Ali Coubba
Président de Uguta-Toosa

 

"Il n’y a que la liberté d’agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses »
D’Alembert (1717-1783)

Mot du président

Incha Allah, l'année prochaine
à Djibouti !

Notre parti et son équipe dirigeante présentent ses meilleurs voeux au peuple djiboutien, à tous ses militants et sympathisants.
Inch'Allah, l'année prochaine nous serons tous chez nous, à Djibouti, en compagnie de nos familles et de nos proches. Espérons que nous fêterons autant la retrouvaille que l'avènement de la démocratie dans notre cher pays.
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AUDIO
Ecouter la cassette audio n°2 (en langue afar) présentée par Ali Coubba
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Ecouter la cassette audio n°1 (en langue afar) présentée par Ali Coubba.

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Sommaire N° 48
2009

Mot du Président:
Incha Allah, l'année prochaine à Djibouti !

1. Janvier 2005 / "Ne restez pas indifférent à l'agonie de votre pays"

2.Mes voeux du nouvel an (HABA) Qusba Liggidi nel yamaqay, siinil yamaqay par Y.M.B.

3. Qusba Liggidi nel yamaqay...

4. Le rôle de la Fiqma ?

5. Mise au point : comme si Djibouti était stable (Cassim Ahmed Dini)

6. Entreteien avec Mohamed Kadami (Cf. Les Nouvelles d'Addis-Abeba)

7. Notre positionnement politique (logo, convictions...)

8. La disparition de Ganssingbe Eyamé (Février 2005)

9. Le chef de l'Etat et ses partisans rêvent d'un monde immobile (Février 2005)

10.Le régime autoritaire djiboutien n'est pas tombé du ciel

11. Ismail Omar guelleh ses conseillers les plus proches (Round-Trip-Toronto Djibouti )
+-
Doléances du peuple Djibouti

12. Le Collectif "Doléancedu peupledjiboutien" critique l'opposition

Adhérez à UGUTA-TOOSA

13. Les extraits de la LOI du 25 décembre 2009

14. Guinée : "L'impunité n'est pas enivsagle en Guinée", selon la France (France-Soir)

15. Compte-rendu de la commémoration du 19/12/2009 par FDP. -Massacre d''Arhiba

16. L'aide publique est-elle efficace ? par CHERIF SALIF (Le Monde du 05.01.2010)

17. La campagne électorale à Djibouti : à sens unique (AFP)

18. Tribune Libre : "Alerte : la situation pourrait devenir rapidement exploqive à Djibouti JL Schaal (ardhd).

19. Ali Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005. (Elections présidentielles à Djibouti)

20. Les nouvelles de Djibouti (9 avril 2005)

21. Une interview exclusive de Jean-Paul Noel Abdi (source ARDHD)

22. : "L'Afrique n'a pas besoin de démocratie mais dêtre nourie" (J. Chirac)

23. DJIBOUTI : la FIDH condamne la mascadare électorale

24. Commentaire de Uguta-Toosa sur l'enterview de Meles Zéanwi, premier ministre éthiopien (26 avril 2005, LNA)

25. Omar Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens

26. Le khat et la politique à Djibouti (YMB)

27. Communiqué du 19 novembre 2009 de l'ARD : nomination de Mahdi Ibrahim God, Hassan Cher Hared et Hamad Daoud.

28.Que s'est-il réellement passé entre IOG et M. Booré, son ancien associé ? (Angel free)

29. Communiqué (Forum pour la démocratie et la paix) : Journée d'information sur le massacre d'Arhiba. + commentaire de Uguta-Toosa - Extraits d'une vidéo.

30. 25ème conférence ministérielle de la Francophonie (La Nation n° 199)


Notre parti politique croit en la démocratie et au multipartisme. Non seulement, il croit en la démocratie mais il oeuvre depuis cinq ans à réaliser l'avènement d'une société de droit. Nos compatriotes doivent être conscients des dangers et risques de laisser se perpétuer le régime autoritaire d'Ismail Omar Guelleh. La priorité est donc de se débararasser du dictateur et plus encore du système tribal qui hypothèque notre avenir. C'est pourquoi, au cours de l'année 209, notre parti est passé à la vitesse supérieure. Nous vous livrons quelques exemples d'articles écrits par les dirigeants de l'opposition et de la société civile.
Nous ne sommes pas jaloux des autres partis politiques au point de cultiver obstinément le silence sur ce qu'ils font et écrivent. D'ailleurs, y a-t-il de quoi l'être quand on s'appelle Uguta-Toosa et les activités de mobilisation que nous menons ! (Lire ci-dessous les interviews de Mohamed Kadami et de DAF, l'article de Cassim Ahmed Dini et deux documents de Tronto Trip...)

L'année 2009 : intensification de la mobilisation et sensibilisation de nouveaux militants

Au cours de l'année écoulée, notre parti a intensifié sa campagne de communication. La nouveauté a été la mise en place sur You Tube (ALICOUBBA Channel) des vidéos en français et en afar. Ces vidéos visent à sensibiliser nos compatriotes au moins sur deux points : la mobilisation politique et le débat sur des questions sensibles.



1) La mobilisation politique


Depuis cinq ans, nous tentons de convaincre les indécis à nous rejoindre, c'est à dire à sortir de l'anonymat, en adhérant aux différents partis d'opposition. En politique, la clandestinité, la culture de l'anonymat, l'activisme associatif - pour cacher son indécision - reviennent à faire le jeu de la dictature. Choisir son camp présente-t-il des difficultés telles qu'il faut des années pour se décider ! Il n'y a que deux familles politiques à Djibouti : les démocrates et les partisans de la dictature. Un démocrate est un homme libre, un citoyen éclairé conscient des enjeux qui animent le monde moderne. Le partisan de la dictature est esclave de croyances auxquelles il s'astreint afin de célébrer un homme qu'il craint autant qu'il déteste.
Quand votre pays est mené, telle une bête à l'autel des sacrifices, peut-on se permettre de jouer les censeurs, les critiques faciles, l'autorité morale (kasle), sans proposer la moindre alternative politique ou en restant sur le bas côté ? A Djibouti-ville, de quoi peut-on bien avoir peur quand on est chômeur, "bras cassés", commerçant ruiné par l'Etat, opposant notoire (mais sans parti), député ou ministre ostracisé, universitaire blasé, ? Sachez que vous n'êtes rien pour le dictateur mais que vous êtes tout pour nous.



2) La discussion sur des sujets sensibles

En abordant des sujets tabous, nous voulons libérer la parole. Les reproches que nous adressons à la dictature qui instrumentalise l'appareil d'Etat, la tribu issa, le clan Mammaasan, ne doivent pas être pris pour des dénonciations ciblées de tels ou tels groupes sociaux ou des incitations à la violence. Si nous voulons éviter des actions extrêmes, des violences collectives et des dérapages tribaux, les Djiboutiens doivent apprendre à débattre, de préférence au sein des partis politiques, sur des questions qui divisent les gens, à savoir la marginalisation de la communauté afare, arabe, gadaboursi, issaq et certains clans issas de Djibouti; l'immigration politique favorisant les Issas à Djibouti; la tribalisation de la fonction publique, etc.)
La dictature n'a pas pire ennemi que la liberté d'expression. Si Ismail Omar hésite à se déclarer publiquement pour le 3ème mandat, c'est parce ayant épuisé tout l'arsenal répressif contre la population civile et les démocrates, le moindre dérapage risque de lui coûter le pouvoir et la liberté. Si nous voulons passer de la liberté individuelle à la liberté collective, cela pourrait être une question de jours ou de semaines à condition de ne pas reculer face à l'intimidation du pouvoir.



Rapprochement politique avec l'ARD (Alliance républicaine pour le Développement

Pour conjurer l'éparpillement stérile de notre famille politique, notre parti pratique depuis sa création la politique de la main tendue. Au cours de l'année 2009, il a décidé de passer à la vitesse supérieure. Afin de lutter directement à Djibouti, nous avons décidé de rejoindre les rangs de l'ARD. Ce qui évite d'interminables marchandages de boutiquiers. A l'issue des Assises nationales de l'ARD prévues au mois de février 2010, l'accord de principe que nous avons passé au mois d'octobre 2009 (Cf. Uguta-Toosa n° 45) sera légalisé. Toutefois, notre ralliement a un caractère assez spécial. Le sigle de Uguta-Toosa sera conservé à l'étranger pour mobiliser la diaspora et pour le journal électroniqie. Peut-être, jusqu'à la disparition de la dictature djiboutienne, présenterons-nous un "courant politique" toléré au sein de l'ARD ? Tout cela fera l'objet d'un débat entre Uguta-Toosa et ARD.
L'objectif est clair : il s'agit de renforcer l'ARD, en priorité à Djibouti qui est, ne l'oublions pas, le terrain où se situent les vrais enjeux.


Année 2010 : plus d'unité, plus de combativité

Au cours de la nouvelle année, nous espérons mener à Djibouti et à l'étranger notre campagne de sensibilisation, en collaboration avec l'ARD.
Notre voeu le plus cher est de réaliser au cours de l'année 2010 l'unité formelle de l'opposition djiboutienne d'une part et de sa ré-oragnisation afin d'augmenter son efficience. Le plus urgent est d'organiser des manifestations pour empêcher qu'Ismail Omar Guelleh brigue le troisième mandat. Chaque jour constitue une échéance politique pour nous.

Incha'Allah, l'année prochaine à Djibouti !

Gifta Ali Coubba
Uguta-Toosa, décembre 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011


Titre 1 : "Ne restez pas indifférent devant l'agonie de votre pays"
(Janvier 2005, N°1)

« Chers compatriotes,

« Notre parti politique, Uguta-Toosa, est persuadé que l'avenir de notre pays passe par la démocratisation urgente de ses institutions. En outre, les beaux textes ne servent à rien si ils ne sont pas appliqués et respectés. Dans notre pays, le chef de l'Etat ne respecte ni les lois ni la Constitution nationale, foule aux pieds l'autonomie de l'appareil judiciaire, et méprise le pouvoir législatif.
Notre combat vise donc à éradiquer la classe politique actuelle dont Ismaël Omar Guelleh est la caricature absolue et répugnante.

Uguta (Toosa) demande à tous les Djiboutiens de soutenir son combat pour l'instauration d'un Etat de droit à Djibouti. Si ce n'est pas le cas, soutenez un parti d'Opposition mais ne restez pas Indifférent devant la lente agonie de votre pays. »

(Extraits, Janvier 2005, N°1)


Uguta/Toosa, décembre 2009

D'après la consttition nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

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Titre 2 : Mes voeux du nouvel an
(Gifta Hammadou Ali ben Ali)

Les années se suivent et se ressemblent à Djibouti. C’est à croire que le cycle temporel tourne en boucle et que nous vivons le même cauchemar indéfiniment depuis 1977.
Comme les 32 années écoulées, l’année 2009 n’a pas dérogé à la règle, elle se termine donc comme elle avait commencé par une énorme déception pour tous les Djiboutiens qui ne sont pas du sérail du pouvoir.


Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui se passe dans le pays depuis le détournement de l’indépendance par une mafia politique défendant les intérêts claniques et tribaux. La dictature totalitaire érigée comme système par Ismail Omar Guelleh et ses dévots est belle et bien debout et a longue vie devant lui du fait du manque de leaders de l’opposition capables de transcender l’esprit partisan et d’incarner l’espoir de tout un pays.
La liberté d’expression est plus que jamais bâillonnée dans le pays. Le peuple vit la peur au ventre en raison de l’absence de la démocratie réelle qui garantirait les droits les plus élémentaires de chaque citoyen. Et la police veuille aux grains !
L’impunité, l’injustice, le détournement des deniers publics, la corruption, le clanisme et le tribalisme sont devenus la devise écrite au fronton des bâtiments publics et administratifs.

Cependant j’ose espérer que le nouvel an sera différent des années précédentes et porteuse de bonnes nouvelles dans le pays. Aussi je vous adresse comme veut la coutume mes vœux de santé, de bonheur, de prospérité, de réussite et de changement radical.

D’autre part, UGUTA attend de chacun d’entre vous en cette fin d’année que chaque fille et fils du pays regagnent le douillet du foyer familial pour faire une fête en famille :
Une prière soit dite au nom de nos martyrs tombés l’arme à la main pour nous libérer du joug de la dictature sous les feux de l’AND et des QAGABBA .
Avoir à l’esprit une pieuse pensée à la mémoire des hommes et des femmes massacrés à Arhiba en décembre 1991 par esprit de vengeance sur ordre de la dictature avec la omplicité complaisante du Premier ministre de l’époque Barkat Gourad .
Témoigner une reconnaissance patriotique et républicaine à toutes ces filles et femmes afar immolées, violées et battues à mort où qu’elles soient.
Ne jamais se lasser de demander la justice au nom des bergers exécutés sommairement par les troupes d’Ismail Omar Guelleh.

Non à la modification de la constitution.
Non au renouvellement du 3ème mandat de IOG anticonstitutionnel
Oui pour la démocratie. Oui pour le changement

VIVE UGUTA-TOOSA

HABA

Uguta/toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 3 / QUSBA LIGGIDI (NEL YAMAQAY)
SIINIL YAMAQAY

COMMENTAIRE DE UGUTA-TOOSA vous propose ce voeu écrit en langue afare par Youssouf Mohamed Bouha. Vous trouverez une version plus concise sur le site de www.bilobilo.com.
Les amoureux de la langue afare y trouveront les expressions courantes véhiculant les valeurs que notre société traditionnelle avait l'habitude de louer. Le changement est-il si grand pour que nous ne respections pas notre culture et notre morale ? Sommes-nous si peureux et poltrons que nous sommes incapables de lutter pour faire vivre dignement notre famille ?

2010, qusba liggidi nel yamqeeh, ni cuggaaneey, baadal inkih yamqem kaak qaagitna.
Iggimâ dite amok nek kattay.
Umak maqem edde cedan liggida kaa abay 2010.
Taakumem kee katattam agaaradnay, ittak ken baxisnay. Yaakumik ciggil kee barra taaxigi qaduk neh yamballaay.
Qale gide yakke caylah, boola luk garaanam batura; wohuk nee catay. Caylat cayla luk garaynay.
Nabaa masle fardi rammah able kaa waynay. Siyaasa is amqinaane hinnak, itta naabbay, ankacisnay. Umam, umaaneh neh tamballaay, teetik waasimnay. Maqem naymaaqay, tet kataynay. Labuk sayih, abto nek gino tamqay, tet sudaaducnay.
Kasle isi caddi cabe waytay ; ken catay qax umaaneey afguuqak. Saqal saqal ceelay, cabsu yaallay.
Maqanxi deero cabe waay, ese ceela fardil waytime waay; cixuk aggiriqqee waay.
Baritto nek diini takkay, haykalah nek gactay. Tookaxaw xiqam malik itta naabbay. Faxem abnak xisoh orbinnaan im abnay.
Gaat adoobi, ilko yakkay.

2010, Ittâ way kee akaalafat baxxo beyak raagneh ik, aysa keenik iful nawqay
. Ittin wayak gufneh gidet edde naaday. Qusba liggidi tekkem edde hawweenan, karma yakkay. Tikki ittem walaa nabi maaqo takkay. Biltam waynabooy qiliiloh ayro takkay.
Baatilik lafa aggilenno, gude baxal kaak hee lino; kaat abnu waa niksok ugte wayuh, itta geynek ruma kaa abennom asmata. N'iggilek rumxé cinta diglo kaat abenno.
Axcuk neh sugeeniih, tikki itteemik qafu ittah innay. Anu aakumeeh, Yallah caba siinik axce. Ibrahim Wayte kah iyye'nnah “Tu yok raqtu raaqe waytu, tu' rraq ennel qidu waak, aysa gennaan imik qaf aba”. Nee qambaltam kibuuy, nan itta waayak uxih m' awaqqino.
Gaat adoobi ilko nek yakkay.

Gidda (Wakti) nek baye waytay, saqal isi abto yakeele num yakkay.
Ayrooy isim takkay, saakuuy, rike maadnay. Sanat gidet 365 caagid neh yangaddabay.
Taabe kal, tu barte kal, ayro nek kore waytay. Hitta wayta kasle kas dagooh, ken kak catay, nee catay.
Ahaffanah sugtem kotoqu, usuk kak yanim taamâ sinna. Gadangaddi baaxo duudak, nee catay aban wayak.
2010, qusba liggidah abnah nan xaaqo nek badal tabtay; qalet makittay, isi arac geytay. Usuk neey ni cuggaane Itiyobbia, Iretriya, Yamanaay Soomaalil inkih yamqay.
Dabbok sinam catay, gexxem isi dabqih tadaaray. Baxaabaxsi dambi leeh, decroh uma; uma taama lakat cane lek, abeyni diiko yaafek afal kaah taguude digaala geyay. Cakki reeda geyay.
Reedantuk abto misli taama takkay.
Goyti aggadaqqi haay, a gul gidda tamqu waytaamih ifiifa lek, balaale waytay.
Reedantuk abto misli taama takkay. Qibaada kak yaanam nammanih sidiicanih, toh :
Iggima edde baysaanaah, naharak baritto.
Sinnim edde abaanaah, lakal taama.
Galto edde geyaanaah, woh Goyti aba kak yeemi.
Sarrintinoh maqeeh, woh odoru.
Yalli kicniih, woh cakki qangara.
Amah inkih elle bictu duddam, gocoy kee Gaat adooba ilkaanama.

Goyti aggadaqqi haay, a gul gidda tamqu waytaamih ifiifa lek, balaale waytay.

"Inkim le inkim leeh, faarisle inkim lek", Gabuutih ummatta tooboko takkay. Gar kee demokraasi, xinto nek takkay 2010.

Ani haay Gabuutih ummatta, ani haay UGUTA-TOOSA.

 
Y.M.B.


Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 4 : LE RÔLE DE LA FIQMA ?

Notre parti est conscient qu'il ne faut jamais cesser de mobiliser les gens. Nos critiques sur l'apathie de la diaspora djiboutienne et les fonctionnaires abrutis par le khat sont toujours d'actualité. En ce début d'année 2010, nous répétons donc nos mots d'ordre : "Uguta Labhay !" " Toosa !"


Deux types de citoyens, dit un proverbe afar

Les hommes, comme vous le savez, diffèrent les uns des autres. Un proverbe afar affirme qu'il y a deux catégories d'hommes dans une société : "Afah haan waqdi yaaxige barra-b-baxa kee deerih haan waqdi yaaxige barra-b-baxa". Pour simplifier, nous avons "celui qui sait d'instinct" et "celui qui sait quand on le lui montre".
Dans la première catégorie s'inscrivent les citoyens qui saisissent immédiatement les enjeux politiques et savent différencier le bien du mal, le droit de l'injsutice. Ces hommes et femmes sont politiquement engagés. Par exemple, ils n'attendent qu'un parti politique devienne fort. Ils n'ont pas besoin de réfléchir dix ans ! Ils ne perdent pas leurs temps à dénigrer ou à écrire des tracts alors qu'ils peuventadhérer à des partis politiques. Ils n'attendent pas de devenir membre d'un front armé quand celui-ci mène des actions. Leur conscience étant en alerte, ils savent qu'ils trouveront un accomplissement personnel supplémentaire au sein d'un parti politique qui partage leurs idées.
Dans la deuxième catégorie
, nous rencontrons des hommes et femmes qui ont besoin qu'on leur attrappe par la main, qu'on leur répète cents fois le même message et la même chose. Ce n'est pas qu'ils sont bêtes mais la nature les a faites ainsi. Il me semble que dans la société djiboutienne actuelle, il y a beaucoup dans la deuxième catégorie. Il y a une troisième catégorie née de la perversion de notre société.

La troisième catégorie : Futur député ou Futur ministre ?

