
11.
Mme Khadra Haida : la première dame de Djibouti joue au
petit soldat recruteur


.2. M.
Ismail Omar Guelleh (son mari) ................1.
Mme Khadra Haid, première dame de Djibouti
----...........
Je
vous disais que notre pays faisait face à un processus
de "somalisation" rampante. Est-il inéluctable
? Je ne le pense pas. Tant que nous lui opposerons une résistance
organisée par la parole ou l’action, une telle horreur
ne se produira pas. Mais, au-delà de cette profession de
foi de notre parti politique, ce syndrome, résultat de
la mauvaise gestion de l'administration nationale, métastase
de multiples intérêts égoïstes, conduit
en général à l'effondrement de l'appareil
d'Etat et à la disparition de ses institutions. Il est
déjà à l'oeuvre à Djibouti. Malheureusement,
les agissements tout récents du régime djiboutien
viennent aggraver les choses. Sous prétexte de faire face
à un hypothétique conflit avec le voisin érythréen,
le dictateur djiboutien recrute à tire-larigot les mercenaires
somalilandais. Cette fois, sous la férule de la première
Dame de Djibouti, Khadra Haid. Une estafette de charme pour endormir
les autorités somalilandaises.
Les
implications de ce recrutement transcendent l’aspect purement
militaire. En outre, il a une dimension politique, sociale
et démocratique, qui lézardera un peu plus l’unité
nationale. Transformée en petit soldat recruteur, Mme Khadra
Haid est épaulée par des militaires et des commerçants
issak et gadaboursi.
Qui
est Mme Khadra Haid ?
L'entrée
fracassante de Mme Khadra Haid, dans la vie politique djiboutienne,
défraie la chronique depuis bientôt neuf ans. Lors
du premier mandat de son mari (1999-2005), elle chapeautait les
activités humanitaires. Ses apparitions étaient
assez discrètes mais depuis elle tente de rattraper le
temps perdu. On ne parle que de ses frasques. Entre autres, elle
licencie abusivement des fonctionnaires qui n’ont pas l’heur
de lui plaire. Son dictateur d'époux a trouvé sur
qui se reposer en matière de cruauté. En privant
le père de famille des moyens qui lui permettent de nourrir
leurs enfants, il est condamné à la misère
et à la déchéance morale. Il se peut qu'à
ses yeux, cela soit interprété comme une oeuvre
de bienfaisance.
Des agents de renseignement seraient directement rattachés
aux services de Mme Khadra Haid. Elle a son mot à dire
dans la promotion des hauts fonctionnaires. Dans une dictature,
tout est possible à condition d'être enrôbé
dans un semblant de légalisme. Dans une dictature
tribale, rien n'est impossible.
Une rumeur persistante court sur le fait qu'Ismail Omar Guelleh
se désintéresse des affaires publiques. Il passerait
le plus clair de son temps à lire les rapports confidentiels
émanant de sa police politique. Son métier d’origine
dans lequel il excelle ! Ce qui laisse à Khadra Haid la
liberté d’agir à sa guise. Depuis
l'été dernier, elle s’est improvisée
"commandant" de l'armée djiboutienne.
Nous troupes stationnant à proximité de Ras-Doumeira
seraient, nous dit-on, déprimées et démoralisées.
Peut-être par manque de khat ? Peut-être les militaires
sentant venir la fin de ce régime impopulaire ne veulent
pas tout simplement pas mourir pour une cause absurde ? La première
dame, experte à sonder la psychologie des soldats, soutient
que les Djiboutiens manquent de combativité et de courage.
Pour faire face à l'armée érythréenne,
elle ne voit qu’une seule solution. Adopter la stratégie
qui a fait ses preuves en Somalie. "Appelons à
la rescousse les Issak (les membres de son clan) et les Gadabouri
du Somaliland", propose-t-elle.
Le travail de recrutement a déjà commencé.
Mme
Khadra Haid : une tribaliste forcenée
La
communauté issa reproche à la première dame
de Djibouti d'assurer la promotion exclusive de ses proches et
de sa tribu (issak). La communauté afar, cassée
par la misère économique, n'a pas le temps de gloser
sur les caprices de la dame. Celle-ci, pour se donner une image
de générosité, n'hésite pas à
distribuer de l'argent à des nécessiteux. Une pratique
popularisée par son mari.
Pendant ce temps, la communauté issak exulte (sauf les
vétérans djiboutiens du MSN qui eux savent que le
favoritisme tribal génère tôt ou tard des
regrettables conséquences). Nous vivons l'âge d'or
de la bêtise et de l'argent facile. Sur le terrain de népotisme,
elle est servie avec générosité. Jamais autant
de fonctionnaires issak n’avaient obtenu en si peu de temps
des promotions aussi nombreuses dans la fonction publique djiboutienne
! Certains le méritaient sans doute.
La première dame met bouchée double. Pour promouvoir
ses cousins, elle se prête à toutes les outrances.
Dès qu'il y a un poste de haut fonctionnaire à pourvoir
ou un officier supérieur à remplacer, elle avance
systématiquement les noms de ses proches. Il serait sans
doute malvenu de l'accuser d'inaugurer des pratiques inacceptables.
Depuis trente un ans, que font les chefs d''Etat djiboutiens (Hassan
Gouled et Ismail Omar) ? Ils ont montré la voie en pratiquant
un tribalisme délirant au profit de leur tribu, les Issa.
