Nous vous présentons la vidéo : Discours en afar
2 (par ali coubba).

Excusez-nous pour la mauvaise qualité de la reproduction.

 

 

Cette video présente le voeu de bonne
2010 en s'inspirant de la démarche et
des expressions courantes empployées par les Afars.

Ta videol, Qusba liggidak qaagitnam elle baddaqisna.
A Sanat, sidiicam nel tamaqay :
1) Gaat ilko nel yakkay
2) agbi salot ilko nel yakkay
3) Baritto kee taama haykal nek takkay. Maquk raaqa. ..
.

 

 

 

"Il n’y a que la liberté d’agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses »
D’Alembert (1717-1783)

Mot du président

La guerre civile de 1991 : une guerre fratricide

Lorsqu'elle a surgi dans notre vie, la guerre civile de 1991 ressemblait à une guerre entre deux idéologies distinctes : la dictature du parti unique représentée par le régime djiboutien et la démocratie incarnée par la résistance armée. Ce schéma a concordé avec la réalité que durant les trois premières années du FRUD armé, c'est à dire de 1991 à 1993, au cours desquelles la direction du front armé poursuivait un véritable idéal politique. Du moins la population en avait confusément l'impression. C'était avant la cascade de scission survenue au sein de cette organisation politico-militaire.
Pour ceux qui se sont rangés aux côtés du FRUD légalisé qui a signé en décembre 1994 un accord de paix avec les autorités djiboutiennes, la guerre civile a duré quatre ans.
Pour la dissidence dirigée par Ahmed Dini ayant rendu les armes en 2001, le conflit armé avec le régime a pris neuf ans.

AUDIO
Ecouter la cassette audio n°2 (en langue afar) présentée par Ali Coubba
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Ecouter la cassette audio n°1 (en langue afar) présentée par Ali Coubba.

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Sommaire N° 50
2010

Mot du Président:
ILa guerre civile de 1991: une guerre fratricide

1. Le poids et la signification de la guerre civile de 1991

2.La guerre civile de 1991 a-t-elle été une guerre idéologique ?

3. La fin du régime et de ses artisans

4. La guerre civile nous-t-elle libéré de nos peurs ?

5. Le rôle de la Fiqma ?

6. Qu'est-ce que l'asservissement ? 5Extraits)

7. Notre positionnement politique (logo, convictions...)

8. La république de Djibouti ne survivra pas à une deuxième guerre civile.

9. "Juste une petite révolte pour corriger les choses" Abdourahman A. Wabéri.

10.Le 3ème mandat présidentiel d'Ismail Omar Guelleh

11. Radio-Trottoir : waraba en somalki (sur www.ardhd.org)

12. Le FRUD armé peut jouer un rôle efficace

Adhérez à UGUTA-TOOSA

13. Les analyses sur l'escale de Nicolas Sarkozy à Djibouti, la sortie d'Aden Roblé Awaleh, l'USAID, etc.

14. Déclaration collective envoyée à Ismail Omar Guelleh par la tribu Yonis Moussa - Odahgob (lire notre analyse)

15. Nicolas Srakozy à Djibouti (Toronto Round Trip et Jean-Loup Schaal)

16. Djibouti- Anbiance de fin de règne (Pierre Sidy)

17. Rapport global 2009 de la LDDH - 10 février 2010. (NOEL ABDI Jean-Paul )

18. Communiqué : Appel aux Assises nationales de l'ARD, les 25 et 07 févrer 2010 (Kassaim Ali Dini)

19. Ali Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005. (Elections présidentielles à Djibouti)

20. Les nouvelles de Djibouti (9 avril 2005)

21. Une interview exclusive de Jean-Paul Noel Abdi (source ARDHD)

22. : "L'Afrique n'a pas besoin de démocratie mais dêtre nourie" (J. Chirac)

23. DJIBOUTI : la FIDH condamne la mascadare électorale

24. Commentaire de Uguta-Toosa sur l'enterview de Meles Zéanwi, premier ministre éthiopien (26 avril 2005, LNA)

25. Omar Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens

26. Le khat et la politique à Djibouti (YMB)

27. Communiqué du 19 novembre 2009 de l'ARD : nomination de Mahdi Ibrahim God, Hassan Cher Hared et Hamad Daoud.

28.Que s'est-il réellement passé entre IOG et M. Booré, son ancien associé ? (Angel free)

29. Communiqué (Forum pour la démocratie et la paix) : Journée d'information sur le massacre d'Arhiba. + commentaire de Uguta-Toosa - Extraits d'une vidéo.