Cette catégorie d'hommes passe son temps entre le travail et le mabraze, lorsqu'ils ont du travail. Lorsque ils n'ont pas d'emploi, ils n'essaient pas de dépasser leur condition de paria ou de faire quelque chose de leur vie. Non, ils attendent l'heure de brouter du khat sans état d'âme puisque de toute façon, même déasrgenté, il n'est pas difficile d'avoir sa "botte" de khat à Djibouti. Ils attendent aussi autre chose ...
Ces hommes, diplômés ou non - cela n'a aucune importance à Djibouti - rêvent tous d'être haut fonctionnaire, député et ministre d'Ismail Omar Guelleh. Certains d'entre eux ont déjà occupé l'un des ses fonctions et se disent que le destin pourrait repasser par là ! De tout leur coeur, dans leur naïveté maladive, ls espèrent que le dictateur va les appeler et qu'ainsi leur calvaire va cesser. Ayant goutté au vertige du pouvoir et de l'argent facile, ils pourraient vendre leur mère et leur soeur pour retrouver ces privilèges ! D'autres hommes attendent, plus impatients et plus fébriles, parfois leur niveau scolaire est si bas qu'ils ne savent pas écrire correctement leur nom ! Mais ils se disent "Mon cousin a été député et ministre illettré, pourquoi ne le serais-je moi aussi si je me fais voir par Ismail Omar ". Voilà les propos que tiennent ces Djiboutiens de la troiième catégorie. Et ils sont très nombreux.
C'est le résultat de l'aliénation de la politique coloniale française et celle de Hassan Gouled qui ont dévalorisé le savoir et la commpétence dans notre pays. Notre parti essaie de briser cette aliénation en menant notre campagne en langue française et en écrivant en langue afar.

La fiqma : une sorte d'organisation politique

La société moderne s'est développée grâce à la division des tâches. Quand on se penche sur la façon dont la société afar distingue la fonction de chaque individu au sein de la société, on est amené à se poser des questions. Comme nous le dit le texte ci-dessus en afar, l'homme d'expérience (kasle), le responsable politique (saqala) et le plus jeune (maqanxa) remplissent chacun un rôle. Ce qui est plus instructif, c'est le rôle dévolu dans notre région (Laaqo) à la fiqma. Ne correspond-elle pas plus ou moins à un parti politique ou à une association citoyenne puisque chaque individu est obligé d'y adhérer à partir de la puberté. Cette adhésion implique la civilité, le respect, l'apprentissage de la contradiction. De plus, tout le monde est concerné : les hommmes et les femmes.
dans la société afare traditionnelle, il n'y avait pas de place pour des gens qui voulaient réfléchir pour adhérer à une fiqma. Tout être humain ayant son libre arbitre appartenait à une organisation.
Aujourd'hui où nous sommes fort d'une culture moderne et écrite, des connaissances dont nos grands parents ne pouvaient même pas imaginer, que faisons-nous ? Il y a des Djiboutiens qui attendent avant de devenir membre d'un parti politique. Les plus à blâmer sont les Afars qui, depuis des générations, save que l'on apelle faire partie d'une organisation sociale.

Labuk sayoh itrita labhay ! Hommes et femmes assumez vos responsabilités.

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 5 : Mise au point : Comme si Djibouti était stable !
(Cassim Ahmed Dini)

Paris, le 28 décembre 2009
Alliance Républicaine pour le Développeme
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(Lire ci-dessus la résolution 1907 du Conseil de Sécurité auquel Cassaim Ahmed Dini fait référence)

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 23 décembre 2009, une résolution demandant, entre autres "à l’Érythrée de régler par la voie pacifique le différend frontalier qui l’oppose à Djibouti".
Nous soutenons pleinement cet appel au dialogue, conforme aux dispositions du chapitre VI de la Charte des Nations unies et souhaitons qu’une nouvelle confrontation armée soit évitée et que la paix revienne entre Djibouti et l’Érythrée.

Cette évidence étant posée, I’ARD ne peut totalement souscrire à la perception des réalités djiboutiennes qui semble être celle du Conseil de sécurité lorsqu’il « Exige de tous les Etats Membres et en particulier de l’Érythrée qu’elle cesse d’armer, d’entraîner et d’équiper les groupes armés et leurs membres, dont Al Shabaab, qui visent à déstabiliser la région ou fomenter des violences et des désordres civils à Djibouti ... ».

Est-ce à dire que la paix civile règne à Djibouti, havre de paix dans une région tourmentée, qu’une force maléfique extérieure chercherait à déstabiliser ?

Si tel est le postulat qui sous-tend cette assertion du Conseil de sécurité, qu’il nous soit permis d’estimer, nous, émanation d’un mouvement politico-militaire cosignataire de l’accord de paix du 12 mai 2001 violé par la partie gouvernementale, nous, membres d’une opposition djiboutienne à laquelle est quotidiennement et brutalement dénié le droit fondamental de concourir à l’expression du suffrage universel, que c’est le régime djiboutien qui, en aggravant les causes du conflit armé, constitue le plus grand danger pour la paix civile.

Présenter Djibouti comme un modèle de stabilité relèverait à la fois de l’onction thaumaturgique et de la politique de l’autruche : c’est la violence répressive que cette dictature sortie des urnes impose aux partis politiques, aux syndicats et à la société civile dans son ensemble qui pousse un nombre croissant de Djiboutiens à choisir des voies radicales.

Bien que nous souscrivions à l’indispensable curialisation des oppositions, afin que les inévitables confrontations se déroulent dans un cadre pacifié, nous estimons toutefois que l’on ne peut condamner une légitime Contestation armée sans donner toutes ses chances à une opposition pacifique légalement constituée.

Ne pas admettre que Djibouti est fondamentalement instable du fait de la nature dictatoriale du régime en place, fait enfin désagréablement suite au silence complaisant de la communauté internationale (et singulièrement les grandes démocraties militairement présentes à Djibouti) face à la répression sauvage de l’opposition pacifique et aux exactions récurrentes et impunies contre les populations civiles du nord et du sud-ouest de notre pays.

Pour nous, Djibouti n’est pas seulement un port, une position géostratégique ou un avant-poste pour des forces militaires étrangères: c’est un Peuple déterminé à en finir avec une dictature qui s’asservit depuis trop longtemps et à pleinement se réaliser dans un développement harmonieux.

Quand le bulletin de vote n’est que le papier peint d’un vaste décorum démocratique et que les revendications pacifiques ne rencontrent que des tirs à balles réelles, c’est au Peuple et à lui seul de définir le meilleur moyen de se libérer d’un régime qui constitue une intolérable calamité pour ses citoyens ainsi qu’une grave menace pour ses voisins.

Le délégué plénipotentiaire de l’ARD
Cassim Ahmed Dini


OOOOOO

Conseil de sécurité
CS/9833

http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/CS9833.doc.htm

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ IMPOSE UNE SÉRIE DE SANCTIONS À L’ÉGARD DE L’ÉRYTHRÉE, ACCUSÉE DE SOUTENIR DES GROUPES ARMÉS MENANT DES ACTIVITÉS DE DÉSTABILISATION EN SOMALIE

Le Conseil de sécurité a décidé, ce matin, d’instaurer un nouveau régime de sanctions contre l’Érythrée, accusée de soutenir des groupes armés somaliens et de déstabiliser, ce faisant, le Gouvernement fédéral de transition de la Somalie.

Dans une résolution adoptée par 13 voix pour, une voix contre (Jamahiriya arabe libyenne) et une abstention (Chine), le Conseil de sécurité décide ainsi que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la vente ou la fourniture à l’Érythrée, par leurs nationaux ou de leur territoire ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types –armes et munitions, véhicules et matériels militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes–, ainsi que toute assistance technique ou de formation. 

Le Conseil décide aussi que l’Érythrée ne doit fournir, vendre ou transférer, directement ou indirectement, à partir de son territoire ou par l’intermédiaire de ses nationaux ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant son pavillon, aucune arme ni aucun matériel connexe et que tous les États Membres doivent interdire l’achat à l’Érythrée, par leurs nationaux ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, des articles et des services d’assistance ou de formation, qu’ils proviennent ou non du territoire érythréen. 

Par la résolution 1907, qui avait été présentée par l’Ouganda, le Conseil de sécurité décide également que tous les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des individus désignés par le Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 751 (1992) et dont le mandat a été élargi par la résolution 1844 (2008). 

Il décide en outre que tous les États Membres doivent geler immédiatement les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire à la date de l’adoption de la présente résolution, qui sont détenus ou contrôlés directement ou indirectement par des individus ou entités désignés par le Comité, ou par tout individu ou entité agissant pour leur compte ou sur leurs ordres. 

Les dispositions de la résolution s’appliquent à tous les individus, y compris, mais sans s’y limiter, aux hauts responsables politiques et militaires érythréens, aux entités gouvernementales et paraétatiques et aux entités privées appartenant à des nationaux érythréens vivant sur le territoire érythréen ou à l’extérieur.

Ces personnes et entités sont désignées par le Comité comme fournissant, notamment, un appui depuis l’Érythrée à des groupes d’opposition armés qui visent à déstabiliser la région, comme faisant obstacle à l’application de la résolution 1862 (2009) concernant Djibouti, ou comme abritant, finançant, aidant, soutenant, organisant, formant ou préparant des individus ou des groupes qui visent à commettre des actes de violence ou de terrorisme contre d’autres États ou leurs citoyens dans la région.

Après l’adoption de la résolution 1907, le représentant de l’Ouganda, dont la délégation a présenté le projet de résolution, a déclaré que la situation en matière de sécurité en Somalie exigeait une action urgente pour mettre fin aux activités des groupes armés engagés dans des activités de déstabilisation du pays. « Les sanctions contre l’Érythrée étaient ciblées et non pas généralisées, ce qui laisse espérer que le pays prendra des mesures pour que sa position évolue favorablement », a-t-il dit.

Le représentant de la Jamahiriya arabe libyenne a expliqué l’opposition de sa délégation aux mesures contenues dans la résolution en arguant que l’Accord de Djibouti et l’appui à la création d’un gouvernement d’unité nationale pour rassembler toutes les composantes du peuple somalien restaient les éléments propices en vue de rétablir une paix durable en Somalie et dans l’ensemble de la région.

« Les sanctions ne peuvent pas constituer un moyen efficace pour régler les problèmes actuels », en considérant que le régime imposé allait exacerber les problèmes humanitaires dans la région.

De son côté, le représentant de la Chine a justifié l’abstention de sa délégation par le fait que, de l’avis de sa délégation, le Conseil de sécurité doit agir avec prudence lorsqu’il impose des sanctions, cet organe ne devant pas se substituer « aux efforts diplomatiques visant à résoudre le problème par le dialogue et la négociation ». 

« L’Érythrée abrite des terroristes, des rebelles et viole sans vergogne les droits de l’homme, finance le trafic d’armes et de ressources à destination des insurgés », a énuméré pour sa part le représentant de la Somalie.  « L’attitude récente de l’Érythrée n’incitait pas à l’optimisme, et c’est pourquoi l’appui urgent du Conseil de sécurité, des Nations Unies et de la communauté internationale est nécessaire pour exhorter ce pays à se joindre aux efforts de paix en cours pour consolider la paix en Somalie », a-t-il considéré.

Avec cette résolution, s’est félicité le représentant de Djibouti, « justice est enfin faite pour répondre à l’agression flagrante et sans provocation que l’Érythrée a commise contre son pays, il y a presque deux ans ». 

« Les sanctions contre l’Érythrée étaient devenues depuis longtemps inévitables », a déclaré le représentant de Djibouti.  Il a estimé que les mesures prises par le Conseil de sécurité ne ciblent que le rôle destructeur de l’Érythrée en Somalie, « et n’ont aucun impact négatif sur le peuple de l’Érythrée qui, a-t-il rappelé, est victime de la mauvaise gouvernance et des exactions de son propre Gouvernement ».

PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Texte de la résolution S/RES/1907 (2009)

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 6 / Entretien avec Mohamed Kadami
dirigeant du FRUD (Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie)
(Les Nouvelles D'Addis)



Photo : Hendaye, juillet 2002
© Alain Leterrier / LNA
Hana

“Le FRUD contrôle un territoire plus vaste que le président somalien, Cheik Cherif Ahmed, soutenu par la communauté internationale

Après avoir été réduit à une force de proposition, le FRUD redevient un acteur important à Djibouti”

Les nouvelles d’Addis
PROPOS RECUEILLIS PAR
COLETTE DELSOL ET ALAIN LETERRIER
décembre 2009



Les nouvelles d'Addis. – À quoi sert le FRUD ?
Mohamed Kadamy. – Il faut peut-être au préalable se demander ce qu’est le FRUD, c'est-à-dire sa nature, ses objectifs.
Le FRUD n’a pas jailli du rocher. Incontestablement, le FRUD est l’émanation et le fruit des luttes populaires multiformes pour les libertés, la démocratie, qui rythment la vie des citoyens ces trois dernières décennies. Le FRUD s’est inscrit dès sa création, il y a dix-huit ans, dans un mouvement d’émancipation des peuples, avec une volonté radicale de changement. Le FRUD a consenti d’énormes sacrifices, pour une projection dans l’avenir, en essayant toujours, de semer ici et maintenant les graines pour un futur meilleur pour ce pays et sa population.
Bien sûr, tout œuvre de cette nature, tout dessein de cette ampleur n’est pas une promenade tranquille, il suscite des obstacles, des oppositions, et engendre aussi ses propres contradictions. C’est pourquoi le FRUD a été affaibli par les moyens colossaux du pouvoir et de ses alliés, mais aussi par ses différentes défections et divisions.
Nous avons maintenu, contre vents et marées, la structure politico-militaire, grâce à la volonté farouche des combattants, des cadres, et de quelques dirigeants. La reconstruction du FRUD s’est faite dans un contexte très difficile, souvent à contre courant.
La persistance dans nos positions d’une part, les dégradations constantes de la situation du pays et de la population d’autre part, ont eu raison de l’hostilité ambiante, de l’indifférence complice, et généré des ralliements de plus en plus importants pour notre mouvement.
Après avoir été réduit à une force de proposition, le FRUD redevient aujourd’hui – en dépit des analyses nombreuses ici et là annonçant sa disparition – un acteur important à Djibouti.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, le FRUD contrôle aujourd’hui un territoire plus vaste que le président somalien, Cheik Cherif Ahmed, soutenu par la communauté internationale.
Dès lors, le FRUD va contribuer au changement démocratique
.

LNA. – Qui soutient votre organisation ? : l’Éthiopie, l’Érythrée, un mouvement islamiste…
MK. – D’une manière générale les mouvements politiques répondent à ce genre de question en disant qu’ils comptent sur leur propre force. En ce qui concerne le FRUD, le slogan « compter d’abord sur ses propres forces » n’est pas l’expression d’une langue de bois, et reflète l’exacte réalité de notre situation.
Historiquement, le FRUD est connu comme le mouvement qui a pu libérer et contrôler 2/3 du territoire djiboutien de novembre 1991 à mars 1993 sans le soutien d’aucun mouvement, ni d’aucun État. Il faut ajouter à ce tableau, qu’il n’y a ni or ni diamants ni pierres précieuses dans les régions où opère le FRUD.
À l’heure où nous parlons, aucun mouvement, aucun État, et aucune entreprise ne soutient le FRUD. Notre atout ce sont les ressources humaines, notre richesse c’est l’élément humain qui reste très précieux. Nous nous efforçons surtout de ne pas nous créer des ennemis, ni parmi les organisations ni parmi les États voisins ni parmi les puissances.

LNA. – Vous avez déclaré aux Nouvelles d’Addis que le FRUD n’écartait aucune hypothèse concernant son action, excepté le terrorisme (1). Où en êtes-vous concernant les voies politiques et/ou armées ?
MK. – L’humoriste français Raymond Devos disait : « Il m’arrivait de prêter l’oreille à un sourd. Il n’entendait pas mieux ». Depuis l’indépendance nous avons affaire, à des dirigeants complètement sourds, qui n’entendent, aucun raisonnement, aucun avertissement et qui sont dans une fuite en avant permanente.
Mais la surdité du président actuel est totale, il a même poussé le bouchon très loin, en piétinant le dernier accord de paix signé d’une manière solennelle le 21 mai 2001 avec le regretté Ahmed Dini, qui pourtant nous l’avons dit et répété, ne remettait pas en cause son pouvoir omnipotent.
Cet homme, qui tire sa seule légitimité de ses liens de parenté avec l’ancien président Gouled et de sa répression sauvage contre les démocrates et la communauté Afar, et qui n’a jamais reçu l’onction des urnes (parce qu’en 1999, c’est son concurrent Moussa Ahmed Idriss qui l’a emporté et en 2005, il était le seul candidat en lice où seuls 10 à 13% des électeurs se sont déplacés), a fait preuve d’une arrogance inouïe. Il a déchiré sa seule carte d’entrée en politique que constituait l’accord de paix.
L’accord de paix ce ne sont pas des privilèges qu’une partie accorde à une autre, ce n’est pas une dévolution des propriétés appartenant au gouvernement ; ce n’est pas un don que le prince régnant accorde à une partie de la population ou à ses sujets : c’est une obligation sacrée pour les parties signataires d’honorer leurs engagements, pour atteindre les objectifs fondamentaux de la paix.
Les décrets, les lois et même l’acte fondamental qu’est la constitution doivent s’adapter aux clauses de l’accord de paix, qui n’est pas un bout de papier mais un engagement fondamental liant les parties pour l’avenir et constituant le fondement du vivre ensemble des citoyens d’un État.
Nous sommes très étonnés, que les puissances présentes à Djibouti militairement n’aient pas daigné critiquer cette violation flagrante par Ismaël Omar Guelleh de l’accord de paix, tout en sachant que c’est lourd de conséquences.
La politique menée depuis trente-deux ans est extrêmement suicidaire pour l’État de Djibouti (opinion partagée par une grande partie du peuple djiboutien et par de nombreux observateurs), car sans pays Afar, il n’existe pas de République de Djibouti.
Non seulement les questions soulevées par le conflit n’ont pas été réglées, mais elles ont été aggravées, et sont devenues même taboues.
Face à la violence fondatrice de ce régime, basée sur la seule force, qui tourne le dos à la création d’un État national et démocratique, la résistance (entendue à la fois comme môle de résistance face à l’oppression et comme processus de création d’une nouvelle alternative) est un combat légitime, juste et nécessaire.
Nous avons, en tant que FRUD, scrupuleusement respecté les populations des zones où nous menons nos actions, nous n’avons jamais pris comme cible un seul civil, nous avons soigné, bien nourri, les prisonniers militaires que nous avons détenus.
Il faut être conscient que ces combattants, qui essaient d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays, en refusant le confort douillet des villes, luttent pour l’intérêt de toute la population, et doivent être soutenus par tous ceux qui aspirent au changement.
Cela ne nous empêche pas de faire nôtre la citation d’Antonio Gramsci qui dit : « Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir ».