Peut-on en vouloir à Mme Khadra, à une femme, qui
ne brigue d’ailleurs aucun poste de responsabilité
au sein de l'Etat ? Elle se laisse griser par des jeux politiques
(somme toute innocents à ses yeux). A tout moment, s’il
les juge dangereux, son mari pourrait y mettre un terme. Or, les
choses ne sont pas aussi simple. La guerre n'a rien à voir
avec des marivaudages. Par ailleurs, la vérité est
que Ismail Omar Guelleh semble avoir donné, dans la gestion
de l’Etat, carte blanche à Khadra Haid. La dame joue
avec le feu… et les canons !
La
première dame de Djibouti « fait » de la politique
à la djiboutienne
Grâce
aux prébendes, enveloppes de billets de banque et promotions
arbitraires, Khadra Haid s'est assurée des allégeances
et des réseaux non négligeables dans le pays. En
outre, elle cultive l'image d'une femme moderne, ouverte et généreuse.
Cette image fait fureur dans le milieu féminin
qui est bon public en la matière. Sauf qu’elle
multiplie des promesses qu’elle ne tient pas. Malheureusement,
la générosité de la première dame
n'a pas bonne presse auprès d'une partie de la population,
excédée par les extravagances de son mari en matière
de distribution des enveloppes de billets de banque. Les Djiboutiens
veulent du travail et un salaire gagné, d’une manière
honnête, à la sueur de leur front. Ils désirent
apprendre à pécher et non à recevoir de temps
en temps un poisson ! Est-ce trop demander, lorsqu'on
voit, d'une part cette générosité moyenâgeuse
et condescendante dont fait montre la présidence, et d'autre
part, l'administration entretenir des fonctionnaires fictifs ou
gaspiller des millions de francs de Djibouti pour acheter du khat
aux frais de l'Etat ? Il est vrai que la générosité
ne coûte pas lorsque l'argent distribué ne vous appartient
pas !
Khadra
Haid, petit soldat recruteur à Londres (septembre 2008)
et en Somaliland
Fin septembre
2008, Mme Khadra Haid a séjourné à Londres
(Angleterre). Là, elle a réuni la communauté
issak de Londres afin de la sensibiliser sur la question économique
et politique de Djibouti. Elle a abordé les points suivants
:
- l’état de guerre entre Djibouti et l’Erythrée
;
- l'effort de guerre dans lequel la république de Djibouti
est engagée. Sur ce point, a-t-elle dit le soutien de la
communauté issak de Londres serait la bienvenue) ;
- l'appel aux entrepreneurs issak pour investir à Djibouti.
(Elle a tenu à souligner que la république de Djibouti
était un pays vierge. Les entrepreneurs issak ne seraient
pas concurrencés par les Afar et les Issa, des piètres
hommes d’affaires. Des propos que l'on ne peut pas ne pas
partager même si les Afar sont privés des moyens
d’entreprendre quoi que ce soit).
- l'appel aux jeunes Issak pour qu’ils s’enrôlent
dans l'armée nationale. (La première dame
de Djibouti a promis que chaque engagé recevra un don de
300$ au départ, puis il touchera un salaire mensuel de
150$ par mois. Après son service, il bénéficiera
de la carte d'identité djiboutienne).
Drôle
de façon dé protéger l'intégrité
de notre souveraineté nationale. Cette façon
de procéder rappelle la politique d'intégration
des Issa d'Ethiopie en 1991-1994, consécutive à
l'insurrection du FRUD. La garde présidentielle
comprend justement des recrues issues de cette époque.
Elles ont obtenu la nationalité djiboutienne pour avoir
tué nos compatriotes afar.
Les
principaux lieutenants de Mme Khadra Haid
A Djibouti
et en Somaliland, aux côtés de l’émissaire
de charme qu’est Mme Khadra Haid, d’autres personnalités
oeuvrent en coulisse. Experts militaires, politiques et commerçants
y sont impliqués.
Le
volet économique, destiné à encourager
les entrepreneurs issak de venir investir à Djibouti, est
confié à Djama Haid, frère de la première
dame du pays. Ce monsieur est également président
de la Banque centrale de Djibouti, poste stratégique s'il
en est. L'intéressé a de l'expérience dans
le domaine des investissements fictifs et de blanchiments d'argent.
Pendant longtemps, il jouait l’intermédiaire dans
les spéculations immobilières auxquelles se livraient
les ministres véreux de Hassan Gouled.
Trois autres
émissaires (deux commerçants et un ministre)
se démènent entre Djibouti et le Somaliland pour
superviser l'opération de recrutement. Parmi ceux-là,
il faut souligner le rôle particulier alloué à
l'actuel ministre de l’Agriculture, Said Barkat.
Il supervise le recrutement des Gadabouri effectué à
Borama, en Somaliland. Ce fait est à rapprocher du processus
de "somalisation" dont nous parlions plus haut au sujet
des Issa d’Ethiopie. Apparemment les autorités somalilandaises
ferment les yeux. Après tout, leur « cousine »
mérite qu’on lui prête oreille. De plus, la
corruption des intermédiaires est facile dans un pays où
la liberté commerciale n’a pas de limite.
Les deux commerçants cités dans
l'opération de recrutement sont Bacsané
(entrepreneur d'accessoires de voitures) et Yusuf
Tani (patron de l'Hôtel d'Europe).
En tout cas, les responsables issak et gadaboursi s’empressent
d’exprimer leur loyauté au régime, alors que
celui-ci les traite en citoyens de seconde zone. Dans le passé,
il n’a pas hésité à torturer quelques
personnalités sorties de leurs rangs, question de leur
montrer qui est le maître à Djibouti.
