivent travailler pour l'avenir du peuple djiboutien.

Ali Sultan
Représenant de Uguta-Toosa aux Etats-Unis

Uguta-Toosa, avril 2008
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8. Nouveau remaniement ministériel à Djibouti
Ou les vœux exaucés du Président

C’est sur fond d’une élection mascarade que l’UMP (pseudo coalition des partis dissidents au parti au pouvoir depuis 30 ans) d’Ismail Omar Guelleh a raflé la totalité des 65 sièges du Parlement djiboutien. Entamant son 2ème mandat, IOG a de nouveau voulu démontrer qu’il est le seul maître absolu, le monarque des monarques à Djibouti et qu’il dispose de « droit de vie et de mort sur ses sujets ». Tout cela au mépris affiché des lois républicaines et du verdict des urnes. Mais force est de constater que le mépris guélléen n’épargne personne comme en témoigne le nouveau remaniement où le président « autoproclamé » agit en fonction d’une hiérarchie des préférences que nous nous permettons de vous dévoiler ici :

Préférences familiales

IOG n’épargne pas dans ce remaniement le cercle restreint de sa parentèle à commencer par son beau-fils et son beau-frère : à savoir Ali Hassan Bahdon (Transports) lequel est le mari de la fille de la Première Dame et Abdoulkader Mohamed Kamil, l’inamovible directeur de l’ONED aujourd’hui ministre de l’Agriculture, mari à Mme SADIA ANAÏCHE GUELLEH, la cousine germaine du Président.

Préférences claniques

Il vient de nommer deux ministres de son clan (Mamassane) en la personne de Mme Nima Boulhan (Promotion de la Femme) et Yacin Elmi Bouh (Intérieur).

Préférences Tribales

Il a octroyé à chacun des 10 tribus ou clans Issas, un Ministre qui les représente, 2 ministres aux Gadaboursis (la tribu maternelle de Ismail Omar Guelleh) et seulement 6 ministres pour les Afars qui occupent pourtant 20 000 Km2 sur les 23 000 Km2 (soit la moitié par rapport aux Somalis) ; Un mépris total à l’égard de cette communauté qui représente pourtant une force politique incontournable mais qu’il cherche à réduire en miettes. Voici la liste :


Ø Abdi Ibrahim Absieh (Education) Issa, Wardig
Ø Abdallah Abdillahi Miguil (Santé), Issa, Ourweyné
Ø Elmi Obsieh Waïs, (Travaux Publics) Issa, Fourlaba
Ø Osman Ahmed Moussa, (Affaires Présidentielles) Issa, Odahgob
Ø Ali Farah Assoweh, (Finances)Issa, Horoneh
Ø Yacin Emi Bouh, (Intérieur) Issa, Mamassane
Ø Nima Boulhan, (Promotion Femme) Issa, Mamassane
Ø Ali Hassan Bahdon, (Transports), Issa Walalldone
Ø Moussa Bouh Odowa, Issa, Saad Moussa
Ø Hamoud Abdi Soultan (Affaires Musulmanes) Issa, Harla

Préférences Amicales

cette situation concerne toutes les personnes qui l’ont surtout soutenu de manière indéfectible dans l’affaire Borrel ou qui ont participé à la neutralisation de ses ennemis supposés ou réels. C’est ainsi que dans ces listes figure Mme Hasna Barkat Daoud, jeune avocate qui, au nom de la politique du ventre, s’est mouillée dans une affaire à laquelle elle ignorait tout ou presque.
Ou encore Abdallah Abdillahi Miguil qui a neutralisé le Général défunt de la Police Yacin Yabeh Galab et qui a redessiné les nouvelles zones géographiques des Issas en procédant arbitrairement à un découpage territorial bien sûr arbitraire et dénué de tout sens. Sans oublier Ougoureh Kifleh qui a neutralisé la rébellion du FRUD et du coup les revendications démocratiques auxquelles aspiraient les djiboutiens. Quelle surprise nous réserve le prince qui se confond avec son royaume pour son prochain feuilleton ? Sans doute, le pire. A suivre…

