1 - Le mot du président

LA SOLITUDE DU PEUPLE DJIBOUTIEN LIVRE A LA DICTATURE

Ali Coubba

N° 35

Au sommaire
de septembre 2008

1 - Le mot du président : la solitude du peuple djiboutien livré à la dictature


2 Les Afar et les Issa de Djibouti doivent se donner la main

3 - J'adhère à Uguta-Toosa

4 - L'Etat djiboutien se meurt...

5. La présence française et américaine à Djibouti ? Un soutien à la dictature. f


6. La France et l'opposition djiboutienne

7. Nos dirigeants sont des "fourdres de gerre"

 

8. Uguta est le parti capable d'oragnsier la diaspora djiboutienne

 

9. Djibouti : "risque de guerre" avec l'Erythrée


10. USAID /Djibouti

11. La Banque mondiale... Le FMI va débourser ... Près de 17 millions de personnes...les droits humains...

12. J'apprends une ou deux expressions en afar

13. Contentieux Djibouti-Erythrée: Mourir à Doumeira...pour Adaytou ?




 

Le peuple djiboutien souffre seul, privé d’allié dans la région et dans le monde. Il essaie tant bien que mal de lutter seul contre la dictature d’Ismail Omar Guelleh et sa clique de Diré-Dawa - langage de mabraze qui a sa part de vérité - qui sont soutenues par la France et l’Union européenne, le Etats-Unis, l’Ethiopie et les pays arabes. En un certain sens on peut soutenir qu’il est livré à l’arbitraire d’une meute de chiens, qui bavent vautrés dans une luxure insupportable au vu de la misère populaire.
En dépit de tous ses efforts, l’opposition minée par des ambitions irrationnelles ne parvient pas à susciter le sursaut salutaire qui mobiliserait la rue ou les mécontents au nom de la démocratie pour chasser la dictature. Le pessimisme gagne du terrain. Victimes fantasques de l’abus du khat, les Djiboutiens manifestent leur désarroi en mettant parfois dans le même panier la dictature et ceux qui la combattent. Ils nous en veulent, à juste titre, à cause de notre incapacité de leur inspirer l’idée d’un espoir et d’un avenir meilleurs.

La montée des périls : le tribalisme somali se re-configure

Les Afar sont la communauté qui souffre le plus en république de Djibouti. Au-delà de considérations liées à la revendication d'un Etat de droit, leur survie économique et politique est menacée dans le pays. Ils feraient mieux de s’occuper aussi de l’avenir de leur pays qui est menacé par la « somalisation » menée tambour battant par leur principal ennemi : Ismail Omar Guelleh.
En général, les Somali, tiraillés par des intérêts tribaux et claniques, tirent leur épingle du jeu et s'en sortent mieux. Ils sont instrumentalisés. Tandis que les Issa djiboutiens, dans leur écrasante majorité, commencent à baisser les bras, vaincus par la propagande du pouvoir en place, tétanisés par la solidarité clanique.
Les Issa d’origine éthiopienne tiennent le haut du pavé. Ils sont indifférents à l’avenir du pays et éprouvent, à l’instar d’ismail Omar, haine et mépris à l’égard des Afar.
Les autres tribus somali, en particulier les Issaq, ont retrouvé une reconnaissance inattendue au sommet de l’Etat grâce à la première dame du pays, Khadra Haid. Après une longue éclipse politique causé par le "tribalisme issa", les Issaq se retrouvent sur le devant de la scène. Sur le plan diplomatique, le but est clair, Djibouti s’est rapproché opportunément de Hargueysa et de tous les entités somaliennes balkanisées… Il se pourrait que le dictateur djiboutien ait besoin contre les Afar de ses frères « somaliens ». Bientôt en république de Djibouti, des Hawiyyé et autres clans somaliens auront droit de cité… tandis que les Gadaboursi et les Arabes seront renvoyés dans les limbes.

Les Afar doivent lutter pour l’instauration de l’Etat de droit

Pour polémique qu’elle soit, cette présentation sous forme de communautés nationales relève de l’évidence dans notre pays. De plus en plus, le devoir de résistance incombe aux Afar et aux Issa de Djibouti. A eux d’œuvrer pour la démocratisation et l’instauration d’un Etat de droit dans l’intérêt de tout le monde.
Etant les principales victimes expiatoires de ce régime, les Afar n’ont pas le choix. En cas de nécessité, ils disposent d’une marge de manœuvres plus importante que les Somali de Djibouti, lesquels sont trop divisés, tiraillés par des intérêts contradictoires, des sirènes stridentes venues du Somaliland et autres obscurs protagonistes. Grâce à l’importante superficie du pays qu’ils occupent, à leur poids démographique et à leur homogénéité ethnique, les Afar peuvent œuvrer plus efficacement contre la dictature.
IL faut que les Afar sachent que la pérennité de ce régime signifie leur perte. 70% de leurs ressortissants sont au chômage ! Ce chômage planifié par Ismail Omar Guelleh. Il s’apparente à une guerre économique ouverte contre les Afar, en instrumentalisant des ministres afar auxquels le chef de l’Etat voue autant de considération qu’à des chiens galeux.
C’est pourquoi nous affirmons que les Afar doivent livrer une guerre sur deux fronts :
- stopper la « somalisation » en manifestant pour le droit au travail partout dans le pays ;
- lutter davantage aux côtés de l’opposition pour éradiquer la dictature.

La communauté issa de Djibouti est déboussolée

Elle est la plus apte parmi les groupes somali du pays, à vouloir la démocratie et l'instauration d'un Etat de droit aux côtés des Afar. Or, elle se trouve totalement déboussolée sous la pression de trois facteurs :
- L’appel démographique aux Issa d’Ethiopie et de Somalie a marginalisé le poids des Issa du pays ;
- L’immigration de commerçants somaliens (Issaq du Somaliland et autres ressortissants) à qui ont vend les passeports djiboutiens diminuent le rôle des Issa dans l’ensemble somali ;
- La solidarité clanique qui hypnotise de nombreux opposants issa, qui ont peur de s’afficher aux côtés des opposants afar, gadaboursi, issaq et arabe.

La démocratie est l’affaire de tout le monde mais les Afar et les Issa de Djibouti, visés d'une manière discrétionnaire par la dictature, doivent contribuer plus que les autres car ils ont tout à perdre avec la dictature d’Ismail Omar Guelleh.

 

Ali Coubba
Président de Uguta-Toosa

U.T. septembre 2008

 
   

2 - Les Afar et les Issa de Djibouti doivent se donner la main

C'est un langage exécrable que d'évoquer des questions aussi basses mais la dictature djiboutienne nous impose de se dire la Vérité.

En République de Djibouti, combien de ministres, de députés et de hauts fonctionnaires afar vivent-ils de leurs salaires ou de leurs émoluments ? Combien de ministres et de hauts cadres issa, originaires de Djibouti, rencontre-t-on dans le gouvernement ? Combien d'entre eux sont-ils venus de l'Ethiopie pour occuper des fonctions dont on a licencié les cadres afar ? Combien y avait-il de fonctionnaires arabes en 1977 ? Il en reste combien aujourd'hui dans la fonction publique ?

Les précautions langagières ne riment à rien

Il faut que tous les Djiboutiens sachent que, sous leurs yeux, la dictature se livre à de dangereux calculs qui risquent de provoquer une guerre civile dans le pays. Les Afar sont à bout. Il faut que les intellectuels somali de Djibouti le sachent. Cette vérité ne doit pas être minimisée ou être prise pour une manœuvre purement politique. Je répète. Ces mots auraient eu sans doute un poids plus important sous la plume d’un Issa mais les Issa ont peur de l’ostracisme clanique et tribal qui les frapperait s’ils osent dénoncer la marginalisation des Afar.

Les provocations d'Ismail Omar Guelleh

Le dictateur Ismail Omar Guelleh a nommé un Premier ministre, Dilleyta Mohamed, pour représenter la communauté afar. Il a désigné des députés pour les Afar. Il vient d'annoncer qu’il y a 20% d’Afar en République de Djibouti et qu'en tant que minorité démographique, le nombre de leurs députés devrait baisser en conséquence.
Qu'est-ce que cela changerait pour l'ethnie afar ? Rien. Les députés et les ministres afar ne sont que des pions, on peut en trouver à gogo dans la fange de la société djiboutienne.
Les Afar, une minorité à Djibouti ? Voilà
un débat à double tranchant qui intéresse beaucoup les Afar et si j'étais Ismail Omar Guelleh, je n'évoquerais pas la question démographique ou le poids numérique de telle ou telle communauté nationale, parce que celle qui va en pâtir, ce sont les Somali en général.

Dans leur écrasante majorité, d'où viennent les Somalis ? Qui sont les vrais djiboutiens ?