LNA. – Il y a des accrochages dans le Nord de Djibouti, entre les éléments armés du FRUD et l’armée nationale djiboutienne (AND). Il semblerait que l’AND ne soit pas tellement pressée d’en découdre, qu’elle évite le contact… Confirmez-vous nos informations ? Si oui, à quoi ça tient ?
MK. – Il y a eu plusieurs accrochages entre le FRUD et l’AND dans les districts d’Obock et de Tadjourah. Le deux plus importants ont lieu du côté de Moussa Ali et à Sismo dans les Mablas. Dans ce dernier affrontement, du 30 août 2009, l’attaque de l’armée a été repoussée malgré l’utilisation des hélicoptères, et elle a subi des pertes. Mais à chaque fois, les officiers supérieurs doivent faire les déplacements pour convaincre les troupes d’aller combattre le FRUD. Il est exact que la plupart du temps, l’armée évite le contact.
Plusieurs problèmes secouent l’AND ces dernières années. Face à l’érosion de leur pouvoir d’achat, consécutive en partie à la hausse des denrées de première nécessité, les militaires basés au Nord ont organisé un mouvement de mutinerie, en février 2008, pour revendiquer des hausses des salaires et surtout l’alignement de leurs salaires sur ceux de la garde présidentielle.
À cette crise sérieuse au sein de l’armée, qui a failli dégénérer, s’est ajoutée au moment même où les militaires s’attendaient à bénéficier des hausses de salaires promises, en avril 2008, une guerre dite frontalière avec l’Érythrée, déclenchée par le chef de l’État Ismaël Omar Guelleh et le chef d’État Major de la Défense, Zakaria Cheik Ibrahim. Beaucoup des soldats mutins ont été envoyés au front où ils ont payé un lourd tribut lors des affrontements meurtriers entre les deux pays en juin 2008.
Certains officiers ont émis des doutes sur le bien-fondé de cette opération et ont été sanctionnés.
Ces deux événements ont mis le moral des troupes à plat, entraînant des désertions par dizaines. Ce malaise est amplifié par l’éviction de l’homme d’affaire Abdourahman Boreh (personnalité économique de première importance, qui a vu tous ses biens confisqués par le fait du prince), qui semble influent au sein de l’armée.
L’AND a par ailleurs des difficultés croissantes avec les anciens du FRUD, incorporés après les deux accords de paix. Ils n’ont jamais été réellement acceptés, beaucoup d’entre eux ont quitté suite aux harcèlements, à l’ostracisme. Trois d’entre eux ont été exécutés sur ordre de la hiérarchie : Aboubakar Ayoub, le 7 mai 2008, à Galilée à la frontière éthiopienne ; Ali Mahamad, à Balbala, mi-décembre 2008 ; et Mohamed Halloyta dit Reedo, le 18 août 2009, à Boli (50 km de Tadjourah). Depuis la mort de Halloyta, qui était très populaire parmi ses camarades, les anciens du FRUD se sentent en danger et des incidents se sont multipliés. Cinq d’entre eux sont emprisonnés parce qu’ils se sont opposés à des exactions contre des civils : à Assagueila, suite à l’explosion d’un camion-citerne militaire, le 15 octobre 2009 ; ou à Galéla, la même semaine, en empêchant le viol de deux jeunes filles dont celle du notable ; ou encore le 10 novembre, à Dawdaya.
Les exactions contre les civils, de plus en plus nombreuses, ne sont pas le fait d’actes isolés et spontanés ; parmi les militaires, il y a des personnes recrutées dans le sérail des proches du Président, spécialement chargées de basses besognes, de sévir contre des civils innocents, pour provoquer un clash entre l’armée et la population et créer des tensions tribales.

LNA. – Le Premier ministre djiboutien a tenu des propos très durs au sujet de votre mouvement. C’était dans le Nord et il s’exprimait en afar. Certains de ses propos sont surprenants : il a dit entre autres que le FRUD bloquait les routes, paralysait la région… Curieuse déclaration, non ?
MK. – Cette déclaration du Premier ministre n’est pas isolée et s’inscrit dans le cadre d’une communication gouvernementale tous azimuts.
Le discours en afar du Premier ministre, prononcé à Tadjourah le 22 octobre 2009 (à l’occasion de la remise d’un ferry-boat, don de la coopération japonaise), s’adressait à la population du Nord qui connaît mieux que lui la situation dans la région et l’importance du FRUD. Mais il en a surpris plus d’un, en déclarant que le FRUD paralysait de facto les districts de Tadjourah et d’Obock (c’est-à-dire la moitié du pays). C’était aussi une manière de faire mieux passer le message de fermeté du chef de l’État, à l’endroit des habitants de la région, soupçonnés de soutenir cette organisation.
Autre auditoire autre discours, en contradiction avec le précédent, le ministre de l’Intérieur (très malmené au sein du pouvoir), a été le dindon de la farce, en jouant le plus mauvais rôle. Il a déclaré en somali à la radio Voix de l’Amérique, le 2 novembre, que le FRUD est constitué de quelques bandits qui maltraitent les habitants.
Enfin, une fois n’est pas coutume, la partition la plus délicate a été attribuée au ministre des Affaires étrangères, celle qui consiste à démontrer qu’il n’y a pas de conflit interne à Djibouti et que tous ses malheurs viendraient de l’extérieur. En novembre 1991, lors de premier affrontement entre le FRUD et les troupes gouvernementales, le FRUD était qualifié de milice éthiopienne. Cette fois-ci, c’est l’Erythrée qui est accusée d’entraîner des milices pour déstabiliser Djibouti. Ce ministre qui a lu le communiqué à la chaîne Al-Jazeera, au Caire le 25 octobre, sans état d’âme, sait mieux que quiconque que le FRUD est Djiboutien dans sa composition, dans ses revendications et dans ses objectifs. Il s’est personnellement rendu compte de l’importance de cette organisation, lors de son déplacement dans les Mablas (sa région natale) en septembre 2009, où les notables ont accusé l’armée d’utiliser les habitants comme bouclier humain.
Le FRUD a existé et existera, nonobstant les péripéties entre le régime de Djibouti et les États voisins (Éthiopie, Érythrée).
En réalité Ismaël Omar Guelleh, tente désespérément de régionaliser le conflit djibouto-djiboutien, comme il l’a fait à partir de février 1992, en recrutant 8.000 anciens soldats somaliens de Ziad Barré. De la même manière, il essaie d’utiliser les centaines de soldats somaliens en formation à Holhol (Sud de Djibouti), contre les combattants du FRUD.

LNA. – Quelle est la spécificité du FRUD, par rapport à l’opposition légalisée de Djibouti ?
MK.Le FRUD est une organisation politico-militaire, c’est sa place particulière dans le paysage politique djiboutien.
Nous considérons que la phase primaire de la constitution de l’État national n’est pas achevée à Djibouti ; dès lors, le monopole de la violence exercée par le régime depuis trente-deux ans n’est pas légitime. Fort de ce constat, le FRUD conteste ce monopole depuis dix-huit ans.
Il y a comme une relation dialectique entre le renforcement du FRUD et la libération des espaces démocratiques, et son corollaire : la création des partis politiques.
Les premières avancées du FRUD ont obligé le régime à se doter d’une constitution et d’un quadripartisme, vite vidés de leur contenu.
Dans un deuxième temps, les poussées du FRUD ont permis l’instauration d’un multipartisme à partir de septembre 2002, qui ne conservera que l’aspect administratif.
Il y a aujourd’hui quatre partis d’opposition (NOUS SOMMES CURIEUX DE SAVOIR LESQUELS ! ) dont trois sont regroupés dans une coalition UAD (Union pour l’alternance démocratique), avec des moyens d’action très limités, et dont la légalité peut être annulée à n’importe quel moment, comme ce fut le cas pour le MRD (Mouvement pour le renouveau démocratique), dissout par décret présidentiel sous un prétexte futile.
Jamais deux sans trois, nous espérons cette fois, atteindre nos objectifs avec la participation de l’ensemble des forces de changement.
Les puissances occidentales, présentes à Djibouti et les pays voisins n’ont aucun intérêt à soutenir la présidence à vie d’Ismaël Omar Guelleh. Ce régime, facteur d’instabilité pour son pays et pour la région, a déjà entamé sa descente dans une sorte de Sombololoho (2), qui en afar évoque « un genre de piste glissante comme le toboggan ».

LNA. – Y a-t-il des interconnexions entre le FRUD et les autres mouvements de l’opposition démocratique ? L’opposition accepte-t-elle l’éventualité d’une action armée ?
MK. – Dans un contexte marqué par un sentiment de désespérance et d’impuissance, le FRUD est porteur d’espoir parce qu’il peut affaiblir l’omnipotence militaire du régime. Perçu avec méfiance par un secteur de la population il y a quelque temps, le FRUD est désormais encouragé dans ses actions par différents acteurs, y compris par les partis légalisés, comme facteur de démocratisation. Le renforcement du FRUD permet d’établir un rapport de force en faveur de l’ensemble des mouvements démocratiques avec lesquels nous entretenons de bonnes relations. Mais la question récurrente au sein de ces mouvements, de l’alliance avec notre organisation doit être tranchée rapidement.
Pour notre part, nous essayons d’entretenir avec les partis d’opposition un rapport d’égalité, compte tenu de la configuration politique actuelle caractérisée par l’existence de plusieurs courants politiques. Cette situation exige la formation d’un large front basé sur une plate-forme, assorti du respect, de l’autonomie et de la liberté d’action de toutes les formations démocratiques.
Cette démarche ouvre une autre perspective et s’oppose aux pratiques du pouvoir en place depuis l’Indépendance, qui a cannibalisé tous les groupes qui se sont ralliés à lui, comme la tendance dissidente du FRUD ou le PND d’Aden Robleh.

LNA. – On parle aussi d’insécurité, d’exactions de jeunes et de voyous à Djibouti-ville. Quelles sont les formes et les conséquences de ce climat dans la capitale ?
MK. – Il faut distinguer trois niveaux d’insécurité qui frappent les citoyens de la capitale.
La première violence est le fait des services d’ordre (police et garde présidentielle), qui s’attaquent à tous ceux qui défendent leurs droits : les chômeurs, les lycéens, les habitants des quartiers considérés comme hostiles au pouvoir. Trois personnes ont été tuées à Balbala, en résistant aux destructions de leurs logements, en août 2009.
En second lieu, on assiste à des incendies plus ou moins organisés des bâtiments administratifs (Cour des comptes avec destruction de toutes ses archives, bureaux de la Cour suprême, ministère de l’Agriculture, etc.), et certains logements bien ciblés. Aucune enquête n’a été diligentée, donc aucune personne n’a été arrêtée.
Enfin, une violence des jeunes a fait son apparition ces derniers temps, qui prennent possession des quartiers après 21h00. Cette insécurité s’apparente à ce que le politologue camerounais Achille Mbembe qualifiait de lumpen-radicalisme, c'est-à-dire une violence sans projet politique. Elle est alimentée par les tensions, nées au sein du pouvoir, après l’annonce du parti au pouvoir de l’éventualité du troisième mandat pour l’actuel président.
Cette nouvelle forme de violence urbaine met à mal la fiction de stabilité et risque de s’amplifier au fur et à mesure que le régime dépérit ; elle est favorisée par les démantèlements des structures politiques, syndicales et associatives.

LNA. – Par ailleurs, la situation alimentaire est grave à Djibouti, dans le Nord et dans le reste du pays. Est-ce globalement un problème de même nature que dans le reste de la corne de l’Afrique ?
MK. La situation alimentaire s’aggrave d’année en année. En 2008, l’organisme américain d’alerte précoce, Famine Early Warning Systems Network (Fews.net) a estimé à 340.000 (c’est-à-dire la moitié de la population) le nombre de personnes souffrant de la faim et qui auraient un besoin urgent d’assistance ; en 2009, leur nombre est en nette progression. S’il est vrai que Djibouti subit de la même manière le cycle de la sécheresse et de la famine qui frappe le reste de la corne de l’Afrique, la situation alimentaire est aussi aggravée par le détournement (jusqu’à 90%) de l’aide internationale.
La situation est encore plus dramatique pour les populations du nord et du sud-ouest, qui subissent une destruction lente de la part du pouvoir et qui n’ont toujours pas accès aux aides et services des ONG.
Les habitants de la zone frontalière avec l’Érythrée sont les plus durement touchés, parce qu’ils sont soumis à un embargo de la part des autorités djiboutiennes ; autorités qui ont pris la décision scandaleuse d’interdire le déplacement dans cette région du sultan de Rahaita, M. Abdoulkader Daoud, personnalité coutumière très respectée parmi la population djiboutienne, ainsi que celui de ses frères et de sa famille.

(Source:http://www.lesnouvelles.org/P10_magazine/15_grandentretien/15058_FRUD-2009.html)

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 7/ Notre positionnement politique
(Février 2005)


Notre logo et notre couleur (nek asta) :

Notre logo : des gens (hommes et femmes debout) - cf. Carte de notre parti.
Notre couleur : marron clair - couleur de gundi (afar) ou gundati (somali)

Notre devise : Madqaay, dimokrasi x-xintow, inkittiino

" Lois, Démocratie et Unité "

Notre attitude politique (nek xiiba)

- rester inébranlables dans nos convictions ;
- demeurer unis dans notre engagement politique jusqu'à l'instauration de la démocratie dans notre pays ;
- faire triompher l'Etat de droit pour le bien de tous les Djiboutiens ;

Nos convictions (nek bagi niya/hangi) :

- Seul un régime démocratique pourrait concilier les Djiboutiens avec l'appareil d'Etat discrédité par le tribalisme ;
- la démocratie garantit la liberté d'expression, d'entreprise et respecte les cultures nationales (afare, arabe et somalie) ;
- la clé du succès politique réside dans l'Unité de l'Opposition djiboutienne ; une unité qui repose sur des vraies alliances politiques.

Nos objectifs (nek mala) :

- Combattre et dénoncer l'injustice qui sévit à Djibouti au plan politique, économique, social, ethnique, etc. ;
- Participer à l'éducation politique de nos concitoyens au sujet des notions de démocratie, de multipartisme, d'alternance démocratique ;
- démystifier le régime djiboutien, sa politique tribale et clanique
- Populariser notre combat et celui de l'ensemble de l'Opposition.

Uguta/Toosa, novembre 2009


D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 8 / Interview de Daher Ahmed Farah
président du parti Mouvement

 


«USONS DE TOUS LES MOYENS LÉGITIMES POUR CRÉER LE RAPPORT DE
FORCE NÉCESSAIRE AU CHANGEMENT
», déclare leprésident du MRD,
M. Daher Ahmed Farah (DAF),
dans une interview au journal le Renouveau Djiboutien

(Propos recueillis par Mohamed Houssein)

Dans une interview accordée au Journal le Renouveau Djiboutien, organe de presse interdit du MRD, le président du MRD, Daher Ahmed Farah, aborde le procès pour faux du MRD, la situation générale à Djibouti, l’état de la démocratie et des droits humains, l’action du MRD et du reste de l’opposition, le projet de troisième mandat du président Guelleh, la position américaine et française ainsi que les voies et moyens de réaliser le changement démocratique à Djibouti.

Le Renouveau : Le procès du MRD a été maintes fois renvoyé. Qu’est-ce qui retient la justice djiboutienne de trancher cette affaire ?
DAF : Je voudrais d’abord profiter de l’occasion que vous m’offrez pour adresser aux Djiboutiennes et aux Djiboutiens mes meilleurs vœux pour la nouvelle année 2010. Puisse-t-elle être l’année du bonheur pour chacun d’entre nous et celle du changement démocratique tant désiré pour nous tous. Pour revenir à votre question, il est vrai que le procès que nous avons engagé contre la dissolution arbitraire et illégale du MRD par décret présidentiel du 9 juillet 2008, va de renvoi en renvoi. Ce, du fait de la partie adverse, à savoir l’Etat de Djibouti. A défaut d’arguments, puisque le MRD a été dissout sur la base d’un faux grossier fabriqué par le régime, l’Etat de Djibouti (malheureusement incarné par le seul pouvoir du président Guelleh) pratique la politique de la chaise vide. Et lorsque son représentant paraît comme il l’a fait (miracle !) le 26 décembre 2009, c’est pour déclarer n’avoir rien à dire. Mais qu’il soit clair, contrairement aux motivations inavouables et inavouées mais non moins flagrantes de cette dissolution, le MRD poursuit de plus belle sa lutte pour le changement démocratique à Djibouti. Un parti politique, faut-il le rappeler, est une organisation de femmes et d’hommes unis par un projet national et non une faveur à tout moment révocable de despote.

Le Renouveau : De quoi accuse-t-on réellement le MRD ?
DAF : Il y a une accusation inventée de toutes pièces et transcrite dans un faux grossier dont tous celles et ceux qui suivent cette affaire ont connaissance puisque ce document a été publié par nos soins comme par le régime. A savoir que le MRD aurait demandé au président érythréen d’envahir la République de Djibouti et de mettre fin au régime du président Guelleh au profit de l’opposition. Et il y a l’accusation réelle qui reproche au MRD de s’engager et de lutter légalement et légitimement pour l’avènement d’une société juste, fraternelle et démocratique à Djibouti. Le régime nous en veut pour nos convictions politiques, voilà la vérité.

Le Renouveau : La vie politique djiboutienne est dominée par un seul parti politique depuis plus de 32 ans. Le pays n’a jamais connu d’alternance démocratique depuis plus de trois décennies. Quel tableau pouvez-vous nous dresser de la situation en général, et dans le domaine de la démocratie et des droits de l’homme en particulier ?

DAF : La situation générale, celles et ceux qui s’intéressent à ce pays le savent, est préoccupante à Djibouti. Plus de trente deux ans après l’Indépendance, quiconque observe la République de Djibouti est frappé par la misère sociale, la concentration des ressources économiques entre les mains d’une poignée d’individus, la confiscation et la gestion désastreuse de l’Etat, le caractère policier du régime. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que notre pays soit très mal placé en matière de démocratie et de droits de l’Homme : notre chère terre est l’un des rares lieux au monde où la liberté et les droits humains sont traités comme une menace par les gouvernants. De fait, la République de Djibouti est, à peine née et à tous les niveaux, devenue la chose d’un homme et de son petit entourage. D’où la profonde lassitude des Djiboutiens et le rejet du pouvoir en place. Rapports et autres enquêtes internationaux sur Djibouti confirment cette analyse de la situation. Je renvoie les lecteurs au rapport de l’Observatoire international pour la défense des droits de l’Homme du 9 août 2006, aux rapports annuels sur la situation des droits de l’Homme dans le monde publiés par les Etats-Unis d’Amérique, au rapport d’enquête parlementaire de l’Union européenne en date du 1er décembre 2008, document suivi d’une résolution du Parlement européen sur la situation dans la Corne d’Afrique le 15 janvier 2009, aux rapports annuels de Reporters sans Frontières, aux nombreux écrits de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de son organe exécutif, le Bureau national de travail (BIT), etc. etc. Il est symptomatique que le président Guelleh ne rassure même pas ses amis et autres proches partenaires, comme le montrent les cas de l’homme d’affaires Abdourahman M. M. Boreh et du défunt général de police Yassin Yabeh. Et qu’à leur tour les plus zélés «fous du roi» du Chef de l’Etat confient en privé leur déception à son égard. Savez-vous qu’Ismaël Omar Guelleh a brutalement déclaré persona non grata, en août 2009, le directeur général que ses amis de Dubai Ports International avaient placé à la tête du Port de Djibouti ? Savez-vous que dans le classement de Doing Business 2009 (Banque Mondiale) Djibouti se retrouve en 163ème sur 183 pays classés pour la facilité de faire des affaires ? Savez-vous que, selon Famine Early Warning Systems Network (Fews.net), organisation américaine d’alerte précoce, 340.000 personnes, soit la moitié de la population djiboutienne, souffraient de la faim et avaient d’urgence besoin d’assistance alimentaire en 2008 sous nos cieux, problème qui ne s’est pas arrangé depuis lors ?

Le Renouveau : Il semble y avoir comme un parfum de fin règne à Djibouti. Est-ce votre avis ?
DAF : La fin de règne aurait dû intervenir depuis longtemps. La vérité est que s’il y a règne autocratique c’est qu’il y a faiblesse de nous autres Djiboutiennes et Djiboutiens. Il est grand temps de cesser d’attendre la fin de ce règne fossoyeur et de la provoquer. N’attendons pas la chance, soyons notre chance.

Le Renouveau : Vous venez d’effectuer une visite de travail en Amérique du Nord. Vous avez aussi participé à une conférence sur Djibouti récemment à Bruxelles. On a l’impression que l’opposition djiboutienne redouble d’activités ?
DAF : L’opposition djiboutienne doit pleinement prendre ses responsabilités, et elle le sait. D’où ses efforts. D’où les efforts constants du MRD et de son président. Nous devons intensifier la lutte et susciter un sursaut national pour réaliser le changement.

Le Renouveau : L’élection présidentielle à Djibouti aura lieu en 2011. Que compte faire l’opposition pour faire advenir une alternance démocratique dans ce pays ?
DAF : La position du MRD et du reste de l’opposition crédible est claire en matière électorale. Comme nous l’avons rappelé dans notre appel au peuple djiboutien et à la communauté internationale du 26 septembre 2009, appel lancé au nom de la coalition des partis légalisés (Union pour l’Alternance Démocratique ou UAD), avant tout nouveau scrutin, les conditions électorales de transparence, de liberté et d’équité doivent être réalisées. Or, rien n’est fait et ne le sera probablement en ce sens par le pouvoir en place. C’est dire qu’il appartient à l’opposition et au peuple djiboutien de créer le rapport de force nécessaire pour débloquer la situation, mettre fin aux mascarades électorales et rendre enfin possible l’alternance démocratique sous nos cieux.