Uguta-Toosa, avril 2008

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9.Le sursaut des autorités éthiopiennes
(Addis-Abeba, les Somali-Issa et la région autonome afar)

Ali Musa

Commentaure d'Uguta-Toosa :

Ce n'est pas qui vais m'émouvoir à l'idée d'entendre des campements issa, démantelés et incendiés par l'armée fédérale éthiopienne. Ayant une bonne connaissance de la région, chaque été, j'entends de tristes nouvelles sur des meurtres perpétrés par des malfaiteurs issa contre des nomades afar circulent en Ethiopie. De tels assassinats, répétés, ne sont pas normaux. Ils sont trop fréquents, trop bien organisés, trop bien menés, pour ne pas en être révoltés. Leur implantation dans ces campements est politique, délibérée, obéissant à des visées hégémoniques.
Cependant, aucun Djiboutien ne peut se réjouir de cette information dans la mesure où il n'est pas sûr que les civils issa n'aient pas été visés et tués sans sommation - ces civils, il est vrai constituent les instruments et le bras armé d'une idéologie nationaliste et extrêmiste qui les dépasse. Elle est dirigée de Djibouti par Ismail Omar Guelleh, comme l'écrit Ali Musa ci-dessus. Malgré eux, ces nomades se prêtent à un jeu dangereux... au coeur du territoire afar. Selon les moments et les circonstances, tantôt ils sont instrumentalisés et protégés par Addis-Abeba, tantôt par la dictature djiboutienne, toujours dans le but d'affaiblir la nationalité afar.
Tant que les bourgades de Qunxa-Foqo, Gadamaytu, Qadaytu, 'Ambulle ne seront pas totalement rasées, il serait naïf de croire que la politique éthiopienne vise à établir la paix dans l'Etat National et Régional Afar. Il n'est pas sûr non plus que ce qu'on fait aujourd'hui aux Issa ne soit pas appliqué demain aux Afar. Après tout, pour Addis-Abeba et Meles Zénawi, les Afar et les Somali sont si semblables qu'il est difficile de les distinguer...

A.C.

Comme nous les savons tous, les Afar en général et ceux d’Éthiopie en particulier sont confrontés à la conquête de leur territoire depuis bientôt une quarantaine d’années par les nomades somali.
Pour appréhender cette affaire, il faut remonter à l’époque de Siyaad Barré et son rêve de Grande Somalie ; celui de l’élargissement de l’espace vital en gestation au détriment des peuples voisins que Mogadiscio définissait comme des Somalis de second degré. Ceux qu’on n’hésitait pas à appeler à l’époque dans les propagandes de la Voie de Mogadishu (radio) des Somalis abbo [Oromo] et des Somalis ayka [Afar], qui devaient intégrer l’ensemble par annexion de leurs territoires à la mère patrie et par n’importe quel moyen.
Ces derniers, surtout les Afar, subissent aujourd’hui encore les contrecoups de cette doctrine du défunt dictateur. Pour bien mener son ambitieux projet à son terme, le président somalien, Siyaad Barré, avait mis en place des moyens pour parvenir à son but: Travaillant sous la houlette de la sûreté nationale de l’Etat, un véritable département, doté d'un budget approprié, était destiné à oeuvrer pour la réalisation du rêve impossible de la Grande Somalie.

