"Il n’y a que la liberté
d’agir et de penser qui soit capable de produire de grandes
choses »
D’Alembert (1717-1783)
Mot
du président
Incha
Allah, l'année prochaine
à Djibouti !
Notre
parti et son équipe dirigeante présentent
ses meilleurs voeux au peuple djiboutien, à tous ses militants
et sympathisants.
Inch'Allah, l'année prochaine nous serons tous chez nous,
à Djibouti, en compagnie de nos familles et de nos proches.
Espérons que nous fêterons autant la retrouvaille
que l'avènement de la démocratie dans notre cher
pays.c
AUDIO Ecouter la cassette audio
n°2 (en langue afar) présentée par Ali Coubba Lien
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Ecouter la cassette audio n°1 (en langue afar) présentée
par Ali Coubba. Lien
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Notre parti politique croit en la démocratie et au
multipartisme. Non seulement, il croit en la démocratie
mais il oeuvre depuis cinq ans à réaliser l'avènement
d'une société de droit. Nos compatriotes doivent
être conscients des dangers et risques de laisser se
perpétuer le régime autoritaire d'Ismail Omar
Guelleh. La priorité est donc de se débararasser
du dictateur et plus encore du système tribal qui hypothèque
notre avenir. C'est pourquoi, au cours de l'année 209,
notre parti est passé à la vitesse supérieure.
Nous vous livrons quelques exemples d'articles écrits
par les dirigeants de l'opposition et de la société
civile. Nous
ne sommes pas jaloux des autres partis politiques au point
de cultiver obstinément le silence sur ce qu'ils font
et écrivent. D'ailleurs, y a-t-il de quoi l'être
quand on s'appelle Uguta-Toosa et les activités de
mobilisation que nous menons ! (Lire ci-dessous les interviews
de Mohamed Kadami et de DAF, l'article
de Cassim Ahmed Dini et deux documents de Tronto Trip...)
L'année
2009 : intensification de la mobilisation et sensibilisation
de nouveaux militants
Au
cours de l'année écoulée, notre parti
a intensifié sa campagne de communication. La nouveauté
a été la mise en place sur You Tube
(ALICOUBBA Channel) des vidéos en
français et en afar. Ces vidéos visent à
sensibiliser nos compatriotes au moins sur deux points : la
mobilisation politique et le débat
sur des questions sensibles.
1) La mobilisation politique
Depuis cinq ans, nous tentons de convaincre les indécis
à nous rejoindre, c'est à dire à sortir
de l'anonymat, en adhérant aux différents partis
d'opposition. En politique, la clandestinité, la culture
de l'anonymat, l'activisme associatif - pour cacher son indécision
- reviennent à faire le jeu de la dictature. Choisir
son camp présente-t-il des difficultés
telles qu'il faut des années pour se décider
! Il n'y a que deux familles politiques à Djibouti
: les démocrates et les partisans de la dictature.
Un démocrate est un homme libre, un citoyen éclairé
conscient des enjeux qui animent le monde moderne. Le partisan
de la dictature est esclave de croyances auxquelles il s'astreint
afin de célébrer un homme qu'il craint autant
ou qu'il déteste.
Quand votre pays est mené, telle une bête à
l'autel des sacrifices, peut-on se permettre de jouer les
censeurs, les critiques faciles, l'autorité morale
(kasle), sans proposer la moindre alternative politique
ou en restant sur le bas côté ? A Djibouti-ville,
de quoi peut-on bien avoir peur quand on est chômeur,
"bras cassés", commerçant ruiné
par l'Etat, opposant notoire (mais sans parti), député
ou ministre ostracisé, universitaire blasé,
? Sachez que vous n'êtes rien pour le dictateur
mais que vous êtes tout pour nous.
2) La discussion sur des sujets
sensibles
En abordant des sujets tabous, nous voulons libérer
la parole. Les reproches que nous adressons à la dictature
qui instrumentalise l'appareil d'Etat, la tribu issa,
le clan Mammaasan, ne doivent pas être pris
pour des dénonciations ciblées de tels ou tels
groupes sociaux ou des incitations à la violence. Si
nous voulons éviter des actions extrêmes, des
violences collectives et des dérapages tribaux, les
Djiboutiens doivent apprendre à débattre, de
préférence au sein des partis politiques, sur
des questions qui divisent les gens, à savoir la marginalisation
de la communauté afare, arabe, gadaboursi, issaq et
certains clans issas de Djibouti; l'immigration politique
favorisant les Issas à Djibouti; la tribalisation de
la fonction publique, etc.)
La dictature n'a pas pire ennemi que la liberté d'expression.
Si Ismail Omar hésite à se déclarer publiquement
pour le 3ème mandat, c'est parce ayant épuisé
tout l'arsenal répressif contre la population civile
et les démocrates, le moindre dérapage risque
de lui coûter le pouvoir et la liberté. Si nous
voulons passer de la liberté individuelle à
la liberté collective, cela pourrait être une
question de jours ou de semaines à condition de ne
pas reculer face à l'intimidation du pouvoir.
Rapprochement
politique avec l'ARD (Alliance républicaine pour le
Développement
Pour
conjurer l'éparpillement stérile de notre famille
politique, notre parti pratique depuis sa création
la politique de la main tendue. Au
cours de l'année 2009, il
a décidé de passer à la vitesse supérieure.
Afin de lutter directement à Djibouti, nous avons décidé
de rejoindre les rangs de l'ARD. Ce qui évite
d'interminables marchandages de boutiquiers. A l'issue des
Assises nationales de l'ARD prévues au mois de février
2010, l'accord de principe que nous avons passé au
mois d'octobre 2009 (Cf. Uguta-Toosa n° 45) sera
légalisé. Toutefois, notre ralliement a un caractère
assez spécial. Le sigle de Uguta-Toosa
sera conservé à l'étranger pour mobiliser
la diaspora et pour le journal électroniqie. Peut-être,
jusqu'à la disparition de la dictature djiboutienne,
présenterons-nous un "courant politique"
toléré au sein de l'ARD ? Tout cela fera l'objet
d'un débat entre Uguta-Toosa et ARD. L'objectif est clair : il
s'agit de renforcer l'ARD, en priorité à Djibouti
qui est, ne l'oublions pas, le terrain où se situent
les vrais enjeux.
Année
2010 : plus d'unité, plus de combativité
Au cours de la nouvelle année, nous espérons
mener à Djibouti et à l'étranger notre
campagne de sensibilisation, en collaboration avec l'ARD.
Notre voeu le plus cher est de réaliser au cours de
l'année 2010 l'unité formelle de l'opposition
djiboutienne d'une part et de sa ré-oragnisation afin
d'augmenter son efficience. Le plus urgent est d'organiser
des manifestations pour empêcher qu'Ismail Omar Guelleh
brigue le troisième mandat. Chaque jour constitue
une échéance politique pour nous.
Incha'Allah,
l'année prochaine à Djibouti !
Gifta
Ali Coubba
Uguta-Toosa, décembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre 1 : "Ne restez pas
indifférent devant l'agonie de votre pays"
(Janvier 2005, N°1)
« Chers
compatriotes,
«
Notre parti politique, Uguta-Toosa, est persuadé que
l'avenir de notre pays passe par la démocratisation urgente
de ses institutions. En outre, les beaux textes ne servent à
rien si ils ne sont pas appliqués et respectés.
Dans notre pays, le chef de l'Etat ne respecte ni les lois ni
la Constitution nationale, foule aux pieds l'autonomie de l'appareil
judiciaire, et méprise le pouvoir législatif.
Notre combat vise donc à éradiquer la classe politique
actuelle dont Ismaël Omar Guelleh est la caricature absolue
et répugnante.
Uguta
(Toosa) demande à tous les Djiboutiens de soutenir son
combat pour l'instauration d'un Etat de droit à Djibouti.
Si ce n'est pas le cas, soutenez un parti d'Opposition mais
ne restez pas Indifférent devant la lente agonie de votre
pays. »
(Extraits, Janvier 2005, N°1)
Uguta/Toosa, décembre 2009
D'après la consttition nationale, I.O.G doit quitter le
pouvoir en 2011
Titre
2 : Mes voeux du nouvel an
(Gifta Hammadou Ali ben Ali)
Les
années se suivent et se ressemblent à Djibouti.
C’est à croire que le cycle temporel tourne en
boucle et que nous vivons le même cauchemar indéfiniment
depuis 1977.
Comme les 32 années écoulées, l’année
2009 n’a pas dérogé à la règle,
elle se termine donc comme elle avait commencé par
une énorme déception pour tous les Djiboutiens
qui ne sont pas du sérail du pouvoir.
Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui
se passe dans le pays depuis le détournement de l’indépendance
par une mafia politique défendant les intérêts
claniques et tribaux. La dictature totalitaire érigée
comme système par Ismail Omar Guelleh et ses dévots
est belle et bien debout et a longue vie devant lui du fait
du manque de leaders de l’opposition capables de transcender
l’esprit partisan et d’incarner l’espoir
de tout un pays.
La liberté d’expression est plus que jamais bâillonnée
dans le pays. Le peuple vit la peur au ventre en raison de
l’absence de la démocratie réelle qui
garantirait les droits les plus élémentaires
de chaque citoyen. Et la police veuille aux grains !
L’impunité, l’injustice, le détournement
des deniers publics, la corruption, le clanisme et le tribalisme
sont devenus la devise écrite au fronton des bâtiments
publics et administratifs.
Cependant j’ose espérer que le nouvel an sera
différent des années précédentes
et porteuse de bonnes nouvelles dans le pays. Aussi
je vous adresse comme veut la coutume mes vœux de santé,
de bonheur, de prospérité, de réussite
et de changement radical.
D’autre
part, UGUTA attend de chacun d’entre vous en cette fin
d’année que chaque fille et fils du pays regagnent
le douillet du foyer familial pour faire une fête en
famille :
Une prière soit dite au nom de nos martyrs tombés
l’arme à la main pour nous libérer du
joug de la dictature sous les feux de l’AND et des QAGABBA
.
Avoir à l’esprit une pieuse pensée à
la mémoire des hommes et des femmes massacrés
à Arhiba en décembre 1991 par esprit de vengeance
sur ordre de la dictature avec la omplicité complaisante
du Premier ministre de l’époque Barkat Gourad
.
Témoigner une reconnaissance patriotique et républicaine
à toutes ces filles et femmes afar immolées,
violées et battues à mort où qu’elles
soient.
Ne jamais se lasser de demander la justice au nom des bergers
exécutés sommairement par les troupes d’Ismail
Omar Guelleh.
Non
à la modification de la constitution.
Non au renouvellement du 3ème mandat de IOG anticonstitutionnel
Oui pour la démocratie. Oui pour le changement
VIVE
UGUTA-TOOSA
HABA
Uguta/toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 3/ QUSBA
LIGGIDI (NEL YAMAQAY)
SIINIL YAMAQAY
COMMENTAIRE
DE UGUTA-TOOSAvous propose ce voeu écrit
en langue afare par Youssouf Mohamed Bouha. Vous trouverez une
version plus concise sur le site de www.bilobilo.com.
Les amoureux de la langue afare y trouveront les expressions
courantes véhiculant les valeurs que notre société
traditionnelle avait l'habitude de louer. Le changement est-il
si grand pour que nous ne respections pas notre culture et notre
morale ? Sommes-nous si peureux et poltrons que nous sommes
incapables de lutter pour faire vivre dignement notre famille
?
2010,
qusba liggidi nel yamqeeh, ni cuggaaneey, baadal inkih yamqem
kaak qaagitna.
Iggimâ dite amok nek kattay.
Umak maqem edde cedan liggida kaa abay 2010.
Taakumem kee katattam agaaradnay, ittak ken baxisnay. Yaakumik
ciggil kee barra taaxigi qaduk neh yamballaay.
Qale gide yakke caylah, boola luk garaanam batura; wohuk nee
catay. Caylat cayla luk garaynay.
Nabaa masle fardi rammah able kaa waynay. Siyaasa is amqinaane
hinnak, itta naabbay, ankacisnay. Umam, umaaneh neh
tamballaay, teetik waasimnay. Maqem
naymaaqay, tet kataynay. Labuk sayih, abto nek gino tamqay,
tet sudaaducnay. Kasle
isi caddi cabe waytay ; ken catay qax umaaneey afguuqak.
Saqal saqal ceelay, cabsu yaallay. Maqanxi deero cabe waay, ese ceela fardil waytime
waay; cixuk aggiriqqee waay.
Baritto nek diini takkay, haykalah nek gactay. Tookaxaw xiqam
malik itta naabbay. Faxem abnak xisoh orbinnaan im abnay.
Gaat adoobi, ilko yakkay.
2010, Ittâ way kee akaalafat baxxo beyak raagneh ik, aysa
keenik iful nawqay. Ittin wayak gufneh gidet edde naaday.
Qusba liggidi tekkem edde hawweenan, karma yakkay. Tikki ittem
walaa nabi maaqo takkay. Biltam waynabooy qiliiloh ayro takkay.
Baatilik lafa aggilenno, gude baxal kaak hee lino; kaat abnu
waa niksok ugte wayuh, itta geynek ruma kaa abennom asmata.
N'iggilek rumxé cinta diglo kaat abenno. Axcuk neh sugeeniih, tikki itteemik qafu ittah innay.
Anu aakumeeh, Yallah caba siinik axce. Ibrahim Wayte kah iyye'nnah
“Tu yok raqtu raaqe waytu, tu'
rraq ennel qidu waak, aysa gennaan imik qaf aba”.
Nee qambaltam kibuuy, nan itta waayak uxih m' awaqqino.
Gaat adoobi ilko nek yakkay.
Gidda (Wakti) nek baye waytay, saqal isi abto yakeele
num yakkay.
Ayrooy isim takkay, saakuuy, rike maadnay. Sanat gidet 365 caagid
neh yangaddabay. Taabe kal, tu barte kal, ayro nek kore waytay.
Hitta wayta kasle kas dagooh, ken kak catay, nee catay.
Ahaffanah sugtem kotoqu, usuk kak yanim taamâ sinna. Gadangaddi
baaxo duudak, nee catay aban wayak.
2010, qusba liggidah abnah nan xaaqo nek badal tabtay;
qalet makittay, isi arac geytay. Usuk neey
ni cuggaane Itiyobbia, Iretriya, Yamanaay Soomaalil inkih yamqay.
Dabbok sinam catay, gexxem isi dabqih tadaaray. Baxaabaxsi dambi
leeh, decroh uma; uma taama lakat cane lek,
abeyni diiko yaafek afal kaah taguude digaala geyay.
Cakki reeda geyay.
Reedantuk abto misli taama takkay.
Goyti aggadaqqi haay, a gul gidda tamqu waytaamih ifiifa lek,
balaale waytay.
Reedantuk abto misli taama takkay. Qibaada kak yaanam nammanih
sidiicanih, toh :
Iggima edde baysaanaah, naharak baritto.
Sinnim edde abaanaah, lakal taama.
Galto edde geyaanaah, woh Goyti aba kak yeemi.
Sarrintinoh maqeeh, woh odoru.
Yalli kicniih, woh cakki qangara.
Amah inkih elle bictu duddam, gocoy kee Gaat adooba ilkaanama.
Goyti aggadaqqi haay, a gul gidda tamqu waytaamih ifiifa lek,
balaale waytay.
"Inkim
le inkim leeh, faarisle inkim lek", Gabuutih ummatta tooboko
takkay. Gar kee demokraasi, xinto nek takkay 2010.
Ani
haay Gabuutih ummatta, ani haay UGUTA-TOOSA.
Y.M.B.
Uguta-Toosa, décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir
en 2011
Notre
parti est conscient qu'il ne faut jamais cesser de mobiliser
les gens. Nos critiques sur l'apathie de la diaspora djiboutienne
et les fonctionnaires abrutis par le khat sont toujours d'actualité.
En ce début d'année 2010, nous répétons
donc nos mots d'ordre : "Uguta
Labhay !" " Toosa !"
Deux types de citoyens, dit un
proverbe afar
Les hommes, comme vous le savez, diffèrent les uns des
autres. Un proverbe afar affirme qu'il y a deux catégories
d'hommes dans une société : "Afah haan
waqdi yaaxige barra-b-baxa kee deerih haan
waqdi yaaxige barra-b-baxa". Pour simplifier, nous
avons "celui qui sait d'instinct"
et "celui qui sait quand on le lui montre".
Dans la première catégorie s'inscrivent
les citoyens qui saisissent immédiatement les enjeux
politiques et savent différencier le bien du mal, le
droit de l'injsutice. Ces hommes et femmes sont politiquement
engagés. Par exemple, ils n'attendent qu'un parti politique
devienne fort. Ils n'ont pas besoin de réfléchir
dix ans ! Ils ne perdent pas leurs temps à dénigrer
ou à écrire des tracts alors qu'ils peuventadhérer
à des partis politiques. Ils n'attendent pas de devenir
membre d'un front armé quand celui-ci mène des
actions. Leur conscience étant en alerte, ils savent
qu'ils trouveront un accomplissement personnel supplémentaire
au sein d'un parti politique qui partage leurs idées.
Dans la deuxième catégorie, nous rencontrons
des hommes et femmes qui ont besoin qu'on leur attrappe par
la main, qu'on leur répète cents fois le même
message et la même chose. Ce n'est pas qu'ils sont bêtes
mais la nature les a faites ainsi. Il me semble que dans la
société djiboutienne actuelle, il y a beaucoup
dans la deuxième catégorie. Il y a une troisième
catégorie née de la perversion de notre société.
La
troisième catégorie : Futur député
ou Futur ministre ?
Cette
catégorie d'hommes passe son temps entre le travail et
le mabraze, lorsqu'ils ont du travail. Lorsque ils n'ont pas
d'emploi, ils n'essaient pas de dépasser leur condition
de paria ou de faire quelque chose de leur vie. Non, ils attendent
l'heure de brouter du khat sans état d'âme puisque
de toute façon, même déasrgenté,
il n'est pas difficile d'avoir sa "botte" de khat
à Djibouti. Ils attendent aussi autre chose ...
Ces hommes, diplômés ou non - cela n'a aucune importance
à Djibouti - rêvent tous d'être haut fonctionnaire,
député et ministre d'Ismail Omar Guelleh. Certains
d'entre eux ont déjà occupé l'un des ses
fonctions et se disent que le destin pourrait repasser par là
! De tout leur coeur, dans leur naïveté maladive,
ls espèrent que le dictateur va les appeler et qu'ainsi
leur calvaire va cesser. Ayant goutté au vertige du pouvoir
et de l'argent facile, ils pourraient vendre leur mère
et leur soeur pour retrouver ces privilèges ! D'autres
hommes attendent, plus impatients et plus fébriles, parfois
leur niveau scolaire est si bas qu'ils ne savent pas écrire
correctement leur nom ! Mais ils se disent "Mon cousin
a été député et ministre illettré,
pourquoi ne le serais-je moi aussi si je me fais voir par Ismail
Omar ". Voilà les propos que tiennent ces Djiboutiens
de la troiième catégorie. Et ils sont très
nombreux.
C'est le résultat de l'aliénation de la politique
coloniale française et celle de Hassan Gouled qui ont
dévalorisé le savoir et la commpétence
dans notre pays. Notre parti essaie de briser cette
aliénation en menant notre campagne en langue française
et en écrivant en langue afar.
La
fiqma : une sorte d'organisation politique
La
société moderne s'est développée
grâce à la division des tâches. Quand on
se penche sur la façon dont la société
afar distingue la fonction de chaque individu au sein de la
société, on est amené à se poser
des questions. Comme nous le dit le texte ci-dessus en afar,
l'homme d'expérience (kasle), le responsable
politique (saqala) et le plus jeune (maqanxa)
remplissent chacun un rôle. Ce qui est plus instructif,
c'est le rôle dévolu dans notre région (Laaqo)
à la fiqma. Ne correspond-elle pas plus
ou moins à un parti politique ou à une association
citoyenne puisque chaque individu est obligé d'y adhérer
à partir de la puberté. Cette adhésion
implique la civilité, le respect, l'apprentissage de
la contradiction. De plus, tout le monde est concerné
: les hommmes et les femmes.
dans la société afare traditionnelle, il n'y avait
pas de place pour des gens qui voulaient réfléchir
pour adhérer à une fiqma. Tout être
humain ayant son libre arbitre appartenait à une organisation.
Aujourd'hui où nous sommes fort d'une culture moderne
et écrite, des connaissances dont nos grands parents
ne pouvaient même pas imaginer, que faisons-nous ? Il
y a des Djiboutiens qui attendent avant de devenir membre d'un
parti politique. Les plus à blâmer sont les Afars
qui, depuis des générations, save que l'on apelle
faire partie d'une organisation sociale.
Labuk sayoh itrita labhay ! Hommes et femmes assumez vos responsabilités.