Trois
colonels de l'armée djiboutienne supervisent ce
mercenariat : Mohamed Absieh (un cousin de Khadra
Haid) et Mohamed Djama (membre de la Garde républicaine)
et Abdo Jabbar (Force d'action d'Arta). Le premier
est l'ancien commandant des troupes stationnant à Dikhil.
Il a bénéficié d'une formation de deux ans
à l'école de guerre de Paris. A son retour, il a
été pressenti pour remplacer le général
Zakaria décédé.
Une
pièce supplémentaire dans la « somalisation
» de notre pays
Loin d'être
un caprice de la première dame, le recrutement des mercenaires
somalilandais a le feu vert du chef de l'Etat djiboutien. Engagé
dans son délire de "somaliser" démographiquement
le pays, il laisse à son épouse issak le soin de
séduire et de calmer les suspicions des autorités
somalilandaises. Hargeisa, il est vrai, a mille et une
raisons de ne pas faire confiance à Ismail Omar Guelleh.
Faire un geste courtois à une "soeur" issak paraît
de bon aloi.
Pour
peu que l'on se souvienne des horreurs de la politique «
des clans et des tribus" en République de Somalie,
il y a de quoi s'inquiéter. Mme Khadra Haid ne
ferait-elle pas mieux de s’adonner à la gestion des
fortunes colossales, volées ou détournées
par son mari, qui sont avantageusement placées en Afrique
du Sud et en Ethiopie ? Si elle veut se tenir loin de l’argent
de la corruption, une tâche plus noble ne consisterait-elle
pas à adoucir la misère de ses compatriotes dans
le sud et ... dans le nord de Djibouti ? Il ne faut pas
oublier que les Obockois, les Tadjouriens et les Dickilois sont
des djiboutiens.
D'autre part,
l'immixtion des Somalilandais sur la scène politique risque
de transformer la présence discrète de ces deux
communautés nationales (Issak et Gadaboursi) en un abcès
de fixation. Quoique manipulées comme les autres groupes
par l'intermédiaire de leurs représentants fantoches,
elles demeuraient en marge des délires tribaux cultivés
par les présidents djiboutiens. En effet, ni Hassan Gouled
ni Ismail Omar Guelleh n'avaient jusqu'à présent
réussi à égratigner l'image de citoyens sans
histoires qu'ils préservaient. Avec Khadra Haid,
une nouvelle page s’ouvre dans la « somalisation »
du pays. Rappelons toutefois que cette tendance était
déjà affichée par Ismail Omar Guelleh. Pour
preuve nous avons l’afflux des commerçants, des terroristes
et des faux réfugiés somaliens qui sont tous munis
de passeport djiboutien. Nombre d'entre eux ont leur entrée
à la présidence. Le passeport djiboutien donne lieu
tôt ou tard à la citoyenneté djiboutienne.
La communauté afar rejette les naturalisations
arbitraires des Issa d’Ethiopie. Acceptera-t-elle celles
des Somalilandais ? Pour l’instant, elle n’a
pas le choix. Mais, en définitive, nous pensons que cette
politique suicidaire risque de nuire à tous les citoyens
djiboutiens. C’est un des symptômes de la «
somalisation » que nous combattons et aucune communauté
ne peut le conjurer en cultivant l’isolement ou en ressassant
ses frustrations.
M.
Ali Coubba
Président de Uguta-Toosa
Uguta-Toosa,
décembre 2008
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12.
Nouvelle plainte contre trois chefs d'Etat africains en France
(Mardi
2 décembre, 18h37
http://fr.news.yahoo.com/4/20081202/tts-france-justice-afrique-plainte-ca02f96.html)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Il faut que les ONG djiboutiennes
pensent également à porter plainte contre le chef
d'Etat djiboutien, Ismail Omar Guelleh, pour les malversations
et le patrimoine financier qu'il possède en Europe et en
Afrique du Sud. Le mieux serait bien entendu que l'opposition
djiboutienne parvienne d'abord à le déloger, ensuite
il sera aisé de déposer un mandat international
pour "vols, corruption et autres crimes commis contre le
peuple djiboutien". En matière de crimes et d'assassinats
de civils perpétrés par Ismail Omar Guelleh, on
peut rassembler un dossier aussi volumineux que lui. La plainte
visera bien sûr certaines personnes de son entourage.
Une
plainte avec constitution de partie civile visant le patrimoine
immobilier en France de trois chefs d'Etat africains a été
déposée mardi à Paris pour "recel de
détournement de fonds publics" par deux associations
et un citoyen gabonais.
Cette procédure, qui dure depuis un an et demi, vise les
présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée
équatoriale, trois pays pétroliers. (OMAR BONGO
– DENIS SASSOU NEGESSO - TEODORO OBIANG NGUEMA MBASSOGO)
Une plainte avec constitution de partie civile entraîne
quasi-automatiquement la désignation d'un juge d'instruction.
Le président du Gabon, Omar Bongo, a aussitôt annoncé
par l'intermédiaire de son avocat français, Me Patrick
Maisonneuve, qu'il allait riposter par une autre plainte en diffamation.
(...)
Les deux Organisations non gouvernementales plaignantes, Transparence
International France et Sherpa, estiment dans un communiqué
que les présidents n'ont pu acquérir grâce
à leurs salaires le colossal patrimoine immobilier détenu
en France.