La grande Somalie et les Afar éthiopiens

L’entreprise était à l’origine titanesque, vu que les revendications englobaient plusieurs pays. Elles incluaient la province nord-kenyane, l’Ogaden éthiopien au passage pour aboutir au Territoire français des Afars et des Issas (TFAI), l’acteulle république de Djibouti, dont on prétendait que la population était acquise dans sa grande majorité à cette cause, c’est-à-dire le rattachement à la mère patrie une fois la décolonisation entérinée. Cependant, ce rêve fut avorté et il n’était pas loin de son but lorsqu’il se vit ébranler par la déconfiture totale de son noyau...
Heureusement que Djibouti et ses dirigeants somali (Hassan Gouled, puis Ismail Omar Guelleh) étaient là pour relayer le projet de la Grande Somalie, en sourdine, ce qui apparemment a échappé aux Ethiopiens durant ces trente dernières années. Enfin les éléments illustratifs de cette politique se sont traduits par les incur-sions progressives et les raids incessants de pasteurs somali-issa en direction du fleuve Awash et sur le front de l’afar côté éthiopien, encadrés et équipes opportunément par les autorités djiboutiennes, sans parler du déferlement organisé sur Djibouti après l’indépendance. Les brèches ainsi ouvertes, avec en tête de pont les villages de Adaytu (Qadaytu) sur le fleuve Awash, le hameau de Unda-Fo’o (Qunxa-foqo) sur l’axe Djibouti-Addis, puis l’implantation très récente à ‘Ambulli (Qambulli) et la grande bourgade de Gadamaytu, véritable centre névralgique de la contrebande et de la pompe d’ auto-financement érigée sous le nez et la barbe de l’Etat éthiopien – certains affirment avec sa bénédiction – toujours sur le prolongement de la voie routière et stratégique.
Addis-Abeba pensait neutraliser la nationalité afar avec cette épine plantée dans son flanc gauche, l’autre flanc étant surveillé par Asmara. Sans jamais se soucier des dangers et des conséquences de poser des bombes à retardement sur l’artère stratégique Addis-Djibouti et refusant de distinguer le bien du mal.
La première étape fixée était d’atteindre la rive-est du fleuve Awash, base de lancement des expansions tous azimuts dans l’avenir pour grignoter le territoire afar.

La conquête d’Erer (au début des années 60)

Les premières opérations prêtées à cette organisation, initiée par la république de Somalie, remontent au début de l’année 60 avec les délogements des Debne-k-Weima, les clan Erer (Erer buxa) de la région d’Erer et les poussées successives qui ont presque chassées les diverses tribus afar de Ba'adu, d’Abuusa-Mara ou des Haysamaalé d’une importante frange occidental du territoire afar. Tout ce monde nomadisait incontestablement au début de ce siècles sur et bien au delà de la ligne ferroviaire franco-éthiopien remontant vers la ville de Dire-Dawa. La confirmation de ce fait se retrouve dans les chroniques des voyageurs européens de la fin du 19ème siècle.
Entre le début des années 60 et la fin des années 90, les Afar ont subi des séries non négligeables d’agressions répétitives que les différents régimes éthiopiens (impérial sous Haylé Sellassié, Mengistu Haylé Mariam et Meles Zénawi) ne voulaient inscrire qu’au tableau des querelles des pasteurs autour des puits d’eau et de pâturages lorsque ce n’était pas dans l’intérêt du pouvoir central de les faire coexister sous contrainte.
Certes, il n’est pas difficile de faire l’inventaire de différentes batailles livrées contre les Afars depuis Mafay-Dala et attribuées à cette fameuse organisation somalienne qui a d’ailleurs survécu à la chute de Siyaad, au morcellement de la Somalie privée de son idéal de grandeur. Par la suite, sa récupération par les élites Issa de Djibouti, s’estimant les légitimes continuateurs de Siyaad Barré pour la réalisation de ce rêve. Nous reviendrons sur ce cheminement.