Uguta-Toosa, décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 5 : Mise au point : Comme
si Djibouti était stable !
(Cassim Ahmed Dini)
Paris,
le 28 décembre 2009
Alliance Républicaine pour le Développement
(Lire ci-dessus la résolution
1907 du Conseil de Sécurité auquel Cassaim Ahmed
Dini fait référence)
Le
Conseil de sécurité des Nations unies a adopté,
le 23 décembre 2009, une résolution demandant,
entre autres "à l’Érythrée
de régler par la voie pacifique le différend frontalier
qui l’oppose à Djibouti". Nous soutenons pleinement cet appel au dialogue,
conforme aux dispositions du chapitre VI de la Charte des Nations
unies et souhaitons qu’une nouvelle confrontation
armée soit évitée et que la paix revienne
entre Djibouti et l’Érythrée.
Cette
évidence étant posée, I’ARD ne peut
totalement souscrire à la perception des réalités
djiboutiennes qui semble être celle du Conseil de sécurité
lorsqu’il « Exige de tous les Etats Membres
et en particulier de l’Érythrée qu’elle
cesse d’armer, d’entraîner et d’équiper
les groupes armés et leurs membres, dont Al Shabaab,
qui visent à déstabiliser la région ou
fomenter des violences et des désordres civils à
Djibouti ... ».
Est-ce
à dire que la paix civile règne à Djibouti,
havre de paix dans une région tourmentée, qu’une
force maléfique extérieure chercherait à
déstabiliser ?
Si
tel est le postulat qui sous-tend cette assertion du Conseil
de sécurité, qu’il nous soit permis d’estimer,
nous, émanation d’un mouvement politico-militaire
cosignataire de l’accord de paix du 12 mai 2001 violé
par la partie gouvernementale, nous, membres d’une opposition
djiboutienne à laquelle est quotidiennement et brutalement
dénié le droit fondamental de concourir à
l’expression du suffrage universel, que c’est le
régime djiboutien qui, en aggravant les causes du conflit
armé, constitue le plus grand danger pour la paix civile.
Présenter
Djibouti comme un modèle de stabilité relèverait
à la fois de l’onction thaumaturgique et de la
politique de l’autruche : c’est la violence répressive
que cette dictature sortie des urnes impose aux partis politiques,
aux syndicats et à la société civile dans
son ensemble qui pousse un nombre croissant de Djiboutiens à
choisir des voies radicales.
Bien
que nous souscrivions à l’indispensable curialisation
des oppositions, afin que les inévitables confrontations
se déroulent dans un cadre pacifié, nous estimons
toutefois que l’on ne peut condamner une légitime
Contestation armée sans donner toutes ses chances à
une opposition pacifique légalement constituée.
Ne
pas admettre que Djibouti est fondamentalement instable du fait
de la nature dictatoriale du régime en place, fait enfin
désagréablement suite au silence complaisant de
la communauté internationale (et singulièrement
les grandes démocraties militairement présentes
à Djibouti) face à la répression sauvage
de l’opposition pacifique et aux exactions récurrentes
et impunies contre les populations civiles du nord et du sud-ouest
de notre pays.
Pour
nous, Djibouti n’est pas seulement un port, une position
géostratégique ou un avant-poste pour des forces
militaires étrangères: c’est un Peuple déterminé
à en finir avec une dictature qui s’asservit depuis
trop longtemps et à pleinement se réaliser dans
un développement harmonieux.
Quand
le bulletin de vote n’est que le papier peint d’un
vaste décorum démocratique et que les revendications
pacifiques ne rencontrent que des tirs à balles réelles,
c’est au Peuple et à lui seul de définir
le meilleur moyen de se libérer d’un régime
qui constitue une intolérable calamité pour ses
citoyens ainsi qu’une grave menace pour ses voisins.
Le
délégué plénipotentiaire de
l’ARD Cassim Ahmed Dini
LE
CONSEIL DE SÉCURITÉ IMPOSE UNE SÉRIE DE
SANCTIONS À L’ÉGARD DE L’ÉRYTHRÉE,
ACCUSÉE DE SOUTENIR DES GROUPES ARMÉS MENANT DES
ACTIVITÉS DE DÉSTABILISATION EN SOMALIE
Le
Conseil de sécurité a décidé, ce
matin, d’instaurer un nouveau régime de sanctions
contre l’Érythrée, accusée de soutenir
des groupes armés somaliens et de déstabiliser,
ce faisant, le Gouvernement fédéral de transition
de la Somalie.
Dans
une résolution adoptée par 13 voix pour, une voix
contre (Jamahiriya arabe libyenne) et une abstention (Chine),
le Conseil de sécurité décide ainsi que
tous les États Membres doivent prendre immédiatement
les mesures nécessaires pour empêcher la vente
ou la fourniture à l’Érythrée, par
leurs nationaux ou de leur territoire ou au moyen de navires
ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements
et de matériel connexe de tous types –armes et
munitions, véhicules et matériels militaires,
équipements paramilitaires et pièces détachées
correspondantes–, ainsi que toute assistance technique
ou de formation.
Le
Conseil décide aussi que l’Érythrée
ne doit fournir, vendre ou transférer, directement ou
indirectement, à partir de son territoire ou par l’intermédiaire
de ses nationaux ou au moyen de navires ou d’aéronefs
battant son pavillon, aucune arme ni aucun matériel connexe
et que tous les États Membres doivent interdire l’achat
à l’Érythrée, par leurs nationaux
ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur
pavillon, des articles et des services d’assistance ou
de formation, qu’ils proviennent ou non du territoire
érythréen.
Par
la résolution 1907, qui avait été présentée
par l’Ouganda, le Conseil de sécurité décide
également que tous les États Membres doivent prendre
les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée
ou le passage en transit sur leur territoire des individus désignés
par le Comité du Conseil de sécurité créé
par la résolution 751 (1992) et dont le mandat a
été élargi par la résolution 1844 (2008).
Il
décide en outre que tous les États Membres doivent
geler immédiatement les fonds, autres avoirs financiers
et ressources économiques se trouvant sur leur territoire
à la date de l’adoption de la présente résolution,
qui sont détenus ou contrôlés directement
ou indirectement par des individus ou entités désignés
par le Comité, ou par tout individu ou entité
agissant pour leur compte ou sur leurs ordres.
Les
dispositions de la résolution s’appliquent à
tous les individus, y compris, mais sans s’y limiter,
aux hauts responsables politiques et militaires érythréens,
aux entités gouvernementales et paraétatiques
et aux entités privées appartenant à des
nationaux érythréens vivant sur le territoire
érythréen ou à l’extérieur.
Ces
personnes et entités sont désignées par
le Comité comme fournissant, notamment, un appui depuis
l’Érythrée à des groupes d’opposition
armés qui visent à déstabiliser la région,
comme faisant obstacle à l’application de la résolution
1862 (2009) concernant Djibouti, ou comme abritant, finançant,
aidant, soutenant, organisant, formant ou préparant des
individus ou des groupes qui visent à commettre des actes
de violence ou de terrorisme contre d’autres États
ou leurs citoyens dans la région.
Après
l’adoption de la résolution 1907, le représentant
de l’Ouganda, dont la délégation a présenté
le projet de résolution, a déclaré que
la situation en matière de sécurité en
Somalie exigeait une action urgente pour mettre fin aux activités
des groupes armés engagés dans des activités
de déstabilisation du pays. « Les sanctions
contre l’Érythrée étaient ciblées
et non pas généralisées, ce qui laisse
espérer que le pays prendra des mesures pour que sa position
évolue favorablement », a-t-il dit.
Le
représentant de la Jamahiriya arabe libyenne a expliqué
l’opposition de sa délégation aux mesures
contenues dans la résolution en arguant que l’Accord
de Djibouti et l’appui à la création d’un
gouvernement d’unité nationale pour rassembler
toutes les composantes du peuple somalien restaient les
éléments propices en vue de rétablir une
paix durable en Somalie et dans l’ensemble de la région.
« Les
sanctions ne peuvent pas constituer un moyen efficace pour régler
les problèmes actuels », en considérant
que le régime imposé allait exacerber les problèmes
humanitaires dans la région.
De
son côté, le représentant de la Chine a
justifié l’abstention de sa délégation
par le fait que, de l’avis de sa délégation,
le Conseil de sécurité doit agir avec prudence
lorsqu’il impose des sanctions, cet organe ne devant pas
se substituer « aux efforts diplomatiques visant
à résoudre le problème par le dialogue
et la négociation ».
« L’Érythrée
abrite des terroristes, des rebelles et viole sans vergogne
les droits de l’homme, finance le trafic d’armes
et de ressources à destination des insurgés »,
a énuméré pour sa part le représentant
de la Somalie. « L’attitude récente
de l’Érythrée n’incitait pas à
l’optimisme, et c’est pourquoi l’appui
urgent du Conseil de sécurité, des Nations Unies
et de la communauté internationale est nécessaire
pour exhorter ce pays à se joindre aux efforts de paix
en cours pour consolider la paix en Somalie », a-t-il
considéré.
Avec
cette résolution, s’est félicité
le représentant de Djibouti, « justice est
enfin faite pour répondre à l’agression
flagrante et sans provocation que l’Érythrée
a commise contre son pays, il y a presque deux ans ».
« Les
sanctions contre l’Érythrée étaient
devenues depuis longtemps inévitables », a
déclaré le représentant de Djibouti.
Il a estimé que les mesures prises par le Conseil de
sécurité ne ciblent que le rôle destructeur
de l’Érythrée en Somalie, « et
n’ont aucun impact négatif sur le peuple de l’Érythrée
qui, a-t-il rappelé, est victime de la mauvaise gouvernance
et des exactions de son propre Gouvernement ».
PAIX
ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE
Texte
de la résolution S/RES/1907 (2009)
Uguta-Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
“Le
FRUD contrôle un territoire plus vaste que le président
somalien, Cheik Cherif Ahmed, soutenu par la communauté
internationale”
“Après
avoir été réduit à une force de
proposition, le FRUD redevient un acteur important à
Djibouti”
Les nouvelles d’Addis
PROPOS RECUEILLIS PAR
COLETTE DELSOL ET ALAIN LETERRIER
décembre 2009
Les nouvelles d'Addis. – À
quoi sert le FRUD ? Mohamed Kadamy. – Il faut peut-être
au préalable se demander ce qu’est le FRUD, c'est-à-dire
sa nature, ses objectifs.
Le FRUD n’a pas jailli du rocher. Incontestablement, le
FRUD est l’émanation et le fruit des luttes populaires
multiformes pour les libertés, la démocratie,
qui rythment la vie des citoyens ces trois dernières
décennies. Le FRUD s’est inscrit dès sa
création, il y a dix-huit ans, dans un mouvement d’émancipation
des peuples, avec une volonté radicale de changement.
Le FRUD a consenti d’énormes sacrifices, pour une
projection dans l’avenir, en essayant toujours, de semer
ici et maintenant les graines pour un futur meilleur pour ce
pays et sa population. Bien
sûr, tout œuvre de cette nature, tout dessein de
cette ampleur n’est pas une promenade tranquille, il suscite
des obstacles, des oppositions, et engendre aussi ses propres
contradictions. C’est pourquoi le FRUD a été
affaibli par les moyens colossaux du pouvoir et de ses alliés,
mais aussi par ses différentes défections et divisions.
Nous avons maintenu, contre vents et marées, la structure
politico-militaire, grâce à la volonté farouche
des combattants, des cadres, et de quelques dirigeants. La reconstruction
du FRUD s’est faite dans un contexte très difficile,
souvent à contre courant. La
persistance dans nos positions d’une part, les dégradations
constantes de la situation du pays et de la population d’autre
part, ont eu raison de l’hostilité ambiante, de
l’indifférence complice, et généré
des ralliements de plus en plus importants pour notre mouvement.
Après avoir été réduit à
une force de proposition, le FRUD redevient aujourd’hui
– en dépit des analyses nombreuses ici et là
annonçant sa disparition – un acteur important
à Djibouti. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le
FRUD contrôle aujourd’hui un territoire plus vaste
que le président somalien, Cheik Cherif Ahmed, soutenu
par la communauté internationale.
Dès lors, le FRUD va contribuer au changement démocratique.
LNA.
– Qui soutient votre organisation ? : l’Éthiopie,
l’Érythrée, un mouvement islamiste… MK.
– D’une manière générale les
mouvements politiques répondent à ce genre de
question en disant qu’ils comptent sur leur propre force.
En ce qui concerne le FRUD, le slogan « compter d’abord
sur ses propres forces » n’est pas l’expression
d’une langue de bois, et reflète l’exacte
réalité de notre situation.
Historiquement,
le FRUD est connu comme le mouvement qui a pu libérer
et contrôler 2/3 du territoire djiboutien de novembre
1991 à mars 1993 sans le soutien d’aucun mouvement,
ni d’aucun État. Il faut ajouter à ce tableau,
qu’il n’y a ni or ni diamants ni pierres précieuses
dans les régions où opère le FRUD.
À
l’heure où nous parlons, aucun mouvement, aucun
État, et aucune entreprise ne soutient le FRUD. Notre
atout ce sont les ressources humaines, notre richesse c’est
l’élément humain qui reste très précieux.
Nous nous efforçons surtout de ne pas nous créer
des ennemis, ni parmi les organisations ni parmi les États
voisins ni parmi les puissances.
LNA.
– Vous avez déclaré aux Nouvelles d’Addis
que le FRUD n’écartait aucune hypothèse
concernant son action, excepté le terrorisme (1). Où
en êtes-vous concernant les voies politiques et/ou armées
? MK.
– L’humoriste français Raymond Devos disait
: « Il m’arrivait de prêter l’oreille
à un sourd. Il n’entendait pas mieux ». Depuis
l’indépendance nous avons affaire, à des
dirigeants complètement sourds, qui n’entendent,
aucun raisonnement, aucun avertissement et qui sont dans une
fuite en avant permanente.
Mais la surdité du président actuel est totale,
il a même poussé le bouchon très loin, en
piétinant le dernier accord de paix signé d’une
manière solennelle le 21 mai 2001 avec le regretté
Ahmed Dini, qui pourtant nous l’avons
dit et répété, ne remettait pas en cause
son pouvoir omnipotent.
Cet
homme, qui tire sa seule légitimité de ses liens
de parenté avec l’ancien président Gouled
et de sa répression sauvage contre les démocrates
et la communauté Afar, et qui n’a jamais reçu
l’onction des urnes (parce qu’en 1999, c’est
son concurrent Moussa Ahmed Idriss qui l’a
emporté et en 2005, il était le seul candidat
en lice où seuls 10 à 13% des électeurs
se sont déplacés), a fait preuve d’une arrogance
inouïe. Il a déchiré sa seule carte d’entrée
en politique que constituait l’accord de paix.
L’accord
de paix ce ne sont pas des privilèges qu’une partie
accorde à une autre, ce n’est pas une dévolution
des propriétés appartenant au gouvernement ; ce
n’est pas un don que le prince régnant accorde
à une partie de la population ou à ses sujets
: c’est une obligation sacrée pour les parties
signataires d’honorer leurs engagements, pour atteindre
les objectifs fondamentaux de la paix.
Les décrets, les lois et même l’acte fondamental
qu’est la constitution doivent s’adapter aux clauses
de l’accord de paix, qui n’est pas un bout de papier
mais un engagement fondamental liant les parties pour l’avenir
et constituant le fondement du vivre ensemble des citoyens d’un
État.
Nous
sommes très étonnés, que les puissances
présentes à Djibouti militairement n’aient
pas daigné critiquer cette violation flagrante par Ismaël
Omar Guelleh de l’accord de paix, tout en sachant que
c’est lourd de conséquences.
La politique menée depuis trente-deux ans est extrêmement
suicidaire pour l’État de Djibouti (opinion partagée
par une grande partie du peuple djiboutien et par de nombreux
observateurs), car sans pays Afar, il n’existe pas de
République de Djibouti.
Non
seulement les questions soulevées par le conflit n’ont
pas été réglées, mais elles ont
été aggravées, et sont devenues même
taboues.
Face à la violence fondatrice de ce régime, basée
sur la seule force, qui tourne le dos à la création
d’un État national et démocratique, la résistance
(entendue à la fois comme môle de résistance
face à l’oppression et comme processus de création
d’une nouvelle alternative) est un combat légitime,
juste et nécessaire.
Nous avons, en tant que FRUD, scrupuleusement respecté
les populations des zones où nous menons nos actions,
nous n’avons jamais pris comme cible un seul civil, nous
avons soigné, bien nourri, les prisonniers militaires
que nous avons détenus.
Il
faut être conscient que ces combattants, qui essaient
d’écrire une nouvelle page de l’histoire
de notre pays, en refusant le confort douillet des villes, luttent
pour l’intérêt de toute la population, et
doivent être soutenus par tous ceux qui aspirent au changement.
Cela ne nous empêche pas de faire nôtre la citation
d’Antonio Gramsci qui dit : « Il faut avoir une
parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut
les élargir ».
LNA.
– Il y a des accrochages dans le Nord de Djibouti, entre
les éléments armés du FRUD et l’armée
nationale djiboutienne (AND). Il semblerait que l’AND
ne soit pas tellement pressée d’en découdre,
qu’elle évite le contact… Confirmez-vous
nos informations ? Si oui, à quoi ça tient ? MK.
– Il y a eu plusieurs accrochages entre le FRUD
et l’AND dans les districts d’Obock et de Tadjourah.
Le deux plus importants ont lieu du côté de Moussa
Ali et à Sismo dans les Mablas. Dans ce dernier affrontement,
du 30 août 2009, l’attaque de l’armée
a été repoussée malgré l’utilisation
des hélicoptères, et elle a subi des pertes. Mais
à chaque fois, les officiers supérieurs doivent
faire les déplacements pour convaincre les troupes d’aller
combattre le FRUD. Il est exact que la plupart du temps, l’armée
évite le contact.
Plusieurs
problèmes secouent l’AND ces dernières années.
Face à l’érosion de leur pouvoir d’achat,
consécutive en partie à la hausse des denrées
de première nécessité, les militaires basés
au Nord ont organisé un mouvement de mutinerie, en février
2008, pour revendiquer des hausses des salaires et surtout l’alignement
de leurs salaires sur ceux de la garde présidentielle.
À cette crise sérieuse au sein de l’armée,
qui a failli dégénérer, s’est ajoutée
au moment même où les militaires s’attendaient
à bénéficier des hausses de salaires promises,
en avril 2008, une guerre dite frontalière avec l’Érythrée,
déclenchée par le chef de l’État
Ismaël Omar Guelleh et le chef d’État Major
de la Défense, Zakaria Cheik Ibrahim. Beaucoup des soldats
mutins ont été envoyés au front où
ils ont payé un lourd tribut lors des affrontements meurtriers
entre les deux pays en juin 2008.
Certains officiers ont émis des doutes sur le bien-fondé
de cette opération et ont été sanctionnés.
Ces deux événements ont mis le moral des troupes
à plat, entraînant des désertions par dizaines.
Ce malaise est amplifié par l’éviction de
l’homme d’affaire Abdourahman Boreh (personnalité
économique de première importance, qui a vu tous
ses biens confisqués par le fait du prince), qui semble
influent au sein de l’armée.
L’AND
a par ailleurs des difficultés croissantes avec les anciens
du FRUD, incorporés après les deux accords de
paix. Ils n’ont jamais été réellement
acceptés, beaucoup d’entre eux ont quitté
suite aux harcèlements, à l’ostracisme.
Trois d’entre eux ont été exécutés
sur ordre de la hiérarchie : Aboubakar Ayoub, le 7 mai
2008, à Galilée à la frontière éthiopienne
; Ali Mahamad, à Balbala, mi-décembre 2008 ; et
Mohamed Halloyta dit Reedo, le 18 août 2009, à
Boli (50 km de Tadjourah). Depuis la mort de Halloyta, qui était
très populaire parmi ses camarades, les anciens du FRUD
se sentent en danger et des incidents se sont multipliés.
Cinq d’entre eux sont emprisonnés parce qu’ils
se sont opposés à des exactions contre des civils
: à Assagueila, suite à l’explosion
d’un camion-citerne militaire, le 15 octobre 2009 ; ou
à Galéla, la même semaine, en empêchant
le viol de deux jeunes filles dont celle du notable ; ou encore
le 10 novembre, à Dawdaya.
Les exactions contre les civils, de plus en plus nombreuses,
ne sont pas le fait d’actes isolés et spontanés
; parmi les militaires, il y a des personnes recrutées
dans le sérail des proches du Président, spécialement
chargées de basses besognes, de sévir contre des
civils innocents, pour provoquer un clash entre l’armée
et la population et créer des tensions tribales.
LNA.
– Le Premier ministre djiboutien a tenu
des propos très durs au sujet de votre mouvement. C’était
dans le Nord et il s’exprimait en afar. Certains de ses
propos sont surprenants : il a dit entre autres que le FRUD
bloquait les routes, paralysait la région… Curieuse
déclaration, non ? MK.