70% de Somalis de Djibouti sont venus des pays voisins. 80% d'Afar sont des autochtones. Des vérités qui sont explosives si on commence à les agiter ou à les défendre.
Plutôt "qui sont ceux ne sont pas djiboutiens" ? Si la dictature veut jouer à ce jeu dangereux, la réponse de la communauté afar est claire :
- Tous les Issa venus à Djibouti après l'indépendance et qui ont bénéficié arbitrairement de la naturalisation, d'une manière ou d'une autre, ne sont pas de vrais nationaux;
- Les Somalis gadaboursi et issaq, venus après l'indépendance ne sont pas de vrais djiboutiens ;

Si on fait ce calcul, quelle est la communauté majoritaire dans le pays ? Certainement les Afar (même si on met de côté les Afar venus d'Erythrée et d'Ethiopie depuis l'indépendance).
Alors sur le plan de ces calculs qui sera perdant ? Les Somalis et les Issa en général. De grâce, évitons ce débat dangereux. En réalité, qui sera le vrai perdant ? Notre pays. En tant qu'opposant au régime et à la dictature, j'affirme que cette question mériterait d'être solutionnée par les démocrates djiboutiens sans susciter des drames inutiles et en tenant compte des considérations humanitaires et de l'intérêt de notre pays.

Les Afar et les Somali sont condamnés à se rassembler

Après tout, y-a-t-il vraiment des différences entre le peuple afar et somali ? Hier issus d'une même souche culturelle, écartelés au XVIème siècle par l'invasion ormo, séparés par les aléas de l'histoire et trompés par les dirigeants politiques ignorants, les Afar et les Somali sont si proches physiquement et culturellement que leurs rivalités relèvent de querelles de famille. Mais lorsqu'on constate les ruines de la Somalie, les Afar ont raison de ne pas trop revendiquer le "lien familial" avec les Somali..

Dieu merci, nous les Djiboutiens, nous n'allons pas fuir le débat aussi explosif soit-il, mais nous ne nous laisserons pas aveugler par des passions tribales (somali) ou ethniques (afar).

Ismail Omar Guelleh
est-il le nouveau Siad Barré somali ou djiboutien ? Il ferait mieux de ne pas jouer avec le feu. Ses conseillers de Diré-Dawa devraient lui dire que sa politique, tôt ou tard, va les pousser au retour à leur pays.

Uguta-Toosa - septembre 2008

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3 - J'adhère à UGUTA-TOOSA

Demandez votre carte Uguta-Tossa


Participez aux côtés d'une équipe de vrais responsables politiques - et non de soi-disant opposants de salon et de café - qui proposent des id
ées et qui réfléchissent sur le devenir de la République de Djibouti.

Les responsables de Uguta-Toosa proposent à tous ceux qui le désirent d'envoyer vos articles, vos critiques et vos suggestions à leur journal.

Les responsables de Uguta-Toosa expriment leurs idées sur la place publique. Ce sont des hommes publics qui ne craignent ni la confrontation d'idées ni la polémique quand cela peu apporter des éclaircissements sur le positionnement de leur parti.

Vous pouvez poser vos questions au président de notre parti, Ali Coubba. Il vous répondra sur le site ou, exceptionnellement, sur votre adresse électronique personnelle.

Remarques importantes

Ceux qui veulent assumer des responsabilités au sein de Uguta-Toosa doivent travailler et mener une réflexion sur les choix et les solutions politiques à mettre en place.
On n'entre pas dans un parti politique pour faire de la figuration, tout en revendiquant des responsabilités.
Nous remercions des militants anonymes qui ont décidé d'écrire sur notre site. Ceux qui vivent à Djibouti en premier lieu. Quant aux Djiboutiens qui nous ont transmis des lettres de féliciation pour le combat que mène Uguta-Toosa, qu'ils reçoivent aussi notre chaleureux remerciment.

Uguta -Toosa, août 2008

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4.

L'Etat djiboutien se meurt...

 

L'Etat-nation djiboutien se meurt parce qu'un de ses fondements, à savoir l'ethnie afar - est en train d'être poussé à des actions extrêmes pour recouvrer ses droits. l'Etat djiboutien se meurt parce qu'un dictateur a décidé de le détruire en exploitant la fibre tribaiste de la communauté somali et issa de la république de Djibouti.

Dans la société afar, un individu ne doit jamais recourir à la violence contre une personne ou un groupe de personnes avant d'avoir déposé une plainte ou exprimer publiquement ses doléances. Dans le cas extrême où il passe à l'action, quelqu'un ne manquera pas pour l'apostropher ainsi : "Pourquoi cette violence ? Avez-vous sollicité une cour ou porté l'affaire devant l'opinion publique". Dans cet ordre d'idée, il est important de dire les griefs des Afar et des Issa de Djibouti et de citoyens djiboutiens qui souffrent dans notre pays.

Une administration en train de devenir somali

Les Afar qui ont un salaire et un travail s’élèvent à combien en république de Djibouti ? On dénombre approximativement :
- 7 ministres ;
- 31 députés ;
- 10 de hauts fonctionnaires (en y incluant les entreprises semi-publiques) ;- 6 ambassadeurs et consuls ;
- 8 officiers supérieurs ;
- environ 300 petits fonctionnaires dans la fonction publique.

A côté, combien des hauts fonctionnaires issa, des officiers supérieurs issa et des directeurs des services semi-publics issa, compte-t-on ? Ils sont des centaines, voir des milliers avec les autres groupes somali. Rien que les Issa mamassane – le clan présidentiel - ont plus de hauts fonctionnaires afar. Ce n’est pas normal. C’est de l’injustice. Et cette injustice va conduire notre pays à son implosion.

Les Afar et les Issa de Djibouti doivent dire « non » à la dictature

Dans un pays où existe une conscience nationale, j’aurais pu m’adresser à des intellectuels, aux partis politiques et à l’opinion nationale, mais à Djibouti, chaque tribu somali et l’ethnie afar sont enfermées dans leurs propres obsessions et préjugés. L'absence d'une presse nationale libre empêcher tout débat démocratique.
Le pire de tous : l’incroyable lâcheté des partis d’opposition qui sont incapable de se doter d’un programme commun et de leaders respectables. Que peut-on envisager, en matière de lutte, lorsque chaque parti politique refuse de dialoguer avec les autres ? Face à ce vide, je conseille les Afar et les Issa de Djibouti de réagir. Comment ? - écrire des tracts, des graffitis sur le mur, dénoncer le tribalisme et la marginalisation des Afar :
- de demander à « leurs » ministres et députés de leur donner du travail ;
- de manifester si possible aux côtés des opposants au régime.

Si les Afar sont marginalisés et les Issa de Djibouti poussés à l'exil, que va-t-il rester de la République de Djibouti ?

Uguta -Toosa, septembre 200

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5. La présence française et américaine
à Djibouti ? Un soutien à la dictature.

La république de Djibouti abrite, comme vous le savez, plusieurs forces militaires d’origine occidentale. Outre la base militaire française de 2.700 personnes, héritage de notre histoire coloniale, une base américaine de 1.500 hommes et des contingents des forces européennes stationnent dans notre pays.
Cette présence étrangère est motivée par des considérations et des intérêts géostratégiques, au sein desquels chaque partenaire semble trouve son compte sauf …le peuple djiboutien. Le dictateur, lui, ne s’en plaint pas. Il perçoit en compensation des fonds importants qu’il gère au mieux de ses intérêts et pour étendre l’espace vital issa contre les Afar (En Ethiopie et à Djibouti). Pourtant, nous acceptons d’immenses sacrifices. Notre fierté, notre souveraineté nationales sont mises à mal par le voisinage avec des armées dont l’une est la plus puissante du monde (Etats-Unis) et la plus vieille démocratie.

Où est la contrepartie de cette présence ?

La contrepartie de la présence française et américaine devrait se traduire par quelques avancées démocratiques dans notre pays. Or c'est le contraire qui s'y produit. Assuré d'avoir le parapluie de deux Etat occidentaux, généreux sur le plna financier, le dictateur djiboutien a réduit au silence l'opposition légale et la société civile.
Pourquoi accepterons-nous sur notre territoire des armées étrangères qui sont objectivement contre nous
, contre notre peuple, contre le développement de notre pays ?

Les Américains et la démocratie

Que savons-nous au sujet des activités militaires auxquelles se livrent les Américains et les Français dans notre pays ? Les premiers affirment que notre pays leur sert de tête de pont à partir duquel ils luttent contre le terrorisme islamique. Des commandos partis de Djibouti bombardent ou mènent des opérations contre les combattants des Tribunaux islamiques – des terroristes selon le vocabulaire de Washington - qui sont actifs en Somalie. Il paraît que la guerre d’Irak a été motivée par le désir d’imposer la démocratie dans ce pays martyrisé par Saddam Houssein.
Les Américains doivent avoir une définition bien étrange de la démocratie s’ils ne voient pas la misère qui sévit à Djibouti. Apparemment les Américains apportent une aide inestimable à la dictature, à la somalisation du pays et sont aveugles à la lente destruction de l'Etat djiboutien.