Une organisation secrète destinée à destabiliser l'Ethiopie

Cette organisation fameuse, dénommée en amharique « Moot-la-maret » dont un document important a été saisi à la fin de l’année dernière en Ogaden qui serait à l’origine du sursaut du gouvernement fédéral face à ce qu’il considère comme une sérieuse menace à l’intégrité nationale de l’Ethiopie. Ce dossier a été saisi lors des opérations de représailles menées par l’armée à la suite du carnage du groupe des Chinois de la prospection pétrolière, cette tuerie a été prêtée conjointement à la coalition des fronts que sont l’ONEG, Ogaden Libération Front et les ex- militants des des Tribunaux islamiques chassés du pouvoir en Somalie, grâce aux troupes éthiopiennes. Ce document correspondrait à une mine d’informations précieuses et considérables sur cette occulte organisation que serait « Moot-la-maret ». Ses ramifications iraient, à travers et au-delà du cadre de l’espace régional, pour atteindre la péninsule arabique. D’après ce qui se dit, cela ne serait un secret pour personne.
A partir de ce dossier secret, le gouvernement a eu la certitude que les bourgades érigées dans l’afar tout au long du grand axe routier Djibouti-Addis servaient certes les poumons de la déstabilisation de l’Ethiopie. Certains points comprendraient des visées hégémoniques lourdes de conséquences pour l’existence même de la république fédérale. Dès lors, le gouvernement a décidé de lancer les programmes de démantèlement des bourgades issa, qu’il a confié au ministère des ressources hydrauliques. Celui-ci a établi son quartier général dans la cité d’Awash à partir de laquelle il envisage de lancer conjointement avec les responsables de la région autonome Somali (Etat National et Régional Somali) les directives de l’Etat fédéral assorties d’un ultimatum d’un mois, concernant la destruction de certaines bourgades et les transferts des autres [Adaytu, Gadaamaytu, etc.] sous l’autorité de la région concernée, en l’occurrence l’Etat National et Régional Afar.

Le démantèlement : une affaire somalo-somali


Quelques échanges et propos illustrent l’ambiance autour de cette affaire rapportée par la rumeur. Ils auraient eu lieu entre le Premier ministre, Meles Zéawi, et ses ministres avant de passer à l’action. Lors de ce conclaves, un certain ministres (monsieur Dirir), ayant été interrogé au sujet de cette fameuse organisation par l’homme fort du régime, le premier aurait, dit-on, d’abord minimisé la portée de celle-ci tout en reconnaissant son existence. Et le second, le Premier ministre, un peu fâché, lui aurait rétorqué : « Pourquoi tu ne nous as pas communiqué l’existence de cette organisation ? Et bien, c’est à toi de nous prouver à présent la confiance que nous avions placé en toi, en menant à bien cette entreprise de démantèlement ». Ainsi, à ce monsieur Dirir a été la tache ingrate de détruire les bourgades et campements issa. Une façon pour Addis-Abeba de créer de nouvelles querelles entre les Somalis eux-mêmes, tout en menant à bon port son projet. Ce type de machiavélisme, on le voitt avec les Somali-Issa installés dans le territoire afar, peut conduire parfois à de fâcheuses situations !
On raconte également, dans le même ordre d’idées, que le ministre des Affaires étrangères aurait fait des reproches au Premier ministre pour son indulgence au sujet d’un bras de fer territorial engagé par les Somali-Issa contre la nationalité afar. « Les Afar, aurait-il dit, n’ont jamais cessé de nous fournir des preuves comme quoi ils étaient victimes d’une agression agencée par les autorités djiboutiennes et des fronts armés issa, en nous produisant des pièces d’identité, des uniformes et des armes en provenance de Djibouti. » Puis, il aurait conclu : « Regardons de près où nous a conduit cette complaisance ». Ces propos n’ont pas été démentis.

Par la suite, lors des opérations de démantèlement, les troupes éthiopiennes ont retrouvé d’autres documents confirmant l’existence des projets terroristes dans des villages de fortune ainsi que l’existence des camps d’entraînement somali-issa poussant comme des champignons dans leur territoire, autour de l’axe routier stratégique Addis-Djibouti, et au-dela.