– Cette déclaration du Premier ministre n’est
pas isolée et s’inscrit dans le cadre d’une
communication gouvernementale tous azimuts.
Le discours en afar du Premier ministre, prononcé à
Tadjourah le 22 octobre 2009 (à l’occasion de la
remise d’un ferry-boat, don de la coopération japonaise),
s’adressait à la population du Nord qui connaît
mieux que lui la situation dans la région et l’importance
du FRUD. Mais il en a surpris plus d’un, en déclarant
que le FRUD paralysait de facto les districts de Tadjourah et
d’Obock (c’est-à-dire la moitié du
pays). C’était aussi une manière de faire
mieux passer le message de fermeté du chef de l’État,
à l’endroit des habitants de la région,
soupçonnés de soutenir cette organisation.
Autre
auditoire autre discours, en contradiction avec le précédent,
le ministre de l’Intérieur (très malmené
au sein du pouvoir), a été le dindon de la farce,
en jouant le plus mauvais rôle. Il a déclaré
en somali à la radio Voix de l’Amérique,
le 2 novembre, que le FRUD est constitué de quelques
bandits qui maltraitent les habitants.
Enfin,
une fois n’est pas coutume, la partition la plus délicate
a été attribuée au ministre des Affaires
étrangères, celle qui consiste à démontrer
qu’il n’y a pas de conflit interne à Djibouti
et que tous ses malheurs viendraient de l’extérieur.
En novembre 1991, lors de premier affrontement entre le FRUD
et les troupes gouvernementales, le FRUD était qualifié
de milice éthiopienne. Cette fois-ci, c’est l’Erythrée
qui est accusée d’entraîner des milices pour
déstabiliser Djibouti. Ce ministre qui a lu le communiqué
à la chaîne Al-Jazeera, au Caire le 25 octobre,
sans état d’âme, sait mieux que quiconque
que le FRUD est Djiboutien dans sa composition, dans ses revendications
et dans ses objectifs. Il s’est personnellement rendu
compte de l’importance de cette organisation, lors de
son déplacement dans les Mablas (sa région natale)
en septembre 2009, où les notables ont accusé
l’armée d’utiliser les habitants comme bouclier
humain.
Le FRUD a existé et existera, nonobstant les péripéties
entre le régime de Djibouti et les États voisins
(Éthiopie, Érythrée).
En
réalité Ismaël Omar Guelleh, tente désespérément
de régionaliser le conflit djibouto-djiboutien, comme
il l’a fait à partir de février 1992, en
recrutant 8.000 anciens soldats somaliens de Ziad Barré.
De la même manière, il essaie d’utiliser
les centaines de soldats somaliens en formation à Holhol
(Sud de Djibouti), contre les combattants du FRUD.
LNA.
– Quelle est la spécificité du FRUD, par
rapport à l’opposition légalisée
de Djibouti ? MK.
– Le FRUD est une organisation politico-militaire,
c’est sa place particulière dans le paysage politique
djiboutien.
Nous considérons que la phase primaire de la constitution
de l’État national n’est pas achevée
à Djibouti ; dès lors, le monopole de la violence
exercée par le régime depuis trente-deux ans n’est
pas légitime. Fort de ce constat, le FRUD conteste ce
monopole depuis dix-huit ans.
Il y a comme une relation dialectique entre le renforcement
du FRUD et la libération des espaces démocratiques,
et son corollaire : la création des partis politiques.
Les
premières avancées du FRUD ont obligé le
régime à se doter d’une constitution et
d’un quadripartisme, vite vidés de leur contenu.
Dans un deuxième temps, les poussées du FRUD ont
permis l’instauration d’un multipartisme à
partir de septembre 2002, qui ne conservera que l’aspect
administratif.
Il y a aujourd’hui quatre partis d’opposition
(NOUS SOMMES CURIEUX DE SAVOIR LESQUELS
! ) dont trois sont regroupés dans une coalition
UAD (Union pour l’alternance démocratique),
avec des moyens d’action très limités, et
dont la légalité peut être annulée
à n’importe quel moment, comme ce fut le cas pour
le MRD (Mouvement pour le renouveau démocratique),
dissout par décret présidentiel sous un prétexte
futile.
Jamais deux sans trois, nous espérons cette fois, atteindre
nos objectifs avec la participation de l’ensemble des
forces de changement.
Les puissances occidentales, présentes à Djibouti
et les pays voisins n’ont aucun intérêt à
soutenir la présidence à vie d’Ismaël
Omar Guelleh. Ce régime, facteur d’instabilité
pour son pays et pour la région, a déjà
entamé sa descente dans une sorte de Sombololoho
(2), qui en afar évoque « un genre de piste glissante
comme le toboggan ».
LNA.
– Y a-t-il des interconnexions entre le FRUD et les autres
mouvements de l’opposition démocratique ? L’opposition
accepte-t-elle l’éventualité d’une
action armée ? MK.
– Dans un contexte marqué par un sentiment de désespérance
et d’impuissance, le FRUD est porteur d’espoir parce
qu’il peut affaiblir l’omnipotence militaire du
régime. Perçu avec méfiance par un secteur
de la population il y a quelque temps, le FRUD est désormais
encouragé dans ses actions par différents acteurs,
y compris par les partis légalisés, comme facteur
de démocratisation. Le renforcement du FRUD permet d’établir
un rapport de force en faveur de l’ensemble des mouvements
démocratiques avec lesquels nous entretenons de bonnes
relations. Mais la question récurrente au sein de ces
mouvements, de l’alliance avec notre organisation doit
être tranchée rapidement.
Pour
notre part, nous essayons d’entretenir avec les partis
d’opposition un rapport d’égalité,
compte tenu de la configuration politique actuelle caractérisée
par l’existence de plusieurs courants politiques. Cette
situation exige la formation d’un large front basé
sur une plate-forme, assorti du respect, de l’autonomie
et de la liberté d’action de toutes les formations
démocratiques.
Cette
démarche ouvre une autre perspective et s’oppose
aux pratiques du pouvoir en place depuis l’Indépendance,
qui a cannibalisé tous les groupes qui se sont ralliés
à lui, comme la tendance dissidente du FRUD ou le PND
d’Aden Robleh.
LNA.
– On parle aussi d’insécurité, d’exactions
de jeunes et de voyous à Djibouti-ville. Quelles sont
les formes et les conséquences de ce climat dans la capitale
? MK.
– Il faut distinguer trois niveaux d’insécurité
qui frappent les citoyens de la capitale.
La première violence est le fait des services d’ordre
(police et garde présidentielle), qui s’attaquent
à tous ceux qui défendent leurs droits : les chômeurs,
les lycéens, les habitants des quartiers considérés
comme hostiles au pouvoir. Trois personnes ont été
tuées à Balbala, en résistant aux destructions
de leurs logements, en août 2009.
En second lieu, on assiste à des incendies plus ou moins
organisés des bâtiments administratifs (Cour des
comptes avec destruction de toutes ses archives, bureaux de
la Cour suprême, ministère de l’Agriculture,
etc.), et certains logements bien ciblés. Aucune enquête
n’a été diligentée, donc aucune personne
n’a été arrêtée.
Enfin, une violence des jeunes a fait son apparition ces derniers
temps, qui prennent possession des quartiers après 21h00.
Cette insécurité s’apparente à ce
que le politologue camerounais Achille Mbembe qualifiait de
lumpen-radicalisme, c'est-à-dire une violence sans projet
politique. Elle est alimentée par les tensions, nées
au sein du pouvoir, après l’annonce du parti au
pouvoir de l’éventualité du troisième
mandat pour l’actuel président.
Cette nouvelle forme de violence urbaine met à mal la
fiction de stabilité et risque de s’amplifier au
fur et à mesure que le régime dépérit
; elle est favorisée par les démantèlements
des structures politiques, syndicales et associatives.
LNA.
– Par ailleurs, la situation alimentaire est grave
à Djibouti, dans le Nord et dans le reste du pays. Est-ce
globalement un problème de même nature que dans
le reste de la corne de l’Afrique ? MK.
La situation alimentaire s’aggrave d’année
en année. En 2008, l’organisme américain
d’alerte précoce, Famine Early Warning Systems
Network (Fews.net) a estimé à 340.000 (c’est-à-dire
la moitié de la population) le nombre de personnes souffrant
de la faim et qui auraient un besoin urgent d’assistance
; en 2009, leur nombre est en nette progression. S’il
est vrai que Djibouti subit de la même manière
le cycle de la sécheresse et de la famine qui frappe
le reste de la corne de l’Afrique, la situation alimentaire
est aussi aggravée par le détournement (jusqu’à
90%) de l’aide internationale.
La
situation est encore plus dramatique pour les populations du
nord et du sud-ouest, qui subissent une destruction lente de
la part du pouvoir et qui n’ont toujours pas accès
aux aides et services des ONG.
Les
habitants de la zone frontalière avec l’Érythrée
sont les plus durement touchés, parce qu’ils sont
soumis à un embargo de la part des autorités djiboutiennes
; autorités qui ont pris la décision scandaleuse
d’interdire le déplacement dans cette région
du sultan de Rahaita, M. Abdoulkader Daoud, personnalité
coutumière très respectée parmi la population
djiboutienne, ainsi que celui de ses frères et de sa
famille.
- rester
inébranlables dans nos convictions ;
- demeurer unis dans notre engagement politique jusqu'à
l'instauration de la démocratie dans notre pays ;
- faire triompher l'Etat de droit pour le bien de tous les Djiboutiens
;
Nos
convictions (nek bagi niya/hangi)
:
- Seul un
régime démocratique pourrait concilier les Djiboutiens
avec l'appareil d'Etat discrédité par le tribalisme
;
- la démocratie garantit la liberté d'expression,
d'entreprise et respecte les cultures nationales (afare, arabe
et somalie) ;
- la clé du succès politique réside dans
l'Unité de l'Opposition djiboutienne ; une unité
qui repose sur des vraies alliances politiques.
Nos
objectifs (nek mala) :
- Combattre
et dénoncer l'injustice qui sévit à Djibouti
au plan politique, économique, social, ethnique, etc.
;
- Participer à l'éducation politique de nos concitoyens
au sujet des notions de démocratie, de multipartisme,
d'alternance démocratique ;
- démystifier le régime djiboutien, sa politique
tribale et clanique
- Populariser notre combat et celui de l'ensemble de l'Opposition.
Uguta/Toosa, novembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 8 / Interview de Daher
Ahmed Farah
président du parti Mouvement
«USONS
DE TOUS LES MOYENS LÉGITIMES POUR CRÉER LE RAPPORT
DE
FORCE NÉCESSAIRE AU CHANGEMENT»,
déclare leprésident du MRD,
M. Daher Ahmed Farah (DAF),
dans une interview au journal le Renouveau Djiboutien
(Propos recueillis par Mohamed Houssein)
Dans une interview accordée au Journal le
Renouveau Djiboutien, organe de presse interdit du MRD,
le président du MRD, Daher Ahmed Farah, aborde le procès
pour faux du MRD, la situation générale à
Djibouti, l’état de la démocratie et des
droits humains, l’action du MRD et du reste de l’opposition,
le projet de troisième mandat du président Guelleh,
la position américaine et française ainsi que
les voies et moyens de réaliser le changement démocratique
à Djibouti.
Le Renouveau : Le procès du MRD a été
maintes fois renvoyé. Qu’est-ce qui retient la
justice djiboutienne de trancher cette affaire ? DAF : Je voudrais d’abord profiter de
l’occasion que vous m’offrez pour adresser aux Djiboutiennes
et aux Djiboutiens mes meilleurs vœux pour la nouvelle
année 2010. Puisse-t-elle être l’année
du bonheur pour chacun d’entre nous et celle du changement
démocratique tant désiré pour nous tous.
Pour revenir à votre question, il est vrai que le procès
que nous avons engagé contre la dissolution arbitraire
et illégale du MRD par décret présidentiel
du 9 juillet 2008, va de renvoi en renvoi. Ce, du fait de la
partie adverse, à savoir l’Etat de Djibouti. A
défaut d’arguments, puisque le MRD a été
dissout sur la base d’un faux grossier fabriqué
par le régime, l’Etat de Djibouti (malheureusement
incarné par le seul pouvoir du président Guelleh)
pratique la politique de la chaise vide. Et lorsque son représentant
paraît comme il l’a fait (miracle !) le 26 décembre
2009, c’est pour déclarer n’avoir rien à
dire. Mais qu’il soit clair, contrairement aux motivations
inavouables et inavouées mais non moins flagrantes de
cette dissolution, le MRD poursuit de plus belle sa lutte pour
le changement démocratique à Djibouti. Un
parti politique, faut-il le rappeler, est une organisation de
femmes et d’hommes unis par un projet national et non
une faveur à tout moment révocable de despote.
Le Renouveau : De quoi accuse-t-on réellement
le MRD ? DAF : Il y a une accusation inventée
de toutes pièces et transcrite dans un faux grossier
dont tous celles et ceux qui suivent cette affaire ont connaissance
puisque ce document a été publié par nos
soins comme par le régime. A savoir que le MRD aurait
demandé au président érythréen d’envahir
la République de Djibouti et de mettre fin au régime
du président Guelleh au profit de l’opposition.
Et il y a l’accusation réelle qui reproche au MRD
de s’engager et de lutter légalement et légitimement
pour l’avènement d’une société
juste, fraternelle et démocratique à Djibouti.
Le régime nous en veut pour nos convictions politiques,
voilà la vérité. Le Renouveau : La vie politique djiboutienne
est dominée par un seul parti politique depuis plus de
32 ans. Le pays n’a jamais connu d’alternance démocratique
depuis plus de trois décennies. Quel tableau pouvez-vous
nous dresser de la situation en général, et dans
le domaine de la démocratie et des droits de l’homme
en particulier ? DAF : La situation générale,
celles et ceux qui s’intéressent à ce pays
le savent, est préoccupante à Djibouti. Plus
de trente deux ans après l’Indépendance,
quiconque observe la République de Djibouti est frappé
par la misère sociale, la concentration des ressources
économiques entre les mains d’une poignée
d’individus, la confiscation et la gestion désastreuse
de l’Etat, le caractère policier du régime.
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que
notre pays soit très mal placé en matière
de démocratie et de droits de l’Homme : notre chère
terre est l’un des rares lieux au monde où la liberté
et les droits humains sont traités comme une menace par
les gouvernants. De fait, la République de Djibouti est,
à peine née et à tous les niveaux, devenue
la chose d’un homme et de son petit entourage. D’où
la profonde lassitude des Djiboutiens et le rejet du pouvoir
en place. Rapports et autres enquêtes internationaux sur
Djibouti confirment cette analyse de la situation. Je renvoie
les lecteurs au rapport de l’Observatoire international
pour la défense des droits de l’Homme du 9 août
2006, aux rapports annuels sur la situation des droits de l’Homme
dans le monde publiés par les Etats-Unis d’Amérique,
au rapport d’enquête parlementaire de l’Union
européenne en date du 1er décembre 2008, document
suivi d’une résolution du Parlement européen
sur la situation dans la Corne d’Afrique le 15 janvier
2009, aux rapports annuels de Reporters sans Frontières,
aux nombreux écrits de l’Organisation internationale
du travail (OIT) et de son organe exécutif, le Bureau
national de travail (BIT), etc. etc. Il est symptomatique
que le président Guelleh ne rassure même pas ses
amis et autres proches partenaires, comme le montrent les cas
de l’homme d’affaires Abdourahman M. M. Boreh et
du défunt général de police Yassin Yabeh.
Et qu’à leur tour les plus zélés
«fous du roi» du Chef de l’Etat confient en
privé leur déception à son égard.
Savez-vous qu’Ismaël Omar Guelleh a brutalement déclaré
persona non grata, en août 2009, le directeur général
que ses amis de Dubai Ports International avaient placé
à la tête du Port de Djibouti ? Savez-vous que
dans le classement de Doing Business 2009 (Banque Mondiale)
Djibouti se retrouve en 163ème sur 183 pays classés
pour la facilité de faire des affaires ? Savez-vous que,
selon Famine Early Warning Systems Network (Fews.net), organisation
américaine d’alerte précoce, 340.000 personnes,
soit la moitié de la population djiboutienne, souffraient
de la faim et avaient d’urgence besoin d’assistance
alimentaire en 2008 sous nos cieux, problème qui ne s’est
pas arrangé depuis lors ?
Le Renouveau : Il semble y avoir comme
un parfum de fin règne à Djibouti. Est-ce votre
avis ? DAF : La fin de règne aurait dû
intervenir depuis longtemps. La vérité
est que s’il y a règne autocratique c’est
qu’il y a faiblesse de nous autres Djiboutiennes et Djiboutiens.
Il est grand temps de cesser d’attendre la fin de ce règne
fossoyeur et de la provoquer. N’attendons pas la chance,
soyons notre chance.
Le Renouveau : Vous venez d’effectuer
une visite de travail en Amérique du Nord. Vous avez
aussi participé à une conférence sur Djibouti
récemment à Bruxelles. On a l’impression
que l’opposition djiboutienne redouble d’activités
? DAF : L’opposition djiboutienne doit
pleinement prendre ses responsabilités, et elle le sait.
D’où ses efforts. D’où les efforts
constants du MRD et de son président. Nous devons intensifier
la lutte et susciter un sursaut national pour réaliser
le changement.
Le Renouveau : L’élection
présidentielle à Djibouti aura lieu en 2011. Que
compte faire l’opposition pour faire advenir une alternance
démocratique dans ce pays ? DAF : La position du MRD et du reste de l’opposition
crédible est claire en matière électorale.
Comme nous l’avons rappelé dans notre appel au
peuple djiboutien et à la communauté internationale
du 26 septembre 2009, appel lancé au nom de la coalition
des partis légalisés (Union pour l’Alternance
Démocratique ou UAD), avant tout nouveau scrutin,
les conditions électorales de transparence, de liberté
et d’équité doivent être réalisées.
Or, rien n’est fait et ne le sera probablement en ce sens
par le pouvoir en place. C’est dire qu’il appartient
à l’opposition et au peuple djiboutien de créer
le rapport de force nécessaire pour débloquer
la situation, mettre fin aux mascarades électorales et
rendre enfin possible l’alternance démocratique
sous nos cieux.
Le Renouveau : L’actuel chef de l’Etat
djiboutien, Monsieur Ismail Omar Guelleh, veut modifier la constitution
pour briguer un troisième mandat. De quels moyens dispose
l’opposition pour faire barrage à ce projet ? DAF : Monsieur Guelleh, qui ne comprend que
le langage du rapport de force, agit ainsi parce qu’il
s’estime en position de force. A nous donc de le faire
renoncer au troisième mandat et à l’intention
de présidence à vie qui sous-tend ce projet. Il
nous faut user de tous les moyens légitimes pour créer
le rapport de force nécessaire au changement. Je dis
bien rapport de force.
Le Renouveau : La France et les Etats-Unis ont des intérêts
importants à Djibouti. Pensez-vous qu’ils sont
opposés à ce troisième mandat ? Que leur
diriez-vous ? DAF : La France et les Etats-Unis d’Amérique
sont deux grands pays démocratiques. Ils ont
su s’opposer à la tyrannie et conquérir
de haute lutte la liberté dont ils jouissent aujourd’hui.
La France aime à se dire patrie des droits de l’Homme
et les Etats-Unis ne sont pas en reste qui réaffirment
régulièrement leur attachement à la démocratie.
Dans son retentissant discours d’Accra en date du 11 juillet
2009, le président Barack Obama a déclaré
que l’Afrique a besoin d’institutions fortes (strong
institutions) et non d’hommes forts (strong men). Or,
le président Guelleh n’est ni un champion des droits
de l’Homme, ni un adepte de la démocratie. C’est
un homme fort (strong man) qui ne se soucie que de ses intérêts
personnels, ce que savent Français et Américains.
Nous leur disons donc que si un camp mérite leur soutien,
c’est bien celui du peuple djiboutien épris de
liberté et de progrès harmonieux. Il va d’ailleurs
de leurs intérêts que Djibouti cesse de s’enfoncer
dans la misère et dans l’absence de liberté
pour renaître dans la démocratie, l’Etat
de droit et le développement durable. Ce qui se passe
autour de Djibouti, y compris sur l’autre rive de la Mer
Rouge, devrait être pris en compte par nos amis français
et américains.
Le Renouveau : Vous êtes un opposant
notoire au régime Djiboutien. Mais vous vivez en dehors
du pays depuis ces dernières années. Quelle est
votre marge de manœuvre pour faire avancer votre combat
pour la démocratie à Djibouti ? DAF : En effet, je vis aujourd’hui
en exil avec d’autres compagnons de lutte, mais
cela ne nous empêche pas d’agir. Nous le faisons
avec la diaspora djiboutienne, auprès des démocrates
et démocraties amis de Djibouti, mais aussi vers l’intérieur
de notre pays. Nous le faisons avec un souci constant d’unité
avec le reste de l’opposition (sic
!)