Le Renouveau : L’actuel chef de l’Etat djiboutien, Monsieur Ismail Omar Guelleh, veut modifier la constitution pour briguer un troisième mandat. De quels moyens dispose l’opposition pour faire barrage à ce projet ?
DAF : Monsieur Guelleh, qui ne comprend que le langage du rapport de force, agit ainsi parce qu’il s’estime en position de force. A nous donc de le faire renoncer au troisième mandat et à l’intention de présidence à vie qui sous-tend ce projet. Il nous faut user de tous les moyens légitimes pour créer le rapport de force nécessaire au changement. Je dis bien rapport de force.

Le Renouveau : La France et les Etats-Unis ont des intérêts importants à Djibouti. Pensez-vous qu’ils sont opposés à ce troisième mandat ? Que leur diriez-vous ?
DAF : La France et les Etats-Unis d’Amérique sont deux grands pays démocratiques. Ils ont su s’opposer à la tyrannie et conquérir de haute lutte la liberté dont ils jouissent aujourd’hui. La France aime à se dire patrie des droits de l’Homme et les Etats-Unis ne sont pas en reste qui réaffirment régulièrement leur attachement à la démocratie. Dans son retentissant discours d’Accra en date du 11 juillet 2009, le président Barack Obama a déclaré que l’Afrique a besoin d’institutions fortes (strong institutions) et non d’hommes forts (strong men). Or, le président Guelleh n’est ni un champion des droits de l’Homme, ni un adepte de la démocratie. C’est un homme fort (strong man) qui ne se soucie que de ses intérêts personnels, ce que savent Français et Américains. Nous leur disons donc que si un camp mérite leur soutien, c’est bien celui du peuple djiboutien épris de liberté et de progrès harmonieux. Il va d’ailleurs de leurs intérêts que Djibouti cesse de s’enfoncer dans la misère et dans l’absence de liberté pour renaître dans la démocratie, l’Etat de droit et le développement durable. Ce qui se passe autour de Djibouti, y compris sur l’autre rive de la Mer Rouge, devrait être pris en compte par nos amis français et américains.

Le Renouveau : Vous êtes un opposant notoire au régime Djiboutien. Mais vous vivez en dehors du pays depuis ces dernières années. Quelle est votre marge de manœuvre pour faire avancer votre combat pour la démocratie à Djibouti ?
DAF : En effet, je vis aujourd’hui en exil avec d’autres compagnons de lutte, mais cela ne nous empêche pas d’agir. Nous le faisons avec la diaspora djiboutienne, auprès des démocrates et démocraties amis de Djibouti, mais aussi vers l’intérieur de notre pays. Nous le faisons avec un souci constant d’unité avec le reste de l’opposition
(sic !) . Et nous sommes plus que jamais déterminés. Toutes choses qui dérangent le régime et expliquent ses persécutions à l’encontre de notre organisation politique.

Le Renouveau : En l’absence de liberté de presse et de communication à l’intérieur du pays, de quels moyens de communication dispose l’opposition pour toucher les Djiboutiens ?
DAF : Il est vrai que la liberté d’expression est déniée à l’opposition, comme d’ailleurs au reste des Djiboutiens. Nous nous sommes vu refuser l’autorisation d’ouvrir une radio libre, le Renouveau Djiboutien a été interdit en 2007…Même les communiqués de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) ne sont pas épargnés. Or, il nous faut toucher les Djiboutiens. A l’extérieur, en terre de liberté, c’est aisé ; mais vers l’intérieur, il nous faut faire preuve d’imagination. Les démocrates djiboutiens y travaillent activement. Le MRD, qui est conscient de l’importance des moyens de communication de masse, est très attaché à ce que ce vide soit comblé.

Le Renouveau : Merci, Monsieur le président.
DAF : C’est moi qui vous remercie.

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 9 / Le chef de l'Etat et ses courtisans rêvent d'un monde immobile (extraits)

 

Qu'y a-t-il de commun entre I.O.G., les dévots hypocrites qui prennent la religion en otage, les courtisans qui frétillent dans la suite des ministres, les fonctionnaires véreux, les proches du chef de l'Etat et les ministres djiboutiens les plus agressifs à l'encontre de l'opposition et de la démocratie ?
(…) La plupart du temps, le chef de l'Etat djiboutien ne tolère pas les critiques, les opinions qui diffèrent des siennes. Comme l'homme se croit être un génie, il n'a pas besoin des conseillers ou de déléguer son pouvoir.

C'est pourquoi il a nommé au poste de chef de service de sécurité un personnage hilare et effacé qu'est Hassan Saïd. Comme ça, le chef de l'Etat peut s'occuper lui-même de tout : des affaires matrimoniales d'un couple en cours de divorce, du cas d'un retraité qui fait scandale devant la Caisse des retraites, de son cousin illettré qui refuse d'obéir à son ministre, du réfugié politique djiboutien (mamassane) que l'administration de l'ambassade refuse d'héberger, etc. Et nous passons des meilleurs.
(Uguta-Toosa, février 2005)

Débat d'idées et d'opinions contradictoires

Gardons-nous néanmoins des amalgames faciles ou des dénigrements de personnes. Certains ministres sont compétents mais le président ne leur fait pas confiance. Par conséquent, ils n'ont pas la possibilité de mettre en pratique leur savoir-faire. Ainsi, à moins d'être aveugle, l'opposition devra focaliser sa critique sur le principal responsable de nos maux. Tout en dénonçant la perversité du système et du régime en place. Les ministres n'ont commis jusqu'à présent aucun " crime " susceptible de leur valoir de notre part une attitude trop agressive et méprisante. Encore plus absurde serait de s'en prendre à des députés pour le seul fait d'exercer un mandat parlementaire, dans les conditions folkloriques que nous savons.
A ce sujet, la direction de Uguta (Toosa) préfère la naïveté que l'agressivité. Il partage la sagesse qui dit " on trouve plus facilement des hommes pour faire du bien que pour faire du mal ". Nous avons avec les partisans du pouvoir et la direction du FRUD légalisé, des divergences au sujet de la politique. Rien de plus et rien de moins.

Rêve commun

Au début, il y a un rêve commun et un seul entre le chef de l'Etat et les hommes qui attendent les miettes laissées par lui.

Ismail Omar Guelleh rêve d'une société qui serait rétive (rebelle) à tout changement. Il veut arrêter le temps. L'ordre social et politique hérité de son oncle est considéré par lui comme la société idéale. Bien qu'aucun dictateur ne l'ai conceptualisé, la notion de " la fin de l'histoire " correspond véritablement la force qui anime les dictateurs en général.

Bien entendu, voilà un blasphème au regard de la religion, un symptôme caractéristique d'une schizophrénie incurable.

Les courtisans d'IOG partagent ce rêve avec lui. Ils prient, sans se rendre compte de leur folie, pour un présent qui se dilaterait jusqu'à ce que la mort les prenne. Avant cette fin, aucun changement, aucun mouvement ne doit percer l'ordre glacial et silencieux qui gouverne la sphère politique djiboutienne. Qu'on réduise au silence les DAF et qu'on embastille les " Enfants de Dini" ! Rien ne doit bouger si ce n'est les acclamations dithyrambiques à la gloire d'IOG.

La rareté de l'argent à se partager exacerbe la compétition entre les valets du pouvoir. Il n'existe ni morale ni intérêt général ni solidarité avec sa famille. Les nouvelles religions s'appellent clientélisme, clanisme, " politique de ventre ", vie facile, enrichissement facile.

Cette frénésie mène directement à La criminalisation de l'Etat, Jean-François Bayard, Stpehen Ellis et Béatrice Hibou, 1999 : version en anglais

Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 10 / Le régime autoritaire djiboutien n'est pas tombé du ciel


Pourquoi le régime djiboutien se comporte-t-il comme si le peuple et l'opposition étaient des " criminels", des "assassins ", de "mauvais patriotes" ? Qui alimente ce système qui ne date pas, pour ce qui concerne ses fondements idéologiques, de la présidence d'Ismaël O. Guelleh ? Pour trouver des réponses convaincantes, il faut interroger l'histoire coloniale d'une part et l'histoire personnelle de nos chefs d'Etat d'autre part.

L'histoire : L'Administration coloniale (1884-1977)

En premier lieu, nous avons l'administration coloniale française qui, de 1884 à 1977, a beaucoup expérimenté dans l'ancien Territoire français des Afars et des Issas, la " politique de diviser pour régner " qui consistait à dresser les Somalis les uns contre les autres, les Afars contre les Somalis, les Issas contre les Arabes, etc. Très tôt, les premières élections furent inaugurées en 1958 sous l'égide d'un système politique étriqué. A quelques exceptions près, l'administration française pouvait faire gagner le candidat de son choix. La plupart du temps, le candidat de la France présentait des caractéristiques aptes à en faire un pion malléable. Hassan Gouled a été remarqué très tôt et un responsable politique français n'avait pas hésité à dire de lui : c'est " un vide plein d'orgueil ". L'homme de la France jouissait d'un pouvoir illimité sur les autochtones. A cette époque, la vie d'un colonisé ne pesait pas lourd.

Histoire d'une génération d'hommes qui a perpétué les pratiques coloniales (à partir de 1977)

En second lieu, nous avons des hommes politiques qui ont été à la bonne école. L'ancienne classe politique n'a jamais pu s'émanciper du carcan administratif, du schéma intellectuel et de l'automatisme hérités de la France coloniale. Cette génération porte une lourde responsabilité dans la banalisation du pouvoir autoritaire et despotique. Sous la colonisation française, Ali Aref en a été l'instrument machiavélique. Son dernier exploit politique a été d'apporter lors des élections présidentielles de 1999 son soutien à un candidat qui a planifié le " massacre d'Arhiba " en 1991, où 54 innocents avaient trouvé la mort. (…)

Et depuis 1999, contre toute attente (bien que les dés étaient jetés), Ismail Omar Guelleh a décidé de poursuivre le rêve inachevé de son oncle et un peu celle de la France coloniale.

Il est vrai que son oncle lui avait préparé le terrain en éliminant politiquement Ismaël Guédi Hared et Moumin Bahdon. C'est à tort qu'on parle de la République de Djibouti. Il serait plus juste de parler de la " monarchie républicaine " puisque la famille du chef de l'Etat - famille dans le sen djiboutien - exerce un monopole sur tout l'appareil d'Etat (gouvernement, parlement, armée, police et administration).

Uguta-Toosa, octobre 2009.

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 11 / Ismail Omar Guelleh
menace ses conseillers les plus proches...

(Round trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7)

Commentaire de Uguta-Toosa : Notre parti ne reste jamais indifférent lorsque des Djiboutiens anonymes ou non, isolés ou pas, prennent la plume et manifestent le désir de s'exprimer... C'est pourquoi nous publions ici les analyses pertinentes signées "Round-Trip Toronto Djibouti".
Cependant, je demande à l'intéressé de nous rejoindre, de prendre part SERIEUSEMENT à la lutte politique au sien de notre parti.

Ali coubba


Force est de constater que Ismaïl Omar Guelleh idolâtre le pouvoir et compte bien y rester. Pour cela, il a préféré être clair avec ses plus proches collaborateurs. Il fut un peu plus clair cette fois-ci. Sa stratégie actuelle n’a rien avoir avec celles déjà expérimentées, d’où son message aussi limpide que l’eau de roche. Il n’a donc pas l’intention de lésiner sur les moyens, et sa nouvelle approche fait de plus en plus peur à son sérail.
Comment ? Bonne question qui mérite réflexion!
La fuite nous est parvenue juste après celle offerte à LOI « Le président Ismaïl Omar Guelleh semble encore hésiter sur la manière d’annoncer sa candidature à la présidentielle de 2011 et la modification de la Constitution que cela impliquera. Mais ses partisans continuent à lui préparer le terrain. »
En effet, IOG ne sait plus sur quel pied danser, et est dans de beaux draps. Familièrement parlant, il est dans le caca…oui, dans un gros caca ! Parce qu’un FRUD qui renaît de ses cendres, un MRD ressuscité malgré son assassinat, un ARD qui reprend son souffle, d’autres partis et d’autres personnalités qui se distinguent ici et là par leur excellent travail de sensibilisation…ne lui facilitent pas la tâche. A cela, vient s’ajouter une pression interne où chômage et délinquance juvénile constituent une véritable bombe à retardement. Le journal gouvernemental La Nation du jeudi 24 décembre 2009, vient tout récemment de le reconnaître. Il serait très difficile de dissimuler un cyclone…
Tout porte à croire que la situation va exploser avant ou après 2011. Peu importe quand, le coup de grisou aura lieu à court terme. A moyen terme dans le pire des cas. IOG n’est pas sans savoir ce qu’il l’attend, d’autant que la pression internationale suit graduellement son cours. Certains pays africains sont d’ores et déjà dans le collimateur des grandes puissances.
Cela étant, IOG devait trouver un excellent groupe de réflexion en vue d’élaguer le terrain pour commettre son viol à l’encontre de notre Constitution. Le tout doit se passer dans la plus grande sérénité. Ce groupe de réflexion parce qu’il constitue la crème de la crème aux yeux d’IOG, n’a malheureusement pas droit à l’erreur. La stratégie du dictateur est de le tenir responsable en cas d’échec. Son message se résume comme suit : « si vous me faites perdre, je ne vous pardonnerais pas !». Ca veut tout dire…

(Cf. Round trip: Toronto - Djibouti (Service Presse, Toronto).

2. Tout est « Made in IOG » …
(Round trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7)

Comme vous avez dû le remarquer, du plus faible au plus fort de nos compatriotes, de l’homme à la femme, du chômeur au ministre…tout le monde est tenue de reconnaitre la clairvoyance de monsieur Ismaïl Omar Guelleh (IOG) avant de n’oser parler de quoique ce soit. Du plus petit au plus grand projet du pays, il est désormais de règle que de vanter les mérites du président de la République. Visionnaire, IOG est devenu le seul et unique homme à être capable de réfléchir en faveur du développement de son pays…ci-joints quelques extraits tirés du journal gouvernemental, La Nation :
1) « Il y a dix ans, Excellence, M. le Président de la République, vous lanciez les Etats Généraux de l'Éducation. Votre engagement personnel et l'approche de réflexion collective que vous avez privilégiée ont débouché en quelques mois sur une Réforme que retiendra l'Histoire de notre pays…Votre soutien, Excellence, depuis dix ans ne s'est pas démenti. Votre présence aujourd'hui témoigne de la continuité de cet appui dont la jeunesse Djiboutienne et avec elle, la Communauté Educative Djiboutienne vous remercient vivement, et souhaitent qu'il dure encore. » (Extrait du discours du ministre de l’Education, Abdi Ibrahim Absieh, in La Nation du 8 décembre 2009).
2)
3) …le secrétaire général du ministère de l'Intérieur qui a insisté sur l'impérieuse nécessité de se mobiliser chacun à son niveau afin de garantir le succès du PADCL(Programme d'Appui à la Décentralisation et aux collectivités locales, NDLR) qui, a-t-il tenu à préciser, s'inspire des idées généreuses qui constituent l'ossature de l'INDS, un vaste plan de Développement social lancé au début de l'année 2007 par le Président Ismaïl Omar Guelleh.(Agir ensemble, in la Nation du 21 décembre 2009).
Notre Grand Président est donc le seul ingénieur du pays. C’est un génie Hors Norme. Il est même devenu la joie dont Carl Reysz en parle et qui "…est le soleil des âmes : elle illumine ceux qui la possède et réchauffe tous ceux qui en reçoivent des rayons". Pour incontournable qu’il est, tout projet à l’échelle nationale doit désormais porter le label Made in IOG ! Il est Président de la république, Chef du gouvernement, Chef suprême de l’armée, de la Garde présidentielle, de la Police, de la Gendarmerie, des Services secret, de la Justice, de l’Administration, and last but not least du GIGN. En résumé, il est le tout pour le tout. C’est un excellent démocrate. Rien à voir avec le dictateur Assayas Afeworki. Au point où, le pays du Soleil levant (le Japon) l’a remarqué un jour, et lui a décerné le titre Docteur Honoris Causa de la prestigieuse Université d'Agriculture de Tokyo. C’était en date du 1er octobre 2003. Tout récemment, il est même supplié de rester au pouvoir :
IOG (NDLR) :" Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain…Nous, les vieux, les aînés, nous te laissons…"
Sur une affiche grandeur nature, la réponse est là. L'on voit une petite fille profondément attristée remettre au président de la République une doléance, en présence du Ministre de l'Education. Elle dit : "Restez avec nous !" Et tout le stade reprend comme un seul homme : "Restez avec nous !" "Restez avec nous !" "Restez… ". (Dixième anniversaire des Etats Généraux de l'Education, in la Nation du 8 décembre 2009).
Les autres, en l’occurrence nos universitaires, nos intellectuels, nos techniciens, nos cadres, nos femmes et hommes politiques, nos sages… ne peuvent malheureusement pas y réfléchir et faire de bonnes suggestions. IOG a remarqué qu’ils étaient des têtes de mules, des espèces d’abrutis, et est viscéralement convaincu qu’ils le resteraient à tout jamais. Il est, enfin, l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Et, il restera aussi longtemps que les djiboutiens le laisseront décider de la pluie et du beau temps !!!

Round trip: Toronto -Djibouti (Service Presse, Toronto).

Uguta/Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 12/ Le collectif "Doléancedupeupledjiboutien" critique l'opposition

Commentaire de UGUTA-TOOSA : Après que le collectif "Doléances du peuple djiboutien" nous ait bombardé récemment avec une série de documents fort intéressants au demeurant mais que nous n'avons pas publié parce que les auteurs sont anonymes et, tout en revendiquant le titre de collectif ou d'association, l'anonymat affiché ne nous incitait pas à les faire confiance. Nous ne savons rien sur ce Collectif et c'est dommage. N'est-ce pas le comble pour une association de ne pas être publique ! L'anonymat est acceptable et compréhensible si à la source de cette bonne volonté, il y a des hommes et des femmes qui vivent à Djibouti-ville. La création d'un blog, Doleancesdupeupledjiboutien.blogspot.com, mérite d'être saluée.
Les critiques émises à l'encontre de l'opposition - y compris de UGUTA-TOOSA - sont les bienvenues, encore faut-il qu'elles soient étayée sérieusement. La tentative est louable mais pêche par son côté facile dans la mesure où le Collectif fait le chou gras sur une seule idée développée de Mohamed Kadami, sur l'intervention ponctuelle de Daher Ahmed Farah. Pour ce qui concerne Uguta-Toosa, nous acceptons d'office les reproches qu'on nous fait à condition que l'on sache à qui on a affaire. Nous avons déjà eu affaire à quelques excités, disparus depuis de la scène médiatique, qui tirait sur tout ce qui bouge ! Par courtoisie, nous répondrons à la critique si nous sommes sûrs que derrière ce Collectif il y a des gens sérieux et désireux de combattre la dictature.
Puisque le Collectif n'est pas content de l'opposition qualifiée de "désemparée, tatillonne, désemparée..." envisage-t-il de créer une formation politique qui compenserait nos lacunes ? Dans sa magnanimité, ce parti pourra-t-il nous sortir de cette "galère" dans laquelle nous nous sommes fourrés ? Sérieiusement, quelles sont-elle sles vraies questions ? Ne portent-elles pas plutôt sur l'opportunité ou non de la lutte armée, les limites de la lutte politique pacifique, la stratégie à établir pour affaiblir le système mis en place par le régime de Hassan Gouled, les moyens à mettre en oeuvre pour renverser la dictature. Vous concernant, pourquoi ne pas imaginer le lancement d'une structure nouvelle qui mobiliserait plus efficacement que nous la population djiboutienne. Uguta-Toosa, par exemple, avait décidé de focaliser sa campagne de communication sur la diaspora avant de sensibiliser la population restée au pays. Sachez que vous serez beaucoup plus efficace en étant membre (s) d'un parti politique déjà sur le marché.

A.C.