Les Français aiment les dictateurs

Les Français, qui nous sont beaucoup plus familiers, considèrent Djibouti comme un mirador commode ; un observatoire idéal pour suivre les réseaux de commerce et d’échanges du pétrole à partir de son ancienne colonie. En dépit de son affaiblissement, la France entend encore peser dans les enjeux internationaux. Toutefois, les autorités françaises ont un mot à la bouche, la démocratie. Même quand personne ne les interroge, elles parlent de la démocratie, tout en soutenant les dictatures les plus corrompues de l’Afrique.
Nos amis, les Français, tentent d’apporter sa contribution à la résolution de la crise israélo-palestinienne en effectuant un rapprochement remarqué avec la Syrie, ses militaires sont présents en Afghanistan et au Liban, mais ils sont incapables d’aider les démocrates africains.
La France se caractérise par une diplomatie verbeuse, un discours nauséabond sur la « patrie des droits de l’homme », une fidélité absurde aux dictateurs africains les plus ignobles, des promesses savamment distillées sur le changement de la politique France-Afrique à l’avènement d’un nouveau chef de l’Etat. De François Mitterrand (1981-1995) à Nicolas Sarkozy (2007,…), le discours ne change jamais. Parmi les corps diplomatiques, les ambassadeurs français sont les plus complaisants à tolérer l'intolérable.
Par le biais d’une presse européenne, complaisante, combien de fois ne nous a-t-on pas annoncé que Paris serait prêt à concilier son discours sur la démocratie et la pratique sur le terrain diplomatique. Combien des fois, un ministre de la coopération vient chanter les louanges d'un dictateur toute honte bue.
Non les Djiboutiens doivent cherche de nouveaux alliés autre que les Occidentaux, hypocrites, cyniques et incapables de respecter leurs propres valeurs et croyances.

Au moment où la Chine et l'Inde sont en train de remettre en question le rapport des forces entre les grands Etats du monde, notre pays pourrait exploiter la présence des occidentaux chez nous au mieux de nos intérêts ou leur donner congé ?

Uguta -Toosa, Septembre 2008

 

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6 . La France et l'opposition djiboutienne

Les autorités françaises boudent l’opposition djiboutienne dont la plupart des membres, sinon la majorité est francophone. Elles nous considèrent comme une quantité négligeable qui ne mérite même pas d'être approchée si ce n'est sous forme de sources d'information pour les agents de renseignements généraux.

La France va être surprise demain....

A l'instar d'Ismail Omar Guelleh qui pense que les Afar sont neutralisés définitivement, parce qu'il est habitué à voir autour de lui un Dilleyta obéissant et d'autres ministres afar qui lui lèchent les bottes, le gouvernement français est dans la même situation par rapport à l'opposition djiboutienne. Paris estime ne pas avoir à faire des efforts pour mériter sa base militaire à Djibouti. Ce serait un acquis advitam aternam, un héritage légitime. mais les choses vont changer. Je suis certain.
En dépit de toute les considérations que j'ai pour un pays qui m'a accueilli en tant qu'exilé politique, je crois que les autorités françaises vont au devant de grandes surprises si elles pensent que tout sera facile à Djibouti.

L'opposition djiboutienne a intérêt à chercher d'autres alliés que la France

La Bruyère, dans « Les caractères, extrait II », dit cette sagesse que nous les Djiboutiens ferions mieux d’appliquer par rapport à notre allié historique, la France.
« Il est plus souvent plus utile de quitter les grands que de s’en plaindre ».
L’intérêt que porte la France à notre pays correspond-il à notre drame, notre fardeau, notre croix (sic !), notre péché ? Un peu de tout ça. La patrie des droits de l’Homme, de la révolution (dans le sens le plus profond : le bouleversement radical des fondements de la société) et le pays qui se targue d’être le champion des démocrates fait rempart de son corps pour perpétuer les dictatures en Afrique francophone. Quoiqu’on dise, la dictature djiboutienne est nourrie par la France. En paraphrasant Aimé Césaire, qui fustigeait la civilisation européenne, nous dirons tout simplement, qu’ « Un pays qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Un pays qui ruse avec ses principes est un pays moribond. »
En un mot, on dirait que les dirigeants français ne désirent ni le développement économique du continent africain ni celui de son peuple. Ils ne veulent pas que les peuples des pays en développement jouissent des bienfaits de la démocratie. La France « se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper ». (Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 1955).

N’est-il pas temps de remettre en question la base militaire française à Djibouti ?

Uguta-Toosa, septembre 2008
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7. Nos dirigeants sont des "foudres de guerre"

Que font les dirigeants de l’opposition djiboutienne à l'intérieur du pays ? Bien sûr leur situation économique soit déplorable. La dictature a en effet licencié les membres de l'opposition qui avaient le culot de venir brailler sous ses fenêtres pendant que notre dictateur, saoûlé par le khat, tire des plans sur la meilleure façon de "marginaliser" les Afar" et de corrompre ses administrés.

Une nouvelle direction politique pour l'opposition à Djibouti-ville ?

L'opposition djiboutienne se doit de répondre à deux exigences. Dans la mesure où la donne a changé, les manifestations et actions politiques étant devenus impossibles dans le cadre d'un espace politique pacifié, elle a besoin de se doter d’une nouvelle direction dans le pays. Et elle a besoin de revoir son leadership de façon à le rendre cohérent avec la stratégie du dictateur.
Il est temps que les gens se disent la vérité. Je le dis clairement au risque de provoquer la grogne de certaines personnes. J’éprouve du respect pour les Djiboutiens qui osent proclamer leur opposition à la dictature, tout en menant une existence étriquée dans une société policière. Il faut un certain courage pour prendre fait et cause pour la démocratie et le multipartisme. Mais sortons de l’hypocrisie et de faux-fuyants.

Un nouveau chef pour l'UAD

A la tête de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) et de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD), il faut un changement radical.
Nous avons deux personnalités sur lesquelles je m’interroge. En tant que membre de l'opposition, je me dois de partager mon opinion avec les lecteurs de notre journal.
Je m’interroge sur les capacités de ces deux leaders de mener des actions politiques d'envergure contre la dictature d’Ismail Omar Guelleh. Jusqu'à présent, je ne vois rien de ce qu'ils ont entreprise et réalisé.
J’aimerais bien savoir leurs programmes, lire les discours qu’ils ont écrit, les combats qu’ils ont menés, les stratégies qu’ils préconisent pour contrer la dictature. Il y a un vide sidéral incompatible avec l'état du délabremement de notre pays et l'aggravation des pratiques arbitraires dans notre pays.
La léthargie d’Ismail Guédi Hared est incompréhensible et ne parvient pas à effacer l’image qui lui colle à la peau depuis 1977. Alors que son homonyme (Ismail Omar Guelleh) sévissait dans les salles obscures de torture, Ismail Guédi oeuvrait durant plus de deux décennies dans les salles feutrées de la présidence aux côtés de Hassan Gouled, pour mettre en place l'hégémonie issa.
Je m’attendais de lui à des actions politiques d’envergure, des opérations offensives de nature à secouer la dictature. Au lieu de cela, l’homme est vautré dans le silence. Malheureusement le tribalisme dont ilétait le consciencieux fonctionnaire n’est pas le moindre de ses crimes contre le pays et les Afar, et aujourd'hui cette ignominie, je le crains, refait surface parce qu'il s'est mis en avant tout en n'ayant pas les moyens d'assumer sa fonction de leader.

Ahmed Youssouf est-il à sa place à la tête de l'ARD ?

Quant à Ahmed Youssouf, si le peuple djiboutien n’a rien à lui reprocher, il me semble que son activisme politique laisse à désirer. Sachez que nous sommes en politique, dans un contexte difficile, où l’on ne doit pas se ménager par pure complaisance ou réflexe culturel dû aux aînés par rapport aux cadets.
L’intérêt supérieur de notre nation m’oblige à dire ce que je pense, sans sombrer dans le dénigrément. Mon opinion est peut-être fausse et que, contrairement à son apparence placide, Ahmed Youssouf est une foudre de guerre que j’ignore. Cependant où est le résultat de ces actions politiques ?
En ce qui me concerne, je soutiens l’ARD qui est la seule organisation capable de damer le pion au régime si on lui permettait de s'exprimer, si ses leaders avaient les ressources financières minimales pour faire vivre leurs familles.

L'ARD ferait mieux de choisir un leader actif et dynamique, compétent, audible, visible. Si possible un leader qui ne brouterait pas de khat et qui sensibilierait en priorité les corps diplomatiques et la population afare et issa dans le pays.

Ismail Guedi Hared et Ahmed Youssouf feraient mieux de laisser les devants de la scène à des dirigeants issa et afar plus actifs qu’eux. Ils feraient mieux d’assumer d’autres responsabilités que la direction politique où leurs compétences feraient merveille.
Dans le contexte actuel, ces deux hommes ne sont pas à leur place. J’ajouterai une autre remarque : les leaders qui broutent du khat ne peuvent pas, dans le contexte actuel, diriger un parti politique. Le pays va mal. les Afar sont en train de devenir les parias de Djibouti. Les Issa du pays sont devenus des orphelins.

A bas l’hypocrisie ! A bas les mensonges ! Vive la franchise et la transparence !