. Et nous sommes plus que jamais déterminés. Toutes
choses qui dérangent le régime et expliquent ses
persécutions à l’encontre de notre organisation
politique.
Le Renouveau : En l’absence de liberté
de presse et de communication à l’intérieur
du pays, de quels moyens de communication dispose l’opposition
pour toucher les Djiboutiens ? DAF : Il est vrai que la liberté d’expression
est déniée à l’opposition, comme
d’ailleurs au reste des Djiboutiens. Nous nous sommes
vu refuser l’autorisation d’ouvrir une radio libre,
le Renouveau Djiboutien a été interdit en 2007…Même
les communiqués de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH) ne sont pas épargnés. Or, il nous faut
toucher les Djiboutiens. A l’extérieur, en terre
de liberté, c’est aisé ; mais vers l’intérieur,
il nous faut faire preuve d’imagination. Les démocrates
djiboutiens y travaillent activement. Le MRD, qui est conscient
de l’importance des moyens de communication de masse,
est très attaché à ce que ce vide soit
comblé.
Le Renouveau : Merci, Monsieur le président.
DAF : C’est moi qui vous remercie.
Uguta-Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 9 / Le chef de l'Etat et ses courtisans
rêvent d'un monde immobile (extraits)
Qu'y
a-t-il de commun entre I.O.G., les dévots hypocrites
qui prennent la religion en otage, les courtisans qui frétillent
dans la suite des ministres, les fonctionnaires véreux,
les proches du chef de l'Etat et les ministres djiboutiens les
plus agressifs à l'encontre de l'opposition et de la
démocratie ?
(…) La plupart du temps, le chef de l'Etat djiboutien
ne tolère pas les critiques, les opinions qui diffèrent
des siennes. Comme l'homme se croit être un génie,
il n'a pas besoin des conseillers ou de déléguer
son pouvoir.
C'est
pourquoi il a nommé au poste de chef de service de sécurité
un personnage hilare et effacé qu'est Hassan Saïd.
Comme ça, le chef de l'Etat peut s'occuper lui-même
de tout : des affaires matrimoniales d'un couple en cours de
divorce, du cas d'un retraité qui fait scandale devant
la Caisse des retraites, de son cousin illettré qui refuse
d'obéir à son ministre, du réfugié
politique djiboutien (mamassane) que l'administration de l'ambassade
refuse d'héberger, etc. Et nous passons des meilleurs.
(Uguta-Toosa, février 2005)
Débat
d'idées et d'opinions contradictoires
Gardons-nous
néanmoins des amalgames faciles ou des dénigrements
de personnes. Certains ministres sont compétents mais
le président ne leur fait pas confiance. Par conséquent,
ils n'ont pas la possibilité de mettre en pratique leur
savoir-faire. Ainsi, à moins d'être aveugle, l'opposition
devra focaliser sa critique sur le principal responsable de
nos maux. Tout en dénonçant la perversité
du système et du régime en place. Les ministres
n'ont commis jusqu'à présent aucun " crime
" susceptible de leur valoir de notre part une attitude
trop agressive et méprisante. Encore plus absurde serait
de s'en prendre à des députés pour le seul
fait d'exercer un mandat parlementaire, dans les conditions
folkloriques que nous savons.
A ce sujet, la direction de Uguta (Toosa) préfère
la naïveté que l'agressivité. Il partage
la sagesse qui dit " on trouve plus facilement des hommes
pour faire du bien que pour faire du mal ". Nous avons
avec les partisans du pouvoir et la direction du FRUD légalisé,
des divergences au sujet de la politique. Rien de plus et rien
de moins.
Rêve
commun
Au
début, il y a un rêve commun et un seul entre le
chef de l'Etat et les hommes qui attendent les miettes laissées
par lui.
Ismail
Omar Guelleh rêve d'une société qui serait
rétive (rebelle) à tout changement. Il veut arrêter
le temps. L'ordre social et politique hérité de
son oncle est considéré par lui comme la société
idéale. Bien qu'aucun dictateur ne l'ai conceptualisé,
la notion de " la fin de l'histoire " correspond véritablement
la force qui anime les dictateurs en général.
Bien
entendu, voilà un blasphème au regard de la religion,
un symptôme caractéristique d'une schizophrénie
incurable.
Les
courtisans d'IOG partagent ce rêve avec lui. Ils prient,
sans se rendre compte de leur folie, pour un présent
qui se dilaterait jusqu'à ce que la mort les prenne.
Avant cette fin, aucun changement, aucun mouvement ne doit percer
l'ordre glacial et silencieux qui gouverne la sphère
politique djiboutienne. Qu'on réduise au silence les
DAF et qu'on embastille les " Enfants de Dini" ! Rien
ne doit bouger si ce n'est les acclamations dithyrambiques à
la gloire d'IOG.
La
rareté de l'argent à se partager exacerbe la compétition
entre les valets du pouvoir. Il n'existe ni morale ni intérêt
général ni solidarité avec sa famille.
Les nouvelles religions s'appellent clientélisme, clanisme,
" politique de ventre ", vie facile, enrichissement
facile.
Cette
frénésie mène directement à La
criminalisation de l'Etat, Jean-François Bayard,
Stpehen Ellis et Béatrice Hibou, 1999 :
version en anglais
Uguta-Toosa,
novembre 2009 D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 10 /
Le régime autoritaire djiboutien n'est pas tombé
du ciel
Pourquoi le régime djiboutien se comporte-t-il
comme si le peuple et l'opposition étaient des "
criminels", des "assassins ", de "mauvais
patriotes" ? Qui alimente ce système qui ne date
pas, pour ce qui concerne ses fondements idéologiques,
de la présidence d'Ismaël O. Guelleh ? Pour trouver
des réponses convaincantes, il faut interroger l'histoire
coloniale d'une part et l'histoire personnelle de nos chefs
d'Etat d'autre part.
L'histoire
: L'Administration coloniale (1884-1977)
En
premier lieu, nous avons l'administration coloniale française
qui, de 1884 à 1977, a beaucoup expérimenté
dans l'ancien Territoire français des Afars et des Issas,
la " politique de diviser pour régner " qui
consistait à dresser les Somalis les uns contre les autres,
les Afars contre les Somalis, les Issas contre les Arabes, etc.
Très tôt, les premières élections
furent inaugurées en 1958 sous l'égide d'un système
politique étriqué. A quelques exceptions près,
l'administration française pouvait faire gagner le candidat
de son choix. La plupart du temps, le candidat de la France
présentait des caractéristiques aptes à
en faire un pion malléable. Hassan Gouled a été
remarqué très tôt et un responsable politique
français n'avait pas hésité à dire
de lui : c'est " un vide plein d'orgueil ". L'homme
de la France jouissait d'un pouvoir illimité sur les
autochtones. A cette époque, la vie d'un colonisé
ne pesait pas lourd.
Histoire
d'une génération d'hommes qui a perpétué
les pratiques coloniales (à partir de 1977)
En
second lieu, nous avons des hommes politiques qui ont été
à la bonne école. L'ancienne classe politique
n'a jamais pu s'émanciper du carcan administratif, du
schéma intellectuel et de l'automatisme hérités
de la France coloniale. Cette génération porte
une lourde responsabilité dans la banalisation du pouvoir
autoritaire et despotique. Sous la colonisation française,
Ali Aref en a été l'instrument machiavélique.
Son dernier exploit politique a été d'apporter
lors des élections présidentielles de 1999 son
soutien à un candidat qui a planifié le "
massacre d'Arhiba " en 1991, où 54 innocents avaient
trouvé la mort. (…)
Et depuis 1999, contre toute attente (bien que les dés
étaient jetés), Ismail Omar Guelleh a décidé
de poursuivre le rêve inachevé de son oncle et
un peu celle de la France coloniale.
Il est vrai que son oncle lui avait préparé le
terrain en éliminant politiquement Ismaël Guédi
Hared et Moumin Bahdon. C'est à tort qu'on parle de la
République de Djibouti. Il serait plus juste de parler
de la " monarchie républicaine " puisque la
famille du chef de l'Etat - famille dans le sen djiboutien -
exerce un monopole sur tout l'appareil d'Etat (gouvernement,
parlement, armée, police et administration).
Uguta-Toosa,
octobre 2009.
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 11 / Ismail
Omar Guelleh
menace ses conseillers les plus proches...
(Round
trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7)
Commentaire
de Uguta-Toosa :Notre
parti ne reste jamais indifférent lorsque des Djiboutiens
anonymes ou non, isolés ou pas, prennent la plume et
manifestent le désir de s'exprimer... C'est pourquoi
nous publions ici les analyses pertinentes signées "Round-Trip
Toronto Djibouti".
Cependant, je demande à l'intéressé de
nous rejoindre, de prendre part SERIEUSEMENT
à la lutte politique au sien de notre parti.
Ali
coubba
Force
est de constater que Ismaïl Omar Guelleh idolâtre
le pouvoir et compte bien y rester. Pour cela, il a préféré
être clair avec ses plus proches collaborateurs. Il fut
un peu plus clair cette fois-ci. Sa stratégie actuelle
n’a rien avoir avec celles déjà expérimentées,
d’où son message aussi limpide que l’eau
de roche. Il n’a donc pas l’intention de lésiner
sur les moyens, et sa nouvelle approche fait de plus en plus
peur à son sérail.
Comment ? Bonne question qui mérite réflexion!
La fuite nous est parvenue juste après celle offerte
à LOI « Le président Ismaïl Omar Guelleh
semble encore hésiter sur la manière d’annoncer
sa candidature à la présidentielle de 2011 et
la modification de la Constitution que cela impliquera. Mais
ses partisans continuent à lui préparer le terrain.
»
En effet, IOG ne sait plus sur quel pied danser, et est dans
de beaux draps. Familièrement parlant, il est dans le
caca…oui, dans un gros caca ! Parce qu’un FRUD qui
renaît de ses cendres, un MRD ressuscité malgré
son assassinat, un ARD qui reprend son souffle, d’autres
partis et d’autres personnalités qui se distinguent
ici et là par leur excellent travail de sensibilisation…ne
lui facilitent pas la tâche. A cela, vient s’ajouter
une pression interne où chômage et délinquance
juvénile constituent une véritable bombe à
retardement. Le journal gouvernemental La Nation du jeudi 24
décembre 2009, vient tout récemment de le reconnaître.
Il serait très difficile de dissimuler un cyclone…
Tout porte à croire que la situation va exploser avant
ou après 2011. Peu importe quand, le coup de grisou aura
lieu à court terme. A moyen terme dans le pire des cas.
IOG n’est pas sans savoir ce qu’il l’attend,
d’autant que la pression internationale suit graduellement
son cours. Certains pays africains sont d’ores et déjà
dans le collimateur des grandes puissances.
Cela étant, IOG devait trouver un excellent groupe de
réflexion en vue d’élaguer le terrain pour
commettre son viol à l’encontre de notre Constitution.
Le tout doit se passer dans la plus grande sérénité.
Ce groupe de réflexion parce qu’il constitue la
crème de la crème aux yeux d’IOG, n’a
malheureusement pas droit à l’erreur. La stratégie
du dictateur est de le tenir responsable en cas d’échec.
Son message se résume comme suit : « si vous me
faites perdre, je ne vous pardonnerais pas !». Ca veut
tout dire…
(Cf. Round trip: Toronto - Djibouti (Service
Presse, Toronto).
2.
Tout est « Made in IOG » …
(Round
trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7)
Comme vous avez dû le remarquer, du plus faible au plus
fort de nos compatriotes, de l’homme à la femme,
du chômeur au ministre…tout le monde est tenue de
reconnaitre la clairvoyance de monsieur Ismaïl Omar Guelleh
(IOG) avant de n’oser parler de quoique ce soit. Du plus
petit au plus grand projet du pays, il est désormais
de règle que de vanter les mérites du président
de la République. Visionnaire, IOG est devenu le seul
et unique homme à être capable de réfléchir
en faveur du développement de son pays…ci-joints
quelques extraits tirés du journal gouvernemental, La
Nation :
1) « Il y a dix ans, Excellence, M. le Président
de la République, vous lanciez les Etats Généraux
de l'Éducation. Votre engagement personnel et l'approche
de réflexion collective que vous avez privilégiée
ont débouché en quelques mois sur une Réforme
que retiendra l'Histoire de notre pays…Votre soutien,
Excellence, depuis dix ans ne s'est pas démenti. Votre
présence aujourd'hui témoigne de la continuité
de cet appui dont la jeunesse Djiboutienne et avec elle, la
Communauté Educative Djiboutienne vous remercient vivement,
et souhaitent qu'il dure encore. » (Extrait du discours
du ministre de l’Education, Abdi Ibrahim Absieh, in La
Nation du 8 décembre 2009).
2)
3) …le secrétaire général du ministère
de l'Intérieur qui a insisté sur l'impérieuse
nécessité de se mobiliser chacun à son
niveau afin de garantir le succès du PADCL(Programme
d'Appui à la Décentralisation et aux collectivités
locales, NDLR) qui, a-t-il tenu à préciser, s'inspire
des idées généreuses qui constituent l'ossature
de l'INDS, un vaste plan de Développement social lancé
au début de l'année 2007 par le Président
Ismaïl Omar Guelleh.(Agir ensemble, in la Nation du 21
décembre 2009).
Notre Grand Président est donc le seul ingénieur
du pays. C’est un génie Hors Norme. Il est même
devenu la joie dont Carl Reysz en parle et qui "…est
le soleil des âmes : elle illumine ceux qui la possède
et réchauffe tous ceux qui en reçoivent des rayons".
Pour incontournable qu’il est, tout projet à l’échelle
nationale doit désormais porter le label Made in IOG
! Il est Président de la république, Chef du gouvernement,
Chef suprême de l’armée, de la Garde présidentielle,
de la Police, de la Gendarmerie, des Services secret, de la
Justice, de l’Administration, and last but not least du
GIGN. En résumé, il est le tout pour le tout.
C’est un excellent démocrate. Rien à voir
avec le dictateur Assayas Afeworki. Au point où, le pays
du Soleil levant (le Japon) l’a remarqué un jour,
et lui a décerné le titre Docteur Honoris Causa
de la prestigieuse Université d'Agriculture de Tokyo.
C’était en date du 1er octobre 2003. Tout récemment,
il est même supplié de rester au pouvoir :
IOG (NDLR) :" Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en
supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es
l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle
prochain…Nous, les vieux, les aînés, nous
te laissons…"
Sur une affiche grandeur nature, la réponse est là.
L'on voit une petite fille profondément attristée
remettre au président de la République une doléance,
en présence du Ministre de l'Education. Elle dit : "Restez
avec nous !" Et tout le stade reprend comme un seul
homme : "Restez avec nous !" "Restez
avec nous !" "Restez… ". (Dixième
anniversaire des Etats Généraux de l'Education,
in la Nation du 8 décembre 2009).
Les autres, en l’occurrence nos universitaires, nos intellectuels,
nos techniciens, nos cadres, nos femmes et hommes politiques,
nos sages… ne peuvent malheureusement pas y réfléchir
et faire de bonnes suggestions. IOG a remarqué qu’ils
étaient des têtes de mules, des espèces
d’abrutis, et est viscéralement convaincu qu’ils
le resteraient à tout jamais. Il est, enfin, l’homme
qu’il faut, à la place qu’il faut. Et, il
restera aussi longtemps que les djiboutiens le laisseront décider
de la pluie et du beau temps !!!
Round trip: Toronto -Djibouti (Service Presse, Toronto).
Uguta/Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre
12/
Le collectif "Doléancedupeupledjiboutien" critique
l'opposition
Commentaire
de UGUTA-TOOSA : Après que le collectif "Doléances
du peuple djiboutien" nous ait bombardé récemment
avec une série de documents fort intéressants
au demeurant mais que nous n'avons pas publié parce que
les auteurs sont anonymes et, tout en revendiquant le titre
de collectif ou d'association, l'anonymat affiché ne
nous incitait pas à les faire confiance. Nous ne savons
rien sur ce Collectif et c'est dommage. N'est-ce pas le comble
pour une association de ne pas être publique ! L'anonymat
est acceptable et compréhensible si
à la source de cette bonne volonté, il y a des
hommes et des femmes qui vivent à Djibouti-ville. La
création d'un blog, Doleancesdupeupledjiboutien.blogspot.com,
mérite d'être saluée.
Les critiques émises à l'encontre de l'opposition
- y compris de UGUTA-TOOSA - sont les bienvenues, encore faut-il
qu'elles soient étayée sérieusement. La
tentative est louable mais pêche par son côté
facile dans la mesure où le Collectif fait le chou gras
sur une seule idée développée de Mohamed
Kadami, sur l'intervention ponctuelle de Daher Ahmed
Farah. Pour ce qui concerne Uguta-Toosa, nous
acceptons d'office les reproches qu'on nous fait à condition
que l'on sache à qui on a affaire. Nous avons déjà
eu affaire à quelques excités, disparus depuis
de la scène médiatique, qui tirait sur tout ce
qui bouge ! Par courtoisie, nous répondrons à
la critique si nous sommes sûrs que derrière ce
Collectif il y a des gens sérieux et désireux
de combattre la dictature.
Puisque le Collectif n'est pas content de l'opposition qualifiée
de "désemparée, tatillonne, désemparée..."
envisage-t-il de créer une formation politique qui compenserait
nos lacunes ? Dans sa magnanimité, ce parti pourra-t-il
nous sortir de cette "galère" dans laquelle
nous nous sommes fourrés ? Sérieiusement, quelles
sont-elle sles vraies questions ? Ne portent-elles pas plutôt
sur l'opportunité ou non de la lutte armée, les
limites de la lutte politique pacifique, la stratégie
à établir pour affaiblir le système mis
en place par le régime de Hassan Gouled, les
moyens à mettre en oeuvre pour renverser la dictature.
Vous concernant, pourquoi ne pas imaginer le
lancement d'une structure nouvelle qui mobiliserait plus efficacement
que nous la population djiboutienne. Uguta-Toosa, par exemple,
avait décidé de focaliser sa campagne de communication
sur la diaspora avant de sensibiliser la population restée
au pays. Sachez que vous serez beaucoup plus efficace en
étant membre (s) d'un parti politique déjà
sur le marché.
A.C.
(...)
Si on comptait exclusivement sur cette opposition tatillonne,
désemparée, indécise, quasi statique et
aux abois, à l’affût de qui va devancer
ou prendre le dessus sur l’autre parti pour s’accaparer
du seul pouvoir, incapable de se concerter afin d’unir
leurs efforts autour d’un projet, d’un programme
politique ou un temps soit peu d’un consensus afin de
rassurer les Djiboutiens sur leur sort, serait sans aucun doute,
se tirer dans les jambes avec l’unique objectif de substituer
une équation à une inconnue par une à plusieurs.
(...)
Dans Les Nouvelles d’Addis de décembre
2009 M. Mohamed Kadamy du Frud affirmait être
résolu à la reprise de la lutte armée après
ces déclarations de Novembre 2008 dans L’Humanité,
dans sa quête de soutien militaire, accusait le gouvernement
djiboutien d’être à l’origine de cette
tension artificiellement gonflée sur le différend
frontalier avec l’Érythrée. Le Conseil de
sécurité vient de nous prouver le contraire…..
(On entrevoit dans ses résolutions, la maxime du CHE
que toute révolution doit absolument passer par les armes
et le sang.)
En visualisant la dernière conférence à
Ottawa-Canada du leader du MRD, une intervention
dépourvue de tout projet politique résumant brièvement
des événements de l’entreprise IOG afin
d’user des cordes sensibles, le tout dans un format; Voila
c’est moi DAF, je suis l’alternative
à l’écoute, on veut le changement…..
(Quel changement, il ne le dit pas, nous réservant la
surprise certainement au dessert mais son discours a au moins
le mérite de nous rappeler de la valse Dini-Gouled).
Et enfin le parti Uguta-Toosa du Docteur Ali Coubba,
à la recherche sélective de partenaires dans ses
alliances et sa véritable transition démocratique
qui doit sans conditions, passée entre autres par le
démembrement, la division et LA DISSOLUTION catégorique
du FRUD Légalisé et du RPP incarnation du parti
unique, veut se prouver qu’on peut mettre la charrue devant
les bœufs en ressuscitant l’aveugle concept d’un
défunt.
Parmi ses 7 conditions dévoilées à la fin
novembre 2009, il exige la démocratisation du nom d’un
parti autre que le sien tout en présumant que le sien
Uguta-Toosa plus folklorique et conforme à une démocratie
moderne.