(...)
Si on comptait exclusivement sur cette opposition tatillonne, désemparée, indécise, quasi statique et aux abois, à l’affût de qui va devancer ou prendre le dessus sur l’autre parti pour s’accaparer du seul pouvoir, incapable de se concerter afin d’unir leurs efforts autour d’un projet, d’un programme politique ou un temps soit peu d’un consensus afin de rassurer les Djiboutiens sur leur sort, serait sans aucun doute, se tirer dans les jambes avec l’unique objectif de substituer une équation à une inconnue par une à plusieurs.
(...)
Dans Les Nouvelles d’Addis de décembre 2009 M. Mohamed Kadamy du Frud affirmait être résolu à la reprise de la lutte armée après ces déclarations de Novembre 2008 dans L’Humanité, dans sa quête de soutien militaire, accusait le gouvernement djiboutien d’être à l’origine de cette tension artificiellement gonflée sur le différend frontalier avec l’Érythrée. Le Conseil de sécurité vient de nous prouver le contraire….. (On entrevoit dans ses résolutions, la maxime du CHE que toute révolution doit absolument passer par les armes et le sang.)

En visualisant la dernière conférence à Ottawa-Canada du leader du MRD, une intervention dépourvue de tout projet politique résumant brièvement des événements de l’entreprise IOG afin d’user des cordes sensibles, le tout dans un format; Voila c’est moi DAF, je suis l’alternative à l’écoute, on veut le changement….. (Quel changement, il ne le dit pas, nous réservant la surprise certainement au dessert mais son discours a au moins le mérite de nous rappeler de la valse Dini-Gouled).

Et enfin le parti Uguta-Toosa du Docteur Ali Coubba, à la recherche sélective de partenaires dans ses alliances et sa véritable transition démocratique qui doit sans conditions, passée entre autres par le démembrement, la division et LA DISSOLUTION catégorique du FRUD Légalisé et du RPP incarnation du parti unique, veut se prouver qu’on peut mettre la charrue devant les bœufs en ressuscitant l’aveugle concept d’un défunt.
Parmi ses 7 conditions dévoilées à la fin novembre 2009, il exige la démocratisation du nom d’un parti autre que le sien tout en présumant que le sien Uguta-Toosa plus folklorique et conforme à une démocratie moderne.
Le surnom CAGABA, du feu Dini ayant été d’un extrémisme insultant envers ces militants de la première heure du Frud, le Docteur Ali Coubba dans sa modération, les surnomme aujourd’hui ‘’le FRUD Légalisé’’ toute en posant leur dissolution comme UNE exigence sine qua non de la démocratisation du pays. QUE DIEU NOUS VIENNE EN AIDE.

C’est flagrant à quel point en manque de leader charismatique et c’est une des raisons pour laquelle notre collectif demande la concertation et la recherche de consensus parmi ces partis et la population qu’ils prétendent théoriquement représenter.

Bien à vous,
Doléances du Peuple Djiboutien
BLOG : Doleancesdupeupledjiboutien.blogspot.com

Uguta/toosa, novembre 2009


D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 13 : Les extraits de la LOI du 25 décembre 2009


La semaine prochaine, vous aurez notre commentaire sur ces informations

LOI du 25 décembre 2009 DJIBOUTI
" Le président Ismaïl Omar Guelleh semble encore hésiter sur la manière d’annoncer sa candidature à la présidentielle de 2011 et la modification de la Constitution que cela impliquera. Mais ses partisans continuent à lui préparer le terrain.. Ainsi, lors de la dixième édition de Fest'Horn, le festival régional des musiques de la Corne de l’Afrique, qui s'est tenu à Djibouti du 14 au 19 décembre, le ministre de la communication et de la culture, Ali Abdi Farah, suivi ensuite par tous les artistes, a appelé le chef de l'Etat à briguer un troisième mandat présidentiel. (LOI)

DJIBOUTI : Tensions dans la région de Day à Djibouti
"Les relations se sont quelque peu tendues, ces derniers temps, entre certaines autorités traditionnelles de la région de Day, dans le nord du pays, et le gouvernement djiboutien. Les jeunes de la région reprochent aux entreprises réalisant des travaux dans cette zone de ne pas leur donner du travail. En outre, lorsque le président Ismaïl Omar Guelleh se déplace dans cette région où il possède une villa, les mesures de sécurité sont pesantes pour les habitants. Enfin, certains éléments de la garde présidentielle sont accusés de couper des arbres de la forêt de Day pour vendre ce bois au profit de leur chef Mohamed Djama. Autant de récriminations dont certains dignitaires locaux commencent à se faire l'écho.." (LOI)

DJIBOUTI : Mission impossible pour l'USAID
En vue du scrutin présidentiel et des élections régionales de 2011, l'USAID va lancer un programme de soutien au pluralisme politique. Bonne chance ! L'United States Agency for International Development (USAID) se berce quelque peu d'illusions lorsqu'elle considère que la fin du mandat constitutionnel du président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser "la porte ouverte pour un nouveau leadership". Cette appréciation, contenue dans la description d'un projet que l'organisation américaine entend lancer l'année prochaine pour favoriser le pluralisme politique à Djibouti, semble assez éloignée de la réalité. Au sein du Rassemblement populaire pour le progrès (RRP, gouvernemental) et du gouvernement djiboutien, personne ne doute vraiment que le chef de l'Etat souhaite trouver le moyen de modifier la Constitution afin de pouvoir se présenter à un troisième mandat. La "porte" que l'USAID voit "ouverte" risque donc de se refermer assez rapidement. Néanmoins, l'organisation américaine veut y croire et a lancé un appel à candidatures pour son programme visant à renforcer la participation des citoyens aux processus politique et électoral. Doté d'un budget de 1,8 million $, il sera mis en œuvre en collaboration avec les officiels djiboutiens en charge d'organiser ces élections, les membres de la commission électorale, les partis politiques et les médias afin de s'assurer que les électeurs seront bien informés des choix possibles. Selon l'USAID, ces élections de 2011 "pourraient briser le statu quo" et "introduire un niveau de compétition et de pluralisme qui n'a jamais été vu auparavant à Djibouti". C'est faire là un pari pour le moins risqué ! (LOI)

DJIBOUTI Electricité de Djibouti
Le budget prévisionnel de l'Electricité de Djibouti (EDD) pour l'exercice 2010 sera stable par rapport à celui de cette année. Selon le compte rendu du conseil des ministres du 22 décembre, qui a approuvé ledit budget, cette stagnation est due "à une légère diminution du chiffre d'affaires" suite à la "révision à la baisse des tarifs de vente de l'énergie électrique intervenue en mai 2009 et toujours en vigueur". Néanmoins, l'EDD projette de gros investissements pour 2010 d'un montant de 11,6 milliards FDJ (47,5 millions €). Il s'agira de financer des projets de transmission et d'électrification mais aussi "la mise en service de deux nouveaux groupes de 4,5 MW chacun, le démarrage des travaux de remplacement du groupe G23 par un nouveau groupe de 7,8 MW et la fin des travaux de l'interconnexion Djibouto-éthiopienne". (LOI)

DJIBOUTI : Aden Robleh Awaleh
Le congrès du Parti national démocratique (PND), qui s’est déroulé le 16 décembre à Djibouti, a approuvé la candidature de son leader Aden Robleh Awaleh pour l'élection présidentielle de 2011. Cette décision met le PND en marge de la majorité présidentielle à laquelle il appartenait jusque-là. D'autant que ce congrès a également refusé la révision de la Constitution. Il a donc décidé de s'opposer à ce que le président Ismaïl Omar Guelleh soit candidat pour un troisième mandat. Il a également lancé un appel à la tenue d'une conférence nationale souveraine pour éviter que le débat électoral ne provoque des affrontements au sein de la population djiboutienne. Aden Robleh a campé sur sa position de refus du troisième mandat pour IOG malgré des pressions exercées par les autorités sur sa famille. Ainsi, sa fille a été licenciée de l’Electricité de Djibouti (EDD) dont le directeur général n'est autre que Djama Ali Guelleh, un proche cousin du chef de l'Etat. De son côté, son fils a été convoqué par un juge d’instruction qui l'a accusé de détournement de fonds. Depuis lors, Le Progrès, organe du Rassemblement populaire pour le progrès (RPP, parti du chef de l'Etat), s’est répandu en insultes contre Aden Robleh. (LOI)


Uguta/Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 14 / Guinée - "L’impunité n’est pas envisageable” selon la France

(http://www.francesoir.fr/afrique/2009/12/25/guinee-crime-humanite-onu.html

La France demande à l’ONU d’agir contre
les responsables du massacre de Conakry

La France a demandé à l’ONU d’agir rapidement afin que les responsables du massacre du 28 septembre à Conakry soient jugés dans les plus brefs délais. L’ambassadeur adjoint de la France à l’ONU a demandé au Conseil de sécurité d’agir rapidement pour traduire en justice les responsables du massacre du 28 septembre à Conakry, qualifié de « crime contre l’humanité » par un rapport de l’ONU. A l’issue de consultations à huis clos sur la Guinée, Nicolas de Rivière a indiqué qu’il estimait que la Cour pénale internationale (CPI) devait être saisie après la diffusion d’un rapport de l’ONU « accablant », selon lui, sur le massacre de manifestants opposés au gouvernement par les troupes guinéennes à Conakry en septembre. « La CPI doit être saisie. L’impunité n’est pas envisageable », a-t-il déclaré avant d’exprimer l’espoir que les responsables du massacre, et notamment le chef de la junte guinéenne, le capitaine Dadis Camara, soient rapidement traduits en justice. Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le chef de la junte et président autoproclamé depuis décembre 2008 ne se présente pas à l’élection présidentielle. La Commission d’enquête de l’ONU sur ce massacre fait état d’au moins « 156 personnes tuées ou disparues ».

« Crime contre l’humanité »

« Il est raisonnable de conclure que les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 et les jours suivants peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité », affirme le rapport de cette commission, publié lundi et transmis au Conseil de sécurité. « La France considère que le Conseil de sécurité doit agir vite et fort », a déclaré Nicolas de Rivière. Il a cependant ajouté qu’il était « prématuré » de dire quelles actions devaient être entreprises. Il a décrit la situation en Guinée, une ancienne colonie française, comme « instable » et affirmé que Paris soutenait « une transition pacifique et la préparation d’élections libres et justes ». Dadis Camara, blessé par balle à la tête le 3 décembre par son aide de camp à Conakry, est hospitalisé à Rabat, au Maroc. Lundi, un ministre guinéen, le colonel Moussa Keïta, assurait que son état de santé avait « beaucoup évolué » et qu’il « pourrait être de retour dans peu de temps » en Guinée. La France et les Etats-Unis ont exprimé la crainte que son retour dans son pays puisse déclencher une guerre civile. Le dirigeant par intérim de la junte en Guinée, le général Sékouba Konaté, s’est engagé mercredi à favoriser la tenue d’élections « le plus tôt possible » et a prôné « la réconciliation » des Guinéens meurtris par les violences, un an après la prise du pouvoir par l’armée.

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
 

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Carte d'adhésion de Uguta (Toosa)


(verso)

 

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Titre 15/ COMPTE RENDU DE LA COMMEMORATION DU 19/12/2009 (FDP- BRUXELLES)

Dans la lignée de la stratégie amorcée l’année dernière et qui vise à profiter de la commémoration du massacre d’Arhiba afin de rassembler les Djiboutiens autour de la dénonciation de toutes les dérives orchestrés par le régime en place à Djibouti, le FDP a organisé le 19 décembre dernier une conférence dont le thème était :
Commémoration du 18 décembre 1991, où va Djibouti ?

59 morts et plusieurs dizaines de blessés par balles, tel fut le bilan de ce que l'on appelle à Djibouti « Le massacre d'Arhiba », Cela s'est passé il y a presque 18 ans, le 18 décembre 1991. Les forces armées djiboutiennes se sont déployées dans le centre de la capitale, bouclant le quartier d'Arhiba, y concentrant ses habitants pour leur tirer dessus comme à la chasse aux lapins…
Le FDP, convaincu qu’on ne peut construire la destiné d’une société sur les injustices et l’impunité, a voulu entendre la position des mouvements de l’opposition sur l’ensemble des exactions dont la soldatesque de la dictature s’est rendue coupable envers une partie de la population.
Les Djiboutiens sont-ils devenu suffisamment matures pour mettre des mots sur les conséquences de la politique du « diviser pour régner » visant à monter les communautés les unes contre les autres ?
Sommes-nous prêts à parler sans tabous des causes qui nous ont conduits à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons et dont semble profiter le système Guelléen et ses courtisans ?
Après 32 ans d’indépendance, sommes-nous capable de nous rassembler autour d’un projet sociétal fort, viable, tourné vers l’avenir et transcendant les clivages communautaires ?
Telle a été la philosophie et le fil conducteur de cette journée commémorative – ô combien symbolique- quant aux motifs qui ont guidé à son organisation dans cette forme.
Après avoir souhaité la bienvenue aux participants et remercié Mme Selma Benkhalifa d’avoir accepté de modérer le débat, la salle a été conviée à visionner un dvd sur la tuerie barbare dont ont étés victimes des civils innocents du quartier Arhiba.
L’assistance a été submergé par l’émotion et un sentiment d’horreur au vu des images des victimes à l’état brut, prises justes après le forfait accompli par les forces de sécurité de la dictature.
Mme Selma Benkhalifa (juriste et militante engagée) qui nous disait ne pas être une spécialiste de Djibouti, nous a montré qu ‘elle connaissait son sujet sur le bout des doigts et a occupé son rôle de modératrice avec succès.
La parole a ensuite été donnée à Madhi Ibrahim Ahmed God(ARD): « Je suis très heureux de prendre la parole devant un parterre de camarade djiboutien, ces images que nous venons de voir , sont très émouvants et émouvants dans le sens ou chacun d’entre vous peut voir les pratiques d’un régime dictatorial. Cela s’est passé, il y a de cela 18 ans, mais ça ne s’est pas arrêté…. »
C’est fut au tour de Daher Ahmed Farah (MRD) de rappeler « que ce n’était pas la première que nous nous retrouvons mais ce n’est pas difficile de prendre la parole après des images aussi tragiques, je vous avoue être submergé d’émotions, cela me ramène à quelques années et fait remonter des souvenirs très douloureux. Mais je tiens à dire un mot sur ce qui s’est passé à Arhiba , pour montrer aussi la dimension nationale sur la répression à Djibouti, si certaines communautés ont payé un prix lourd au massacre, à la violence d’Etat, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui a été touché. Les victimes ne sont pas toujours choisies sur une base communautaire…. » .
Cassim Ahmed Dini (ARD) a quant à lui soulevé « la question du comment enterrer ses morts ? sous quel statut faut-il les enterrer en temps que « Martyrs » SHOUHADA. C’est pour cela que les morts ont été enterrés collectivement. La définition du statut du mort revenait au vivant. Je reviens à cette image car le thème de ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est honorons nos morts ensemble….. »
En fin, Mohamed Kaddamy (FRUD-armé), a réitéré avec force que «nous nous devons de commémorer cette anniversaire et nous recueillir à la mémoire de tous les innocents massacrés par ce régime et pointer la responsabilité des auteurs de ce prime imprescriptible… »
Au terme de cette journée constructive, le FDP tient a rappeler qu’il continuera à explorer les actions concrètes à mettre en place et ce pour lutter contre l’impunité et l’oubli afin d’amener les responsables des exactions sur les civils innocents à répondre de leurs actes.


L’Equipe
(du FDP)

Uguta/Toosa, décembbre 2009

 

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Titre 16 / L'aide publique est-elle efficace ? par CHERIF SALIF

Uguta-Toosa : Il s'agit d'une réflexion sur le développement du continent africain qui a le mérite de dénoncer un développement extérieur dicté par l'extérieur. Les concepts, les fonds, les orientations viennent de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui défendent leurs propres intérêts.
Pour généreuse qu'elle soit dans son principe, elle ne le fut pas toujours dans ses pratiques, l'aide au développement ne peut assurer le développement de notre continent. Il faut revenir comme le souligne l'auteur à des mécanismes économiques de base qui peuvent contribuer à un développement endogène de nos économies nationales. A notre avis, l'Etat doit occuper une place centrale dans le développement économique et social tout en enourageant le senteur privé.

Chronique d'abonnés, le Monde du 05. 01. 2010, par CHERIF SALIF S., Dr Chérif Salif SY, Secrétaire général de l’association Sénégalaise des Économistes (ASE), Directeur Général du Cabinet C2S/International Consulting Services Email : papasalif@gmail.com

Une chose est certaine, les pays sous-développés ont toujours accepté l'aide publique extérieure et continuent de la réclamer depuis sa première formulation à la première conférence de la CNUCED, en 1964. Mais le débat sur sa nécessité, sa neutralité, son efficacité est encore en cours.

Du côté des Nations unies, on peut noter que le lancement des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) après la décennie du développement des années 1990 est la preuve de l'inefficacité de l'aide. Au surplus, on n'y parle plus de filets de sécurité comme au moment des programmes d'ajustement structurel, mais surtout de "réduire de moitié l'extrême pauvreté". C'est sans commentaire. Aujourd'hui, le discours dominant parle d'une nouvelle APD technique, en faveur des marchés pour la protection des "biens publics mondiaux". La question est de savoir à ce moment, si une aide publique au développement peut-être "apolitique". Ma réponse est non.
Je pense alors qu'il faut que les Africains mettent de plus en plus l'accent sur leurs ressources internes et la fiscalité. Voyez par exemple, sur les quinze dernières années, les transferts des émigrés africains ont été multipliés par six alors que l'aide publique au développement n'a pas varié. En matière de croissance économique, le continent n'a pas de leçons à apprendre du monde occidental. Entre 1991 et 2009 en tenant compte de l'impact de la crise financière de 2008, l'Afrique, avec une moyenne de croissance économique de 5,09 %, est largement au-dessus de la moyenne mondiale pour la même période, qui est de 3,35 % contre 1,65 % pour les pays industrialisés.

Regardons donc vers l'Afrique et nous verrons qu'il existe plusieurs raisons d'espérer. La région a été, en 2009, selon Mc Kinsey & Co, la troisième contributrice a la croissance mondiale après la Chine et l'Inde. L'inflation a diminué de moitié depuis les années 1990, les réserves de change ont cru de 30%, les finances publiques ont enregistré un excédent de 2,8 % du PIB en 2008, comparé à un déficit de 1,4 % entre 2000 et 2005, et le taux d'épargne est estimé entre 10 et 20%.

En dépit du discours misérabiliste que l'on se plaît à entonner à l'envie sur l'Afrique, voilà tout de même autant de raisons de penser que quelque chose de bien est en train de se passer en Afrique. Quelque chose riche d'enseignements et qu'il faut consolider même si la gouvernance dans presque tous les pays reste un grave problème qui mène à une impasse.

Malgré des difficultés persistantes pour certains pays, les perspectives sont donc plus favorables pour la plupart des pays qu'elles ne l'avaient été depuis longtemps. Plusieurs facteurs sous-tendent ce redressement et pas uniquement l'augmentation de l'aide, portée surtout par des allégements de dette ; l'environnement macro-économique est l'amélioré et stabilisé; la croissance, de façon générale, a été dopée par la mise en exploitation de nouveaux gisements pétroliers en Afrique australe et centrale, mais elle concerne aussi les pays qui ne produisent pas de pétrole.

Comment dans ce contexte faire en sorte que cette croissance profite à tous? Comment assurer par exemple le plein emploi? En provocant et en soutenant cette expansion par une politique d'industrialisation et de développent des exportations de produits manufacturés; d'aide aux investissements privés; de relance de la consommation et surtout de maintient des investissements publics."

Le Monde du 05.01.2010 - Chroniques d'abonnés.