En tout cas, après trente un ans de dictature tribale issa, il est temps que les Djiboutiens se disent les choses crument.
En Europe, je crains que les mêmes douloureux constats doivent être dressés afin de donner un véritable leadership à l’opposition.

Uguta-Toosa - Septembre 2008
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8 . Uguta-Toosa est le seul parti capable d'organier la diaspora djiboutienne

Uguta Toosa est le seul parti politique capable d’organiser la diaspora Djiboutienne dans sa diversité.

Notre parti n'a pas la prétention de prôner la lutte armée ni d'autres formes de lutte violentes devant une société djiboutienne exsangue.

Au sein de la communauté afar : quelques adhésions

Dans la communauté afar, je crois que le parti que j’ai l’honneur de diriger, est le seul capable d’organiser efficacement la diaspora djiboutienne. Toutefois, inutile de se bercer d’illusions ou de se mentir en faisant valoir qu'il serait populaire et très courtisé. Beaucoup de Djiboutiens croient encore qu'ils ont tout leur temps et que le pays va très bien. Ils n'ont donc pas à adhérer aux partis politiques. Bien sûr, il s'agit là d'une grave indifférence par rapport à l'avenir de leur pays.
La situation des Afar a atteint à Djibouti un état de dénument et de misère auquel aucun Afar de la diaspora ne peut rester inactif.

Uguta est le seul parti (dans le milieu afar) qui suscite des adhésions volontaires et personnelles sur la base de son action.
Des Djiboutiens nous écrivent en demandant d’être membre de Uguta-Toosa. Des gens que nous ne connaissons nous demander une carte d’adhésion de notre parti et veulent la plupart du temps garder l’anonymat. Notre parti a un site internet qui est actif et qui exprime des idées et des opinions qui tentent de compenser le vide de liberté d’expression qui existe dans le pays.
Uguta-Toosa ne craint pas d’aborder des sujets polémiques. Depuis deux mois, il a infléchi sa politique pour aborder les questions ethnique et tribales qui sont des tabous dans le pays. Il le fera de plus en plus au fur et à mesure qu’il consolide ses moyens d’action.

Les points faibles de Uguta-Toosa

Pour l'instant les Djiboutiens d'origine somali boudent notre parti sauf ceux qui sont métis et qui, la plupart du temps, apprécient nos analyses même celles qui ont un caractère polémique. Il est vrai que parmi eux, il y a des universitaires et des intellectuels qui comprennent mieux les enjeux politiques et l'histoire de Djibouti.

Uguta-Toosa est contre la consommation du khat.
Uguta-Toosa est contre l'infibulation.
Notre parti croit en l'unité du peuple djiboutien.

Uguta-Toosa, septembre 2008
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9. Djibouti : "risque de guerre" avec l'Erythrée

 

Uguta-Toosa : Le chef de l'Etat djiboutien fanfaronne comme d'habitude, moins pour dire quelque chose de responsable et de sensé que de proférer des stupidités digne d'un chef de tribu.
Tout le monde sait que la république de Djibouti, notre petit pays (23 000 km² avec ses 700.000 habitants) n'a pas les moyens de faire face aux troupes érythréennes ni d'ailleurs le désir de faire tuer ses enfants pour quelques arpents de terre alors que la vraie raison de ce conflit est ailleurs.
Cassim Ahmed Dini a à plusieurs reprises souligné la motivation d'Ismail Omar Guelleh : le dictateur djiboutien fait des gesticulations sur la frontière djibouto-érythréenne alors que son vrai souci est de se préoccuper des "colonies issa" qui se développent comme des métastases dans l'Etat régional Afar en Ethiopie fédérale et qu'il finance avec l'appui de la France, des Etats-Unis et des pays arabes, tandis que Addis-Abeba ferme les yeux sur ses agissements.

Omar Guelleh avertit que son pays risque de n'avoir "qu'un seul choix"


Le président djiboutien Omar Guelleh avertit que son pays va devoir entrer en guerre contre l'Erythrée à moins d'une intervention des Nations unies pour résoudre les tensions de plus en plus graves provoquées par un différend frontalier
.

Le pays a accusé l'Erythrée d'avoir envahi son territoire et son ambassadeur à l'ONU a déclaré à la BBC qu'elle esquive les efforts de médiation.
Omar Guelleh a demandé l'aide du Conseil de sécurité pour aider à régler le litige. Selon lui "une poursuite de l'inaction encouragerait l'Erythrée à persister dans son attitude" ce qui, ajoute-t-il, "ne laisserait qu'un seul choix à mon pays, celui de la guerre". (Ismail Omar va sans doute faire appel aux Etats somaliens, aux Issa d'Ethiopie et aux tribunaux islamiques car les Djiboutiens de souche (Afar, issa, gadaboursi et issaq) ne veulent pas mourir pour un délire tribal de quelques issa).


Rappelons que 9 soldats djiboutiens ont déjà été tués lors d'affrontements entre les forces des deux pays il y a quelques mois, qui ont aussi fait une soixantaine de blessés.
En juin dernier, Le Conseil de sécurité avait appelé Djibouti et l'Erythrée à conclure un accord de cessez-le-feu, demandant à la partie érythréenne de retirer ses troupes de la zone des combats.
La France (l'ancienne puissance coloniale à Djibouti) demande elle aussi aux deux camps d'engager des pourparlers sur leur différend frontalier. Elle prépare un plan qui sera soumis au Conseil de sécurité, réclamant notamment le retrait des forces érythréennes. (La France ferait mieux d'inciter son protégé de restaurer la démocratie et l'équilibre ethnique mal mené dans le pays au lieu de jouer les missi dominci pour faire croire qu'elle se préoccupe de l'avenir de notre pays. Les Afar et les Issa de Djibouti doivent se méfier de la France).

L'Ethiopie accusée

La frontière est située dans une zone stratégiquement importante. L'ambassadeur de l'Erythrée à l'ONU, Araya Desta, affirme de son côté que son pays n'a aucune ambition territoriale et veut vivre en bon voisinage avec Djibouti. Mais il accuse l'Ethiopie de déployer des troupes sur les hauteurs à la région frontalière entre les trois pays.
Selon lui "l'Ethiopie a construit, à parti du côté djiboutien, un réseau de routes menant à ces positions et déployé des pièces d'artillerie à longue portée et d'autres équipements lourds, qui visent le territoire érythréen".
Mais l'ambassadeur djiboutien à l'ONU, Roble Olhaye, accuse l'Erythrée d'avoir "rejeté ou esquivé toutes les tentatives internationales de médiation". (Olhayé = un Ethiopien issa qui représente Djibouti aux Nations-unies qui ne sait même pas qui sont les Afar).

Sornettes

Répondant aux question du programme de la BBC Network Africa, le diplomate a précisé: "depuis quatre mois toutes les organisations internationales essaient de parler aux Erythréens. Toutes les organisations régionales ont essayé d'envoyer des missions à Asmara (la capitale éryhtréenne) mais elles n'ont même pas reçu de visas". Quant aux accusations de concentrations de troupes éthiopiennes dans la région frontalière, Roble Olhaye les rejette catégoriquement, les qualifiant de "sornettes". (Quand notre pays va être représenté aux Nations-unies par un véritbale djiboutien ?)

Son homologue érythréen de son côté déclare que son pays ne veut pas se laisser entraîner dans un "conflit artificiel".
Rappelons que depuis son indépendance en 1993, l'Erythrée a déjà été opposée à ses voisins dans deux conflits majeurs.
A noter en outre que la frontière entre le pays et Djibouti est située dans une zone stratégiquement importante, à l'entrée de la Mer rouge. Et la France ainsi que les Etats-Unis ont des forces stationnées en territoire djiboutien. (Les Américains, je l'avoue, je ne les connais pas bien. Notre parti n'a pas adressé un mémorendum à ce pays mais nous le ferons prochainement. D'après les informa-tions, ils seraient aussi hypocrites que les Français quand il s'agit de négocier avec le dictateur djiboutien ?)


http://www.bbc.co.uk/french/highlights/story/2008/10/081025_etritrea_djibouti.shtml


Uguta-Toosa, août 2008

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10. USAID / DJIBOUTI
Entretien avec… Janet Schulman
Représentante de l'USAID

(Extraits)

Uguta-Toosa : L'USAID, les organisations des Nations-unies qui oeuvrent à Djibouti savent-elles que les aides humanitaires ou internationales sont destinées en priorité et uniquement aux proches du pouvoir en place, aux Issa mais très rarement aux Afar de la république de Djibouti ?
Comment l'USAID pourrait-elle faire parvenir la moindre aide aux déshérités afar de l'arrière-pays si l'administration est composée à 90% de ressortissants étrangers - Issa d'Ethiopie - qui appliquent systématiquement les consignes claniques et tribales d'Ismail Omar Guelleh ?
En ce moment la famine, la sécheresse frappent toute la république de Djibouti et pourtant les aides ne parviennent jamais aux Afar de l'intérieur. Pourquoi ?


Édition N° 120 du Mercredi 27 Août 2008

C'était il y a quatre ans.