Le surnom CAGABA, du feu Dini ayant été d’un
extrémisme insultant envers ces militants de la première
heure du Frud, le Docteur Ali Coubba dans sa modération,
les surnomme aujourd’hui ‘’le FRUD Légalisé’’
toute en posant leur dissolution comme UNE exigence sine qua
non de la démocratisation du pays. QUE DIEU NOUS VIENNE
EN AIDE.
C’est flagrant à quel point en manque de leader
charismatique et c’est une des raisons pour laquelle notre
collectif demande la concertation et la recherche de consensus
parmi ces partis et la population qu’ils prétendent
théoriquement représenter.
Bien à vous,
Doléances du Peuple Djiboutien
BLOG : Doleancesdupeupledjiboutien.blogspot.com
Uguta/toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 13 : Les extraits de la LOI du 25 décembre
2009
La
semaine prochaine, vous aurez notre commentaire sur ces informations
LOI
du 25 décembre 2009 DJIBOUTI "
Le président Ismaïl Omar Guelleh semble encore hésiter
sur la manière d’annoncer sa candidature à
la présidentielle de 2011 et la modification de la Constitution
que cela impliquera. Mais ses partisans continuent à
lui préparer le terrain.. Ainsi, lors de la dixième
édition de Fest'Horn, le festival régional des
musiques de la Corne de l’Afrique, qui s'est tenu à
Djibouti du 14 au 19 décembre, le ministre de la communication
et de la culture, Ali Abdi Farah, suivi ensuite par tous les
artistes, a appelé le chef de l'Etat à briguer
un troisième mandat présidentiel. (LOI)
DJIBOUTI
: Tensions dans la région de Day à Djibouti "Les
relations se sont quelque peu tendues, ces derniers temps, entre
certaines autorités traditionnelles de la région
de Day, dans le nord du pays, et le gouvernement djiboutien.
Les jeunes de la région reprochent aux entreprises réalisant
des travaux dans cette zone de ne pas leur donner du travail.
En outre, lorsque le président Ismaïl Omar Guelleh
se déplace dans cette région où il possède
une villa, les mesures de sécurité sont pesantes
pour les habitants. Enfin, certains éléments de
la garde présidentielle sont accusés de couper
des arbres de la forêt de Day pour vendre ce bois au profit
de leur chef Mohamed Djama. Autant de récriminations
dont certains dignitaires locaux commencent à se faire
l'écho.." (LOI)
DJIBOUTI
: Mission impossible pour l'USAID
En
vue du scrutin présidentiel et des élections régionales
de 2011, l'USAID va lancer un programme de soutien au pluralisme
politique. Bonne chance ! L'United States Agency for International
Development (USAID) se berce quelque peu d'illusions lorsqu'elle
considère que la fin du mandat constitutionnel du président
Ismaïl Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser "la
porte ouverte pour un nouveau leadership". Cette appréciation,
contenue dans la description d'un projet que l'organisation
américaine entend lancer l'année prochaine pour
favoriser le pluralisme politique à Djibouti, semble
assez éloignée de la réalité. Au
sein du Rassemblement populaire pour le progrès (RRP,
gouvernemental) et du gouvernement djiboutien, personne ne doute
vraiment que le chef de l'Etat souhaite trouver le moyen de
modifier la Constitution afin de pouvoir se présenter
à un troisième mandat. La "porte" que
l'USAID voit "ouverte" risque donc de se refermer
assez rapidement. Néanmoins, l'organisation américaine
veut y croire et a lancé un appel à candidatures
pour son programme visant à renforcer la participation
des citoyens aux processus politique et électoral. Doté
d'un budget de 1,8 million $, il sera mis en œuvre en collaboration
avec les officiels djiboutiens en charge d'organiser ces élections,
les membres de la commission électorale, les partis politiques
et les médias afin de s'assurer que les électeurs
seront bien informés des choix possibles. Selon l'USAID,
ces élections de 2011 "pourraient briser le
statu quo" et "introduire un niveau de compétition
et de pluralisme qui n'a jamais été vu auparavant
à Djibouti". C'est faire là un pari
pour le moins risqué ! (LOI)
DJIBOUTI
Electricité de Djibouti
Le budget prévisionnel de l'Electricité de Djibouti
(EDD) pour l'exercice 2010 sera stable par rapport à
celui de cette année. Selon le compte rendu du conseil
des ministres du 22 décembre, qui a approuvé ledit
budget, cette stagnation est due "à une légère
diminution du chiffre d'affaires" suite à la "révision
à la baisse des tarifs de vente de l'énergie électrique
intervenue en mai 2009 et toujours en vigueur". Néanmoins,
l'EDD projette de gros investissements pour 2010 d'un montant
de 11,6 milliards FDJ (47,5 millions €). Il s'agira de
financer des projets de transmission et d'électrification
mais aussi "la mise en service de deux nouveaux groupes
de 4,5 MW chacun, le démarrage des travaux de remplacement
du groupe G23 par un nouveau groupe de 7,8 MW et la fin des
travaux de l'interconnexion Djibouto-éthiopienne".
(LOI)
DJIBOUTI
: Aden Robleh Awaleh
Le congrès du Parti national démocratique (PND),
qui s’est déroulé le 16 décembre
à Djibouti, a approuvé la candidature de son leader
Aden Robleh Awaleh pour l'élection présidentielle
de 2011. Cette décision met le PND en marge de la majorité
présidentielle à laquelle il appartenait jusque-là.
D'autant que ce congrès a également refusé
la révision de la Constitution. Il a donc décidé
de s'opposer à ce que le président Ismaïl
Omar Guelleh soit candidat pour un troisième mandat.
Il a également lancé un appel à la tenue
d'une conférence nationale souveraine pour éviter
que le débat électoral ne provoque des affrontements
au sein de la population djiboutienne. Aden Robleh a campé
sur sa position de refus du troisième mandat pour IOG
malgré des pressions exercées par les autorités
sur sa famille. Ainsi, sa fille a été licenciée
de l’Electricité de Djibouti (EDD) dont le directeur
général n'est autre que Djama Ali Guelleh, un
proche cousin du chef de l'Etat. De son côté, son
fils a été convoqué par un juge d’instruction
qui l'a accusé de détournement de fonds. Depuis
lors, Le Progrès, organe du Rassemblement populaire pour
le progrès (RPP, parti du chef de l'Etat), s’est
répandu en insultes contre Aden Robleh. (LOI)
Uguta/Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en
2011
La
France demande à l’ONU d’agir contre
les responsables du massacre de Conakry
La
France a demandé à l’ONU d’agir rapidement
afin que les responsables du massacre du 28 septembre à
Conakry soient jugés dans les plus brefs délais.
L’ambassadeur adjoint de la France à l’ONU
a demandé au Conseil de sécurité d’agir
rapidement pour traduire en justice les responsables du massacre
du 28 septembre à Conakry, qualifié de «
crime contre l’humanité » par un rapport
de l’ONU. A l’issue de consultations à huis
clos sur la Guinée, Nicolas de Rivière a indiqué
qu’il estimait que la Cour pénale internationale
(CPI) devait être saisie après la diffusion d’un
rapport de l’ONU « accablant », selon
lui, sur le massacre de manifestants opposés au gouvernement
par les troupes guinéennes à Conakry en septembre.
« La CPI doit être saisie. L’impunité
n’est pas envisageable », a-t-il déclaré
avant d’exprimer l’espoir que les responsables du
massacre, et notamment le chef de la junte guinéenne,
le capitaine Dadis Camara, soient rapidement traduits en justice.
Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité
avaient battu, poignardé et tué par balles des
opposants au régime militaire, rassemblés dans
le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le chef
de la junte et président autoproclamé depuis décembre
2008 ne se présente pas à l’élection
présidentielle. La Commission d’enquête de
l’ONU sur ce massacre fait état d’au moins
« 156 personnes tuées ou disparues ».
«
Crime contre l’humanité »
«
Il est raisonnable de conclure que les crimes perpétrés
le 28 septembre 2009 et les jours suivants peuvent être
qualifiés de crimes contre l’humanité
», affirme le rapport de cette commission, publié
lundi et transmis au Conseil de sécurité. «
La France considère que le Conseil de sécurité
doit agir vite et fort », a déclaré
Nicolas de Rivière. Il a cependant ajouté qu’il
était « prématuré »
de dire quelles actions devaient être entreprises. Il
a décrit la situation en Guinée, une ancienne
colonie française, comme « instable »
et affirmé que Paris soutenait « une transition
pacifique et la préparation d’élections
libres et justes ». Dadis Camara, blessé par
balle à la tête le 3 décembre par son aide
de camp à Conakry, est hospitalisé à Rabat,
au Maroc. Lundi, un ministre guinéen, le colonel Moussa
Keïta, assurait que son état de santé avait
« beaucoup évolué » et qu’il
« pourrait être de retour dans peu de temps
» en Guinée. La France et les Etats-Unis ont exprimé
la crainte que son retour dans son pays puisse déclencher
une guerre civile. Le dirigeant par intérim de la junte
en Guinée, le général Sékouba Konaté,
s’est engagé mercredi à favoriser la tenue
d’élections « le plus tôt possible
» et a prôné « la réconciliation
» des Guinéens meurtris par les violences, un an
après la prise du pouvoir par l’armée.
Uguta-Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre
15/ COMPTE RENDU DE LA COMMEMORATION DU 19/12/2009 (FDP- BRUXELLES)
Dans
la lignée de la stratégie amorcée l’année
dernière et qui vise à profiter de la commémoration
du massacre d’Arhiba afin de rassembler les Djiboutiens
autour de la dénonciation de toutes les dérives
orchestrés par le régime en place à Djibouti,
le FDP a organisé le 19 décembre dernier une conférence
dont le thème était :
Commémoration du 18 décembre 1991, où va
Djibouti ?
59 morts et plusieurs dizaines de blessés par
balles, tel fut le bilan de ce que l'on appelle à Djibouti
« Le massacre d'Arhiba », Cela s'est passé
il y a presque 18 ans, le 18 décembre 1991. Les forces
armées djiboutiennes se sont déployées
dans le centre de la capitale, bouclant le quartier d'Arhiba,
y concentrant ses habitants pour leur tirer dessus comme à
la chasse aux lapins… Le FDP, convaincu qu’on ne peut construire
la destiné d’une société sur les
injustices et l’impunité, a voulu entendre la position
des mouvements de l’opposition sur l’ensemble des
exactions dont la soldatesque de la dictature s’est rendue
coupable envers une partie de la population.
Les Djiboutiens sont-ils devenu suffisamment matures pour mettre
des mots sur les conséquences de la politique du «
diviser pour régner » visant à monter les
communautés les unes contre les autres ?
Sommes-nous prêts à parler sans tabous des causes
qui nous ont conduits à l’impasse dans laquelle
nous nous trouvons et dont semble profiter le système
Guelléen et ses courtisans ?
Après 32 ans d’indépendance, sommes-nous
capable de nous rassembler autour d’un projet sociétal
fort, viable, tourné vers l’avenir et transcendant
les clivages communautaires ?
Telle a été la philosophie et le fil conducteur
de cette journée commémorative – ô
combien symbolique- quant aux motifs qui ont guidé à
son organisation dans cette forme.
Après avoir souhaité la bienvenue aux participants
et remercié Mme Selma Benkhalifa d’avoir accepté
de modérer le débat, la salle a été
conviée à visionner un dvd sur la tuerie barbare
dont ont étés victimes des civils innocents du
quartier Arhiba.
L’assistance a été submergé par l’émotion
et un sentiment d’horreur au vu des images des victimes
à l’état brut, prises justes après
le forfait accompli par les forces de sécurité
de la dictature. Mme Selma Benkhalifa (juriste et militante
engagée) qui nous disait ne pas être une spécialiste
de Djibouti, nous a montré qu ‘elle connaissait
son sujet sur le bout des doigts et a occupé son rôle
de modératrice avec succès.
La parole a ensuite été donnée à
Madhi Ibrahim Ahmed God(ARD): « Je suis
très heureux de prendre la parole devant un parterre
de camarade djiboutien, ces images que nous venons de voir ,
sont très émouvants et émouvants dans le
sens ou chacun d’entre vous peut voir les pratiques d’un
régime dictatorial. Cela s’est passé, il
y a de cela 18 ans, mais ça ne s’est pas arrêté….
»
C’est fut au tour de Daher Ahmed Farah (MRD)
de rappeler « que ce n’était pas la première
que nous nous retrouvons mais ce n’est pas difficile de
prendre la parole après des images aussi tragiques, je
vous avoue être submergé d’émotions,
cela me ramène à quelques années et fait
remonter des souvenirs très douloureux. Mais je tiens
à dire un mot sur ce qui s’est passé à
Arhiba , pour montrer aussi la dimension nationale sur la répression
à Djibouti, si certaines communautés ont payé
un prix lourd au massacre, à la violence d’Etat,
c’est l’ensemble de la communauté nationale
qui a été touché. Les victimes ne sont
pas toujours choisies sur une base communautaire…. »
. Cassim Ahmed Dini (ARD) a quant à lui
soulevé « la question du comment enterrer ses morts
? sous quel statut faut-il les enterrer en temps que «
Martyrs » SHOUHADA. C’est pour cela que les morts
ont été enterrés collectivement. La définition
du statut du mort revenait au vivant. Je reviens à cette
image car le thème de ce qui nous rassemble aujourd’hui,
c’est honorons nos morts ensemble….. »
En fin, Mohamed Kaddamy (FRUD-armé),
a réitéré avec force que «nous nous
devons de commémorer cette anniversaire et nous recueillir
à la mémoire de tous les innocents massacrés
par ce régime et pointer la responsabilité des
auteurs de ce prime imprescriptible… »
Au terme de cette journée constructive, le FDP tient
a rappeler qu’il continuera à explorer les actions
concrètes à mettre en place et ce pour lutter
contre l’impunité et l’oubli afin d’amener
les responsables des exactions sur les civils innocents à
répondre de leurs actes.
Titre
16 / L'aide
publique est-elle efficace ? par CHERIF SALIF
Uguta-Toosa
: Il s'agit d'une réflexion sur le développement
du continent africain qui a le mérite de dénoncer
un développement extérieur dicté par l'extérieur.
Les concepts, les fonds, les orientations viennent de la Banque
mondiale et du Fonds monétaire international qui défendent
leurs propres intérêts.
Pour généreuse qu'elle soit dans son principe,
elle ne le fut pas toujours dans ses pratiques, l'aide au développement
ne peut assurer le développement de notre continent.
Il faut revenir comme le souligne l'auteur à des mécanismes
économiques de base qui peuvent contribuer à un
développement endogène de nos économies
nationales. A notre avis, l'Etat doit occuper une place centrale
dans le développement économique et social tout
en enourageant le senteur privé.
Chronique d'abonnés, le
Monde du 05. 01. 2010, par CHERIF SALIF S., Dr Chérif
Salif SY, Secrétaire général de l’association
Sénégalaise des Économistes (ASE), Directeur
Général du Cabinet C2S/International Consulting
Services Email : papasalif@gmail.com
Une
chose est certaine, les pays sous-développés ont
toujours accepté l'aide publique extérieure et
continuent de la réclamer depuis sa première formulation
à la première conférence de la CNUCED,
en 1964. Mais le débat sur sa nécessité,
sa neutralité, son efficacité est encore en cours.
Du
côté des Nations unies, on peut noter que le lancement
des Objectifs du millénaire pour le développement
(OMD) après la décennie du développement
des années 1990 est la preuve de l'inefficacité
de l'aide. Au surplus, on n'y parle plus de filets de sécurité
comme au moment des programmes d'ajustement structurel, mais
surtout de "réduire de moitié l'extrême
pauvreté". C'est sans commentaire. Aujourd'hui,
le discours dominant parle d'une nouvelle APD technique, en
faveur des marchés pour la protection des "biens
publics mondiaux". La question est de savoir à
ce moment, si une aide publique au développement peut-être
"apolitique". Ma réponse est non.
Je pense alors qu'il faut que les Africains mettent
de plus en plus l'accent sur leurs ressources internes et la
fiscalité. Voyez par exemple, sur les quinze
dernières années, les transferts des émigrés
africains ont été multipliés par
six alors que l'aide publique au développement n'a pas
varié. En matière de croissance économique,
le continent n'a pas de leçons à apprendre du
monde occidental. Entre 1991 et 2009 en tenant compte de l'impact
de la crise financière de 2008, l'Afrique, avec une
moyenne de croissance économique de 5,09 %,
est largement au-dessus de la moyenne mondiale pour la même
période, qui est de 3,35 % contre 1,65 % pour les pays
industrialisés.
Regardons
donc vers l'Afrique et nous verrons qu'il existe plusieurs raisons
d'espérer. La région a été, en 2009,
selon Mc Kinsey & Co, la troisième contributrice
a la croissance mondiale après la Chine et l'Inde.
L'inflation a diminué de moitié depuis les années
1990, les réserves de change ont cru de 30%, les
finances publiques ont enregistré un excédent
de 2,8 % du PIB en 2008, comparé à un déficit
de 1,4 % entre 2000 et 2005, et le taux d'épargne
est estimé entre 10 et 20%.
En
dépit du discours misérabiliste que l'on se plaît
à entonner à l'envie sur l'Afrique, voilà
tout de même autant de raisons de penser que quelque chose
de bien est en train de se passer en Afrique. Quelque chose
riche d'enseignements et qu'il faut consolider même si
la gouvernance dans presque tous les pays reste un grave problème
qui mène à une impasse.
Malgré
des difficultés persistantes pour certains pays, les
perspectives sont donc plus favorables pour la plupart des pays
qu'elles ne l'avaient été depuis longtemps. Plusieurs
facteurs sous-tendent ce redressement et pas uniquement l'augmentation
de l'aide, portée surtout par des allégements
de dette ; l'environnement macro-économique est
l'amélioré et stabilisé; la croissance,
de façon générale, a été
dopée par la mise en exploitation de nouveaux gisements
pétroliers en Afrique australe et centrale, mais elle
concerne aussi les pays qui ne produisent pas de pétrole.
Comment
dans ce contexte faire en sorte que cette croissance profite
à tous? Comment assurer par exemple le plein emploi?
En provocant et en soutenant cette expansion par une
politique d'industrialisation et de développent des exportations
de produits manufacturés; d'aide aux
investissements privés; de relance de la consommation
et surtout de maintient des investissements publics."
Le
Monde du 05.01.2010 - Chroniques d'abonnés.
Uguta/Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
DJIBOUTI,
7 avr (AFP) - Sur les taxis, sur les portails
de luxueuses villas, sur les murs d'entreprises, seuls sont placardés
des portraits du chef de l'Etat djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh,
candidat unique à la présidentielle de vendredi.
L'opposition...a appelé au boycottage...
"Si on met une affiche, tout de suite on est arrêté",
assure Mohamed Daoud Chehem, le président d'une des formations
de l'opposition, le Parti djiboutien pour le déueloppement
(P.D.D.).
Affirmation démentie par le chef de l'Etat : "Ce n'est
pas moi qui vais les empêcher" de poser des affiches,
assure-t-il.
Pas de doute, en revanche, sur les écrans de télévision:
la seule chaîne djiboutienne, la Radio Télévision
de Djibouti (RTD), contrôlée par les autorités,
"ne donne pas accès, ou très peu, à
l'opposition", constate un diplomate occidental qui a requis
l'anonymat.
"Le journal télévisé de la RTD est un
matraquage publicitaire pour le président", note un
observateur international, uenu pour surueiller le déroulement
des élections et qui a lui aussi requis l'anonymat.
Le fils aîné du président, Liban, travaillait
mercredi soir dans un studio de la RTD au montage d'un sujet sur
le dernier meeting de son père, a constaté un journaliste
de l'RFP. Liban n'appartient pourtant pas à l'effectif
de la RTD, mais collabore à une entreprise de climatisation,
selon ses propres indications.
Le chef de l'Etat sortant, surnommé I0G (Ismaïl Omar
Guelleh), a déployé les grands moyens pour faire
campagne, bien qu'il soit assuré de l'emporter, en l'absence
d'autre candidat.
Des véhicules 4x4 flambant neufs, portant des autocollants
"IOG 2005", sillonnent la capitale en diffusant des
chants patriotiques. (...)
(Extraits, avril 2009)
D'après
notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 18
/ Tribune Libre de Uguta-Toosa ALERTE : la situation pourrait devenir rapidement explosive
à Djibouti.
10/04/05 –TRIBUNE LIBRE DE UGUTA-TOOSA
La
France et les USA pourraient-elles avoir à défendre
des intérêts contradictoires en cas de crise politique
majeure à Djibouti ? Tous les ingrédients pour
des mouvements populaires répétés et de
grande ampleur semblent avoir été réunis.