"Il n'y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n'a
pu être constitué grâce aux seuls salaires
et émoluments de ces chefs d'Etat, au sujet desquels il
existe de sérieuses présomptions de détournements
de fonds publics", écrivent-elles.
DEUX PLAINTES DÉJÀ CLASSÉES SANS SUITE
Deux premières plaintes dites "simples" avaient
été déposées auprès du parquet
sur les mêmes faits en mars 2007 et juillet 2008. Le procureur
les a classées sans suite, estimant que les indices d'infraction
étaient insuffisants. Outre Omar Bongo, sont visés
le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso,
et celui de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang
Nguema Mbassogo. Les plaignants s'appuient sur les résultats
d'une enquête préliminaire de police diligentée
par le parquet en 2007 qui a établi un état des
biens détenus par les trois chefs d'Etat.
Le rapport de police répertorie 39 appartements, hôtels
particuliers et maisons, 70 comptes bancaires et neuf voitures
possédés en France par Omar Bongo, au pouvoir depuis
41 ans, et ses proches.
Selon la police, le président gabonais possède en
propre 17 propriétés immobilières, dont un
hôtel particulier près des Champs-Elysées
acquis pour 18,875 millions d'euros en juin 2007. Il a en outre
deux appartements avenue Foch de 88 et 210 m2 et un autre de 219
m2 dans le XVIe arrondissement de la capitale.
Sur la Côte d'Azur, il détient deux appartements
de 170 m2 et 100 m2, et trois maisons dont une de 176 m2.
Omar Bongo a été l'un des premiers chefs
d'Etat reçus officiellement par Nicolas Sarkozy à
Paris après son élection.
Denis Sassou Nguesso, revenu au pouvoir à Brazzaville
en 1997 après une guerre civile, possède de son
côté, selon la police, 24 propriétés
et 112 comptes bancaires en France. Il a une maison de 485 m2
au Vésinet (Yvelines) et un logement de neuf pièces
dans le XVIIe arrondissement de Paris acheté 2,47 millions
d'euros. Un hôtel particulier de sept pièces avec
piscine à Neuilly a été acquis pour 3,15
millions d'euros en 2006 par sa fille cadette Julienne.
Teodoro Obiang possède plusieurs voitures de luxe,
dont trois Bugatti, et un logement.
Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser
Les déclarations
du secrétaire d'Etat à la Coopération (Jean-Marie
Bockel) avaient déplu au président gabonais. Elles
lui ont coûté son poste.
Omar Bongo a eu la peau
de Jean-Marie Bockel
(Par David Servenay | Rue89 | 20/03/2008 | 17H17)
http://www.rue89.com/2008/03/20/omar-bongo-a-eu-la-peau-de-jean-marie-bockel?page=1
Commentaire
de Uguta-Toosa : Dans cet article, nous apprenons
que Omar Bongo, ayant demandé la tête de Jean-Marie
Bockel et l'avait obtenu sans coup férir. Ce dernier avait
osé dire : "L’un des premiers freins au
développement, c’est la mauvaise gouvernance, le
gaspillage des fonds publics, l’incurie de structures administratives
défaillantes, la prédation de certains dirigeants
". Du moins c'est la version parisienne et française.
Le ministre de la Coopération français en avait
rajouté d'autres joyeusetés qui ne plurent pas les
dictateurs africains. (Lire la suite de l'article et notre
commentaire final)
"Quand
le baril est à 100 dollars et que d’importants pays
producteurs de pétrole ne parviennent pas à se développer,
la gouvernance est en question".
"Quand les indicateurs sociaux de ces pays stagnent ou régressent,
tandis qu’une minorité mène un train de vie
luxueux, la gouvernance est en question".
"Que deviennent ces revenus pétroliers ? Pourquoi
la population n’en bénéficie-t-elle pas ?
Est-il légitime que notre aide au développement
soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres
ressources ? "
Devant
les journalistes, Bockel avançait un message très
clair : fini les liens occultes des coulisses franco-africaines,
vive la transparence ! Le secrétaire d'Etat à la
Coopération appelait même à renforcer les
mécanismes d'évaluation des programmes d'aide, en
les conditionnant à la \"bonne gouvernance\".
Une idée pas vraiment neuve (voir le discours mitterrandien
de la Baule en… 1990), mais pas forcément inutile.
Dans l'après-midi de ce mardi 15 janvier, le secrétaire
d'Etat fait un addendum public à son discours où
-détail important- il n'a pas lâché un seul
nom. Dans un entretien au Monde, Jean-Marie Bockel cite un nom,
un seul, celui du \"président du Gabon\". Badaboum
! Au Palais du bord de mer, le sang du \"sage\" Omar
Ondimba Bongo ne fait qu'un tour. A tel point qu'un communiqué
officiel du conseil des ministres rappelle, le 17 janvier, à
la France les règles de bienséance :
\"De tels propos ne peuvent être mus que par l'ignorance
des réalités de la coopération franco-africaine.
Aussi, le gouvernement gabonais marque-t-il sa surprise face au
constat suivant : à savoir que, depuis l'arrivée
à la tête de la France du président Nicolas
Sarkozy, soient véhiculés a un tel niveau de responsabilité
des clichés méprisants faisant des Etats africains
de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l'aumône de
la France.
\"Le Gabon s'étonne de cette attitude d'autant
plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France
et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques
avec notre pays depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs.\"
En
coulisse, le syndicat des chefs d'Etat africains s'organise. Bongo,
Sassou (président du Congo) et Biya (président du
Cameroun) prennent leur téléphone pour réclamer
à Nicolas Sarkozy la tête de l'impétrant.