L'USAID inaugurait sa représentation officielle en terre djiboutienne. Venu rejoindre tardivement les autres agences internationales, le bureau de l'agence américaine n'a pourtant pas chômé. Le bureau s'est fait connaître rapidement à travers son approche ciblée vers les domaines sociaux comme l'éducation et la santé. Deux grands projets ont vite retenu l'attention de la majorité. Il s'agit du programme PECSE pour la santé et celui d'AIDE pour l'éducation. Tout le monde se souvient des kits scolaires distribués à l'ensemble des écoliers djiboutiens ou des centres de soins rénovés et inaugurés à tour de rôle. A l'issue de quatre années passées à la tête du bureau de l'USAID à Djibouti, la représentante résidente de l'agence américaine de coopération internationale, Janet Schulman, appelée à d'autres fonctions retrace pour nos lecteurs les missions de son bureau et le travail accompli.

La Nation : Mme Schulman, pourriez-vous revenir sur votre parcours ?
Mme Janet Schulman : Je suis Américaine d'origine Ghanéenne. Je suis mariée et mère d'un garçon et d'une fille qui, tous, travaillent aux Etats-Unis. J'ai fait mes études à Johns Hopkins School of Advance International studies, à Washington où j'ai décroché deux masters en Economie et bonne gouvernance. J'ai travaillé au Fonds Monétaire International puis j'ai rejoint l'USAID en 1984 où j'ai servi à différents niveaux dans 18 pays. Je fus nommée représentante en 1999 en RDC puis en Erythrée et à Djibouti.

Vous voilà arrivée au terme de votre mission… pouvez-vous rappeler à nos lecteurs les grands domaines d'intervention de votre agence ?
L'Usaid intervient dans plusieurs projets à Djibouti. Deux grands domaines sont prioritaires, il s'agit de la santé et l'éducation. Dans le premier volet, l'Usaid a collaboré avec le Ministère de la Santé pour assurer un bon système de santé surtout dans les zones rurales. 23 centres répartis dans l'ensemble du pays ont été rénovés, équipés, et les prestataires formés dans le but d'améliorer les soins de santé. De même, un système d'information a été mis en place au sein du Ministère de la santé dans le but de disposer d'un outil de travail dans le suivi épidémiologique. L'agence de coopération travaille aussi en partenariat avec les agences des Nations Unies notamment dans des projets comme la protection de la santé maternelle et infantile et la lutte contre la malnutrition aiguë en dotant de vivres les centres de soins. Dans le domaine de l'éducation, la formation initiale destinée aux formateurs des formateurs ainsi que les infrastructures dédiées à cet effet (inspection primaire) mais aussi les manuels pour les enseignants et les apprenants ont été fournis par l'Usaid. Dans le cadre de la réhabilitation des écoles et des centres de soins, les militaires américains basés au camp Lemonier ont été à nos côtés. L'agence est intervenue de façon notable, avec son antenne d'observation FEWSNET, dans le cadre de la sécurité alimentaire par la distribution de vivres aux victimes de la sécheresse, aux femmes qui allaitent et à leurs enfants dans les centres de nutrition ainsi qu'aux réfugiés avec la participation des agences des Nations Unies (Pam, Unicef, Hcr…). L'appui institutionnel a été aussi un volet consolidé par le renforcement des politiques nationales en matière de sécurité alimentaire. Le gouvernement djiboutien a bénéficié de l'expertise de l'agence américaine notamment dans la mise en place d'une stratégie nationale sur cette question. Ainsi, comme vous pouvez le constater, les domaines d'action sont variés et touchent plusieurs départements et ministères. Le gouvernement djiboutien a demandé l'assistance de l'agence américaine dans plusieurs volets allant de la mise en place du centre de quarantaine de Douda, dans le cadre de la sécurité alimentaire, au lancement et au suivi du programme de bonne gouvernance en passant par la question des élections par la formation des femmes dans le domaine du processus électoral pour qu'elles puissent voter mais aussi pour qu'elles puissent devenir des leaders politiques. L'USAID a aussi travaillé dans le système de surveillance de la crue de l'oued Ambouli, la lutte contre la pauvreté par la fourniture de formations ou d'équipements, la lutte contre le sida à travers le projet Roads Project, etc. Le bilan est très positif. Le gouvernement djiboutien a très bien su tirer profit de l'aide du peuple américain à travers son bureau à Djibouti. A côté des projets réalisés, beaucoup d'autres demandes sont en cours de traitement dont la plupart ont reçu l'accord de financement et cela dans des domaines très variés. S'il est permis de citer un exemple, l'Usaid va débloquer des fonds au profit de la Direction des statistiques (DISED) dans le cadre d'un projet d'appui au recensement de la population qui couvrira la formation du personnel et les équipements en partenariat avec son homologue américain (US census) de Washington.

Qu'est-ce qui vous a frappée au cours de votre séjour dans ce pays ?
Ce qui m'a frappé à Djibouti, contrairement aux nombreux pays où j'ai travaillé, c'est la vision claire de ses leaders dans leurs objectifs à sortir leur pays des multiples difficultés auxquelles il fait face. Le parcours réalisé en quelques années est impressionnant. Je suis très surprise aussi de la disponibilité des responsables avec lesquels j'ai travaillé. Leur volonté et leur implication ont été des atouts de réussite des projets. Les difficultés ont surgi surtout dans le maintien des infrastructures et des équipements. Le système de gestion communautaire demeure peu développé. Les communautés de quartier, de village ou des régions sont en gestation avec le processus de décentralisation et de déconcentration qui vient de démarrer. Je pense qu'avec le temps, ces communautés s'approprieront leurs infrastructures de santé ou d'éducation pour leur bien-être.

L'expérience de Djibouti par rapport aux autres pays que vous avez servi, comment la qualifiez-vous ?
L'expérience de Djibouti est unique. Les responsables avec lesquels j'ai travaillé ont démontré une grande disponibilité et une volonté sans faille pour réussir leurs programmes. Il y a eu une grande sincérité dans leur approche pour le développement et c'est essentiel. J'ai eu de très bons contacts avec eux. De même, les Djiboutiens en général sont très accueillants et ouverts vers le monde. Mon passage à Djibouti reste pour moi pour un modèle unique qu'il est intéressant d'étudier comme modèle pour beaucoup de pays africains. Certes, c'est un petit pays mais les Djiboutiens sont conscients des difficultés et travaillent pour changer le cours des choses. Il suffit de voir les projets d'envergure que le pays a entrepris en peu de temps. L'Usaid avec l'aide du peuple américain ne reste pas sourde aux efforts de développement entrepris par Djibouti.

Justement, le pays est en train de traverser, à cause de la sécheresse endémique, une crise alimentaire sans précédent, quelle est la réponse de l'USAID face à cette demande spécifique ?
Notre antenne FEWSNET suit de près les effets de la crise alimentaire qui menace la vie de nombreuses familles. Elle rend disponibles toutes ces informations à travers son bulletin mensuel qu'elle communique aux services publics et privés. L'Usaid agit en partenariat avec les autres agences pour venir en aide aux victimes de la sécheresse et de la rareté des denrées alimentaires à cause de l'envolée des prix de première nécessité. Il y a les actions d'urgence comme les 2.300 000 dollars d'aide alimentaire remis au bureau du PAM à Djibouti en faveur des 130 000 personnes victimes de la crise alimentaire. L'Usaid continue en même temps d'appuyer ses autres programmes comme celui de la lutte contre la malnutrition aiguë des enfants de moins de 5 ans (dans un projet au montant de 500 000 Us dollars) en collaboration avec le bureau de l'UNICEF à Djibouti mais en même temps nous poursuivons notre programme de sécurité alimentaire dans le but d'éloigner le spectre de la faim au pays, à court et long terme.

Quel conseil donneriez-vous à la représentante résidente qui vous succèdera ?
Les représentants sont très bien préparés pour assumer leurs fonctions même si chacun a son propre style. Néanmoins, je lui dirais de faire preuve de beaucoup de cœur et de compréhension pour servir là où besoin est. Il faut avoir cette joie de visiter par exemple les hommes et les femmes des zones rurales pour partager avec eux ces instants de bonheur, de voir les choses s'améliorer. Elle doit collaborer davantage avec les responsables du gouvernement pour les soutenir sans se mettre à leur place. Nous sommes là pour suivre leurs priorités et les aider à atteindre leurs objectifs et non point pour se substituer à eux.

Votre mot de la fin ?
J'adore Djibouti. Le peuple djiboutien est un grand peuple, les gens sont gentils et agréables.
Je suis attaché à eux et partage leurs valeurs d'intégrité et de fierté. Je garde de ces quatre années passées ensemble un souvenir indélébile. Ils sont reconnaissants au travail de l'Usaid et de l'aide du peuple américain qui leur demeurent disponibles à leur demande.