D'un côté, un dictateur qui a asservi la population,
ruiné l'économie, aboli toutes les libertés,
violé les Droits de l'Homme, dénaturé la
Justice, anéanti les système éducatifs
et sanitaires. Une famille régnante qui s'est enrichie
honteusement en trafiquant les comptes publics, en vendant le
patrimoine national et en accaparant toutes les richesses.
De l'autre, le Peuple exsangue, dont le niveau de pauvreté
n'a cessé de s'accroître dans des conditions dramatiques,
depuis des années. Ce même Peuple toujours contraint
par la force de voter et de faire semblant de soutenir officiellement,
habillé en petits hommes verts (par décision d'IOG),
le dictateur unaniment détesté, qui ne bénéficie
plus que de quelques rares supporters, issus :
-
soit de la famille et des proches : Djama le procureur, Djama
Ali Guelleh à l'EDD, le directeur de la Banque nationale,
les généraux Fathi et Zakaria, Hassan Saïd,
etc..,
- soit des grands repentis : Me Aref, Aden Robleh, Moumin Bahdon,
Kiffleh, Gabayo et autres ... certainement moins solidaires
avec le pouvoir, dès lors que les effets de la débacle
se feront sentir ...
Aujourd'hui, le dictateur ne dispose plus d'aucune marge de
manoeuvre ; il n'a plus d'autre choix que de radicaliser, si
cela est possible encore, son régime et de le durcir
pour réprimer les manifestations d'opposition à
son système, qui n'a aucun avenir de toutes les façons.
Le Peuple, qui a dépassé depuis longtemps les
limites du supportable, n'en peut plus et il prend brutalement
la mesure de ses droits légitimes et de sa force, face
à l'injustice promue au niveau de règle de Gouvernement.
(...)
Mais le dictateur et sa bande de sbires : Généraux,
SDS, FNP, ne vont pas se laisser faire sans résister
et ils ne peuvent que tenter de gagner une dernière bataille
antidémocratique afin de conserver leurs avantages et
d'éviter de prévisibles poursuites judiciaires
pour crimes, viols, destruction et expropriation forcée,
et pour exécutions arbitraires et extrajudiciaires.
(...) Les appels de l'opposition sont clairs et les dirigeants
savent qu'ils ne faut pas relâcher la mobilisation, car
l'occasion ne se représentera pas tous les jours.
Le Peuple djiboutien a le soutien des grandes associations internationales
qui sont informées régulièrement de la
situation et des conditions dramatiques que lui impose le Dictateur.
Il faut absolument qu'il puisse être appuyé par
l'opposition en exil, pour qu'elle multiplie les actions comme
celles du 8 avril, afin de conforter et de crédibiliser/
médiatiser ceux qui vont continuer à manifester
au pays (à l'exemple du peuple Togolais et des manifestations
d'exilés). (...)
La
question qui se pose encore est de savoir quelle sera l'attitude
des forces militaires étrangères présentes
sur le territoire.
La France, comme d'habitude, serait certainement tentée
d'intervenir en faveur du maintien de la dictature et de l'oppression
populaire, en prétendant que les actions sont dirigées
depuis l'étranger et que son intervention serait légitime,
dans le cadre des accords de défense. Mais heureusement
il y a aussi les américains qui observent ... ce qui
compliquerait probablement une tentative d'intervention française.
Les Américains n'ont aucun intérêt à
défendre le système de Guelleh :
- d'abord, ils se doivent de protéger leur image de marque
et une intervention en faveur d'une dictature de notoriété
publique, ferait vraiment mauvais effet à l'heure actuelle
où ils cherchent surtout à démontrer qu'ils
n'agissent que pour l'instauration de véritables démocraties
et pour libérer les peuples ... de leurs bourreaux;
- ensuite, ils ont compris que le régime de Guelleh ne
tiendrait pas longtemps (affaire de jours, de semaines, de mois
?) et qu'à terme l'opposition prendra les choses en main.
Pour conserver leur position stratégique, ils ont intérêt
à ne rien faire, s'ils ne décident pas discrètement
de soutenir l'opposition et ses actions;
- donner du fil à retordre à la France, comme
c'est le cas en Côte d'Ivoire ne déplairait certainement
pas aux Américains qui veulent s'imposer dans une Afrique
encore partiellement sous influence française.
Bref, la situation se tend un peu plus chaque jour. La fraude
électorale et les mensonges de Guelleh et de son Ministre
de l'Intérieur sont-elles la goutte d'eau qui fera déborder
le vase ? Rapidement, Guelleh sera contraint de multiplier la
répression, qui a déjà commencé
avec de nombreux prisonniers, dont de très nombreuses
femmes.
Comment pourra-t-il éviter de commettre dans un proche
avenir les plus grandes bêtises de sa carrière
(peu recommandable). Fatalement, les institutions internationales
seront obligés de prendre position : U.E., ONU, etc...
La France devra s'incliner face aux critiques et elle tentera,
sans y croire, de sauver les meubles, enfin ce qui restera de
ses positions.
Le Peuple djiboutien a toujours été ami des Français
mais il s'est fait "avoir" à de nombreuses
reprises par les politiques. (...) L'amitié et la confiance
entre les populations sont intactes, mais la France, en tant
que Gouvernement, n'a plus la même place dans le coeur
des Djiboutiens et personne ne pourrait leur donner tort.
D'où un paradoxe qui pourrait se révéler
consternant :
- la France aura intérêt à soutenir Guelleh
pour tenter de sauver des positions fortement compromises, contre
les intérêts du Peuple,
- les USA auront intérêt à soutenir l'opposition
pour consolider leurs positions stratégiques à
Djibouti, avec l'aval des habitants.
Comme dommage collatéral, on pourrait assister à
une tension grandissante entre les deux pays : France et USA.
L'opposition aura tout intérêt à jouer de
cette situation, à l'instar de ce qu'a fait Guelleh depuis
plusieurs années, le terrassant avec ses propres stratégies.
Ensuite, il ne restera plus à la France qu'à établir
le bilan de toutes les erreurs commises par sa diplomatie et
de son refus d'écouter les nombreuses mises en garde
qui lui ont été adressées par les opposants
et par les Associations, dont la nôtre qui ne cesse d'alerter
le Gouvernement français sur le danger qu'elle fait courir
à une population au bord du désarroi.
Bref, les jours du régime de Guelleh sont comptés,
à condition que le Peuple conserve l'initiative (…)
multipliant manifestations pacifiques et actions de dénonciation
des crimes et de la fraude manifeste.
Nous sommes très inquiets au sein de l'Association des
risques de dérapage qui seraient la responsabilité
du régime aux abois, prêt à n'importe quelle
action pour gagner du temps, y compris à prendre la décision
de commettre l'irréparable et d'ordonner un bain de sang
et des massacres généralisés.
Jean-Loup Schaal,
Président de l'Ardhd,
Uguta/Toosa,
septembre 2009
D'après
notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 19/ Ali
Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005 - France-Monde
"
Aucune possibilité pour l'opposition de se faire entendre
"
Le
Rémois Ali Coubba sera aujourd'hui à
Paris pour manifester devant l'ambassade de Djibouti.
Réfugié
politique depuis 1991 après avoir été torturé
à Djibouti, Ali Coubba est désormais installé
à Reims où il enseigne dans un lycée. Opposant
au régime en place dans son pays, il vient de créer
un nouveau parti d'opposition qui, avec tous ceux déjà
en place, appelle au boycott des élections.
U.R. Pourquoi demandez-vous
aux électeurs de ne pas se rendre aux urnes ?
A.C.L'adoption
du multipartisme en septembre 2002 à Djibouti ne s'est
jamais concrétisée dans les faits. On est toujours
dans la pratique d'un système de parti unique. Il n'y
a pas de presse libre, pas de liberté d'expression, pas
de possibilité pour l'opposition de se faire entendre.
Ce boycott, une première à Djibouti, décrédibilisera
aussi l'élection du candidat unique et nous renforcera
dans notre action.
U.R. Comment expliquez-vous cette
relative indifférence de l'opinion internationale ?
A.C. Djibouti représente un intérêt
géostratégique pour les nations et il convient
donc pour les États d'entretenir de bons rapports avec
le pays. La France y est historiquement impliquée depuis
longtemps avec une de ses bases militaires les plus importantes
dans le monde. Après le 11 septembre, les États-Unis,
mais aussi l'Allemagne et l'Espagne y ont aussi installé
une présence militaire conséquente. Tout cela
fait que les gouvernements ne cherchent pas à faire trop
de vague sur ce qui se passe dans notre pays.
UR. Qu'attendez-vous de ces élections
?
A.C.
Je suis persuadé que l'opposition en sortira crédibilisée
au plan local mais aussi aux yeux des organismes et des médias
internationaux. Nous devrons être plus radicaux, en exploitant
le caractère quelque peu illégitime du pouvoir
avec, pourquoi pas, un scénario à l'Ukraine ou
à la Géorgie ?
Recueilli
par Grégoire Amir-Tahmasseb
Uguta/Toosa,
novembre 2009
D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter
le pouvoir en 2011
Titre 20/ Les nouvelles de Djibouti du 09 avril 2005
(Spécial élection 2005)
"
Il est 13h13 et je t'écris rapidement
les dernières nouvelles du pays.
"Les
communiqués de Uguta (Toosa) mais aussi
celui de l'U.A.D. ont très bien circulé dans notre
milieu. Aujourd'hui beaucoup de personnes sont en prison : une
centaine, disent les gens. J'en connais personnellement des
jeunes femmes et de jeunes garçons. Hier (le 8 avril),
Kassim Ali Dini était recherché.
S'il y a une quelconque nouvelle à ce sujet, je te contacterais….
"Il
y a une rumeur qui circule comme quoi d'autres personnalités
seraient arrêtées au cours de cette semaine. Pourquoi
? Parce que certains sympathisants ont écris sur les
murs de la cité d'Arhiba et imprimés sur des tee-shirts
des mots d'ordre et des " injures " (affirment les
officiels) en afar de type : Ibbixa Oobisa Garqa (I.O.G.). Il
s'agit d'une expression signifiant " Attrapez, destituez
le voleur " qui mettent en évidence les initiales
d'Ismaïl Omar Guelleh.
"Hier
(le 8 avril 2005), à midi, les opposants ont tenté
de fermer les 12 bureaux de vote, d'Arhiba, de Makkat-al Mukarram,
de quartiers 6 et 7, où on annonçait des fraudes
massives.
"L'armée est intervenue et a ouvert de force ces
bureaux de vote. Je n'ai jamais vu dans ma vie un tel déploiement
de force à Arhiba. Toute la citée était
bouclée…
"
(Spécial - élection présidentielle
du 8 avril 2005)
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre 21 / Merci Monsieur Ismail OMar Guelleh de légitimre
notre combat ...
La presse internationale se donne à cœur joie au
spectacle ridicule de notre candidat-président. Celui-ci
vient d'être plébiscité au cours d'une élection
présidentielle où il était seul devant
les électeurs djiboutiens. Il n'a eu à affronter,
pour ainsi dire, que ses propres divagations et paranoïas.
Le candidat sortant, affirme la presse officielle qui est aux
services de l'homme fort du pays, a gagné le référendum
avec un score de 96 ,3%. Cela revient à une autocélébration,
à une autosatisfaction béate.
Nous sommes
en l'an 2005. L'Afrique a de nouveaux dirigeants, de nouveaux
leaders, capables de porter ses espoirs de développement.
Les Bokassa, les Mobutu, les Siad Barré, les Menguistou
et d'autres roitelets africains, dictateurs ubuesques plus vrais
que nature, ont disparu de la scène africaine et internationale.
Le dernier d'entre eux, Eyadéma, un dirigeant brutal
qui n'avait aucun goût pour le déguisement, vient
de rendre l'âme il y a quelques mois. Nous croyions à
tort que le temps de cette caste de "rois nègres"
qui ridiculisait l'image de l'Afrique était révolu.
Eh bien, non ! En République de Djibouti, un avatar grotesque
de cette espèce survit et prospère en la personne
d'Ismaïl Omar Guelleh. Un prétendu chef d'Etat qui
s'inscrit dans la lignée de ces dictateurs chamarrés
comme un totem, se nourrissant d'éloges et de célébrations
de pacotille. Personnages assoiffés de pouvoir et d'attributs
guignolesques, que l'on rencontre plus dans les livres que dans
la réalité. Ce que fait Ismail Omar Guelleh est
pitoyable. (Extraits, mai 2005)
D'après
la constitution nationale, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre 22 : L'Afrique
n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie
! ! !
L'AFRIQUE n'a pas besoin de démocratie
mais d'être nourrie. C'est la principale leçon
que l'on peut retenir des attitudes et des propos tenus par
le chef de l'Etat français, depuis plusieurs années.
Il est mal venu de parler, en Afrique, de démocratie
et de violations de droits de l'homme. Le communiqué
de félicitations du président Jacques Chirac au
président-autoproclamé, Ismaïl Omar Guelleh,
ne le dément pas :
"J'ai le plaisir de vous adresser, à titre personnel
et au nom du peuple français, mes chaleureuses félicitations,
à l'occasion de votre réélection à
la magistrature suprême de la République de Djibouti.
Tous mes voeux vous accompagnent pour la poursuite de votre
activité en faveur de l'unité nationale et du
développement économique et social de votre pays
ainsi que de la réconciliation régionale.
Vous savez que les relations anciennes et durables entre nos
deux pays me tiennent personnellement à coeur. Votre
réélection nous offre l'occasion de les développer
encore, en surmontant ensemble les obstacles à leur approfondissement.
Vous pourrez, à cet égard, compter sur mon soutien
sincère, ainsi que sur celui de la France.
Présence
américaine et inquiétude française
Que
le chef de l'Etat français, Jacques Chirac, adresse une
missive protocolaire félicitant son homologue-autoproclamé,
Ismaïl Omar Guelleh, n'a rien de scandaleux. Qu'il émette,
dans les circonstances actuelles, les vœux que les "
obstacles " soient aplanis entre son pays et Djibouti,
relève du bon sens. Parce que l'imprévisible autocrate
djiboutien a provoqué, suite à l'" affaire
Borrel ", une crise diplomatique. Arguant que la presse
et la justice françaises cherchent à le déstabiliser,
il a expulsé sept ressortissants français et ordonné
la fermeture de l'antenne de radio France internationale (R.f.i.).
Sans doute les intérêts géostratégiques
de Djibouti valent bien quelques humiliations ! Ismaïl
Omar a transformé le différend juridique en une
crise diplomatique. D'où l'embarras des autorités
françaises de gérer cet imbroglio juridico-diplomatique.
D'une part, cette " Affaire Borrel " qui n'en finit
pas de faire des remous. D'autre part, la présence d'une
base américaine à Djibouti qui met à mal
le monopole français au cœur la Françafrique,
une chasse-gardée qui passait pour être un sanctuaire
inviolable. Il y a de quoi s'inquiéter si l'on se rappelle
que le président américain mène une diplomatie
qui contredit le statu quo prôné par la France.
Sa politique internationale appelle à la démocratisation
urgente des Etats dictatoriaux. Dès la fin de l'année
2003, devant la Fondation Américaine pour la Démocratie,
le président Georges Bush avait affirmé que "La
liberté doit être l'horizon de tous les pays ".
A l'adresse de ses homologues occidentaux, il avait ajouté
que " pendant 60 ans l'Occident a excusé et a accepté
l'absence de liberté au Moyen Orient et ceci n'a pas
renforcé notre sécurité, et en fin de compte
la stabilité du monde ne peut être obtenue au prix
de la liberté."
Le
risque de la surenchère de la part de la France
Paris
a choisi son camp : celui du profil bas. Son silence assourdissant
sur le déroulement d'une élection présidentielle
surréaliste témoigne de cette politique. La démocratie
est, entre Paris et Djibouti, le sujet qui fâche. Alors,
Chirac suggère de ne plus parler avec les roitelets africains
des sujets qui fâchent. Jusque-là rien d'alarmant.
Mais le risque existe que les autorités françaises
fassent de la surenchère pour plaire au "roi"
djiboutien. Et puis, de quoi nous plaignons-nous ? Nous, les
Africains et les Français qui luttons contre le cynisme
de l'Etat français, sommes depuis longtemps familiers
des jeux de moins en moins troubles, pour ne pas dire cyniques,
de Paris. Consolider et favoriser la stabilité des régimes
établis, tels sont les maîtres mots de la politique
française en Afrique. Depuis 1981, Paris soutient à
Djibouti, le régime de parti unique, sans jamais dévier
de sa trajectoire. La preuve nous est administrée depuis
28 ans. L'épisode le plus grave est survenu en 1992-1993,
lorsque Paris a trahi la confiance des dirigeants du FRUD. Ses
manœuvres dilatoires ont contribué à la victoire
de l'armée djiboutienne sur la résistance armée,
en prétextant le déploiement des troupes françaises
sur la ligne de front en 1992. Enfin, aujourd'hui, le silence
devant la dictature d'un président-plébiscité,
non élu selon les normes démocratiques, nous donne
des informations édifiantes sur la position de principe
des autorités françaises.
Pourquoi
Jacques Chirac ne fait pas référence à
la démocratie ?
Si
le chef de l'Etat français ne fait aucune référence
à la démocratie, cela tient à deux considérations
: l'une d'ordre économique, l'autre d'ordre idéologique.
Jacques Chirac, ni d'ailleurs son prédécesseur,
n'a jamais été un partisan de la démocra-tisation
de l'Afrique. Un tel processus des pays francophones remettrait
en cause, non pas les intérêts supérieurs
de la France, mais certains intérêts occultes des
entreprises et ressortissants d'origine française. Au
sein de la Françafrique, l'argent (sous toutes ses formes)
conditionne et explique bien de compromissions. C'est la contrainte
économique. Jacques Chirac a déjà tenu
des propos (peu dignes) en Côte d'Ivoire en déclarant
que l'Afrique n'avait pas besoin de démocratie. En décembre
1993, il a récidivé en Tunisie dans le but de
conforter son homologue tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, qui
n'a jamais été élu d'une manière
démocratique. La Tunisie est sans doute, après
la République de Djibouti, l'Etat de la Ligue arabe le
plus policier - la Syrie mise à part. Dans ces pays,
une myriade d'espions et d'agents de renseignements surveille
les faits et gestes du citoyen. Lors de sa visite en Tunisie,
J. Chirac a annoncé sa conception idéologique
de l'Etat en Afrique. " Le premier des droits de l'homme,
c'est manger, être soigné, recevoir une éducation
et avoir un habitat", a-t-il déclaré.
Donc, retenons la leçon donnée par Chirac. En
premier lieu, nous suggère-t-il, il convient d'assouvir
les besoins économiques d'un peuple avant de lui octroyer
les libertés publiques. Avant de le laisser parler librement,
il faut le nourrir et le soigner.
Or
comment peut-on savoir si l'être humain privilégie
la liberté de s'exprimer ou la nourriture, si on l'interroge
pas sur ce dilemme? Qui est-ce qui a décidé que
le peuple tunisien préfère d'abord manger avant
de s'exprimer librement ? Est-ce qu'il n'aime pas disposer autant
de son libre arbitre que de confort économique ? Bien
sûr, pour tout être humain, être nourri, éduqué
et soigné est primordial. Mais étant d'origine
nomade, donc appartenant à une société
où la liberté est une valeur intrinsèque
à l'être humain, le Djiboutien ne conçoit
pas que l'on puisse hiérarchiser les besoins économiques
et l'une des valeurs fondamentales de l'homme : la liberté.
Mais que faire lorsqu'un régime, sévissant depuis
28 ans, s'avère incapable de réaliser et l'un
et l'autre ?
(Spécial - élections présidentielles du
8 avril 2005.
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre
23 /DJIBOUTI
! La FIDH condamne la mascarade élecotorale
www.fidh.org
[français] > Afrique > Togo (26/04/2005) La FIDH
condamne la mascarade électorale
« La FIDH considère ainsi que les conditions
dans lesquelles s’est tenue cette élection [24
avril 2005] sont en violation flagrante des principes de transparence,
de pluralisme et de libre détermination du peuple garantis
par les instruments régionaux et internationaux en la
matière.
La FIDH déplore la caution regrettable apportée
par la France et la CEDEAO à cette mascarade électorale.
».
Commentaire de Uguta (Toosa)
Les élections électorales en Afrique
se suivent et se ressemblent étrangement par la cohorte
de déni de libertés publiques des citoyens, cultivant
une idée naîve et fausse sur ce que représente
l'Etat et le service public, et par la gratuité des violences
qui visent les populations civiles. "Au moins 7 personnes"
ont pardu la vie parce qu'un fils d'un dictateur, préoccupé
uniquement par l'obsession du pouvoir, a décidé
de devenir "président du Togo". Tel père,
tel fils.
Maintenant qu'il est parvenu au pouvoir par des moyens les plus
contestables, il veut procéder à l'ouverture politique
en direction de l'opposition.