Tout a commencé dans la douceur et la diplomatie

Le ministre des ressources hydrauliques [M. Dirir], basé à Awash, s’est rendu à Qambulli, localité visée par le premier démantèlement, en se mettant à la tête d’une petite délégation composée de notables et de personnalités administratives. Il pria les résidents somali-issa d’évacuer ce lieu dans le délai d’un mois en les informant qu'il venait sur ordre et injonctions de l’Etat fédéral qui envisageait la destruction des campements sauvages. Mais les bons offices de la délégation se sont vus heurter à une farouche opposition des nomades, suivie des menaces de mort sur quiconque professerait l’idée de leur départ. Alors la délégation a été contrainte de se replier sur son lieu de départ, et regagné Awash sans demander son reste. Aussitôt revenu, le ministre a donné l’ordre impératif aux responsables de l’administration de la Région 5 (Etat National et Régional Somali) afin qu’ils organisent l’évacuation rapide de leurs ressortissants, conformément aux directives du gouvernement. Ceux-ci dépêchèrent une délégation laquelle fut accueillie par des salves d’armes à feu. De nouveau, comme la première délégation, celle-ci elle se replia à son tour dans la précipitation justifiée, à la case départ. Dans la débâcle, car il y avait eu des blessés et des véhicules criblés de balles.
Privilégiant encore la modération et le dialogue, fort de la mission que lui a confié Méles Zénawi, le ministre, délégué pour résoudre cette épineuse affaire, a envoyé quelques officiers de la police fédérale pour prévenir les intéressés somali-issa de l’approche imminente de l’opération de démantèlement des bourgades non autorisées. Mais les officiels furent tout simplement assassinés avant même qu’ils mettent pieds à terre pour engager des pourparlers. Le bilan de cet accrochage fut lourd : 9 personnes mortes. Seul le chauffeur a échappé miraculeusement à ce guet-apens, peut-être a-t-il été relâché intentionnellement pour adresser le message de leur ferme détermination aux autorités fédérales éthiopiennes.

Affrontements à 'Ambulli entre l'armée et des Issa

Toutefois, des affrontements ont eu lieu à ‘Ambulli. Nous ne disposons d’aucun bilan fiable même si certaines
rumeurs avancent des chiffres contradictoires allant de 40 à 200 morts et blessés au cours de deux premiers jours d’affrontement.
Voila à peu près la chronologie du début des événements avec le déclenchement des combats qui a commencé jeudi dernier à ‘Ambulli et a dégénéré en affrontements armés entre les Somali-issa et l’armée et la police fédérales.
Plusieurs contingent de l’armée participeraient actuellement à une opération de ratissage sur l’ensemble des zones habitées par la population issa. On parlait tout dernièrement des commandos équipés des blindés légers. Résultat apparent : ‘Ambulli est entièrement rasé. Il ne reste debout que la mosquée épargnée, parait-il, afin de ménager le sentiment religieux de la population. La mosquée, debout, domine les débris de saccages et les cendres fumants du campement.

Plusieurs caches d’armes (5 000 fusils d’assaut) ont été découvertes, de véritables arsenaux et de canons de différents calibres, y compris des armes lourdes de toute provenance ont été mis au jour. Vers l’intérieur de terres somali-issa, des campements qui servaient de relais à la contrebande ont été incendiés. Les marchandises ou autres équipements militaires ont été saisis.. Des matériels lourds comme des camionnettes, des devises étrangères et des matériels militaires modernes faisaient partie du lot. On évoque la découverte de plusieurs bases d’entraînement militaire disséminés dans l’intérieur et à proximité des frontières djiboutienne et somalilandaise, dont certains auraient la capacité de recevoir 20. 000 combattants – il y a de l’exagération ! – et munis de ses propres logistiques. La résistance opposée à l’armée fédérale ne provenait pas de simples civils somali-issa, on fait état de la présence parmi cette organisation des combattants érythréens, en tant que conseillers militaires, oromo, des membres des Tribunaux islamiques ou d’autres étrangers à l’identité encore indéterminée, qui ont pu être repérés dans les combats de ces derniers jours.