Propos recueillis par OHA

Uguta-Toosa, août 2008
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11. La Banque Mondiale annonce le décaissement de 152 millions de dollars pour 18 pays, dont Haïti

http://www.alterpresse.org/spip.php?article7741
mardi 30 septembre 2008

Uguta-Toosa : combien ou quelle fraction de cette aide va être distribuée dans le nord (Tadjoura et Obock) et le sud-est (Dikhil) à des mères et enfants dénutris, lesquels sont privés de toute aide nationale et internationale en raison de leur origine ethnique. Les Afar de Djibouti depuis 1977 subissent une discrimination honteuse de la part d'un classe dirigeante "issa" qui a décidé de détruire d'un même élan les autochtones du pays (Issa de Djibouti et Afar).


La Banque Mondiale, via son Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), annonce l’approbation d’un fonds de 137 millions de dollars en faveur de 16 pays affectés par la crise alimentaire.
Deux autres projets de 15 millions de dollars sont, selon la Banque Mondiale, en cours d’approbation. Ce qui porte à 152 millions de dollars la quantité devant être décaissée pour ce programme.
Haïti doit recevoir 10 millions de dollars de ce montant issu d’un mécanisme de financement rapide estimé à 1,2 milliard de dollars, selon une note de la Banque Mondiale, en date du 26 septembre 2008.
Ce mécanisme vise à accélérer les apports d’aide aux pays qui en ont le plus besoin, indique ce document consulté par AlterPresse.
Parmi les autres pays concernés par ce programme, figurent l’Afghanistan (8 millions de dollars), Burundi (10 millions), République centrafricaine (7 millions), Djibouti (5 millions) et Honduras (10 millions).
Ces fonds serviront à financer des projets relatifs à l’alimentation des enfants en milieux défavorisés (C'est le nord de Djibouti mais aussi le sud bien sûr quand la nécessité l'impose) et autres catégories vulnérables de la population. Ils seront également utilisés pour des projets de compléments nutritionnels pour les femmes enceintes, les mères allaitantes, les nourrissons et les jeunes enfants.
La distribution d’intrants agricoles est également envisagée dans le cadre de l’utilisation des fonds à décaisser.
L’approbation de ces fonds a été annoncée en mai dernier à la suite des émeutes de la faim dans plusieurs pays.

La Banque mondiale avait pris cette décision pour aider les gouvernements des pays les plus vulnérables ( La population la plus vulnérable de Djibouti est les Afar, il faut y penser) à réagir face à l’augmentation des prix alimentaires et à poursuivre leur stratégie de réduction de la pauvreté. [do gp apr 30/09/2008 11:10]

 

11. b. Le FMI va débourser 20 millions de dollars à Djibouti


Source : AFP
19/09/2008 | Mise à jour : 11:06 | Commentaires 5

Le Fonds monétaire international a approuvé un prêt de 20 millions de dollars au gouvernement djiboutien, dont 6 millions seront immédiatement déboursés, selon un communiqué du FMI publié jeudi soir.

Ce prêt va permettre à Djibouti de lutter contre la pauvreté.
La croissance à Djibouti est passée de 4,8% en 2006 à 5,3% en 2007, et ce largement grâce aux investissements directs de l'étranger.

Cette expansion rapide, combinée à une hausse des prix de l'alimentation et du pétrole, a poussé l'inflation de 3,5% en 2006 à 13,9% sur un an en juin.

11. b. Près de 17 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire


The Associated Press - 20/09/08 à 07:58:55 - 345 mots
MONDE
Près de 17 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique ont besoin d'une aide alimentaire, selon l'ONU
Près de 17 millions de personnes dans les pays de la Corne de l'Afrique ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, selon le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaire John Holmes.
Si 716 millions de dollars (496 millions d'euros) de dons ne sont pas débloqués très rapidement, la région pourrait connaître de nouveau des situations de famine comparables à celle des années 80 et 90, a prévenu John Holmes vendredi lors d'une conférence de presse. Au début de l'année, l'ONU avait évalué à neuf millions le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire dans la région.
"La situation générale en matière de sécurité alimentaire dans la Corne de l'Afrique -qui comprend l'Ethiopie, la Somalie, Djibouti, l'Erythrée, des parties du nord du Kenya et l'Ouganda- s'aggrave encore en raison des effets conjugés de la sécheresse, de la hausse des prix de l'alimentation et des conflits dans certaines zones", a précisé John Holmes.
"Nous estimons que près de 17 millions de personnes dans cette région ont actuellement besoin d'urgence d'aide alimentaire et d'autre assistance d'urgence", a-t-il dit. Ce nombre, qui comprend trois millions d'enfants, pourrait encore augmenter avec l'aggravation de la sécheresse.
L'ONU a estimé à 1,4 milliard de dollars (970 millions d'euros) la somme nécessaire pour nourrir ces personnes jusqu'à la fin de l'année. Mais elle n'a réuni pour l'heure que 684 millions de dollars (474 millions d'euros). Il faut donc d'urgence 716 millions pour couvrir les besoins d'octobre à décembre, a expliqué John Holmes, qui juge que "la situation est critique".
Selon les estimations de l'ONU, 12,1 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire en Ethiopie, 3,2 millions d'autres en Somalie, 1,38 million au Kenya et 265.000 à Djibouti. (Cette aide doit être suivie de près afin qu'elle ne soit pas distribuée exclusivement dans le sud de Djibouti et dans la région issa d'Ethiopie au détriment de la communauté afar de Djibouti).
AP

 

11. b. Les droits humains avant tout
(
Édition La Nation) N° 129 du Jeudi 11 Septembre 2008)

Djibouti / UNICEF

Uguta-Toosa : les représentants des nations-unies n'éprouvent vraiment aucune honte parce qu'ils traficotent avec des fonctionnaires véreux et ferment les yeux parfois, pour ne pas dire souvent, sur le drame des communautés nationales comme la communauté afar à Djibouti, qui sont sevrées de toute aide internationale. Il faut que cette pratique cesse !

Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance va clôturer aujourd'hui au Djibouti Palace Kempinski un atelier sur les droits humains.

Les travaux de cette réunion qui se sont ouverts dimanche, ont rassemblé, outre des cadres onusiens, les représentants des ministères de la Jeunesse et des Sports, des Affaires Etrangères, de l'Education Nationale, de l'Agriculture et de la Promotion de la Femme.
Au terme des formations au programme de l'atelier, les séminaristes sont censés avoir une vue globale du lien entre les droits humains, le développement, la paix, la sécurité, l'action humanitaire et l'égalité des sexes. Ils doivent être capables de mettre en application une approche participative, axée sur la gestion des résultats dans toutes les phases de la programmation, selon l'une des animatrices de l'atelier. Bref, les cadres nationaux doivent maîtriser les subtilités des droits humains aux niveaux local, régional et international.

11. Corne de l'Afrique : 600.000 tonnes d'aides US d'ici fin septembre


NAIROBI - Quelque 600.000 tonnes d'aide alimentaire à destination de la Corne de l'Afrique, touchée par la sécheresse et la hausse des prix alimentaires, sont attendues à Djibouti d'ici la fin du mois, a annoncé jeudi l'Agence américaine pour le développement international (USAID).
"Nous avons débloqué un million de tonnes de nourriture pour la Corne de l'Afrique (Ethiopie, Somalie, Kenya et Djibouti)" pour cette année fiscale 2008 (octobre 2007 - fin septembre 2008), a rappelé Michael Hess, administrateur adjoint de l'USAID pour les affaires humanitaires, les conflits et la démocratie, lors d'une conférence de presse à Nairobi.
"Une bonne partie de cette aide arrivera dans les deux prochaines semaines: 600.000 tonnes doivent transiter par le port de Djibouti ce mois-ci", a-t-il précisé.
L'enveloppe consacrée à la Corne de l'Afrique -905 millions de dollars- représente 41% du budget de l'aide alimentaire globale de l'agence américaine pour l'année fiscale 2008.
Cette aide sera distribuée par les partenaires habituels de l'agence américaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'ONG Care pour la Somalie, le PAM et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) pour l'Ethiopie. Plusieurs agences humanitaires de l'ONU et ONG ont tiré la sonnette d'alarme ces dernières semaines, toutes estimant à 14 millions le nombre de personnes menacées par de graves pénuries alimentaires en Afrique de l'Est.
La sécheresse vient s'additionner "aux pires violences" que la région ait connues depuis plusieurs années en Somalie et dans "certaines parties de l'est de l'Ethiopie", ainsi qu'à la flambée des prix des denrées alimentaires (+ 200% ces huit derniers mois dans les régions les plus affectées), a récemment expliqué l'Unicef.
M. Hess, qualifiant la situation actuelle de "crise majeure", a toutefois réfuté le terme de famine.
"Nous n'assisterons pas à une famine cette année en Somalie. Nous verrons des zones localisées qui seront frappées par une insécurité alimentaire extrême entraînant des victimes mais cela n'atteindra pas le niveau d'une famine (généralisée). Parce que l'intervention (humanitaire) est précoce et parce que les mécanismes de réaction sont meilleurs qu'en 1992", a-t-il estimé.
(©AFP / 11 septembre 2008 18h47

Uguta-Toosa, septembre 2008
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(Uguta-Toosa : Reims, le 26 octobre 2008)

12. J'apprends une ou deux
expressions en
langue afar

12.

a) Sinam tu koh abtek " gadda gey " iyyan.
Tu abeh yan num : "Gadda ma wan" iyyah.
- "Inkih geynay" iyyah lakat firsi num.

b) Abem loowo lem tekkek : "xagar ma xagin" iyyaanam elle gacsa.(koh abem tu hinnak edde ma yaabin iyyaanama).

c) Sahdayti fayla kot abek : "Iisih tayse" iyyaanam elle gacsan.