Le scénario est désuet et ne rime à rien,
si ce n'est de légitimer un homme qui n'a pas respecté
les règles démocratiques. JE SAVAIS. VOUS SAVIEZ
ET NOUS SAVIONS QUE Faure Gnassingbé allait gagner cette
élection.
Alors pourquoi l'opposition en Afrique accepte-t-elle de jouer
à ce jeu absurde qui consiste de participer à un
scrutin électoral dont on sait d'avance les résultats
? La dictature risque d'exacerber la division entre les ethnies,
d'approfondir le fossé entre la classe possédante
et l'immense majorité des Togolais et d'aggraver - on ne
le sait que trop bien - les difficultés sociales.
Le nombre des victimes s'accroît de jour en jour au Togo
:
"Au moins 22 morts à Lomé : c'est le bilan
provisoire des violences qui ont suivi l'annonce de la victoire
de Faure Gniassingbé - le fils du général-président
Eyadéma - à l'élection présidentielle
de dimanche. Le candidat de l'opposition Akitani Bob vient de
se proclamer vainqueur du scrutin." (Richard Labévière,
Togo: le péché original, 28/04/05), RFI).
(Spécial - élections présidentielle du 8
avril 2005.)
Commentaire
de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès
Zénawi, Premier ministre, de la République fédérale
démocratique d'Éthiopie (Cf. Les nouvelles d'Addis
(L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël, 16 avril 2005, 11h00
Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles
Zénawi, nous laissent sur notre faim. Si les résultats
enregistrés ces dernières années ne laissent
subsister aucun doute sur les performences économiques
de l'Ethiopie, il faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne,
le pays entier semble figé dans une étrange léthargie
sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant,
que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud
du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation
de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu
l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement
en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le
multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale.
Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie
a réalisé des progrès notables en matière
de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen",
comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout
le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux
ont été dépouillés tout simplement
de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale.
C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de
Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres
a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme
que l'instauration d'une "démocratie forte" dans
son pays pourrait contribuer à l'évènement
de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu
le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview
(effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte
sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à
la crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est
la position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue
dans notre pays lors de l'élection présidentielle
? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité
présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier
ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré
les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat
éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis,
de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité
africaine.
(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)
D'après
la constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 24 :
Commentaire de Uguta-Toosa sur l'entretien de Meles Zénawi
(16 avril 2005, L.NA, 2005)
Cf.
Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès
Zénawi, Premier ministre, de la République
fédérale démocratique d'Éthiopie (Cf.
Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël,
16 avril 2005, 11h00
Les
propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi,
nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés
ces dernières années ne laissent subsister aucun
doute sur les performences économiques de l'Ethiopie, il
faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne,
le pays entier semble figé dans une étrange léthargie
sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant,
que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud
du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation
de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu
l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement
en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le
multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale.
Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie
a réalisé des progrès notables en matière
de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen",
comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout
le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux
ont été dépouillés tout simplement
de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale.
C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de
Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres
a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison
quand il affirme que l'instauration d'une "démocratie
forte" dans son pays pourrait contribuer à l'évènement
de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu
le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview
(effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte
sur le silence du journaliste, Alain Leterrier,
quant à la crise politique que traverse notre pays. En
effet quelle est la position d'Addis-Abeba par rapport à
la crise survenue dans notre pays lors de l'élection présidentielle
? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité
présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier
ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré
les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat
éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis,
de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité
africaine.
(Spécial - election présidentille du 8 avril
2005.)
Titre 25 / Omar
Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens
Commentaire de Uguta-Toosa
: Notre
parti est sensible à la question des réfugiés
djiboutiens et fait tout son sensible, en diffusant dans la
mesure du possible les informations les concernant, en luttant
depuis longtemps aux côtés de l'ARDHD et apportant
notre soutien moral à ceux qui en ont besoin. Depuis
l'entrée en scène de Monsieur Omar Gabassé,
nous sommes davantage sollicité. Nous tenons à
souligner son dynamisme, sa motivation hors de commun et l'acharnement
qu'il met à vouloir donner le plus possible d'informations
sur les réfugiés djiboutiens qui survivent en
Ethiopie.
Nos félicitations à Omar Gabassé. Le
premier succès est également à mettre
au compte des personnalités qui entourent Jean-Loup
Schaal.
ali
coubba
Informations
sur les réfugiés djiboutiens - décembre
2009
29/11/09 (B527) : 16ème
anniversaire de l'arrivée des premiers réfugiés
djiboutiens à Addis Abeba. Arrivée le 15 décembre
de la première famille en France. (www.
ardhd.org)
Les
représentants des réfugiés installés
à Addis Abeba nous ont fait savoir que la première
famille qui a été acceptée par la France,
dans le cadre des programmes internautionaux de réinstallation
du HCR, prendra l'avion le 14 décembre à Addis
Abeba.
L'arrivée du vol 704 d'Ethiopian Airlines est prévu
le mardi 15 décembre vers 5h45 à Roissy Charles
de Gaulle Terminal 2A.
Nous espérons que la communauté djiboutienne
déléguera des représentants pour accueillir
cette femme et ses deux enfants, afin de lui apporter un soutien
indispensable et pour l'accompagner ensuite dans cette nouvelle
vie en France. (www.ardhd.org)
30/11/09 (B527)16ème
anniversaire de l'installation des premiers réfugiés
djiboutiens en Ethiopie. Trois nouveaux dossiers acceptés
par la France.
Les
services du HCR viennent de nous informer que trois nouvelles
familles de réfugiés avaient été
acceptées par les autorités françaises,
ce qui porte le total à 4 à ce jour.
Quand
on parle de famille, il s'agit bien entendu des parents et de
leurs enfants. On estime qu'une vingtaine de personnes est concernée.
Nous
savons que ces nouvelles font renaître l'espoir d'une
réinstallation au sein des familles de réfugiés
qui vivent dans un dénuement presque total en Ethiopie,
à Addis et/ou dans les régions Afar.
Le
Comité de soutien aux réfugiés djiboutiens
d'Addis se réjouit de ces premiers succés. Même
si les accords ne concernent encore qu'un petit nombre de familles,
c'est une première qui a été obtenue, en
grande partie, grâce à l'engagement sans faille
des membres du comité conjointement avec le travail du
HCR.
Surtout
ils permettent d'espèrer que d'autres accords de réinstallation
seront offerts à des familles "en attente",
soit par la France, soit par les USA, le Canada ou d'autres
pays européens.
-----------------------
30/11/09 (B527) : 16ème
anniversaire de l'installation des premiers réfugiés
djiboutiens en Ethiopie. Omar Gabasse exprime son émotion
à l'annonce de l'accord de la France pour la réinstallation
de trois nouvelles familles supplémentaires.
Vous
ne pouvez pas imaginer combien a été grande ma
joie dès que j'ai appris cette bonne nouvelle pour mes
frères réfugiés d'Addis Abeba. C'est le
résultat du travail extraordianire d'une equipe déterminée,
solide et engagée.
Au
nom des réfugiés Djiboutiens que je co-représente,
je tiens à remercier, par la présente, l'ARDHD,
son president l'infatigable Jean-Loup Schaal (qui a été
choisi comme co-représentant par les réfugiés)
et sa vice- présidente Anne-Marie de Vaivre, Survie et
en particulier la présidente du Groupe Paris Ile-de-France,
Uguta-Toosa n'a pas ménagé non plus ses efforts
ni son soutien à partir du moment où son Président
a été sensibilisé par le sort des réfugiés
Djiboutiens, Cassim Ahmed Dini s'est investi en faveur des réfugiés
et il a participé à des rencontres avec les autorités
internationales, sans oublier toutes les Associations humanitaires
qui se sont mobilisées a nos côtés, pour
relayer nos appels.
J'adresse
un remerciement particulier à Madame Thirode du bureau
du HCR de Paris qui a toujours été à l'écoute
de nos informations et qui s'est mobilisée avec discrétion
et efficacité pour obtenir le resultat que nous connaissons
aujourd'hui
Nul
doute que ses collègues, responsables de la direction
des bureaux HCR d'Addis et de Nairobi, ont contribué
activement à cet heureux dénouement et je leur
adresse aussi tous mes remerciements.
__________________________
J'attire l'attention sur le cas de certains Djiboutiens, réfugiés
à Addis Abeba. Il s'agit de sept personnes récemment
enregistés par le HCR et l'ARRA.
Bien
que reconnus désrrmais comme réfugiés,
ils ne bénéficient encore d'aucune assistance
sociale ni médicale.
Malheureusement
la liste ne cesse de s'allonger de jour en jour. En effet, je
rappelle que des milliers de réfugiés djiboutiens
n"ont toujours pas été reconnus par la communauté
internationale et en particulier par le HCR. Ils sont réduits
à (sur)vivre dans des conditions humanitaires lamentables.
La majorité a trouvé des refuges de forture dans
la région Afar d'Ethiopie.
Notre
combat ne se termine pas là. Bien au contraire nous devons
le poursuivre et l'amplifier. Car les réfugiés
Djiboutiens comptent sur nous tous. Sans notre aide, ils seraient
de nouveau livrés à l'oubli. Ils ont pleinement
conscience des progrès qui ont été accomplis
depuis que l'ARDHD s'est mobilisée pour sauver la petite
Hasna en janvier-février 2008.
Depuis
le milieu de 2007, le HCR et l'ARRA s'employaient à convaincre
les réfugiés qu'ils n'avaient plus d'autre choix
que d'accepter leur retour forcé sur le sol djiboutien.
Grâce
à la médiatisation de leur sort, les choses ont
beaucoup changé et les dossiers avancent aujourd'hui.
Le moral de nos soeurs et de nos frères est remonté
d'un cran car ils mesurent concrètement les progrés
accomplis, même s'ils souhaitent que leurs dossiers avancent
plus vite et surtout que des blocages "parasites"
à certains niveaux de la chaîne cessent enfin de
ralentir l'instruction normale de leurs demandes de réinstallation..
Un
grand merci et bravo à toute l'équipe. Le combat
continue...
Omar
GABASSE
co-représentant des réfugiés djiboutiens
en Europe
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
La population de Djibouti consomme du Khat dans une proportion
de 90%. C’est une plante aux substances psychotropes qui
règle le comportement de ses sujets en les rendant entière-ment
dépendants.
La drogue nationale : le bonheur pour tous
Les
leaders politiques et les plus fortunés de nos compatriotes
en sont les plus friands. Or le Khat est une drogue plus ou
moins interdit à travers le monde. L’Arabie Saoudite
et la France, pour ne citer que ces deux pays, le considèrent
comme une drogue à part entière. Elles le soumettent
aux mêmes législations que la cocaïne et les
autres drogues dures. Lorsqu’on la consomme quotidiennement,
cette plante induit des hallucinations et une forte dépendance.
Un politicien qui hallucine est un malade inapte à
assumer des responsabilités pour l'intérêt
de la collectivité.Il mérite
plutôt de bénéficier des soins thérapeutiques
particuliers. Cette drogue, comme toute drogue est
néfaste à la santé de ses consommateurs
et déstabilise les foyers, car sa consommation absorbe
plus de 50% de revenus de ménages..
Un drogué, par nature, fonctionne au gré de sa
dose quotidienne.
La République de Djibouti tire un profit substantiel
du commerce de Khat. En substance une drogue ! Presque l’ensemble
de la population est soumise à sa prise. Il est consommé
par toutes les couches sociales allant du simple citoyen au
Président de la République. Les femmes, en nombre
beaucoup moindre autrefois, en raffolent autant que leurs maris.
A midi, la faune humaine attend le khat
A
partir de midi, Djibouti ressemble à une basse-cour où
les animaux s’agitent devant leur maitre pour recevoir
leur repas. Dans un tohu-bohu indescriptible, ils se bousculent,
s’insultent, se marchent dessus. Devant la vendeuse du
Khat, ils se comportement comme des mendiants. Et pourtant cette
plante n’est pas gratuite. Ils quémandent un produit
dont la valeur marchande dépend de leur bon vouloir.
A ce moment-là, on payerait une fortune pour l'avoir.
La conscience vacille. Et on peut tout se dire. C’est
l’euphorie. Les mots n’ont pas les mêmes significations
qu’en temps normal. Une fois leur dose quotidienne dans
la main, les hommes ont un comportement apaisé. Leur
journée est assurément validée. Chacun
se dirige vers lui, fier et ne doutant guère de lui et
de sa valeur.
Le
brouteur du khat n'a jamais des problèmes !
Il
rentre chez lui en conquérant. Joyeux mais excité,
le brouteur du khat ingurgite en un temps éclair le bol
de riz pour lequel on l’attendait à la maison.
A peine assis, on le voit se lever, ignorant même le goût
qu’avait le repas avalé dare-dare. Dans leur précipitation,
certains hommes ignorent même, si ce qu’ils viennent
de manger était salé ou pas. Pressé, il
quitte sa maison, mâchant sa dernière bouchée
de nourriture tout en marchant. Telle une équipe de football,
ses compagnons l’attendent au mabraze, lieu où
l’on consomme du khat. Assis à sa place habituelle,
on se met à parler à bâtons rompus. De tout
et de rien. C’est un moment d’extase ! On crie,
on hurle, on parle de tout ce qui passe par la tête. On
niche sa botte de khat dans un morceau de tissu humide réservé
spécialement à son usage, on le bichonne, on le
protége de la chaleur ambiante. Au contact du
khat, son propriétaire a l’impression que rien
ne lui manque. Les problèmes et les soucis s'avanouissent
comme par enchantement. On se sent à l’abri de
toutes les petits grands malheurs qui assaillent l’être
humain.
Le brouteur est au-dessus de sa condition sociale
Si on est sans emploi, il suffit d’aller brouter dans
le même mabraze qu’un ministre pour se
sentir égal à ce dernier. Pendant un instant,
on se prévaut de mêmes prérogatives que
lui. Les sujets de discussion sont multiples, variés,
sans tête ni queue. On aboutit à des consensus
sur des questions sur lesquelles en temps normal, on ne pourrait
jamais être d’accord. On se plaît à
disserter sur tous les sujets avec une extraordinaire lucidité.
Celle est bien entendu apparente. De préférence,
on débat des problèmes des autres, mais jamais
des siens. Car le brouteur, une fois au-dessus de sa botte de
khat, n’a pas de problèmes ! Il ne peut pas en
avoir pour une raison simple : il évolue dans un univers
issu de son imagination.
L’actualité internationale est le sujet favori
des consommateurs du khat.
Quand ils abordent des sujets à caractère local,
ils le font avec prudence et avec un certain doigté,
pour ne pas se compromettre. Malgré l’action de
la drogue sur leur conscience, c’est un réflexe
auquel la vie les a depuis peu initiés. A l’annonce
de certains sujets, la censure tombe automatiquement sur le
mabraze et on change aussitôt de chapitre.
L'indifférence
face à l'injustice
Autrefois,
les Djiboutiens s’offusquaient devant toute forme d’injustice.
Ils réagissaient spontanément sans crainte de
l’autorité. Aujourd’hui, l’Etat tue,
l’armée nationale viole ou l'administration publique
abuse de tout le monde. Pourtant les Djiboutiens ne bougent
pas. Ils sont indifférents aux malheurs des autres. On
laisse faire. On ne sait par quelle magie, les autorités
djiboutiennes ont neutralisé les valeurs et le courage
qui animaient la population. Rien n’a de la valeur, même
la vie des innocents qu’on aimait à défendre
autrefois !
Au fait a-t-on simplement et sans le savoir enterrer ce qui
constituait cette djiboutienneté ? Les voleurs
sont devenus aux yeux de la population « des lions »
(libaac, lubooka). Les malfrats passent pour
des gens intelligents et habiles.
Des promesse en l'air menant à la mort
En
tout cas, on parle jusqu'aux alentours de 19 heures, voire 20
heures. Alors la cloche cérébrale sonne et la
logorrhée verbale s’arrête. La plante injecte
dans le corps une dose supplémentaire de son concentré
maléfique qui tranquillement impose ses effets de domination
et de soumission. Les hommes ne parlent comme au début
de la séance. Ils s’observent en silence. A ce
moment rare, tels des anges, ils semblent sensibles à
toutes les souffrances du monde. Chacun affiche une mine pitoyable
ou des yeux exorbités. « Ils sont mirgaan (ivres)
», dit-on.
Nombreux sont ceux qui, à cet instant, jurent qu’ils
ne le toucheront plus à cette maudite plante. Que la
prise d’aujourd’hui sera leur dernière consommation.
Leur décision s’apparente malheureusement à
celle d’une femme enceinte qui, sous l’effet de
la douleur que lui infligent les contractions qui précédent
l’accouchement, hurle que c’est la dernière
fois qu’elle tombe enceinte. Nous le savons tous, une
fois délivrée de cette brève douleur, la
mère renoue le plaisir d’avoir un autre enfant.
Parfois le désir est plus vif et plus beau.
Ici, le brouteur continuera à brouter sans bénéfice,
jusqu'à l’épuisement total, voire fatal
à son corps et à son esprit.
Le gouvernement et l'opposition sous la drogue
Les
membres d’un gouvernement et l’opposition forment
en principe, dans une gestion saine d’une société,
un binôme nécessaire et sans laquelle aucune gestion
ne peut présenter un caractère sérieux.
A Djibouti, les premiers exercent leur pouvoir sans leur paire
nécessaire. Loin de s’en émouvoir, ils se
réjouissent de leurs absences préjudiciables à
l’intérêt du pays et assument sans gêne
la perte de crédibilité de leur politiques. Ils
l’exercent avec une tranquillité déconcertante.
Quant à l’opposition, on dirait que l’effet
du khat est plus marqué auprès de ses membres.
Ils ne se s’inquiètent pas d’offrir autant
de tranquillité aux autorités. Gouvernants comme
opposition vivent dans une sorte d’irréalité.
Car le khat ne permet pas à ses usagers d’aller
au devant de la réalité. Leur vie est truffée
en permanence des faux semblants : un petit communiqué
une fois par an, telle une pratique religieuse; un pèlerinage
bien symbolique pour les uns; des promesses sans cesses répétées
mais jamais tenues pour les autres. Chacun se plait à
sauver l’apparence et la partie continue indéfiniment.
La vie a Djibouti est donc dictée par son Excellence
le Khat, qui consolide de jour en jour son pouvoir sur la population.
Si on aspire toutefois à une forme de liberté,
le premier pas sera de se libérer de son emprise. Si
on se plait dans ces pratiques alors il reste à tout
un chacun de faire le deuil de la vérité, de la
justice et de droit. En somme, un trait sur l’avenir du
pays. Une opposition qui se plait dans ses mutismes n’est
ni digne de porter son nom, ni légitime pour exister.
(à suivre)
Y.M.B.
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
la onstitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 27 / Communiqué
du 19 Novembre 2009 de l'ARD (Alliance Républicaine
pour le Développement)
Convaincu
de la nécessité d'impliquer toutes les composantes
de la diaspora djiboutienne dans le combat démocratique,
Le Comité exécutif de l'ARD réuni en session
ordinaire, a décidé de procéder aux nominations
suivantes :
-
M. Madhi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président,
- M. Hassan Cher Hared, en qualité de
représentant de l'ARD en Suisse,
- M. Hamad Daoud, en qualité de représentant
de l'ARD en France.
Signé
par le Président de l'ARD.
---------------------
La
nomination de Mahdi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président
de l'A. R. D.
Mahdi
Ibrahim God étant un responsable politique confirmé,
pour ainsi dire un vétéran de la chose publique,
il n’est pas question ici de s’attarder sur sa nomination
à la fonction de vice-président de l’ARD
(Alliance républicaine pour la Démocratie). Ancien
membre de l’exécutif de cette formation, actif
sur la scène nationale depuis plus de deux décennies,
il n’a rien à démontrer ou à prouver
dans le domaine de l'action politique. De plus, en tant que
membre d’une communauté djiboutienne lourdement
marginalisée dans notre pays, en l’occurrence les
Gadaboursis, il apporte une visibilité certaine à
ce groupe social et renforce du coup l’image de son parti
auprès de l’opinion publique. Par ailleurs, l'ARD
semble en pleine recomposition.
Un
membre d'une nouvelle classe politique
La plupart du temps, la nomination des vices-présidents
afar, somali et arabe, obéit à des calculs purement
arithmétiques, à des rafistolages factices, afin
de faire croire que le parti a une assise au sein de toutes
les communautés nationales (afar, arabe, issa, gadboursi,
issaq). Ici, nous sommes dans une démarche différente.
Nous n’avons pas affaire à un ancien apparatchik
du R.P.P. qui s’est reconverti en 1991-1992, lorsqu’il
a senti le vent tourné. N’ayant pas trempé
dans les allégeances ethniques, il se situe dans la lignée
de cette élite politique cultivée, moderne et
ouverte, qui représente l’avenir de la république
de Djibouti. Ses compétences personnelles sont incontestables.