Uguta/Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 17 : La campagne électorale à Djibouti : à sens unique

FRS0151 3 1 0647 DJI /AFP-LG71 (AFP)
(DOSSIER - REPORTAGE) par Béatrice DEBUT


DJIBOUTI, 7 avr (AFP) - Sur les taxis, sur les portails de luxueuses villas, sur les murs d'entreprises, seuls sont placardés des portraits du chef de l'Etat djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, candidat unique à la présidentielle de vendredi.
L'opposition...a appelé au boycottage...
"Si on met une affiche, tout de suite on est arrêté", assure Mohamed Daoud Chehem, le président d'une des formations de l'opposition, le Parti djiboutien pour le déueloppement (P.D.D.).
Affirmation démentie par le chef de l'Etat : "Ce n'est pas moi qui vais les empêcher" de poser des affiches, assure-t-il.
Pas de doute, en revanche, sur les écrans de télévision: la seule chaîne djiboutienne, la Radio Télévision de Djibouti (RTD), contrôlée par les autorités, "ne donne pas accès, ou très peu, à l'opposition", constate un diplomate occidental qui a requis l'anonymat.
"Le journal télévisé de la RTD est un matraquage publicitaire pour le président", note un observateur international, uenu pour surueiller le déroulement des élections et qui a lui aussi requis l'anonymat.
Le fils aîné du président, Liban, travaillait mercredi soir dans un studio de la RTD au montage d'un sujet sur le dernier meeting de son père, a constaté un journaliste de l'RFP. Liban n'appartient pourtant pas à l'effectif de la RTD, mais collabore à une entreprise de climatisation, selon ses propres indications.
Le chef de l'Etat sortant, surnommé I0G (Ismaïl Omar Guelleh), a déployé les grands moyens pour faire campagne, bien qu'il soit assuré de l'emporter, en l'absence d'autre candidat.
Des véhicules 4x4 flambant neufs, portant des autocollants "IOG 2005", sillonnent la capitale en diffusant des chants patriotiques. (...)


(Extraits, avril 2009)

D'après notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 18 / Tribune Libre de Uguta-Toosa
ALERTE : la situation pourrait devenir rapidement explosive à Djibouti.

10/04/05 –TRIBUNE LIBRE DE UGUTA-TOOSA

La France et les USA pourraient-elles avoir à défendre des intérêts contradictoires en cas de crise politique majeure à Djibouti ? Tous les ingrédients pour des mouvements populaires répétés et de grande ampleur semblent avoir été réunis.
D'un côté, un dictateur qui a asservi la population, ruiné l'économie, aboli toutes les libertés, violé les Droits de l'Homme, dénaturé la Justice, anéanti les système éducatifs et sanitaires. Une famille régnante qui s'est enrichie honteusement en trafiquant les comptes publics, en vendant le patrimoine national et en accaparant toutes les richesses.
De l'autre, le Peuple exsangue, dont le niveau de pauvreté n'a cessé de s'accroître dans des conditions dramatiques, depuis des années. Ce même Peuple toujours contraint par la force de voter et de faire semblant de soutenir officiellement, habillé en petits hommes verts (par décision d'IOG), le dictateur unaniment détesté, qui ne bénéficie plus que de quelques rares supporters, issus :

- soit de la famille et des proches : Djama le procureur, Djama Ali Guelleh à l'EDD, le directeur de la Banque nationale, les généraux Fathi et Zakaria, Hassan Saïd, etc..,
- soit des grands repentis : Me Aref, Aden Robleh, Moumin Bahdon, Kiffleh, Gabayo et autres ... certainement moins solidaires avec le pouvoir, dès lors que les effets de la débacle se feront sentir ...
Aujourd'hui, le dictateur ne dispose plus d'aucune marge de manoeuvre ; il n'a plus d'autre choix que de radicaliser, si cela est possible encore, son régime et de le durcir pour réprimer les manifestations d'opposition à son système, qui n'a aucun avenir de toutes les façons.
Le Peuple, qui a dépassé depuis longtemps les limites du supportable, n'en peut plus et il prend brutalement la mesure de ses droits légitimes et de sa force, face à l'injustice promue au niveau de règle de Gouvernement. (...)
Mais le dictateur et sa bande de sbires : Généraux, SDS, FNP, ne vont pas se laisser faire sans résister et ils ne peuvent que tenter de gagner une dernière bataille antidémocratique afin de conserver leurs avantages et d'éviter de prévisibles poursuites judiciaires pour crimes, viols, destruction et expropriation forcée, et pour exécutions arbitraires et extrajudiciaires.
(...) Les appels de l'opposition sont clairs et les dirigeants savent qu'ils ne faut pas relâcher la mobilisation, car l'occasion ne se représentera pas tous les jours.
Le Peuple djiboutien a le soutien des grandes associations internationales qui sont informées régulièrement de la situation et des conditions dramatiques que lui impose le Dictateur. Il faut absolument qu'il puisse être appuyé par l'opposition en exil, pour qu'elle multiplie les actions comme celles du 8 avril, afin de conforter et de crédibiliser/ médiatiser ceux qui vont continuer à manifester au pays (à l'exemple du peuple Togolais et des manifestations d'exilés). (...)

La question qui se pose encore est de savoir quelle sera l'attitude des forces militaires étrangères présentes sur le territoire.
La France, comme d'habitude, serait certainement tentée d'intervenir en faveur du maintien de la dictature et de l'oppression populaire, en prétendant que les actions sont dirigées depuis l'étranger et que son intervention serait légitime, dans le cadre des accords de défense. Mais heureusement il y a aussi les américains qui observent ... ce qui compliquerait probablement une tentative d'intervention française.
Les Américains n'ont aucun intérêt à défendre le système de Guelleh :
- d'abord, ils se doivent de protéger leur image de marque et une intervention en faveur d'une dictature de notoriété publique, ferait vraiment mauvais effet à l'heure actuelle où ils cherchent surtout à démontrer qu'ils n'agissent que pour l'instauration de véritables démocraties et pour libérer les peuples ... de leurs bourreaux;
- ensuite, ils ont compris que le régime de Guelleh ne tiendrait pas longtemps (affaire de jours, de semaines, de mois ?) et qu'à terme l'opposition prendra les choses en main. Pour conserver leur position stratégique, ils ont intérêt à ne rien faire, s'ils ne décident pas discrètement de soutenir l'opposition et ses actions;
- donner du fil à retordre à la France, comme c'est le cas en Côte d'Ivoire ne déplairait certainement pas aux Américains qui veulent s'imposer dans une Afrique encore partiellement sous influence française.
Bref, la situation se tend un peu plus chaque jour. La fraude électorale et les mensonges de Guelleh et de son Ministre de l'Intérieur sont-elles la goutte d'eau qui fera déborder le vase ? Rapidement, Guelleh sera contraint de multiplier la répression, qui a déjà commencé avec de nombreux prisonniers, dont de très nombreuses femmes.
Comment pourra-t-il éviter de commettre dans un proche avenir les plus grandes bêtises de sa carrière (peu recommandable). Fatalement, les institutions internationales seront obligés de prendre position : U.E., ONU, etc... La France devra s'incliner face aux critiques et elle tentera, sans y croire, de sauver les meubles, enfin ce qui restera de ses positions.
Le Peuple djiboutien a toujours été ami des Français mais il s'est fait "avoir" à de nombreuses reprises par les politiques. (...) L'amitié et la confiance entre les populations sont intactes, mais la France, en tant que Gouvernement, n'a plus la même place dans le coeur des Djiboutiens et personne ne pourrait leur donner tort.
D'où un paradoxe qui pourrait se révéler consternant :
- la France aura intérêt à soutenir Guelleh pour tenter de sauver des positions fortement compromises, contre les intérêts du Peuple,
- les USA auront intérêt à soutenir l'opposition pour consolider leurs positions stratégiques à Djibouti, avec l'aval des habitants.
Comme dommage collatéral, on pourrait assister à une tension grandissante entre les deux pays : France et USA. L'opposition aura tout intérêt à jouer de cette situation, à l'instar de ce qu'a fait Guelleh depuis plusieurs années, le terrassant avec ses propres stratégies.
Ensuite, il ne restera plus à la France qu'à établir le bilan de toutes les erreurs commises par sa diplomatie et de son refus d'écouter les nombreuses mises en garde qui lui ont été adressées par les opposants et par les Associations, dont la nôtre qui ne cesse d'alerter le Gouvernement français sur le danger qu'elle fait courir à une population au bord du désarroi.
Bref, les jours du régime de Guelleh sont comptés, à condition que le Peuple conserve l'initiative (…) multipliant manifestations pacifiques et actions de dénonciation des crimes et de la fraude manifeste.
Nous sommes très inquiets au sein de l'Association des risques de dérapage qui seraient la responsabilité du régime aux abois, prêt à n'importe quelle action pour gagner du temps, y compris à prendre la décision de commettre l'irréparable et d'ordonner un bain de sang et des massacres généralisés.

Jean-Loup Schaal,
Président de l'Ardhd,

Uguta/Toosa, septembre 2009

D'après notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 
 

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Titre 19/
Ali Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005 - France-Monde


" Aucune possibilité pour l'opposition de se faire entendre "

Le Rémois Ali Coubba sera aujourd'hui à Paris pour manifester devant l'ambassade de Djibouti.
Réfugié politique depuis 1991 après avoir été torturé à Djibouti, Ali Coubba est désormais installé à Reims où il enseigne dans un lycée. Opposant au régime en place dans son pays, il vient de créer un nouveau parti d'opposition qui, avec tous ceux déjà en place, appelle au boycott des élections.

U.R. Pourquoi demandez-vous aux électeurs de ne pas se rendre aux urnes ?

A.C. L'adoption du multipartisme en septembre 2002 à Djibouti ne s'est jamais concrétisée dans les faits. On est toujours dans la pratique d'un système de parti unique. Il n'y a pas de presse libre, pas de liberté d'expression, pas de possibilité pour l'opposition de se faire entendre. Ce boycott, une première à Djibouti, décrédibilisera aussi l'élection du candidat unique et nous renforcera dans notre action.

U.R. Comment expliquez-vous cette relative indifférence de l'opinion internationale ?

A.C. Djibouti représente un intérêt géostratégique pour les nations et il convient donc pour les États d'entretenir de bons rapports avec le pays. La France y est historiquement impliquée depuis longtemps avec une de ses bases militaires les plus importantes dans le monde. Après le 11 septembre, les États-Unis, mais aussi l'Allemagne et l'Espagne y ont aussi installé une présence militaire conséquente. Tout cela fait que les gouvernements ne cherchent pas à faire trop de vague sur ce qui se passe dans notre pays.

UR. Qu'attendez-vous de ces élections ?

A.C. Je suis persuadé que l'opposition en sortira crédibilisée au plan local mais aussi aux yeux des organismes et des médias internationaux. Nous devrons être plus radicaux, en exploitant le caractère quelque peu illégitime du pouvoir avec, pourquoi pas, un scénario à l'Ukraine ou à la Géorgie ?

Recueilli par Grégoire Amir-Tahmasseb

Uguta/Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 20/ Les nouvelles de Djibouti du 09 avril 2005
(Spécial élection 2005)

" Il est 13h13 et je t'écris rapidement les dernières nouvelles du pays.

"Les communiqués de Uguta (Toosa) mais aussi celui de l'U.A.D. ont très bien circulé dans notre milieu. Aujourd'hui beaucoup de personnes sont en prison : une centaine, disent les gens. J'en connais personnellement des jeunes femmes et de jeunes garçons. Hier (le 8 avril), Kassim Ali Dini était recherché. S'il y a une quelconque nouvelle à ce sujet, je te contacterais….

"Il y a une rumeur qui circule comme quoi d'autres personnalités seraient arrêtées au cours de cette semaine. Pourquoi ? Parce que certains sympathisants ont écris sur les murs de la cité d'Arhiba et imprimés sur des tee-shirts des mots d'ordre et des " injures " (affirment les officiels) en afar de type : Ibbixa Oobisa Garqa (I.O.G.). Il s'agit d'une expression signifiant " Attrapez, destituez le voleur " qui mettent en évidence les initiales d'Ismaïl Omar Guelleh.

"Hier (le 8 avril 2005), à midi, les opposants ont tenté de fermer les 12 bureaux de vote, d'Arhiba, de Makkat-al Mukarram, de quartiers 6 et 7, où on annonçait des fraudes massives.
"L'armée est intervenue et a ouvert de force ces bureaux de vote. Je n'ai jamais vu dans ma vie un tel déploiement de force à Arhiba. Toute la citée était bouclée…
"

(Spécial - élection présidentielle du 8 avril 2005)

Uguta-Toosa, novembre 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 21 / Merci Monsieur Ismail OMar Guelleh de légitimre notre combat ...


La presse internationale se donne à cœur joie au spectacle ridicule de notre candidat-président. Celui-ci vient d'être plébiscité au cours d'une élection présidentielle où il était seul devant les électeurs djiboutiens. Il n'a eu à affronter, pour ainsi dire, que ses propres divagations et paranoïas. Le candidat sortant, affirme la presse officielle qui est aux services de l'homme fort du pays, a gagné le référendum avec un score de 96 ,3%. Cela revient à une autocélébration, à une autosatisfaction béate.
Nous sommes en l'an 2005. L'Afrique a de nouveaux dirigeants, de nouveaux leaders, capables de porter ses espoirs de développement. Les Bokassa, les Mobutu, les Siad Barré, les Menguistou et d'autres roitelets africains, dictateurs ubuesques plus vrais que nature, ont disparu de la scène africaine et internationale. Le dernier d'entre eux, Eyadéma, un dirigeant brutal qui n'avait aucun goût pour le déguisement, vient de rendre l'âme il y a quelques mois. Nous croyions à tort que le temps de cette caste de "rois nègres" qui ridiculisait l'image de l'Afrique était révolu. Eh bien, non ! En République de Djibouti, un avatar grotesque de cette espèce survit et prospère en la personne d'Ismaïl Omar Guelleh. Un prétendu chef d'Etat qui s'inscrit dans la lignée de ces dictateurs chamarrés comme un totem, se nourrissant d'éloges et de célébrations de pacotille. Personnages assoiffés de pouvoir et d'attributs guignolesques, que l'on rencontre plus dans les livres que dans la réalité. Ce que fait Ismail Omar Guelleh est pitoyable.
(Extraits, mai 2005)

D'après la constitution nationale, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 22 : L'Afrique n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie ! ! !

L'AFRIQUE n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie. C'est la principale leçon que l'on peut retenir des attitudes et des propos tenus par le chef de l'Etat français, depuis plusieurs années. Il est mal venu de parler, en Afrique, de démocratie et de violations de droits de l'homme. Le communiqué de félicitations du président Jacques Chirac au président-autoproclamé, Ismaïl Omar Guelleh, ne le dément pas :
"J'ai le plaisir de vous adresser, à titre personnel et au nom du peuple français, mes chaleureuses félicitations, à l'occasion de votre réélection à la magistrature suprême de la République de Djibouti.
Tous mes voeux vous accompagnent pour la poursuite de votre activité en faveur de l'unité nationale et du développement économique et social de votre pays ainsi que de la réconciliation régionale.
Vous savez que les relations anciennes et durables entre nos deux pays me tiennent personnellement à coeur. Votre réélection nous offre l'occasion de les développer encore, en surmontant ensemble les obstacles à leur approfondissement.
Vous pourrez, à cet égard, compter sur mon soutien sincère, ainsi que sur celui de la France.

Présence américaine et inquiétude française

Que le chef de l'Etat français, Jacques Chirac, adresse une missive protocolaire félicitant son homologue-autoproclamé, Ismaïl Omar Guelleh, n'a rien de scandaleux. Qu'il émette, dans les circonstances actuelles, les vœux que les " obstacles " soient aplanis entre son pays et Djibouti, relève du bon sens. Parce que l'imprévisible autocrate djiboutien a provoqué, suite à l'" affaire Borrel ", une crise diplomatique. Arguant que la presse et la justice françaises cherchent à le déstabiliser, il a expulsé sept ressortissants français et ordonné la fermeture de l'antenne de radio France internationale (R.f.i.). Sans doute les intérêts géostratégiques de Djibouti valent bien quelques humiliations ! Ismaïl Omar a transformé le différend juridique en une crise diplomatique. D'où l'embarras des autorités françaises de gérer cet imbroglio juridico-diplomatique. D'une part, cette " Affaire Borrel " qui n'en finit pas de faire des remous. D'autre part, la présence d'une base américaine à Djibouti qui met à mal le monopole français au cœur la Françafrique, une chasse-gardée qui passait pour être un sanctuaire inviolable. Il y a de quoi s'inquiéter si l'on se rappelle que le président américain mène une diplomatie qui contredit le statu quo prôné par la France. Sa politique internationale appelle à la démocratisation urgente des Etats dictatoriaux. Dès la fin de l'année 2003, devant la Fondation Américaine pour la Démocratie, le président Georges Bush avait affirmé que "La liberté doit être l'horizon de tous les pays ". A l'adresse de ses homologues occidentaux, il avait ajouté que " pendant 60 ans l'Occident a excusé et a accepté l'absence de liberté au Moyen Orient et ceci n'a pas renforcé notre sécurité, et en fin de compte la stabilité du monde ne peut être obtenue au prix de la liberté."

Le risque de la surenchère de la part de la France

Paris a choisi son camp : celui du profil bas. Son silence assourdissant sur le déroulement d'une élection présidentielle surréaliste témoigne de cette politique. La démocratie est, entre Paris et Djibouti, le sujet qui fâche. Alors, Chirac suggère de ne plus parler avec les roitelets africains des sujets qui fâchent. Jusque-là rien d'alarmant. Mais le risque existe que les autorités françaises fassent de la surenchère pour plaire au "roi" djiboutien. Et puis, de quoi nous plaignons-nous ? Nous, les Africains et les Français qui luttons contre le cynisme de l'Etat français, sommes depuis longtemps familiers des jeux de moins en moins troubles, pour ne pas dire cyniques, de Paris. Consolider et favoriser la stabilité des régimes établis, tels sont les maîtres mots de la politique française en Afrique. Depuis 1981, Paris soutient à Djibouti, le régime de parti unique, sans jamais dévier de sa trajectoire. La preuve nous est administrée depuis 28 ans. L'épisode le plus grave est survenu en 1992-1993, lorsque Paris a trahi la confiance des dirigeants du FRUD. Ses manœuvres dilatoires ont contribué à la victoire de l'armée djiboutienne sur la résistance armée, en prétextant le déploiement des troupes françaises sur la ligne de front en 1992. Enfin, aujourd'hui, le silence devant la dictature d'un président-plébiscité, non élu selon les normes démocratiques, nous donne des informations édifiantes sur la position de principe des autorités françaises.

Pourquoi Jacques Chirac ne fait pas référence à la démocratie ?

Si le chef de l'Etat français ne fait aucune référence à la démocratie, cela tient à deux considérations : l'une d'ordre économique, l'autre d'ordre idéologique. Jacques Chirac, ni d'ailleurs son prédécesseur, n'a jamais été un partisan de la démocra-tisation de l'Afrique. Un tel processus des pays francophones remettrait en cause, non pas les intérêts supérieurs de la France, mais certains intérêts occultes des entreprises et ressortissants d'origine française. Au sein de la Françafrique, l'argent (sous toutes ses formes) conditionne et explique bien de compromissions. C'est la contrainte économique. Jacques Chirac a déjà tenu des propos (peu dignes) en Côte d'Ivoire en déclarant que l'Afrique n'avait pas besoin de démocratie. En décembre 1993, il a récidivé en Tunisie dans le but de conforter son homologue tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, qui n'a jamais été élu d'une manière démocratique. La Tunisie est sans doute, après la République de Djibouti, l'Etat de la Ligue arabe le plus policier - la Syrie mise à part. Dans ces pays, une myriade d'espions et d'agents de renseignements surveille les faits et gestes du citoyen. Lors de sa visite en Tunisie, J. Chirac a annoncé sa conception idéologique de l'Etat en Afrique. " Le premier des droits de l'homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat", a-t-il déclaré.
Donc, retenons la leçon donnée par Chirac. En premier lieu, nous suggère-t-il, il convient d'assouvir les besoins économiques d'un peuple avant de lui octroyer les libertés publiques. Avant de le laisser parler librement, il faut le nourrir et le soigner.

Or comment peut-on savoir si l'être humain privilégie la liberté de s'exprimer ou la nourriture, si on l'interroge pas sur ce dilemme? Qui est-ce qui a décidé que le peuple tunisien préfère d'abord manger avant de s'exprimer librement ? Est-ce qu'il n'aime pas disposer autant de son libre arbitre que de confort économique ? Bien sûr, pour tout être humain, être nourri, éduqué et soigné est primordial. Mais étant d'origine nomade, donc appartenant à une société où la liberté est une valeur intrinsèque à l'être humain, le Djiboutien ne conçoit pas que l'on puisse hiérarchiser les besoins économiques et l'une des valeurs fondamentales de l'homme : la liberté.
Mais que faire lorsqu'un régime, sévissant depuis 28 ans, s'avère incapable de réaliser et l'un et l'autre ?