13.

Qasaalak yengele mari : " Manol umaane kee maqaane yangaloonu" ( Macammad Casan "Baxxaxe Qoborta", 2008).
= Ayro xiq kee alsa xiqih yangalen. (Ken qasaala tuh ma bokokta. Kulsaay boolal itta aalle loonu iyyaanama).
(En français : "pour le meilleur et pour le pire").

14.

3-Abka : Lab awki yoobokek : "Koh maacisay, ayro xiqay, alsa xiqay, iyyeen im yaabbay, yembeh maro mekelay !" iyyan kaa le abba kee inah aytil.
Say awka tekkek : "Koh maacissay, garba koh takamay" iyyan tet abba kee inah aytil".

15.

4- Rabi taqzia : Rabe numuh, rabte barrah "addunyak tayse akeera yacayay, sin imaan kee sabrik buulay", iyyan kay, tet ramadah.

Salaamata... Maquk asa.
YMB
uguta-Toosa, septmebre 2008

 


Informations:

Envoyez-nous les expressions afar les plus courantes ou celles que vous considérez comme étant les plus pertinentes, les plus intéressantes.

Uguta-Toosa, septembre 2008


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13. Contentieux Djibouti-Erythrée : Mourir à Doumeira ... pour Adaytou ?

H A M A D B A R A

Les Nouvelles d’Addis n° 63
15 mai-15 juillet 2008

L’affrontement armé, qui a opposé les armées djiboutienne et érythréenne de Doumeira à Daddato en juin dernier, a laissé perplexes la plupart des observateurs : aucun signe avant-coureur d’une telle escalade n’avait été enregistré entre ces deux États liés par un accord de défense. Et pour cause : tout semble indiquer que si contentieux territorial il y a, il n’est pas frontalier et, qu’en dépit des pertes humaines de part et d’autre, ce qui se joue à la frontière nord de Djibouti trouve ses origines ailleurs.
Précisément en Éthiopie où le gouvernement central, en réaction aux entreprises de déstabilisation à partir de la Somalie, dont il tient Asmara et Djibouti pour responsables, a décidé d’accorder une oreille moins inattentive aux doléances des Afar, qui imputent l’insécurité chronique le long de l’axe routier Djibouti-Addis-Abeba aux milices Issa armées et entraînées par le régime djiboutien depuis 1977.
10-12 juin : Accrochages de Doumeira à Daddato entre troupes djiboutiennes et érythréennes. Bilan : tout un pan de l’AND (Armée nationale djiboutienne) aurait été décimé en quelques heures ; les pertes en face relèvent du secret d’État.
10-12 juin : Des éléments armés Issa attaquent des campements Afar près d’Adaytou. Bilan : 78 morts chez les assaillants disposant pourtant d’une puissance de feu très supérieure (fusils de snipersavec silencieux et mitrailleuse de calibre 12,7 selon un rapport officiel), et 29 côté pasteurs. Les preuves sont nombreuses et constantes que ces attaques sont le fait d’une milice constituée par le régime djiboutien, à tel point que, dans une interview à la Deutsche Welle, un haut responsable de l’État régional Afar (Région 2) a affirmé que son administration devait non pas résoudre une insécurité consécutive aux traditionnels accrochages entre pasteurs pour la maîtrise des points d’eau et des pâturages, mais affronter une politique délibérée de conquête territoriale.
Sur cette base, et considérant la co-occurrence des deux batailles (Adaytou et Doumeira), il n’est pas hasardeux d’avancer que ces deux événements impliquent un même état-major djiboutien et que ce sont les troupes djiboutiennes qui ont pris l’initiative d’engager les combats contre des troupes érythréennes sur des positions qu’elles occupaient depuis des mois avec l’accord du gouvernement djiboutien. Difficile alors de parler de coïncidence : il convient plutôt de chercher quelle logique relie ces deux crises.

I. – UNE AFFINITE ELECTIVE FONDEE
SUR LA RECHERCHE D’UN ESPACE VITAL

Si le conflit entre Djibouti et l’Érythrée a surpris, en dépit des prétentions territoriales antérieures d’Asmara et du soutien actif apporté par Djibouti à Addis-Abeba dans la guerre qui a opposé les deux voisins, c’est qu’ils avaient tant et tant d’affinités électives, à commencer par leur alliance… en Somalie.
Souvenons-nous : la première manifestation officielle d’une normalisation des relations diplomatiques entre Djibouti et l’Érythrée a eu lieu au sortir de la conférence d’Arta. Après des mois d’âpres tractations claniques, Djibouti avait réussi à imposer sa paix en Somalie : un nouveau gouvernement avait été désigné à Arta, dont étaient exclus les principaux chefs de guerre, soutenus par l’Éthiopie. Djibouti, jusque là allié de l’Éthiopie, contracte à cette occasion une alliance stratégique avec Asmara. Objectif, qui relevait d’un secret de Polichinelle : déstabiliser l’Éthiopie à partir de la Somalie par le soutien aux séparatistes (entraînés en Érythrée et transitant par Djibouti, et dont des centaines seraient actuellement bloqués dans une palmeraie près d’Assab) du Front de libération nationale de l’Ogaden (Somalie occidentale dans la terminologie pansomalienne) et du Front de libération Oromo.
Le régime d’Asmara n’a jamais fait mystère de l’aide qu’il apporte (avec certainement le financement – en pétrodollars ? – d’une tierce partie) aux multiples oppositions armées au gouvernement fédéral d’Addis-Abeba. La dislocation de l’Éthiopie lui semble une issue réaliste au conflit engagé en 1999 : au mieux, c’est la balkanisation (potentiellement inscrite dans la Constitution éthiopienne qui reconnaît le droit à l’autodétermination pour chaque État régional ethnique) de son puissant voisin ; au pire, c’est la chute de l’EPRDF (Ethiopian Peoples’s Revolutionary Democratic Front, coalition au pouvoir) et son remplacement par un régime satellite. Chacune de ces deux hypothèses revitaliserait certaines prétentions territoriales d’Asmara qui, pour consolider son leadership régional et s’autorisant un vieux projet colonial, se verrait bien s’étendre vers le sud jusqu’à la dépression de Dobi (aux environs du poste de Galafi, à la frontière entre Djibouti et l’Éthiopie, par où transite l’essentiel des marchandises en provenance ou à destination du grand marché intérieur éthiopien qui, dès l’origine, a justifié la création du port de Djibouti et dont l’approvisionnement dépendrait d’Asmara, directement pour Assab, indirectement pour Djibouti). Favoriser le pansomalisme et les autres séparatismes constitue la raison d’être d’une Érythrée en guerre contre l’Éthiopie
Pour Djibouti, l’émiettement de l’Éthiopie signifierait la relance historique, sous son égide, du projet de Grande Somalie.(1) Si les prétentions annexionnistes semblent s’être éteintes en ce qui concerne le NFD (Northern Frontier Disctrict, au Kenya), non seulement le séparatisme somali en Ogaden est encore vivace, mais le régime djiboutien s’est engagé depuis la première “élection” de l’actuel chef de l’État dans une entreprise soutenue de somalisation de Djibouti. Sur le plan régional, deux faits l’attestent :
1) Par son investissement de plus en plus important dans les affaires intérieures de la Somalie et son refus obstiné de reconnaître le Somaliland voisin, Djibouti joue clairement la carte de la réunification de l’ancienne République démocratique de Somalie et Ismaël Omar Guelleh se présente volontiers comme le leader de tous les Somali sans distinction de pays.
2) Dans son traditionnel conflit qui oppose ses milices (en fait des éléments de l’AND) aux Afar d’Éthiopie, le régime djiboutien s’est désormais trouvé un allié intérieur, au nom de la solidarité entre Somali : l’État régional Somali (Région 5), dont les responsables n’hésitent plus à fournir une justification idéologique aux attaques perpétrées par les milices Issa le long du corridor routier. Dès avant la chute du derg, Djibouti avait misé sur la désintégration de l’Éthiopie et avait constitué un front armé, l’IGLF (Issa Gurgura Liberation Front) pour revendiquer sa part du cadavre dépecé : toutes les terres Afar allant d’Awsa à Aouache. Enfin, le contentieux avec les Afar de Djibouti trouverait dans cette perspective un règlement définitif.
Considérant l’Éthiopie comme trop dépendante de son port pour s’opposer à sa recherche d’espace vital au détriment de la Région Afar, le régime djiboutien s’est donc allié à Asmara pour lancer des actions de déstabilisation à partir de la Somalie et, sous couvert d’un enjeu préexistant présenté comme quasiment atavique, introduire une “cinquième colonne” sur l’axe routier. Si envahir la Somalie fut chose aisée pour l’Éthiopie (l’inexistence de l’État et les propos enflammés des Tribunaux islamiques crédibilisant l’alibi de la lutte antiterroriste), il en allait autrement pour oser s’en prendre aux intérêts des Issa (donc de Djibouti) entre Adaytou et Gadamaytou. Mais, tout comme Kennedy ne pouvait accepter l’installation des missiles soviétiques à Cuba, le Premier ministre Mélès Zénawi ne pouvait tolérer la construction d’un villagegarnison (Ambulli) à moins de 300 km d’Addis-Abeba, le long du corridor routier. L’impressionnant arsenal découvert sur place lors de sa destruction par l’armée éthiopienne, sous uniforme de la police fédérale, donnait toute la mesure du danger imminent : le conflit entre pasteurs masquait le projet d’une nouvelle reconfiguration régionale impliquant des logiques et des enjeux d’État. Et, à moins d’avoir un problème spécifique (plus urgent) avec sa composante Afar, le gouvernement fédéral était dans l’obligation d’infliger aux Issa un traumatisme unique dans leur Histoire : les déposséder d’un territoire confisqué aux Afar !
Si, après le référendum de 1967 sur l’autodétermination de sa colonie, la France a inventé la dénomination de Territoire français des Afar et des Issa, c’est moins pour renforcer la place des premiers que pour cultiver le particularisme des derniers et neutraliser leur solidarité avec les autres Somali. La destruction d’Ambulli en février 2008 devait produire le même effet et soulager l’Éthiopie au-delà de toute espérance : provoquer une guerre entre Djibouti et Asmara.