Prenant exemple sur lui, les Djiboutiens gadaboursis, jeunes
et moins jeunes, pourraient-ils voir dans cette nomination l’occasion
de prendre assaut les partis politique actifs sur le terrain
? Après tout, leur poids économpique, intellectuel
et politique, que le régime cherche à combattre
depuis trois décennies, demeure indéniable dans
notre société.
Précédemment, dans les colonnes de Uguta-Toosa,
j’invitais les Gadaboursis à créer leur
propre parti politique parce que, à mon sens, la réalité
politique djiboutienne l’exige. Ce faisant, je laissais
en suspens l’autre terme de l’alternative qui consiste
à se fondre dans les autres partis, à ne pas s'afficher
tribalement.
Mahdi
I. God fait partie de ceux qui refusent de donner toute coloration
tribale à leur engagement tribal. Cette approche, lorsqu’on
a les compétences du nouveau vice-président et
qu'on s'est engagé depuis de longue date en politique,
tombe sous le sens. Mais en marge de ce type d'engagement, il
y a un aspect qu'il convient de regarder.
Contrer la propagande du régime
C'est
vrai que la classe politique somalie souffre d’une dangereuse
atomisation et qu'il serait contre-productif d’en rajouter
d’autres clivages sous forme de "parti politique
gadaboursi » ou « parti politique issaq »,
etc. Cet argument se tient mais il n’en demeure pas moins
que les clivages tribaux (issa, gadaboursi, issaq) font partie
de notre histoire. L’éluder ne servirait à
rien d'autant que la société djiboutienne et la
réalité régionale nous l'impose. A notre
avis, il est urgent de récuser d'une anière frontale
et directe la propagande étatique qui estime, à
tort, que les Somalis allogènes ne sont pas de «
vrais » Djiboutiens ? Alors que les Issas de Dire-Dawa
le seraient !
Si des dirigeants politiques de première importance,
de la trempe de Mahdi Ibrahim, assument des responsabilités
importantes au sein de Uguta-Toosa, du MRD, du FRUD armé,
cela suffira-t-il à mobiliser la communauté gadaboursi
? Je ne suis pas convaincu de l'efficacité de cette démarche.
Je continue à plaider aussi pour une stratégie
plus audacieuse. En premier lieu, les Gadaboursis et Issaq doivent
s’organisent d’urgence en partis politiques autonomes.
En deuxième lieu, ils doivent rejoindre directement l’UAD
ou passer des alliances étroites avec des formations
politiques à dominante afar et à dominante issa.
Cette façon de procéder doit intervenir avant
la transition démocratique.
Docteur Hamad Daoud
Représentant de l’ARD en France
Cette
nomination va provoquer des remous au sein de la diaspora djiboutienne.
Celle-ci se caractérise, comme nous l’avons déjà
noté, par le dénigrement des partis d’opposition
et la consommation du khat. Sa contribution à la lutte
contre la dictature demeure nulle pour l'instant. Une dictature
qui, ne l’oublions pas, expliquerait l'exil et la présence
problématique de ces "opposants potentiels"
en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.
Une figure emblématique de la diaspora djiboutienne
Hamad
Daoud, docteur en médecine, est la figure emblématique
de cette diaspora, issue du cursus universitaire, avec laquelle
notre parti politique, Uguta-Toosa, a voulu créer une
opposition organisée et combative à l’étranger.
Cette stratégie n'a pas donné les résulats
escomptés parce que les hommes et les femmes à
qui on s’adressait n’avaient pas atteint le niveau
de mobilisation sociale requise.
Après des années d’hésitation, Docteur
Hamad a franchi un pas que ses camarades n’osent pas encore
franchir. Il l'a fait dans des conditions, disons, opportunistes.
En politique, l’opportunisme n’est pas une valeur
négative.
D’après les théoriciens américains,
K. Deutsch et D. Lerner, la modernité d’une société
se mesure en comparant plusieurs indices. Ceux qui nous intéressent
portent sur les variables suivantes : l’alphabétisation,
le niveau d’éducation, l’accès
aux mass-media. Or le public que nous visons est urbanisé.
Il vit en Occident, dans des sociétés démocratiques.
Nombre d’entre eux disposent d’un revenu mensuel.
Pour être imparfaite, l’intégration à
la société d’accueil est probante. En théorie,
la diaspora djiboutienne réunit toutes les conditions
« capables de lui assurer un fonctionnement réellement
démocratique » (K. Deutsch). Or, ce n’est
pas le cas.
Bien que dotée d’un niveau intellectuel assez conséquent,
la diaspora djiboutienne ne se mobilise pas. La corrélation
entre leur niveau d’éducation et d’information,
leur engagement politique et leur intégration au «
public social et politique », n’est pas
évidente. La réponse de leur immobilisme réside
dans la difficulté éprouvée par beaucoup
d’entre eux à rationaliser leurs aspirations et
à rompre avec les allégeances traditionnelles.
Un Djiboutien, même universitaire, a encore du mal à
raisonner en tant qu’individu. Il a du mal à rompre
avec sa tribu (avec l’ordre ancien). Alors que
sa culture devrait le porter vers des idées politiques
modernes (réussite personnelle, intérêt
général, respect des lois, croyance aux valeurs
universelles de liberté et de démocratie, etc.),
il compte sur son cousin bien placé. De préférence,
il adhère au parti qui est dirigé par son cousin.
Un
long et chaotique cheminement
Docteur
Hamad a fait un long cheminement. Il a beaucoup hésité
à s’engager clairement et franchement. L'indécision
: un trait de caractère qu’il partage avec toute
sa génération que nous appelerons "les trentenaires",
bien que certains ont dépassé la quarantaine !
Cependant, par rapport à ses camarades, il manifeste
un mélange d’impatience et de maladresse qui n’appartient
qu’à lui.
Ces dernières années, son activisme a été
remarquable. Tantôt, il voulait être membre du FRUD
armé, tantôt il voulait rejoindre Uguta-Toosa,
tantôt il voulait créer un nouveau parti politique.
Toujours insatisfait, essayant de jouer les intermédiaires
pour réconcilier les opposants, d'arbitrer des conflits
impossibles à résoudre, de garder le contact avec
les dirigeants politiques (Kadami et moi). L’opposition
existante lui paraissait indigne de lui. Par-dessus
tout, il a beaucoup dénigré Uguta-Toosa et son
président, comme pour mieux valoriser sa personne.
Tout cela ne menant à rien, il a fini par comprendre
que le terrain était occupé et bien occupé.
Maintenant, sorti de l’anonymat politique, après
l'intermède associatif qui ne rimait à rien pour
quelqu’un comme lui, il assume une responsabilité
importante au sein de l’ARD. Se demander s’il sera
à la hauteur de cette mission est une question futile.
Car Hamad Daoud dispose de réels atouts pour réussir
: docteur en médecine, bonne capacité d’analyse,
dynamisme certain, bon orateur, etc. Quant à s’imposer,
il est trop tôt pour le dire. Disons qu’il doit
faire ses preuves.
Si nous avons consacré ces quelques lignes à un
nouveau responsable, nouvellement arrivé sur la scène
politique mais mieux armés que certains, c’est
parce que notre parti est en pourparlers avec l’ARD. Nous
voulons aussi inciter les nombreux membres de la diaspora djiboutienne
à prendre exemple sur docteur Hamad Daoud et de sortir
de l’anonymat.
Ali
Coubba
Uguta-Toosa, novembre 2009
D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter
le pouvoir en 2011
Titre
28 /
Que s'est-il réellement passé entre IOG et Booré
(l'homme d'affaires djiboutien) ? (Angel
Free)
Angel
free nous a donné cette semaine une autre information
en provenance de Djibouti : les sites de Uguta-Toosa (www.uguta.org)
et celui de l'ARDHD (www.ardhd.org) ne feraient plus l'objet
de censure à Djibouti-ville. Si c'est le cas, cela signifie
que le dictateur djiboutien libère un peu, en prévision
des élections présidentielles, l'espace public
dans le but de faire croire que son régime accepte la
liberté d'expression !
Quelqu'un pourrait-il vérifier cette information et nous
la confirmer? Merci. (A.C.)
Depuis
quelques temps, je mène une enquête sur le conflit
qui oppose le chef d’Etat djiboutien à l’homme
d’affaires banni, M. Booré.
D’après les personnes proches des deux parties
et qui connaîtraient bien le dossier, il faut se mettre
plus ou moins dans la peau d’Ismail Omar Guelleh pour
comprendre l’origine du conflit. La personnalité
et la paranoïa expliqueraient la réaction violente
du chef d’Etat contre son ancien ami.
Le
chef de l'Etat avait peur de la popularité de son associé
Voyant son ami et associé, Monsieur Booré, acquérir
une notoriété égalant la sienne, voire
un peu plus grande que la sienne, le président a voulu
réagir. Les Djiboutiens parlaient en effet beaucoup de
l’entreprenier à qui tout semblait réussir
sue le plan économique. Il n’était pas plus
aimé que IOG mais moins détesté que le
chef d’Etat. Ce dernier avait marre d’entendre partout
que le nom de Booré était associé à
tous les grands projets réalisés dans le pays.
Ces rumeurs étaient, politiquement parlant, mauvaises
pour IOG, surtout s’il voulait se maintenir au pouvoir,
en changeant la Constitution afin de briguer un troisième
mandat présidentiel. Aucun membre de son gouvernement
ne pouvait et ne peut se prévaloir d’avoir réalisé
quoi que ce soit dans le pays. Il n’ y avait que Booré
qui lui faisait de l’ombre.
De plus, Borreh s’était acheté un avion
privé ! Ce qui a encore ajouter de l’huile sur
le feu !
Mesures
radicales du chef d'Etat contre son ancien associé
Alors, ne pouvant plus supporter la popularité de son
associé et ne pouvant s’offrir le luxe de croire
que celui-ci ne nourrissait pas aucune ambition politique, il
a préféré l’écarter avant
les prochaines échéances électorales. Il
était conscient que Booré apparaissait de plus
en plus comme un rival potentiel, dangereux et influent.
Ismail Omar Guelleh, son épouse Kadra Haid et consorts
ont décidé alors d’en finir avec lui. Il
faut le reconnaître d’une manière ignoble
: en le forçant à l'exil, dilapidant sa fortune,
détruisant une à une les sociétés
qu’il avait créées, saisissant ses biens.
Ainsi les autorités djiboutiennes n'ont pas hésité
à détruire au passage des milliers d’emplois.
Mais le Bon Dieu en a décidé autrement. Leur plan
initial ne s’est pas déroulé comme ils l’avaient
prévu. Booré a pu s’en fuir et se mettre
à l’abri de leurs exactions sur sa personne. IOG
s’est créé de nouveaux ennemis au sein de
sa tribu.
L'un
a affaibli l'autre, et vice-versa
Ce
qui est sûr c’est que depuis ce conflit, Ismail
Omar et son ancien associé Booré se sont beaucoup
affaiblis. Tant que le combat continue, ils vont continuer à
s’affaiblir davantahe et mutuellement. Cette réalité
ouvre de nouvelles perspectives et opportunités à
d’autres candidats, à d’autres forces, et
particulièrement à l’opposition djiboutienne. Au lieu de faire cavalier seul, l’homme d’affaires
serait plus avisé de rejoindre les rangs de l'opposition
ou de l'aider d'une manière franche ?
Pourvu
que le match IOG vs Booré continue…
Uguta/Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX
Chaussée de Louvain 124,
1210 Bruxelles
Projet
: Journée d’information sur le massacre d’arhiba
le 18/12/1991 à Djibouti
Titre : Commémoration du 18 décembre 1991, où
va Djibouti ?
Salle :
Pianofabriek
Rue du Fort, n°35
1060 Saint- Gilles, Bruxelles
Modératrice
: Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
Le samedi 19 décembre 2009 de 14 h à 17 h
Durée
de l’intervention - Intervenants - Titre
15’
HOUMADO : Introduction
20’ Film sur le massacre d’arhiba 18/12/91
15’ ALI COUBBA : la violence politique à
Djibouti. Ses origines, ses méthodes et ses conséquences
15’ DAHER AHMED FARAH : Les victimes civiles
à Djibouti
15’ MOHAMED KADAMY : Les représailles
sur les civils soupçonnés de soutenir la rébellion
à l’extérieur de Djibouti et la situation
actuelle
15’ CASSIM AHMED DINI : Comment et pourquoi
commémorer le 18 décembre?
15’ PUBLIC : Questions
15’ HOUMADO : Conclusion
La
commémoration du massacre d'Arhiba (18 décembre
2009)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Comme
chaque année, les associations djiboutiennes (ADD et
FDP) appellent la diaspora djiboutienne à manifester
devant les ambassades djiboutiennes à Paris et à
Bruxelles pour ne pas oublier le massacre d'Arhiba. Nous savons
que ces manifestations seront peu suivies
parce que la division des partis d'opposition resurgit sur
cet évènement qui aurait dû normalement
susciter le consensus de tous les partis d'opposition. Si
l'on cherche à donner un sens, une signification, à
cet évènement barbare perpétré
par le régime djiboutien sous la présidence
de Hassan Gouled (1977-1999), il faut le rapprocher de ce
qu'on appelle en principe le "terrorisme
d'Etat".
Le massacre d'Arhiba constitue pour nous le
paroxysme de la violence politique pratiquée
par une génération d’hommes ayant bu,
à la mamelle tribale. Le principal mobile n'est rien
d'autre que l'esprit de vengeance et la haine de la communauté
afar, bouc-émissaire de l'Etat tribal. Toute la classe
politique "issa", membres du gouvernement de Hassan
Gouled, a participé à la prise de décision
collective qui a eu lieu lors de la réunion qui s'est
déroulée au Palais présidentiel, à
la veille du massacre. Il fallait coûte que coûte
venger l'embuscade de Kalaf organisée le 17 décembre
1991 par les rebelles du FRUD armé ! Compte tenu des
partiques gouvernementales depuis trente deux ans, licenciement
économique (violence structurelle),marginalisation,
répression ciblée, massacre, exécutions
sommaires, il est impossible de faire dans notre pays l'économie
d'une Conférence nationale. L'UAD
doit intégrer dans sa plateforme politique cette formule
politique.
(Uguta-Toosa, décembre 2009)
(Uguta-Toosa)
MOUVEMENT
DE SOUTIEN AUX VICTIMES CIVILES
(Extraits du « Bulletin d'information n° 1 »,
9 janvier 1992)
(Archives de « La Tribune de l'opposition
» -
Paris, décembre 1991)
« 59 morts, plus de 300 blessés et 7 disparus
: tel est le bilan provisoire de l'abominable massacre perpétré
le 18 décembre 1991 dans le quartier d'Arbiha par l'armée
nationale, la gendarmerie et la police. »
« On sait que la guerre entraîne avec elle des atrocités,
des destructions et des pertes humaines entre les deux parties
en conflit tout en préservant au mieux la vie des populations
civiles habitant dans les contrées avoisinant le champ
de bataille.
On ignorait par contre que celle-ci avec sa face cachée
ne respectait pas ces règles. Au menu de la contre-offensive
AND/FNS, comme horsd'oeuvre, tirs à vue sur tout ce qui
bouge, cheptel ou nomade, civil ou rebelle, femme ou enfant,
et en plat de résistance, pillage, destructions et incendie
de toute habitation.
IV.
LE D ROULEMENT
6H00 du matin, le quartier d'Arhiba est totalement
investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes
coalisées dans une action militaire sans précédent
à Djibouti-ville d'environ 400 personnes en armes et
équipements de guerre.
Alors que l'essentiel des troupes d'assaut est placé
en position de tir dans les tranchées, dans les tanks,
sur des jeeps et sur les vedettes, le groupe des policiers
Afars sans armes munis des gourdins, est chargé de
convaincre leurs frères de sang avec lesquels ils engagent
le dialogue. Parallèlement, les "crânes
rasés" issus de la mobilisation générale
vident tous les civils de leurs cases en cartons et les rassemblent
sur le terrain vague. 7H00 : Les premiers lève-tôt
d'Arhiba II, sortis de chez eux, sont aussitôt embarqués
dans les camions mis à la disposition des caméras
que les Français n'ont certainement pas manqué
de sortir pour un tel flagrant délit.
Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains
ont le ridicule réflexe de se cacher derrière
les maisons, mais continuent à pourchasser les rescapés
dès que le Puma s'éloigne. Au second passage,
les "chasseurs" décident de se retirer et
maquillent le chiffre réel du carnage en s'empressant
d'entasser dans deux camions un maximum de cadavres.
Combien de morts? Impossible à dire avec précision.
Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent
à 50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers
la ville, les hommes en uniforme quittent enfin Arhiba. 8H00. Les habitants d'Einguela constatent
que le terrain vague des Salines qui s'étend au Nord
d'Arhiba est lui aussi quadrillé par les hommes de
la FNS, à la hauteur du chantier séoudien jusqu'aux
Théâtres des Salines. Toutes les routes menant
à Einguela sont bloquées par les agents de la
circulation et ni piétons ni véhicules ne passent.
Certains observateurs constatent qu'un long convoi de véhicules
militaires qui assure l'encadrement, se dirige vers le secteur
bouclé. »
Video
: extrait de la conférence de l'AFD organisée
à Bruxelle
le 19 décembre 2009
Modératrice
: Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre
30/ 25ème
conférence ministérielle de la Francophonie
(La Nation du N°
199 du Jeudi 17 Décembre 2009)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Les conférences internationales
servent à accréditer à la fois la primauté
de l'Etat sur toutes autres formes d'organisations politiques
et sociales existant dans un pays, il est donc normal que la
diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh soit saluée
d'autant que, dans le cas de la crise de Ras-Doumeira, l'Erythrée
s'est mis dans de beaux draps en multipliant des actions violentes
et agressives à l'encontre de ses voisins (Yémen,
Ethiopie, Djibouti, etc.). Inutile de vous rappeler ici que
le conflit larvé entre Djibouti et Asamara cache des
enjeux et des alliances qui ont mal tourné au sujet de
la crise somalienne. La diplomatie régionale d'Ismail Omar
Guelleh se traduit par la violation constante des territoires
éthiopiens et la violence à l'encontre des nomades
Afars d'Ethiopie, par le biais des milices issa. Elle affiche
une animosité jamais démentie à l'encontre
du Somaliland qui contrarie ses ambitions hégémoniques
dans la région de Zeylaq. Sur le plan intérieur,
la république de Djibouti est un régime autoritaire
qui se perpétue grâce à la violence structurelle
et symbolique imposée à la société
civile.
Une
convergence de vues
La
Conférence Ministérielle de la Francophonie, réunie
en sa 25e session, a adopté mardi dernier à l'unanimité
deux résolutions présentées par la délégation
djiboutienne lors du Conseil Permanent de la Francophonie qui
s'est tenue la veille. La première porte sur
le conflit avec l'Erythrée et l'autre sur la piraterie.
La
délégation de la République de Djibouti
a été représentée à cet effet
par M. Ahmed Ali Silay, Ministre Délégué
Chargé de la Coopération Internationale auprès
du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération
Internationale, M.Rachad Farah, Ambassadeur
de la République de Djibouti en France et Représentant
Personnel du Président de la République auprès
de l'organisation Internationale de la Francophonie, et M.Mourad
Houssein Mouti, Premier Conseiller de l'Ambassade de
la République de Djibouti à Paris. Par la première
résolution adoptée, concernant l'action militaire
conduite par l'Erythrée contre la République de
Djibouti, la Conférence Ministérielle de la Francophonie
"condamne fermement l'action militaire conduite par
l'Erythrée à l'encontre des territoires de Ras
Doumeira et de l'île de Doumeira, et exige de l'Erythrée
qu'elle retire immédiatement et inconditionnellement
ses forces armées" notamment, elle exhorte
en particulier l'Erythrée "à faire preuve
de la plus grande retenue", demandant le retour au
statu quo ante bellum ainsi que la poursuite du processus de
libération des prisonniers de guerre, et déplore
le refus de l'Erythrée à recevoir différentes
missions des Etats et organisations régionales et internationales.
La
seconde résolution encourage la lutte contre la piraterie
au large des côtes somaliennes, félicitant
la République de Djibouti ainsi que les Seychelles et
les autres pays de la région pour leur assistance dans
ce combat. (...)
L'adoption
de ces résolution à l'unanimité par les
soixante-huit Etats-membres de la CMF témoigne sans réserve
du soutien et de la solidarité de la Francophonie à
la diplomatie Djiboutienne et à la politique menée
par M.Ismail Omar Guelleh, Président de la République,
Chef du Gouvernement, saluant ses efforts pour la stabilisation
de la région, de même qu'elle témoigne de
l'attachement de l'espace francophone à l'avènement
de la paix et de la stabilité en Somalie, et dans l'ensemble
de la région de la Corne de l'Afrique.
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir
en 2011