Vendredi, c’était le tour du démantèlement de Qunxa-Foqo

Samedi-dimanche Gadaamaytu a été, à son tour, investi par les blindés et la saisie des marchandises de contrebande : des centaines de milliers de cargaisons, etc. Si bien que leur transport aurait nécessité la réquisition de presque tous les camions de transport en route pour le port de Djibouti. Selon les témoignages que j’ai recueillis, il ne restait sur la route que des femmes et des enfants qui mourraient de soif et de faim et tendant les mains aux soldats et aux durriyye (journaliers) dans la bourgade de Gadamaytu, laissée aux bons soins des pillards de tous bords, et implorant les quelques passants. Plusieurs milliers de durriyye appelés à la rescousse assuraient les chargements des marchandises intarissables sur les camions et empochaient de l’argent abandonné dans les désordres de l’action.

La campagne est à son début. La plupart des informations sont à mettre au crédit des rumeurs démesurément congestionnées. J’abandonne une bonne partie des versions pour cette raison. Ce que je vous rapporte et qui me semble plus ou moins vraisemblable m’a été raconte par notre ami (nous avons escamoté le nom de ce at ami). Quelques témoins oculaires dont les récits se recoupent avec quelques nuances près m’ont répété la même chose.
Tandis que l’existence du document de l’Ogaden de « Moot-la-mareet » entre les mains du gouvernement est invérifiable pour l’homme de la rue, il y a des fuites inévitables.
Tout de même, un fait assez surprenant est à signaler : il n’y a pas eu des réactions et des flexes proprement manifestes de la part de Djibouti, même si nous imaginons les malaises et les frustrations de certaines élites Djiboutiennes somali-issa pour lesquelles ce démantèlement représente un désastre sans précédent. Dans le contexte international actuel, dominé par la guerre contre les terroristes et le terrorisme, elles s’en seraient bien passées d’être identifiées comme étant de mèche avec des réseaux internationaux peu fréquentables.

Djibouti : commanditaire silencieux

Que peut-il faire Ismail Omar Guelleh ? Que peut-il faire autre que contempler passivement l’agonie d’une entreprise édifiée depuis trente ans et dans laquelle des réseaux terroristes et d’autres malfaiteurs de tous calibres seraient associés ? Ce n’est pas la première fois que le nom d’Ismail Omar Guelleh se retrouve dans des dossiers de meurtre (Cf. affaire Borrel), de blanchiment d’argent (Cf. affaire des déchets nucléaires) et de collusion avec des terroristes isalamistes.
Le Premier ministre Meles Zénawi n’a pas écarté l’idée de rétorsions de la part des élites somali-issa, djiboutiennes, en guise de solidarité envers leurs frères. Elles pourraient user des démarches variées allant des entraves au commerce par le port de Djibouti à l’embargo sur la circulation des biens entre le deux pays. Mais, a-t-il laissé entendre à l’adresse de ces dernières, l’Ethiopie a déjà diversifié les voies de son ravitaillement et ne craint pas ces genres de pression. Or il serait maladroit de la part de Djibouti de paraître trop interessé par cette affaire, au risque d'apporter une preuve supplémentaire de leur collusion avec des forces oragnisées tentant de déstabiliser Addis-Abeba. Donc Ismail Omar Guelleh gardera profil bas sur cette affaire.

L’opération de démantèlement n’est pas encore terminée. La tension est à son comble entre Somali-Issa et le gouvernement fédéral éthiopien. Les Issas ont tout perdu dans cette entreprise de l’escalade criminelle. L’argent précieux, amassé pour l’achat de complaisances auprès de l’administration éthiopienne, s’est volatilisé. La confiance du gouvernement est ébranlée.