II. – LA CAUSE ISSA N’EST PAS
SOLUBLE DANS LE PANSOMALISME


La destruction d’Ambulli marque assurément un tournant capital dans la façon dont les autorités fédérales éthiopiennes géraient jusqu’alors le contentieux Afar-Issa. Si elle est assurée de l’arrivée d’une force de paix internationale pour se désengager de la Somalie sans laisser le champ libre à des groupes ennemis capables de la déstabiliser grâce au soutien érythréen, l’Éthiopie doit compter sur ses propres moyens pour neutraliser Djibouti tout en se préservant l’accès à ce débouché maritime essentiel. La ressource la plus importante dont elle dispose dans ce bras de fer est évidemment la façon dont elle compte trancher le différend territorial opposant la Région 2 (Afar) à la Région 5 (son voisin Somali).
Lors de la dernière réunion de conciliation qui s’est tenue à cet effet à Addis-Abeba, le président de la Région Somali a clairement exprimé le souhait que les autorités fédérales procèdent à une redéfinition des frontières afin que la Région Afar soit officiellement amputée de toute sa zone allant de Adaytou à Gadamaytou. Ce qui constituerait une première depuis que l’EPRDF a défini l’Éthiopie comme une fédération d’États régionaux aux délimitations territoriales fixées sur une base ethnique ; et ce qui n’a pas manqué de provoquer une colère indicible de la part de M. Mélès Zénawi. Après avoir dressé le constat des nuisances Issa en région Afar (contrebande, insécurité et sabotage du projet de développement hydraulique de Halaydagi), il a été décidé qu’en attendant l’arbitrage définitif du contentieux par les autorités fédérales, toutes les habitations construites postérieurement à l’an 2000 entre Adaytou et Gadamaytou soient détruites, conformément au moratoire décrété à cette date-là.
Un coup d’arrêt violent venait d’être ainsi porté à tous les efforts entrepris par le régime djiboutien depuis 1977 pour étendre, avec les résultats que l’on sait, l’espace vital Issa au détriment des Afar d’Éthiopie : la cause Issa devenait la première victime du pansomalisme forcené d’Ismaël Omar Guelleh ! Malgré l’absence d’une autorité traditionnelle organisée à même de décider, comme l’été 1977, du destin collectif des Issa sans égard pour les frontières étatiques, il ne serait pas étonnant, et ce ne serait pas la première fois non plus, que des notables de ce clan aient demandé au chef de l’État djiboutien, après ce désastre d’Ambulli, de ne pas mettre en danger leurs acquis particuliers au nom d’un idéal pansomalien dans lequel ils se reconnaissent si peu. L’organisation clanique du peuple somali plaide pour une telle hypothèse : le sens de l’intérêt général, préalable à toute formulation d’une volonté de vivre ensemble, n’y existe pas.(2)
La première conséquence de la défaite somalienne en Ogaden fut un revirement spectaculaire du régime djiboutien opérant une allégeance sans faille à l’Éthiopie, au prix de nombreux remous au sein de l’intelligentsia pansomalienne de Djibouti, qui constitue aujourd’hui la garde rapprochée d’Ismaël Omar Guelleh. En s’en prenant brutalement à l’implantation des Issa, avec l’épisode d’Ambulli, l’Éthiopie a donc obtenu les mêmes effets : briser d’une part l’alliance entre Djibouti et Asmara et d’autre part la solidarité Somali.(3) Si Djibouti n’a pas pu se contenter d’un “divorce à l’amiable” et a déclenché des hostilités armées contre son allié d’hier (avec qui il a pourtant en commun le désir de voir l’Éthiopie telle quelle disparaître), c’est pour que la relation de vassalité ainsi rétablie avec pertes et fracas incite les autorités fédérales éthiopiennes à ne pas rendre un jugement par trop favorable aux Afar dans le contentieux territorial les opposant aux Issa entre Adaytou et Gadamaytou. Ou, pour être tout à fait précis, à ne pas restaurer les Afar dans leurs droits les plus légitimes car, tout bien pesé, si aucun représentant civil ou armé de l’administration de la Région Afar n’est autorisé dans cette zone, c’est qu’une telle carence, unique en Éthiopie, a été décidée au niveau fédéral. La seule police régionale aurait pu venir à bout de ces milices qui pratiquent la politique de la terreur en n’hésitant pas à égorger femmes et enfants : le problème, c’est qu’elles agissent à partir de bourgades sous contrôle des forces fédérales et où tout Afar est persona non grata. Tout s’est donc jusqu’à présent passé comme si un accord tacite liait Addis-Abeba à Djibouti : le premier tolérant la confiscation des terres Afar par les milices Issa au service du second ; lequel garantit en retour la jouissance de ses infrastructures portuaires dans des conditions fiscales optimales.
Où l’on s’aperçoit qu’un pays peut faire la guerre à un deuxième pour des enjeux situés dans un troisième : le régime djiboutien a donc attaqué l’Érythrée pour protéger des intérêts claniques Issa en Éthiopie. Corollaire : quand une agression traverse les frontières, la résistance suit un chemin identique. L’on comprend aussi un peu mieux l’interdiction qui vient de frapper le MRD [voir article page 8] : en posant des questions quant aux véritables motivations de la bataille de Doumeira, il a commis le pire des crimes, la rupture de la solidarité, qui implique le pire des châtiments : l’excommunication. Heureusement, il se trouve aujourd’hui de nombreux opposants Issa qui estiment que, dans ce qui se passe le long du corridor routier, les leurs sont fautifs et que la solution pour une coexistence pacifique au niveau sous-régional passe par l’instauration d’un régime plus équilibré à Djibouti.
Et la France dans tout cela ? Certes, cela doit ricaner de voir si obséquieux celui qui déclarait récemment que « Djibouti n’a plus besoin de la France ». Certes, elle usera de tous ses moyens de moyenne impuissance pour ne pas être entraînée dans ce conflit dont les Djiboutiens n’avaient vraiment pas besoin (c’est accessoire pour elle) mais dont son opinion publique se désintéresse totalement et qui ne comprendrait pas que des militaires français meurent pour protéger un dictateur de plus en plus cerné par l’affaire Borrel (ce qui est essentiel pour elle).
Par contre, qu’elle ait assuré l’Éthiopie de garantir la sécurité de son approvisionnement du port jusqu’à Galafi semble pour le moins prétentieux de sa part : même contre une résistance djiboutienne ? – HB

(1) Vieux rêve du regretté Mahmoud Harbi, à l’origine du quiproquo que fut le référendum de 1958 : pour les Afar, la question n’était pas pour ou contre la France mais pour ou contre le fait d’être somalisés. Accessoirement, que l’actuel chef de l’État djiboutien reprenne cette idéologie à son compte renvoie aussi à une lutte de préséance entre Fourlaba et Mamassan au sein du clan Issa.
(2) Cf. Youssouf Karieh, Ethnologie des clans somali, www.Lesnouvelles.org
(3) C’est pour occulter cette donnée fondamentale que le régime djiboutien, outre son regain d’activisme dans le dossier somalien, a procédé à une spectaculaire ouverture en direction du Somaliland, de surcroît allié de l’Éthiopie : les amis de mes amis… Rappelons qu’à la fin des années 90, Djibouti extradait sans vergogne des activistes de l’Ogaden, tout comme le sont actuellement les Oromos
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Uguta-Toosa, septembre 2008


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