Les jeux sont faits.
"Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler
le dialogue avec les Africains\"
Deux mois plus tard, la sanction tombe, alors même que le
flamboyant Bockel s'est ravisé. D'ailleurs, le secrétaire
d'Etat à la Coopération faisait preuve d'une grande
modération dans sa volonté de \"rupture\",
misant sur la volonté du président de la République
: "Pour faire évoluer les choses, on peut provoquer
le conflit. Ma méthode est différente, forte et
pédagogique, non idéologique. Il s'agit de conditionner
notre aide à une bonne gouvernance, faire comprendre à
l'opinion et aux dirigeants que ce serait plus efficace".
"Le moment est venu d'une piqûre de rappel pour
aller plus loin dans la démarche de rupture et mettre nos
principes en actes. Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler
notre manière de dialoguer avec les Africains. Le Président
sera en Afrique à la fin de février : c'est le bon
moment.\"
(…)
Jean-Marie Bockel a-t-il été victime d'un reportage
de France 2 ?
Un
reportage diffusé sur France 2 début mars n'a sans
doute pas aidé à reconduire le patron de la Coopération.
Reprenant les informations mises au jour par les policiers l'été
dernier, la chaîne publique montre l'étendue du patrimoine
immobilier du président Bongo : 33 appartements ou maisons,
un hôtel particulier de 18 millions d'euros…
Re-colère d'Omar Bongo qui, en guise de représailles,
expulse deux ressortissants français. Evoquant une véritable
\"cabale\" et un \"complot contre le Gabon
et son président\", le porte-parole du gouvernement,
René Ndemezo’ Obiang, fustige la diffusion du reportage
dans un communiqué :
\"En autorisant la diffusion par les chaînes publiques
de reportages divulguant l'adresse privée du président
de la République gabonaise en France, mettant ainsi en
danger son intégrité physique ainsi que celle de
sa famille, les autorités françaises ont manqué
à leurs obligations de protection d'un chef d’Etat
en exercice.\"
Le ton menaçant et inhabituellement peu diplomatique laisse
augurer des conversations houleuses échangées entre
les deux palais. Deux semaines plus tard, Bockel fait ses valises
pour les Anciens combattants, où il pourra méditer
sa propre réponse faite au Monde, qui l'interrogeait sur
le précédent de Jean-Pierre Cot,
écarté en 1982 de la Coopération par François
Mitterrand pour cause de réformisme trop enthousiaste :
"C'est un vieil ami. Il s'est vite isolé et n'a
pas forcément fait la bonne analyse. Moi, je suis avant
tout un pragmatique. Je sais gérer les gens, les budgets,
les contradictions."
"Je sais qu'on ne décalquera pas du jour au lendemain
notre morale en Afrique. Je sais aussi que l'Afrique est le continent
de demain, et qu'il en va de l'intérêt de la France
de mettre en œuvre cette rupture. La jeunesse africaine l'attend.\"
Elle attendra encore un peu, la jeunesse africaine.
Commentaire
de Uguta-Toosa (suite) : Nous ne croyons pas un instant
que Nicolas Sarkozy ait voulu introduire des changements dans
les relations archaïques de la Françafrique. Cette
montée au créneau de Jean-Marie Bocquel n'était
destinée qu'à donner du grain à moudre à
l'opinion publique française et africaine. Une façon
d'envoyer plusieurs messages. Aux Africains, on laisse sous-entendre
: " En France, il y a des responsables politiques français
qui partagent votre opinion sur la corruption de vos chefs d'Etat
mais vos
chefs d'Etat sont influents..."
Aux Français, le gouvernement dit : " Nous luttons
contre le sous-développement en Afrique, sans remettre
en question nos propres intérêts et en ménageant
la susceptibilité des Africains. Tout cela demande du temps...'
Le départ de Bocquel de son poste de secrétaire
d'Etat à la coopération rétablit
le statu quo qui n' jamais été menacé
dans la réalité. C'est du pipeau car, ne l'oublions
pas, "Omar Bongo a été l'un des premiers
chefs d'Etat reçus officiellement par Nicolas Sarkozy à
Paris après son élection".
On agit ainsi avec un chef d'Etat que l'on décrit par ailleurs
comme étant l'un des affameurs patentés de son peuple.
Uguta-Toosa,
décembre 2008
>>> Retour au sommaire
13.
ETHIOPIA: Children at greatest risk among Afar’s drought-displaced
http://www.irinnews.org/Report.aspx?ReportId=81773
Commentaire d'Uguta- Toosa :
Commentaire
de M.A. : " Even though we are told Ethiopia’s
economy developed 11% yearly for the last 17 years under EPRDF
government, the reality is the Afars have no food to eat and water
to drink. What a sad story ! One can attempt to sugar coat to
us how the Afar land has developed and the conditions are improved
enormously under this government. But, the reality under which
our people find themselves increasingly will not save them form
losing their live and property, if they have any left. Act now
! "
Commentaire
de Uguta-Toosa : La
famine et la sécheresse n'est pas une fatalité.
ce drame récurrent a des solutions pratiques à la
portée des responsables politiques d'Addis-Abeba (Gouvernement
fédéral) et de Samara (Etat régional afar).
Personne ne peut me faire croire
que la nature et Dieu se sont ligués contre les Afar et
les Somalis pour les faire mourir de faim et de soif ! Un Etat
organisé est capable de se fixer des priorités sur
le plan économique, en protégeant des populations
vulnérables.