La partie semble se jouer en faveur des Afars d’Ethiopie, s’ils savent en tirer le meilleur parti. C’est la seul et unique occasion de pouvoir trouver la stabilité et la paix dans leur propre pays. Ainsi, si le gouvernement fédéral veut mettre un terme à une situation d’anarchie qu’il a favorisée pendant quarante ans sur le dos des Afar, et à laquelle la régionalisation administrative et politique n’a apporté aucune solution, on peut espérer que leurs interpellations seront enfin entendues.

Concrètement, c’est au gouvernement éthiopien de tirer la leçon de cette triste et machiavélique expérience politique. En permettant enfin le transfert de ces enclaves, construits sauvagement avec la bénédiction d’Addis-Abeba, sous la souveraineté de l’Etat National et Original Afar, une épine sera enlevée de la nationalité afar.
Les Afar éthiopiens attendent cette décision de la part du gouvernement fédéral, qu’ils lui rendent les portions de sa patrie injustement confisquée et que les civils et les commerçants puissent traverser leur pays, de Awash à Samara, sans craindre des embuscades des mercenaires envoyés par Djibouti.

Ali Musa
Représentant du FRUD en Ethiopie.

Uguta-Toosa, avril 2008
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10. Démission de M. Hamadou Ali Ben Ali

M. Hammadou Ali Ben Ali a démissionné des responsabilités qu'il occupait au sein de notre parti Uguta-Toosa pour des raisons personnelles.

Nous rappelons à tous nos sympathisants et membres que les responsables de Uguta-Toosa ont assumés des resposabilités librement au sein du parti et démissionnent librement.

Au sein de notre parti, le maître mot est la démocratie et la transparence. Les photos de notre direction politique sont visibles sur le site.

Uguta-Toosa, avril 2008
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(Uguta-Toosa : Reims, le 29 mars 2008)

11. J'apprends une ou deux
expressions en
langue afar

5.

Barra taaxigi : chose connue, trivial, commun. Tout le monde sait. Qui relève du bon sens.
(Littéralement : "ce que la femme sait ou "ce que mêmes les femmes savent)

6.
Baat ma yanaay, Saat ma yana : C'est un vaurien. Il ne fait rien. Une personne qui ne compte pas,
qui refuse de prendre part à l'action ou un débat démocratique.
(Explication : Baa et Saa sont des lettres de l'alphabet)



Informations:

Envoyez-nous les expressions afar les plus courantes ou celles que vous considérez comme étant les plus pertinentes, les plus intéressantes.

Uguta-Toosa, avril 2008


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12 - Affaire Borrel

Rue 89 (David Servenay)

Affaire Borrel: deux Djiboutiens lourdement condamnés
(
Rue 89 - David Servenay)

Coup de tonnerre à Versailles.

Le tribunal correctionnel a fermement condamné, ce jeudi, deux haut fonctionnaires djiboutiens dans un dossier annexe de l'affaire Borrel. Djama Souleïman, procureur de la République, écope de dix-huit mois de prison ferme et Hassan Saïd, le chef des services secrets, de douze mois ferme. Tout deux étaient poursuivis pour "subornation de témoins", après avoir tenté de circonvenir deux témoins clés.

L'examen du dossier avait pris deux jours aux magistrats de Versailles. Deux jours, en l'absence des prévenus (qui ne se sont jamais présentés une seule fois devant la justice française) mais aussi en l'absence des deux principaux témoins, au moment où le tribunal examinait les faits.

Ces débats à trous n'ont pas fait faillir les trois juges. En sanctionnant les deux Djiboutiens au-delà des réquisitions du procureur de la République -qui avait réclamé souze mois de prison avec sursis- les magistrats ont voulu donner un signal très clair. La justice française ne veut plus avoir à rougir dans la gestion d'un dossier aussi symbolique que délicat. Pour Elisabeth Borrel:

"C'est important qu'on ne tolère pas ce genre de procédé dans notre démocratie. Pour une première décision au fond, c'est très bien. Cela montre que les preuves existent et qu'elles sont dans le dossier. Nous verrons la suite."