(Spécial - élections présidentielles du 8 avril 2005.

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 23 /DJIBOUTI ! La FIDH condamne la mascarade élecotorale

www.fidh.org [français] > Afrique > Togo (26/04/2005) La FIDH condamne la mascarade électorale

« La FIDH considère ainsi que les conditions dans lesquelles s’est tenue cette élection [24 avril 2005] sont en violation flagrante des principes de transparence, de pluralisme et de libre détermination du peuple garantis par les instruments régionaux et internationaux en la matière.
La FIDH déplore la caution regrettable apportée par la France et la CEDEAO à cette mascarade électorale.
».


Commentaire de Uguta (Toosa)



Les élections électorales en Afrique se suivent et se ressemblent étrangement par la cohorte de déni de libertés publiques des citoyens, cultivant une idée naîve et fausse sur ce que représente l'Etat et le service public, et par la gratuité des violences qui visent les populations civiles. "Au moins 7 personnes" ont pardu la vie parce qu'un fils d'un dictateur, préoccupé uniquement par l'obsession du pouvoir, a décidé de devenir "président du Togo". Tel père, tel fils.
Maintenant qu'il est parvenu au pouvoir par des moyens les plus contestables, il veut procéder à l'ouverture politique en direction de l'opposition.
Le scénario est désuet et ne rime à rien, si ce n'est de légitimer un homme qui n'a pas respecté les règles démocratiques. JE SAVAIS. VOUS SAVIEZ ET NOUS SAVIONS QUE Faure Gnassingbé allait gagner cette élection.


Alors pourquoi l'opposition en Afrique accepte-t-elle de jouer à ce jeu absurde qui consiste de participer à un scrutin électoral dont on sait d'avance les résultats ? La dictature risque d'exacerber la division entre les ethnies, d'approfondir le fossé entre la classe possédante et l'immense majorité des Togolais et d'aggraver - on ne le sait que trop bien - les difficultés sociales.
Le nombre des victimes s'accroît de jour en jour au Togo :
"Au moins 22 morts à Lomé : c'est le bilan provisoire des violences qui ont suivi l'annonce de la victoire de Faure Gniassingbé - le fils du général-président Eyadéma - à l'élection présidentielle de dimanche. Le candidat de l'opposition Akitani Bob vient de se proclamer vainqueur du scrutin." (Richard Labévière, Togo: le péché original, 28/04/05), RFI).

(Spécial - élections présidentielle du 8 avril 2005.)

Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès Zénawi, Premier ministre, de la République fédérale démocratique d'Éthiopie (Cf. Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël, 16 avril 2005, 11h00
Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi, nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés ces dernières années ne laissent subsister aucun doute sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier semble figé dans une étrange léthargie sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant, que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé des progrès notables en matière de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux ont été dépouillés tout simplement de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale. C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme que l'instauration d'une "démocratie forte" dans son pays pourrait contribuer à l'évènement de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview (effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans notre pays lors de l'élection présidentielle ? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité africaine.

(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)

D'après la constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 24 : Commentaire de Uguta-Toosa sur l'entretien de Meles Zénawi (16 avril 2005, L.NA, 2005)

Cf. Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès Zénawi, Premier ministre, de la République fédérale démocratique d'Éthiopie (Cf. Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël, 16 avril 2005, 11h00

Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi, nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés ces dernières années ne laissent subsister aucun doute sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier semble figé dans une étrange léthargie sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant, que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé des progrès notables en matière de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux ont été dépouillés tout simplement de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale. C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme que l'instauration d'une "démocratie forte" dans son pays pourrait contribuer à l'évènement de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview (effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans notre pays lors de l'élection présidentielle ? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité africaine.


(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)

 

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Titre 25 / Omar Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens

Commentaire de Uguta-Toosa : Notre parti est sensible à la question des réfugiés djiboutiens et fait tout son sensible, en diffusant dans la mesure du possible les informations les concernant, en luttant depuis longtemps aux côtés de l'ARDHD et apportant notre soutien moral à ceux qui en ont besoin. Depuis l'entrée en scène de Monsieur Omar Gabassé, nous sommes davantage sollicité. Nous tenons à souligner son dynamisme, sa motivation hors de commun et l'acharnement qu'il met à vouloir donner le plus possible d'informations sur les réfugiés djiboutiens qui survivent en Ethiopie.
Nos félicitations à Omar Gabassé. Le premier succès est également à mettre au compte des personnalités qui entourent Jean-Loup Schaal.

ali coubba

Informations sur les réfugiés djiboutiens - décembre 2009

29/11/09 (B527) : 16ème anniversaire de l'arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis Abeba. Arrivée le 15 décembre de la première famille en France. (www. ardhd.org)

Les représentants des réfugiés installés à Addis Abeba nous ont fait savoir que la première famille qui a été acceptée par la France, dans le cadre des programmes internautionaux de réinstallation du HCR, prendra l'avion le 14 décembre à Addis Abeba.
L'arrivée du vol 704 d'Ethiopian Airlines est prévu le mardi 15 décembre vers 5h45 à Roissy Charles de Gaulle Terminal 2A.
Nous espérons que la communauté djiboutienne déléguera des représentants pour accueillir cette femme et ses deux enfants, afin de lui apporter un soutien indispensable et pour l'accompagner ensuite dans cette nouvelle vie en France. (www.ardhd.org)


30/11/09 (B527) 16ème anniversaire de l'installation des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Trois nouveaux dossiers acceptés par la France.

Les services du HCR viennent de nous informer que trois nouvelles familles de réfugiés avaient été acceptées par les autorités françaises, ce qui porte le total à 4 à ce jour.
Quand on parle de famille, il s'agit bien entendu des parents et de leurs enfants. On estime qu'une vingtaine de personnes est concernée.
Nous savons que ces nouvelles font renaître l'espoir d'une réinstallation au sein des familles de réfugiés qui vivent dans un dénuement presque total en Ethiopie, à Addis et/ou dans les régions Afar.
Le Comité de soutien aux réfugiés djiboutiens d'Addis se réjouit de ces premiers succés. Même si les accords ne concernent encore qu'un petit nombre de familles, c'est une première qui a été obtenue, en grande partie, grâce à l'engagement sans faille des membres du comité conjointement avec le travail du HCR.
Surtout ils permettent d'espèrer que d'autres accords de réinstallation seront offerts à des familles "en attente", soit par la France, soit par les USA, le Canada ou d'autres pays européens.

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30/11/09 (B527) : 16ème anniversaire de l'installation des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Omar Gabasse exprime son émotion à l'annonce de l'accord de la France pour la réinstallation de trois nouvelles familles supplémentaires.

Vous ne pouvez pas imaginer combien a été grande ma joie dès que j'ai appris cette bonne nouvelle pour mes frères réfugiés d'Addis Abeba. C'est le résultat du travail extraordianire d'une equipe déterminée, solide et engagée.

Au nom des réfugiés Djiboutiens que je co-représente, je tiens à remercier, par la présente, l'ARDHD, son president l'infatigable Jean-Loup Schaal (qui a été choisi comme co-représentant par les réfugiés) et sa vice- présidente Anne-Marie de Vaivre, Survie et en particulier la présidente du Groupe Paris Ile-de-France, Uguta-Toosa n'a pas ménagé non plus ses efforts ni son soutien à partir du moment où son Président a été sensibilisé par le sort des réfugiés Djiboutiens, Cassim Ahmed Dini s'est investi en faveur des réfugiés et il a participé à des rencontres avec les autorités internationales, sans oublier toutes les Associations humanitaires qui se sont mobilisées a nos côtés, pour relayer nos appels.

J'adresse un remerciement particulier à Madame Thirode du bureau du HCR de Paris qui a toujours été à l'écoute de nos informations et qui s'est mobilisée avec discrétion et efficacité pour obtenir le resultat que nous connaissons aujourd'hui

Nul doute que ses collègues, responsables de la direction des bureaux HCR d'Addis et de Nairobi, ont contribué activement à cet heureux dénouement et je leur adresse aussi tous mes remerciements.
__________________________

J'attire l'attention sur le cas de certains Djiboutiens, réfugiés à Addis Abeba. Il s'agit de sept personnes récemment enregistés par le HCR et l'ARRA.
Bien que reconnus désrrmais comme réfugiés, ils ne bénéficient encore d'aucune assistance sociale ni médicale.
Malheureusement la liste ne cesse de s'allonger de jour en jour. En effet, je rappelle que des milliers de réfugiés djiboutiens n"ont toujours pas été reconnus par la communauté internationale et en particulier par le HCR. Ils sont réduits à (sur)vivre dans des conditions humanitaires lamentables. La majorité a trouvé des refuges de forture dans la région Afar d'Ethiopie.

Notre combat ne se termine pas là. Bien au contraire nous devons le poursuivre et l'amplifier. Car les réfugiés Djiboutiens comptent sur nous tous. Sans notre aide, ils seraient de nouveau livrés à l'oubli. Ils ont pleinement conscience des progrès qui ont été accomplis depuis que l'ARDHD s'est mobilisée pour sauver la petite Hasna en janvier-février 2008.
Depuis le milieu de 2007, le HCR et l'ARRA s'employaient à convaincre les réfugiés qu'ils n'avaient plus d'autre choix que d'accepter leur retour forcé sur le sol djiboutien.

Grâce à la médiatisation de leur sort, les choses ont beaucoup changé et les dossiers avancent aujourd'hui. Le moral de nos soeurs et de nos frères est remonté d'un cran car ils mesurent concrètement les progrés accomplis, même s'ils souhaitent que leurs dossiers avancent plus vite et surtout que des blocages "parasites" à certains niveaux de la chaîne cessent enfin de ralentir l'instruction normale de leurs demandes de réinstallation..

Un grand merci et bravo à toute l'équipe. Le combat continue...

Omar GABASSE
co-représentant des réfugiés djiboutiens en Europe


Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 26 / Le khat et la politique à Djibouti

La population de Djibouti consomme du Khat dans une proportion de 90%. C’est une plante aux substances psychotropes qui règle le comportement de ses sujets en les rendant entière-ment dépendants.

La drogue nationale : le bonheur pour tous

Les leaders politiques et les plus fortunés de nos compatriotes en sont les plus friands. Or le Khat est une drogue plus ou moins interdit à travers le monde. L’Arabie Saoudite et la France, pour ne citer que ces deux pays, le considèrent comme une drogue à part entière. Elles le soumettent aux mêmes législations que la cocaïne et les autres drogues dures. Lorsqu’on la consomme quotidiennement, cette plante induit des hallucinations et une forte dépendance. Un politicien qui hallucine est un malade inapte à assumer des responsabilités pour l'intérêt de la collectivité. Il mérite plutôt de bénéficier des soins thérapeutiques particuliers. Cette drogue, comme toute drogue est néfaste à la santé de ses consommateurs et déstabilise les foyers, car sa consommation absorbe plus de 50% de revenus de ménages..
Un drogué, par nature, fonctionne au gré de sa dose quotidienne.
La République de Djibouti tire un profit substantiel du commerce de Khat. En substance une drogue ! Presque l’ensemble de la population est soumise à sa prise. Il est consommé par toutes les couches sociales allant du simple citoyen au Président de la République. Les femmes, en nombre beaucoup moindre autrefois, en raffolent autant que leurs maris.

A midi, la faune humaine attend le khat

A partir de midi, Djibouti ressemble à une basse-cour où les animaux s’agitent devant leur maitre pour recevoir leur repas. Dans un tohu-bohu indescriptible, ils se bousculent, s’insultent, se marchent dessus. Devant la vendeuse du Khat, ils se comportement comme des mendiants. Et pourtant cette plante n’est pas gratuite. Ils quémandent un produit dont la valeur marchande dépend de leur bon vouloir.
A ce moment-là, on payerait une fortune pour l'avoir. La conscience vacille. Et on peut tout se dire. C’est l’euphorie. Les mots n’ont pas les mêmes significations qu’en temps normal. Une fois leur dose quotidienne dans la main, les hommes ont un comportement apaisé. Leur journée est assurément validée. Chacun se dirige vers lui, fier et ne doutant guère de lui et de sa valeur.

Le brouteur du khat n'a jamais des problèmes !

Il rentre chez lui en conquérant. Joyeux mais excité, le brouteur du khat ingurgite en un temps éclair le bol de riz pour lequel on l’attendait à la maison. A peine assis, on le voit se lever, ignorant même le goût qu’avait le repas avalé dare-dare. Dans leur précipitation, certains hommes ignorent même, si ce qu’ils viennent de manger était salé ou pas. Pressé, il quitte sa maison, mâchant sa dernière bouchée de nourriture tout en marchant. Telle une équipe de football, ses compagnons l’attendent au mabraze, lieu où l’on consomme du khat. Assis à sa place habituelle, on se met à parler à bâtons rompus. De tout et de rien. C’est un moment d’extase ! On crie, on hurle, on parle de tout ce qui passe par la tête. On niche sa botte de khat dans un morceau de tissu humide réservé spécialement à son usage, on le bichonne, on le protége de la chaleur ambiante. Au contact du khat, son propriétaire a l’impression que rien ne lui manque. Les problèmes et les soucis s'avanouissent comme par enchantement. On se sent à l’abri de toutes les petits grands malheurs qui assaillent l’être humain.

Le brouteur est au-dessus de sa condition sociale

Si on est sans emploi, il suffit d’aller brouter dans le même mabraze qu’un ministre pour se sentir égal à ce dernier. Pendant un instant, on se prévaut de mêmes prérogatives que lui. Les sujets de discussion sont multiples, variés, sans tête ni queue. On aboutit à des consensus sur des questions sur lesquelles en temps normal, on ne pourrait jamais être d’accord. On se plaît à disserter sur tous les sujets avec une extraordinaire lucidité. Celle est bien entendu apparente. De préférence, on débat des problèmes des autres, mais jamais des siens. Car le brouteur, une fois au-dessus de sa botte de khat, n’a pas de problèmes ! Il ne peut pas en avoir pour une raison simple : il évolue dans un univers issu de son imagination.
L’actualité internationale est le sujet favori des consommateurs du khat.
Quand ils abordent des sujets à caractère local, ils le font avec prudence et avec un certain doigté, pour ne pas se compromettre. Malgré l’action de la drogue sur leur conscience, c’est un réflexe auquel la vie les a depuis peu initiés. A l’annonce de certains sujets, la censure tombe automatiquement sur le mabraze et on change aussitôt de chapitre.

L'indifférence face à l'injustice

Autrefois, les Djiboutiens s’offusquaient devant toute forme d’injustice. Ils réagissaient spontanément sans crainte de l’autorité. Aujourd’hui, l’Etat tue, l’armée nationale viole ou l'administration publique abuse de tout le monde. Pourtant les Djiboutiens ne bougent pas. Ils sont indifférents aux malheurs des autres. On laisse faire. On ne sait par quelle magie, les autorités djiboutiennes ont neutralisé les valeurs et le courage qui animaient la population. Rien n’a de la valeur, même la vie des innocents qu’on aimait à défendre autrefois !
Au fait a-t-on simplement et sans le savoir enterrer ce qui constituait cette djiboutienneté ? Les voleurs sont devenus aux yeux de la population « des lions » (libaac, lubooka). Les malfrats passent pour des gens intelligents et habiles.

Des promesse en l'air menant à la mort

En tout cas, on parle jusqu'aux alentours de 19 heures, voire 20 heures. Alors la cloche cérébrale sonne et la logorrhée verbale s’arrête. La plante injecte dans le corps une dose supplémentaire de son concentré maléfique qui tranquillement impose ses effets de domination et de soumission. Les hommes ne parlent comme au début de la séance. Ils s’observent en silence. A ce moment rare, tels des anges, ils semblent sensibles à toutes les souffrances du monde. Chacun affiche une mine pitoyable ou des yeux exorbités. « Ils sont mirgaan (ivres) », dit-on.
Nombreux sont ceux qui, à cet instant, jurent qu’ils ne le toucheront plus à cette maudite plante. Que la prise d’aujourd’hui sera leur dernière consommation. Leur décision s’apparente malheureusement à celle d’une femme enceinte qui, sous l’effet de la douleur que lui infligent les contractions qui précédent l’accouchement, hurle que c’est la dernière fois qu’elle tombe enceinte. Nous le savons tous, une fois délivrée de cette brève douleur, la mère renoue le plaisir d’avoir un autre enfant. Parfois le désir est plus vif et plus beau.
Ici, le brouteur continuera à brouter sans bénéfice, jusqu'à l’épuisement total, voire fatal à son corps et à son esprit.

Le gouvernement et l'opposition sous la drogue

Les membres d’un gouvernement et l’opposition forment en principe, dans une gestion saine d’une société, un binôme nécessaire et sans laquelle aucune gestion ne peut présenter un caractère sérieux. A Djibouti, les premiers exercent leur pouvoir sans leur paire nécessaire. Loin de s’en émouvoir, ils se réjouissent de leurs absences préjudiciables à l’intérêt du pays et assument sans gêne la perte de crédibilité de leur politiques. Ils l’exercent avec une tranquillité déconcertante. Quant à l’opposition, on dirait que l’effet du khat est plus marqué auprès de ses membres. Ils ne se s’inquiètent pas d’offrir autant de tranquillité aux autorités. Gouvernants comme opposition vivent dans une sorte d’irréalité. Car le khat ne permet pas à ses usagers d’aller au devant de la réalité. Leur vie est truffée en permanence des faux semblants : un petit communiqué une fois par an, telle une pratique religieuse; un pèlerinage bien symbolique pour les uns; des promesses sans cesses répétées mais jamais tenues pour les autres. Chacun se plait à sauver l’apparence et la partie continue indéfiniment.
La vie a Djibouti est donc dictée par son Excellence le Khat, qui consolide de jour en jour son pouvoir sur la population. Si on aspire toutefois à une forme de liberté, le premier pas sera de se libérer de son emprise. Si on se plait dans ces pratiques alors il reste à tout un chacun de faire le deuil de la vérité, de la justice et de droit. En somme, un trait sur l’avenir du pays. Une opposition qui se plait dans ses mutismes n’est ni digne de porter son nom, ni légitime pour exister. (à suivre)


Y.M.B.


Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après la onstitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 27 / Communiqué du 19 Novembre 2009 de l'ARD (Alliance Républicaine pour le Développement)


Convaincu de la nécessité d'impliquer toutes les composantes de la diaspora djiboutienne dans le combat démocratique, Le Comité exécutif de l'ARD réuni en session ordinaire, a décidé de procéder aux nominations suivantes :

- M. Madhi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président,
- M. Hassan Cher Hared, en qualité de représentant de l'ARD en Suisse,
- M. Hamad Daoud, en qualité de représentant de l'ARD en France.

Signé par le Président de l'ARD.

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La nomination de Mahdi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président de l'A. R. D.

Mahdi Ibrahim God étant un responsable politique confirmé, pour ainsi dire un vétéran de la chose publique, il n’est pas question ici de s’attarder sur sa nomination à la fonction de vice-président de l’ARD (Alliance républicaine pour la Démocratie). Ancien membre de l’exécutif de cette formation, actif sur la scène nationale depuis plus de deux décennies, il n’a rien à démontrer ou à prouver dans le domaine de l'action politique. De plus, en tant que membre d’une communauté djiboutienne lourdement marginalisée dans notre pays, en l’occurrence les Gadaboursis, il apporte une visibilité certaine à ce groupe social et renforce du coup l’image de son parti auprès de l’opinion publique. Par ailleurs, l'ARD semble en pleine recomposition.