Commentary
in afar language : Qafar ummatta kah rabtam tet saqoltih
boola. Qafarak dacarsitto-m-mari, qulul kee bakaarah kah yambaxem,
Ismaaqil Qalii Sirroh Doolatak gexxa boola. Kulli sanat amo kok
tibbixi umaanet koosite waytam, Dolaat kinnuk, numtin kasat celtam
hinna. Doolat elle soltam, yaakumik ciggili. Fiirik, qabar kee
qululuk aftabu geytma faxximta.
EREBTI, 2 December 2008 (IRIN) - Thousands of vulnerable civilians
who left their homes in north-eastern Ethiopia in June because
of drought are living in poor conditions in an urban area in Afar
region, residents and local officials said on 24 November.
“Some
519 families moved to Erebti town from the two most affected kebeles
[wards] of Haitan and Aleyta when they started losing their livestock
to the drought,” a field staff member of an international
NGO, who requested anonymity, told IRIN in Erebti.
The
official said most of the 68,400 residents of 13 kebeles in Erebti
woreda (district) had been affected by drought although those
in Haitan and Aleyta were the worst affected.
“For
about five months now, we have been sleeping on the floor at this
centre. We fear that our children are at risk from the cold and
diseases,” Zahara Abdu, a mother of six from Haitan,
told IRIN. “I came here because we had had no rain for
almost three years; our livestock died, we had no food, no milk,
nothing.”
Holding
her weak, youngest child, Zahara said many more children were
at risk of malnutrition and often had diarrhoea.
Afar
is a semi-arid region inhabited mostly by pastoralists who depend
on livestock for survival. Residents said poor rainfall in the
past six to 10 years had led to serious drought.
Some
of the displaced families have sought refuge at the farmers’
training centre in Erebti while others are living in tarpaulin
shelters erected nearby.
Since their
arrival, the villagers said, they had received sorghum rations
from local government authorities but no salt, cooking oil, pulses
or non-food aid such as blankets and jerry cans. Some families
were living in makeshift shelters near the training centre.
Another
villager from Haitan, who declined to be named, said they had
written to the local authorities to speed up relief food distribution
but had not had received anything since September.
The food was
provided by the government and humanitarian partners under an
ongoing safety-net programme for existing vulnerable communities.
“The
food distributed in September was the June rations; we are now
in late November and we have not received anything. We are all
suffering but the children are the ones at great risk,”
the villager said.
(...) The drought in Afar region has affected the condition of
livestock with diseases such as contagious caprine pleuro pneumonia
and cases of internal and external parasites increasing
Water shortages
Moreover,
local officials said, since the arrival of the affected populations
in Erebti town, water shortages had increased.
“Water
was already a problem but with the increased population, the only
water point [a seasonal stream] is not enough,” an
NGO official said. “Another water point is under construction
but before it is completed, life will continue being difficult
for the displaced and the residents alike.”
The drought
has also affected the condition of livestock in the area, with
diseases such as contagious caprine pleuro pneumonia (CCPP) and
cases of internal and external parasites increasing, residents
said.
“There
are no veterinary services, so getting medication for the animals
is difficult; already the drought has claimed almost half of the
livestock in the area,” the NGO official said.
AWD
concerns
In a September
report, the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
(OCHA) said compromised food security at household level had been
reported in Afar, with a chronic water shortage and outbreaks
of acute watery diarrhoea continuing to be of concern for humanitarian
actors.
“The
performance of ‘karma’ [main rainy season] that extends
from July to September was below normal in most parts of Afar
with reports of delayed onset and early cessation,”
the agency said. “The rains were inadequate and erratic.”
However, four
days of unexpected rain in late October had alleviated the situation
somewhat for some Afar residents.
“These
light rains regenerated the pasture in some areas, allowing the
people to feed and water their animals and prevented population
movement to other areas, but this was short-lived as residents
in kebeles where the drought has been severe have not returned
home,” the NGO official said.
According
to OCHA, some 472,000 people in Afar are beneficiaries of relief
aid, under the Productive Safety Net Programme.
js/mw
Uguta-Toosa,
décembre 2008
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14.
ERYTHREE. Exécutions extrajudiciaires en Érythrée
(Source : http://www.arhotabba.com/)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Nous demandons aux lecteurs de nous
donner davantage d'informations sur ce qui se passe en Erythrée,
à Djibouti et en Ethiopie. Sans information, il est difficile
de pouvoir riposter pacifiquement ou militairement - comme le
fait le front "Qasa Bad" contre la dictature érythréenne.
Il est clair que les Afar de la corne de l'Afrique sont confrontés
à des défis politiques énormes qui touchent
à leur survie. Les Somalis, en butte aux mêmes défis,
tentent de se protéger contre la cruauté de leurs
ennemis. Le génocide perpétré en Ogaden par
les troupes éthiopiennes durant l'été 2007
les a galvanisés.
Imiter la stratégie de nos frères somaliens n'est
pas la bonne solution mais il est urgent que les Afar trouvent
dans leur pays d'origine (Ethiopie, Erythrée et Djibouti)
des solutions appropriées pour se protéger contre
l'arbitraire de l'Etat.
Des érythréens
d’origine afar vivant dans des camps de refugiés
en Éthiopie racontent des scènes d’horreur
dont ils ont été témoins ou, pire, victimes.