A l'énoncé du jugement, Francis Szpiner a pâli.

Sans doute l'avocat de Djibouti n'avait-il pas imaginé une telle issue. Sans doute aussi va-t-il faire appel de cette décision. Sollicité par Rue89, il ne nous a jamais rappelé.

David Servenay

Affaire Borrel : deux dignitaires djiboutiens condamnés par contumace à des peines de prison ferme

(Extraits "Le Monde du 27/03/2008")

Pour la première fois depuis le début de l'enquête sur la mort du juge français Bernard Borrel, il y a douze ans, deux hauts dignitaires djiboutiens, Djama Souleiman, procureur de Djibouti, et Hassan Saïd, chef des services secrets, ont été condamnés jeudi 27 mars par le tribunal correctionnel de Versailles à dix-huit mois et un an de prison ferme pour "subornation de témoin".

Les mandats d'arrêts internationaux délivrés à l'encontre des deux dignitaires ont été maintenus.

Car l'audience s'est tenue mi-mars en l'absence des deux prévenus et des deux témoins clés de l'affaire sur lesquels les premiers sont accusés d'avoir fait pression pour annuler ou discréditer leurs témoignages.

Condamné à dix-huit mois de prison ferme, le procureur général de Djibouti a été reconnu coupable d'avoir fait pression sur Mohammed Alhoumekani, ancien militaire djiboutien qui a mis en cause sur procès-verbal l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh.

Condamné à un an de prison, le chef des services secrets djiboutiens est, lui, convaincu d'avoir fait pression sur un autre témoin, Ali Iftin, lié au premier.

Dans sa déposition, Mohammed Alhoumekani assurait avoir assisté, le soir de la mort du juge en 1995, à une conversation entre Ismaël Omar Guelleh et plusieurs autres hommes dans les locaux de la présidence, où il aurait été évoqué le meurtre du magistrat. C'est le seul élément à l'appui de la thèse du meurtre politique.


Quand IOG sera-t-il derrière
les barreaux ?

La justice française vient de condamner deux hauts responsables djiboutiens pour "subornation des témoins" dans l'affaire Borrel.

Cette affaire est loin d'être terminée. Du moins pour Ismail Omar Guelleh parce qu'il est soupçonné dêtre un commanditaire potentiel de la disparition du juge français. Ce sera le cas pour les autorités françaises qui ne sont pas aussi neutres qu'elles veulent le paraître. Enfin Madame Borrel, la veuve, qui court derrière la justice française afin que la vérité se fasse sur l'assassinat de son mari.

Nous les Djiboutiens, nous ferons mieux de ne pas trop compter sur l'éventuelle poursuite de notre dictateur. Il va certainement prolonger son mandat - le troisième mandat - afin de rester au pouvoir et de faire reculer l'inévitable échéance, après laquelle un mandat international pourra être lancé contre lui. Avec le troisième mandat, il pourra bénéficier de l'immunité présidentielle et peut-être, l'évolution du monde étant ce qu'elle est, de bouleversements politiques pourraient faire oublier l'"affaire Borrel" et l'accusation pesant sur le chef de l'Etat djiboutien.

Dans tout cela, où est notre combat ?

Il est vraiment tant que l'opposition djiboutienne se rassemble et réfléchisse sur la façon la plus bénigne et la plus pacifique d'opérer une laternance démocratique dans notre pays. Pour couronner le tout, on pourra faire juger un assassion comme Ismail Omar Guelleh dans notre pays pour des crimes commis contre les Djiboutiens, allant de la corruption à l'assassinat physique. Sans parler de la tuerie d'Arhiba (18 décembre 1991).

Uguta-Toosa, avril 2008


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