Un membre d'une nouvelle classe politique

La plupart du temps, la nomination des vices-présidents afar, somali et arabe, obéit à des calculs purement arithmétiques, à des rafistolages factices, afin de faire croire que le parti a une assise au sein de toutes les communautés nationales (afar, arabe, issa, gadboursi, issaq). Ici, nous sommes dans une démarche différente. Nous n’avons pas affaire à un ancien apparatchik du R.P.P. qui s’est reconverti en 1991-1992, lorsqu’il a senti le vent tourné. N’ayant pas trempé dans les allégeances ethniques, il se situe dans la lignée de cette élite politique cultivée, moderne et ouverte, qui représente l’avenir de la république de Djibouti. Ses compétences personnelles sont incontestables. Prenant exemple sur lui, les Djiboutiens gadaboursis, jeunes et moins jeunes, pourraient-ils voir dans cette nomination l’occasion de prendre assaut les partis politique actifs sur le terrain ? Après tout, leur poids économpique, intellectuel et politique, que le régime cherche à combattre depuis trois décennies, demeure indéniable dans notre société.
Précédemment, dans les colonnes de Uguta-Toosa, j’invitais les Gadaboursis à créer leur propre parti politique parce que, à mon sens, la réalité politique djiboutienne l’exige. Ce faisant, je laissais en suspens l’autre terme de l’alternative qui consiste à se fondre dans les autres partis, à ne pas s'afficher tribalement.
Mahdi I. God fait partie de ceux qui refusent de donner toute coloration tribale à leur engagement tribal. Cette approche, lorsqu’on a les compétences du nouveau vice-président et qu'on s'est engagé depuis de longue date en politique, tombe sous le sens. Mais en marge de ce type d'engagement, il y a un aspect qu'il convient de regarder.

Contrer la propagande du régime

C'est vrai que la classe politique somalie souffre d’une dangereuse atomisation et qu'il serait contre-productif d’en rajouter d’autres clivages sous forme de "parti politique gadaboursi » ou « parti politique issaq », etc. Cet argument se tient mais il n’en demeure pas moins que les clivages tribaux (issa, gadaboursi, issaq) font partie de notre histoire. L’éluder ne servirait à rien d'autant que la société djiboutienne et la réalité régionale nous l'impose. A notre avis, il est urgent de récuser d'une anière frontale et directe la propagande étatique qui estime, à tort, que les Somalis allogènes ne sont pas de « vrais » Djiboutiens ? Alors que les Issas de Dire-Dawa le seraient !
Si des dirigeants politiques de première importance, de la trempe de Mahdi Ibrahim, assument des responsabilités importantes au sein de Uguta-Toosa, du MRD, du FRUD armé, cela suffira-t-il à mobiliser la communauté gadaboursi ? Je ne suis pas convaincu de l'efficacité de cette démarche. Je continue à plaider aussi pour une stratégie plus audacieuse. En premier lieu, les Gadaboursis et Issaq doivent s’organisent d’urgence en partis politiques autonomes. En deuxième lieu, ils doivent rejoindre directement l’UAD ou passer des alliances étroites avec des formations politiques à dominante afar et à dominante issa. Cette façon de procéder doit intervenir avant la transition démocratique.

Docteur Hamad Daoud
Représentant de l’ARD en France

Cette nomination va provoquer des remous au sein de la diaspora djiboutienne. Celle-ci se caractérise, comme nous l’avons déjà noté, par le dénigrement des partis d’opposition et la consommation du khat. Sa contribution à la lutte contre la dictature demeure nulle pour l'instant. Une dictature qui, ne l’oublions pas, expliquerait l'exil et la présence problématique de ces "opposants potentiels" en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.

Une figure emblématique de la diaspora djiboutienne

Hamad Daoud, docteur en médecine, est la figure emblématique de cette diaspora, issue du cursus universitaire, avec laquelle notre parti politique, Uguta-Toosa, a voulu créer une opposition organisée et combative à l’étranger. Cette stratégie n'a pas donné les résulats escomptés parce que les hommes et les femmes à qui on s’adressait n’avaient pas atteint le niveau de mobilisation sociale requise.
Après des années d’hésitation, Docteur Hamad a franchi un pas que ses camarades n’osent pas encore franchir. Il l'a fait dans des conditions, disons, opportunistes. En politique, l’opportunisme n’est pas une valeur négative.
D’après les théoriciens américains, K. Deutsch et D. Lerner, la modernité d’une société se mesure en comparant plusieurs indices. Ceux qui nous intéressent portent sur les variables suivantes : l’alphabétisation, le niveau d’éducation, l’accès aux mass-media. Or le public que nous visons est urbanisé. Il vit en Occident, dans des sociétés démocratiques. Nombre d’entre eux disposent d’un revenu mensuel. Pour être imparfaite, l’intégration à la société d’accueil est probante. En théorie, la diaspora djiboutienne réunit toutes les conditions « capables de lui assurer un fonctionnement réellement démocratique » (K. Deutsch). Or, ce n’est pas le cas.
Bien que dotée d’un niveau intellectuel assez conséquent, la diaspora djiboutienne ne se mobilise pas. La corrélation entre leur niveau d’éducation et d’information, leur engagement politique et leur intégration au « public social et politique », n’est pas évidente. La réponse de leur immobilisme réside dans la difficulté éprouvée par beaucoup d’entre eux à rationaliser leurs aspirations et à rompre avec les allégeances traditionnelles. Un Djiboutien, même universitaire, a encore du mal à raisonner en tant qu’individu. Il a du mal à rompre avec sa tribu (avec l’ordre ancien). Alors que sa culture devrait le porter vers des idées politiques modernes (réussite personnelle, intérêt général, respect des lois, croyance aux valeurs universelles de liberté et de démocratie, etc.), il compte sur son cousin bien placé. De préférence, il adhère au parti qui est dirigé par son cousin.

Un long et chaotique cheminement

Docteur Hamad a fait un long cheminement. Il a beaucoup hésité à s’engager clairement et franchement. L'indécision : un trait de caractère qu’il partage avec toute sa génération que nous appelerons "les trentenaires", bien que certains ont dépassé la quarantaine ! Cependant, par rapport à ses camarades, il manifeste un mélange d’impatience et de maladresse qui n’appartient qu’à lui.
Ces dernières années, son activisme a été remarquable. Tantôt, il voulait être membre du FRUD armé, tantôt il voulait rejoindre Uguta-Toosa, tantôt il voulait créer un nouveau parti politique. Toujours insatisfait, essayant de jouer les intermédiaires pour réconcilier les opposants, d'arbitrer des conflits impossibles à résoudre, de garder le contact avec les dirigeants politiques (Kadami et moi). L’opposition existante lui paraissait indigne de lui. Par-dessus tout, il a beaucoup dénigré Uguta-Toosa et son président, comme pour mieux valoriser sa personne. Tout cela ne menant à rien, il a fini par comprendre que le terrain était occupé et bien occupé.
Maintenant, sorti de l’anonymat politique, après l'intermède associatif qui ne rimait à rien pour quelqu’un comme lui, il assume une responsabilité importante au sein de l’ARD. Se demander s’il sera à la hauteur de cette mission est une question futile. Car Hamad Daoud dispose de réels atouts pour réussir : docteur en médecine, bonne capacité d’analyse, dynamisme certain, bon orateur, etc. Quant à s’imposer, il est trop tôt pour le dire. Disons qu’il doit faire ses preuves.

Si nous avons consacré ces quelques lignes à un nouveau responsable, nouvellement arrivé sur la scène politique mais mieux armés que certains, c’est parce que notre parti est en pourparlers avec l’ARD. Nous voulons aussi inciter les nombreux membres de la diaspora djiboutienne à prendre exemple sur docteur Hamad Daoud et de sortir de l’anonymat.

Ali Coubba

Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 28 / Que s'est-il réellement passé entre IOG et Booré (l'homme d'affaires djiboutien) ? (Angel Free)


Angel free nous a donné cette semaine une autre information en provenance de Djibouti : les sites de Uguta-Toosa (www.uguta.org) et celui de l'ARDHD (www.ardhd.org) ne feraient plus l'objet de censure à Djibouti-ville. Si c'est le cas, cela signifie que le dictateur djiboutien libère un peu, en prévision des élections présidentielles, l'espace public dans le but de faire croire que son régime accepte la liberté d'expression !
Quelqu'un pourrait-il vérifier cette information et nous la confirmer? Merci. (A.C.)

Depuis quelques temps, je mène une enquête sur le conflit qui oppose le chef d’Etat djiboutien à l’homme d’affaires banni, M. Booré.
D’après les personnes proches des deux parties et qui connaîtraient bien le dossier, il faut se mettre plus ou moins dans la peau d’Ismail Omar Guelleh pour comprendre l’origine du conflit. La personnalité et la paranoïa expliqueraient la réaction violente du chef d’Etat contre son ancien ami.

Le chef de l'Etat avait peur de la popularité de son associé

Voyant son ami et associé, Monsieur Booré, acquérir une notoriété égalant la sienne, voire un peu plus grande que la sienne, le président a voulu réagir. Les Djiboutiens parlaient en effet beaucoup de l’entreprenier à qui tout semblait réussir sue le plan économique. Il n’était pas plus aimé que IOG mais moins détesté que le chef d’Etat. Ce dernier avait marre d’entendre partout que le nom de Booré était associé à tous les grands projets réalisés dans le pays.
Ces rumeurs étaient, politiquement parlant, mauvaises pour IOG, surtout s’il voulait se maintenir au pouvoir, en changeant la Constitution afin de briguer un troisième mandat présidentiel. Aucun membre de son gouvernement ne pouvait et ne peut se prévaloir d’avoir réalisé quoi que ce soit dans le pays. Il n’ y avait que Booré qui lui faisait de l’ombre.
De plus, Borreh s’était acheté un avion privé ! Ce qui a encore ajouter de l’huile sur le feu !

Mesures radicales du chef d'Etat contre son ancien associé

Alors, ne pouvant plus supporter la popularité de son associé et ne pouvant s’offrir le luxe de croire que celui-ci ne nourrissait pas aucune ambition politique, il a préféré l’écarter avant les prochaines échéances électorales. Il était conscient que Booré apparaissait de plus en plus comme un rival potentiel, dangereux et influent.
Ismail Omar Guelleh, son épouse Kadra Haid et consorts ont décidé alors d’en finir avec lui. Il faut le reconnaître d’une manière ignoble : en le forçant à l'exil, dilapidant sa fortune, détruisant une à une les sociétés qu’il avait créées, saisissant ses biens. Ainsi les autorités djiboutiennes n'ont pas hésité à détruire au passage des milliers d’emplois.
Mais le Bon Dieu en a décidé autrement. Leur plan initial ne s’est pas déroulé comme ils l’avaient prévu. Booré a pu s’en fuir et se mettre à l’abri de leurs exactions sur sa personne. IOG s’est créé de nouveaux ennemis au sein de sa tribu.

L'un a affaibli l'autre, et vice-versa

Ce qui est sûr c’est que depuis ce conflit, Ismail Omar et son ancien associé Booré se sont beaucoup affaiblis. Tant que le combat continue, ils vont continuer à s’affaiblir davantahe et mutuellement. Cette réalité ouvre de nouvelles perspectives et opportunités à d’autres candidats, à d’autres forces, et particulièrement à l’opposition djiboutienne.
Au lieu de faire cavalier seul, l’homme d’affaires serait plus avisé de rejoindre les rangs de l'opposition ou de l'aider d'une manière franche ?

Pourvu que le match IOG vs Booré continue…

Uguta/Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 29/ Communiqué du FDP (Bruxelles)


FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX
Chaussée de Louvain 124,
1210 Bruxelles

Projet : Journée d’information sur le massacre d’arhiba le 18/12/1991 à Djibouti


Titre : Commémoration du 18 décembre 1991, où va Djibouti ?


Salle : Pianofabriek
Rue du Fort, n°35
1060 Saint- Gilles, Bruxelles

Modératrice : Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
Le samedi 19 décembre 2009 de 14 h à 17 h

Durée de l’intervention - Intervenants - Titre

15’ HOUMADO : Introduction
20’ Film sur le massacre d’arhiba 18/12/91
15’ ALI COUBBA : la violence politique à Djibouti. Ses origines, ses méthodes et ses conséquences
15’ DAHER AHMED FARAH : Les victimes civiles à Djibouti
15’ MOHAMED KADAMY : Les représailles sur les civils soupçonnés de soutenir la rébellion à l’extérieur de Djibouti et la situation actuelle
15’ CASSIM AHMED DINI : Comment et pourquoi commémorer le 18 décembre?
15’ PUBLIC : Questions
15’ HOUMADO : Conclusion

La commémoration du massacre d'Arhiba (18 décembre 2009)

Commentaire de Uguta-Toosa : Comme chaque année, les associations djiboutiennes (ADD et FDP) appellent la diaspora djiboutienne à manifester devant les ambassades djiboutiennes à Paris et à Bruxelles pour ne pas oublier le massacre d'Arhiba. Nous savons que ces manifestations seront peu suivies parce que la division des partis d'opposition resurgit sur cet évènement qui aurait dû normalement susciter le consensus de tous les partis d'opposition.
Si l'on cherche à donner un sens, une signification, à cet évènement barbare perpétré par le régime djiboutien sous la présidence de Hassan Gouled (1977-1999), il faut le rapprocher de ce qu'on appelle en principe le "terrorisme d'Etat".
Le massacre d'Arhiba constitue pour nous le paroxysme de la violence politique pratiquée par une génération d’hommes ayant bu, à la mamelle tribale. Le principal mobile n'est rien d'autre que l'esprit de vengeance et la haine de la communauté afar, bouc-émissaire de l'Etat tribal. Toute la classe politique "issa", membres du gouvernement de Hassan Gouled, a participé à la prise de décision collective qui a eu lieu lors de la réunion qui s'est déroulée au Palais présidentiel, à la veille du massacre. Il fallait coûte que coûte venger l'embuscade de Kalaf organisée le 17 décembre 1991 par les rebelles du FRUD armé ! Compte tenu des partiques gouvernementales depuis trente deux ans, licenciement économique (violence structurelle),marginalisation, répression ciblée, massacre, exécutions sommaires, il est impossible de faire dans notre pays l'économie d'une Conférence nationale. L'UAD doit intégrer dans sa plateforme politique cette formule politique.
(Uguta-Toosa, décembre 2009)


(Uguta-Toosa)

MOUVEMENT DE SOUTIEN AUX VICTIMES CIVILES
(Extraits du « Bulletin d'information n° 1 », 9 janvier 1992)
(Archives de « La Tribune de l'opposition » -
Paris, décembre 1991)


« 59 morts, plus de 300 blessés et 7 disparus : tel est le bilan provisoire de l'abominable massacre perpétré le 18 décembre 1991 dans le quartier d'Arbiha par l'armée nationale, la gendarmerie et la police. »
« On sait que la guerre entraîne avec elle des atrocités, des destructions et des pertes humaines entre les deux parties en conflit tout en préservant au mieux la vie des populations civiles habitant dans les contrées avoisinant le champ de bataille.
On ignorait par contre que celle-ci avec sa face cachée ne respectait pas ces règles. Au menu de la contre-offensive AND/FNS, comme horsd'oeuvre, tirs à vue sur tout ce qui bouge, cheptel ou nomade, civil ou rebelle, femme ou enfant, et en plat de résistance, pillage, destructions et incendie de toute habitation.

IV. LE D ROULEMENT

6H00 du matin, le quartier d'Arhiba est totalement investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes coalisées dans une action militaire sans précédent à Djibouti-ville d'environ 400 personnes en armes et équipements de guerre.
Alors que l'essentiel des troupes d'assaut est placé en position de tir dans les tranchées, dans les tanks, sur des jeeps et sur les vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis des gourdins, est chargé de convaincre leurs frères de sang avec lesquels ils engagent le dialogue. Parallèlement, les "crânes rasés" issus de la mobilisation générale vident tous les civils de leurs cases en cartons et les rassemblent sur le terrain vague.
7H00 : Les premiers lève-tôt d'Arhiba II, sortis de chez eux, sont aussitôt embarqués dans les camions mis à la disposition des caméras que les Français n'ont certainement pas manqué de sortir pour un tel flagrant délit.
Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont le ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons, mais continuent à pourchasser les rescapés dès que le Puma s'éloigne. Au second passage, les "chasseurs" décident de se retirer et maquillent le chiffre réel du carnage en s'empressant d'entasser dans deux camions un maximum de cadavres.
Combien de morts? Impossible à dire avec précision. Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent à 50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les hommes en uniforme quittent enfin Arhiba.
8H00. Les habitants d'Einguela constatent que le terrain vague des Salines qui s'étend au Nord d'Arhiba est lui aussi quadrillé par les hommes de la FNS, à la hauteur du chantier séoudien jusqu'aux Théâtres des Salines. Toutes les routes menant à Einguela sont bloquées par les agents de la circulation et ni piétons ni véhicules ne passent. Certains observateurs constatent qu'un long convoi de véhicules militaires qui assure l'encadrement, se dirige vers le secteur bouclé. »

Video : extrait de la conférence de l'AFD organisée à Bruxelle
le 19 décembre 2009

Modératrice : Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)

 

 

 


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Titre 30/ 25ème conférence ministérielle de la Francophonie

(La Nation du N° 199 du Jeudi 17 Décembre 2009)

Commentaire de Uguta-Toosa : Les conférences internationales servent à accréditer à la fois la primauté de l'Etat sur toutes autres formes d'organisations politiques et sociales existant dans un pays, il est donc normal que la diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh soit saluée d'autant que, dans le cas de la crise de Ras-Doumeira, l'Erythrée s'est mis dans de beaux draps en multipliant des actions violentes et agressives à l'encontre de ses voisins (Yémen, Ethiopie, Djibouti, etc.). Inutile de vous rappeler ici que le conflit larvé entre Djibouti et Asamara cache des enjeux et des alliances qui ont mal tourné au sujet de la crise somalienne.
La diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh se traduit par la violation constante des territoires éthiopiens et la violence à l'encontre des nomades Afars d'Ethiopie, par le biais des milices issa. Elle affiche une animosité jamais démentie à l'encontre du Somaliland qui contrarie ses ambitions hégémoniques dans la région de Zeylaq. Sur le plan intérieur, la république de Djibouti est un régime autoritaire qui se perpétue grâce à la violence structurelle et symbolique imposée à la société civile.

Une convergence de vues

La Conférence Ministérielle de la Francophonie, réunie en sa 25e session, a adopté mardi dernier à l'unanimité deux résolutions présentées par la délégation djiboutienne lors du Conseil Permanent de la Francophonie qui s'est tenue la veille. La première porte sur le conflit avec l'Erythrée et l'autre sur la piraterie.

La délégation de la République de Djibouti a été représentée à cet effet par M. Ahmed Ali Silay, Ministre Délégué Chargé de la Coopération Internationale auprès du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, M.Rachad Farah, Ambassadeur de la République de Djibouti en France et Représentant Personnel du Président de la République auprès de l'organisation Internationale de la Francophonie, et M.Mourad Houssein Mouti, Premier Conseiller de l'Ambassade de la République de Djibouti à Paris. Par la première résolution adoptée, concernant l'action militaire conduite par l'Erythrée contre la République de Djibouti, la Conférence Ministérielle de la Francophonie "condamne fermement l'action militaire conduite par l'Erythrée à l'encontre des territoires de Ras Doumeira et de l'île de Doumeira, et exige de l'Erythrée qu'elle retire immédiatement et inconditionnellement ses forces armées" notamment, elle exhorte en particulier l'Erythrée "à faire preuve de la plus grande retenue", demandant le retour au statu quo ante bellum ainsi que la poursuite du processus de libération des prisonniers de guerre, et déplore le refus de l'Erythrée à recevoir différentes missions des Etats et organisations régionales et internationales.

La seconde résolution encourage la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, félicitant la République de Djibouti ainsi que les Seychelles et les autres pays de la région pour leur assistance dans ce combat. (...)

L'adoption de ces résolution à l'unanimité par les soixante-huit Etats-membres de la CMF témoigne sans réserve du soutien et de la solidarité de la Francophonie à la diplomatie Djiboutienne et à la politique menée par M.Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Chef du Gouvernement, saluant ses efforts pour la stabilisation de la région, de même qu'elle témoigne de l'attachement de l'espace francophone à l'avènement de la paix et de la stabilité en Somalie, et dans l'ensemble de la région de la Corne de l'Afrique.


Uguta-Toosa, novembre 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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