Lors d’une
manœuvre navale, Mohamed, marin en poste au port de Assab
au sein de la force navale érythréenne, découvre
trois cadavres les mains liées derrière le dos,
les corps attachés à une batterie pour voiture de
sorte qu'ils ne remontent pas à la surface. Avec son unité,
il court alerter le commandant de sa macabre découverte.Mais
ce dernier, pas surpris du tout, répond qu'il y en a d'autres
du côté du lieu dit "Sheick Kassim". Une
fois sur place, le jeune marin découvre dix-sept autres
corps au fond de l'eau, même posture que les trois corps
précédents, difficile à identifier tant les
visages et les organes ont été rongés par
les poissons et l'eau salée. Ont-ils été
tués par balles, torturés à mort avant d’être
jetés à la mer ? Difficile à dire tant la
décomposition des cadavres est très avancée.
Mais un indice est là qui glace le sang du jeune marin;
les cadavres portent tous de «fotta", habit traditionnel
des afars. Ces corps sont ceux des siens ! Par chance pour lui,
ses supérieurs n'ont pas fait attention à son identité
ethnique.
Mais après ces scènes d’horreurs, Mohamed
décide de fuir. Pour sauver sa peau.
Aujourd’hui, il vit dans un camp pour réfugiés
en Éthiopie où il a raconté l'horreur dont
il a été temoin. Rare témoignage de ce qui
se passe là-bas, au pays du sanguinaire Afewerki d'où
aucune information ne sort concernant les exécutions extra
judiciaires quotidiennes, les meurtres gratuits et les viols des
femmes par l'armée dans la région afar de l’Érythrée.
Ces exactions ne sont connues qu’à travers les rares
témoignages des ceux et celles qui ont pu fuir le pays
comme Mohamed. Malgré un rapport du Bureau américain
pour la démocratie, les droits humains et le travail daté
du 11 mars 2008 qui fait état de l’arrestation des
individus qui se soustraient au service militaire – dont
certains seraient morts en détention des suites de maltraitances
- et des tortures qui leur sont infligées, ainsi que de
conditions d’emprisonnement déplorables et dangereuses,
la communauté internationale n'a toujours pas levé
le petit doigt pour stopper ces violations des droits humains,
notamment l’épuration ethnique envers les afars que
mène présentement Afewerki.
Il y a quelques jours, suite à l’attaque perpétrée
par des éléments du mouvement « Mer Rouge»
dans un camp militaire érythréen et qui a coûté
la vie à une centaine de soldats, le dictateur d’Asmara
a juré de punir toute la population afar.
Nous
lui répondons à la Haye Afewerki !
Uguta-Toosa, décembre 2008
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15. Exécutions
sommaires des civils à Assa-Guayla
(4-5 décembre 2008)
Commentaire
de Uguta-Toosa en afar :
Qasaa-Gayla deqsitta magaalal, Qaskar sidiica num qiddeyyan. Toh
Macammad Camad Yusuf (wadar dacrisak sugekkel, Lietnant Waaqiis
kaa qide), Gaqas Camad Yusuf (lietna qide numuk toobokoyta) kee
Qali Camad Yusuf. Firsi numih rabi diggammay, aka marih rabi agagulut
yan.
Tama biileynak, migaq hawwenné waynaama. Qafar, qaduwwit
koosittam faxxiime le. Qafarey, Doolat ma tanak, koosita !
L’armée djiboutienne a arrêté trois
personnes à 'Assa-Guayla et les ont aussitôt transférées
à Tadjoura. Deux autres ont été dirigées
directement sur la capitale, Djibouti.
Un berger, Mahammad Hamad Youssouf (55ans, 2 femmes père
de plusieurs enfants) a été ramené à
Assa Gayla, après avoir été exécuté
dans l'oued dit Hoflo. Ce berger est mort de la main
du commandant Wais, commandant de la région de Tadjoura
qui était sur place. Il aurait tiré deux balles
dans la tête de la victime.
Deux autres civils, dont l'un serait le frère du défunt
(Gaas Hamad Youssouf) seraient tués dans les mêmes
circonstances. Cette information demande à être confirmée.
Deux jours auparavant, Mohamed Dimbio Ali-Gaanta, gardien de l'école
d'Assa-Gueyla, Abdo Hassan Mahammad, aide-soignant à l'infirmerie
du village, ont failli connaître le même destin. Ils
ont eu la vie sauve grâce à l’intervention
inopinée des gendarmes qui patrouillaient dans la bourgade.
L'armée djiboutienne tue les civils afar en prétextant
que ces gens sont complices du front armé qui sévit
dans le pays. Il se peut d'autres civils aient déjà
été exécutés sommairement dans le
nord de Djibouti...
Dorénavant,
'Assa Gayla et sa population ne se sentent plus en sécurité
à proximité des militaires qui se conduisent comme
en pays conquis. Les soldats sont persudés qu'ils peuvent
tuer qui ils veulent et quand ils veulent dans le nord de Djibouti.
Ce, dans la plus grande impunité.
En dehors des gens terrorisés qui craignent pour leur vie,
aucun responsable politique afar (député ou ministre
de la région) n'est prêt à lever le petit
doigt pour dénoncer la violence de l'armée. Il a
peur de perdre son salaire, son gagne-pain.
La population de 'Assa-Guayla pose comme une condition sine
qua non de sa sécurité le départ immédiat
de l'armée de la caserne qu'elle occupe. Si ce n'est pas
le cas, ne serait que pour ne pas exposer à la violence
gratuite leurs femmes et leurs enfants, les villageois sont prêts
à abandonner le village.
Selon toute vraisemblance, ce qui se passe à Assa Gayla
correspond à une sorte d’entraînement des troupes
djiboutiennes pour pacifier la région afar de Djibouti.
Nos informations
font état de l'intervention du sultan de Tadjoura soutenant
les doléances exprimées par la population de Assa-Guayla,
mais cette information nous paraît peu vraisemblable. Les
chefs traditionnels de Tadjoura ou autres représentants
afar ne se préoccupent que de leurs bottes de khat ou de
leurs intérêts personnels !
Ce crime perpétré
contre des civils sans défense ne doit pas rester impuni.
D'autant que nous connaissons le nom de la personne qui a exécuté
le pauvre berger d'Assa-Gueyla.
Toutefois
vu la composition ethnique de l'armée djiboutienne composée
à 80% de Somalis-Issa et de l'idéologie tribale
qui anime le dictateur djiboutien, nous craignons que ce type
d'exécutions extra-judiciaires ne se répète
dans le nord de djibouti.
Compte tenu
de l'indifférence caractérisée de l'opinion
internationale au sujet des agissements du dictateur djiboutien,
nous demandons à la population du nord de Djibouti de s'organiser
et de se défendre contre l'arbitraire.
Uguta-Tooa,
décembre 2008
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16. Exécutions
sommaires des civils à Assa-Guayla (suite)
(Nous
venons de recevoir un récit plus complet de l'exécution
extrajudiciare d'un berger survenu à côté
de Assa-Guayla. En voici le résumé.)
"Sept
militaires djiboutiens ont arrêté le berger, Hamad
Mahammad, qui était, à ce moment, accompagné
d'un membre de sa famille. Il a été emmené
dans le lit d'un oued appelé Hoflo, à 9 km, d'Assa-Guayla.
Soupçonné d'être un complice des maquisards
et de connaître des caches d'armes, ils lui ont ordonné
d'avouer tout. Lorsque le berger a retorqué qu'il ne connaissait
ni caches d'armes ni l'endroit où se cachaient les maquisards,
les militaires l'ont ligoté et lui ont bandé les
yeux. Alors que leur victime immobilisée marchait ainsi
devant les hommes d'armes, un adjudant appelé Wais - et
non un lieutenant - lui a tiré deux balles dans la tête.
Comme les autres militaires ne s'attendaient pas à une
exécution froide d'un homme par leur chef hiérarchique,
ils ont fui, gagné par la panique.
Quelque
temps après, les mêmes militaires pour cacher leurs
forfaits ont décrété une alerte maximale
dans le village de Assa-Guayla, interdisant la population de sortir
de chez eux au risque de se faire tuer. Puis, ils sont allés
recupérer le cadavre du berger mais ne l'ont pas retrouvé
sur le lieu du crime. Sinon ils l'auraient enterré sur
le lieu même. Là, il s'est produit quelque chose
d'étrange. L'adjudant Wais et ses co-assassins ont pris
la fuite.
Le lendemain, les gendarmes ont retrouvé le corps mais
aussi des douilles et des cartouches dans l'oued Hoflo. Des photos
ont été prises du pauvre monsieur, enterré
à Assa Gayla. Impuissants, les villageois ont ssisté
à cette scène macabre.
Depuis,
les militaires n'osent plus s'aventurer dans Assa-Guayla. Ils
ne se rendent plus à la mosquée. Mais ils continuent
à accuser la population civile d'être complice du
front armé ... que personne n'a vu.
Quand au sultan de Tadjoura, aux différends membres du
migliss, au conseil régional, et au prefet, ils
se sont rendus à Assa Gayla le mercredi.
Leur prémière position est simple : ils demandent
au président, chef des armées, d'indemniser la famille
endeuillée et de mettre un terme aux agissements des militaires
indisciplinés. Il paraît qu'ils feront une démarche
auprès duc hef de l'Etat pour "la fermeture de la
caserne d'Assa Gayla".
L'armée
composée essentellement d'Issa venus d'Ethiopie est incontrôlable.
Ces bavures ne se comptent plus. La tension monte.
Des
soldats ont failli tuer des gens de Assa-Guayla mais aussi trois
autres personnes dans le plateau d'Ala'adu. Il s'agissait d'une
ancienne combattante du Frud, Lokky Dimbio Ali Ganta, de son frère
Mohammad, et un certain Haydar Hassan Mohammad. La population
s'inquiéte beaucoup au sujet des agissements arbitraires
de l'armée djiboutienne. Quand les gendarmes visitent la
région, les militaires se déplacent. Les exactions
des militaires ne donnant pas lieu à des enquêtes
sérieuses, ils font ce qu'ils veulent. Ils fouillent les
gens pour un oui ou pour un non, opèrent des arrestations
arbitraires, accusent les civils qu'ils croisent tous les jours
d'être des réfugiés.
Enfin il ne faut pas s'étonner. Il y a quelques jours,
des militaires ont failli tuer le fils de Fatuma Abdillahi à
Tadjoura (à Qeela-Amo).La
situatioin est explosive dans le nord de Tadjoura. Elle alimente
comme il faut la colère des Djiboutiens. "
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Bonne
fête de l'Aid el Adha
L'équipe
de Uguta-Toosa et sa direction politique souhaitent une bonne
fête de l'Aid el Adha à la population djiboutienne.
Inchalla, l'année prochaine à Djibouti ! Inchalla,
la dictature djiboutienne tombera cette année ou l'année
prochaine. (8 décembre 2008)
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