30. 25ème conférence ministérielle de la Francophonie (La Nation n° 199)


Pour la troisième version du FRUD armé dont les exploits alimentent ce dernier temps la chronique djiboutienne, relayés avec un zèle suspect par la presse gouvernementale, la guerre civile a commencé en 1991 et se poursuit depuis.

Probablement, compte tenu de la nature du régime djiboutien, il ne va pas manquer des hommes pour soutenir l'hypothèse d'une guerre civile ayant débuté à Djibouti, dès décembre 1977, soit six mois après l'indépendance de Djibouti, lorsque Hassan Gouled a trahi son compagnon de lutte Ahmed Dini et instauré le régime de parti unique en 1981. Cette approche n'est pas recevable ici. Pour pouvoir parler d'une guerre civile, il faut que certaines conditions soient réunies.

La guerre civile de 1991 : une guerre oubliée

Qu'est-ce que la guerre civile ? « Une guerre civile est la situation qui existe lorsqu'au sein d'un État, une lutte armée oppose les forces armées régulières à des groupes armés identifiables ». Le conflit ayant opposé, à partir de janvier 1991, l'armée djiboutienne à la rébellion du FRUD entre bien dans ce cadre. A la lumière de cette définition, on comprend mieux les choses. La guerre civile n'est donc pas un conflit contre un ennemi à éliminer ou à faire disparaître. Elle correspond à un acte révolutionnaire, organisé et rationnel qui se dresse contre l'injustice générée par le régime politique. Et mettant forcément aux prises des citoyens contre d'autres citoyens, il brouille les jugements des valeurs à porter sur les belligérants. Pour l'exorciser, toute la nation aurait dû se prêter au spectacle de la psychanalyse collective, au premier chef les rebelles et les soldats djiboutiens.
Or cette guerre civile a été gérée de façon lamentable (mais assez compréhensible pour nous) par le régime djiboutien après l'accord de paix de décembre 1994. D'ailleurs cet accord de paix n'en est vraiment un. Il s'est traduit seulement par le ralliement d'une faction de la rébellion du FRUD au régime de Hassan Gouled. Quant à la guerre civile de 1991, elle a fini par avoir une seule version. C'est la version officielle, validées par le FRUD légalisé qui n'avait pas plus voix au chapitre.
D'après le régime, il n'y a pas eu de guerre civile à Djibouti, ni de conflti armé. A en croire le peu d'échos et de traces médiatiques que le peuple reçoit de ce conflit, on peut douter que cet évènement ait vraiement existé. Les officiels nous ont exhortés à l'oublier, à l'effacer de notre mémoire collective et le peuple a obéi. Toute référence à cet évènement traumatique a disparu de notre vie publique. Comme vous l'avez remarqué, il n'y ni martyrs à pleurer ni héros à célébrer. Les familles endeuillées sont priées de célébrer leurs morts dans l'intimité.
Et la commémoration de la tuerie d'Arhiba ? Il convient de ne pas faire l'amalgame. Célébrer annuellement la tuerie d'Arhiba de 1992 s'apparente à une sorte de protestation populaire. Car cette tragédie survenue à Djibouti-ville, au moment même où la guerre civile faisait rage dans l'arrière-pays, renvoie davantage à la barbarie du régime qu'à une quelconque référence à la guerre civile.
Disons que la volonté de tourner la page de la guerre civile part d'une bonne intention et nous nous rallions à ce principe. Mais est-ce la bonne démarche que d'imposer par diktat le silence et l'oubli sur une guerre traumatisante qui a fait, au bas mot, plus deux mille morts dans les rangs des deux forces bélligérants (militaires et rebelles) ?

Ne pas en parler : une mauvaise solution

Cette approche qui consiste à éluder la guerre civile de 1991 et ses martyrs n'est pas la bonne solution. L'acte traumatique a eu des conséquences trop graves pour être oublié ainsi, sur commande. Trop de sang a coulé : pas moins de deux mille djiboutiens sont morts ou peut-être plus. Bien que les chiffres exacts ne soient pas connus, pour une nation comprenant moins de 600.000 citoyens, le prix paraît très élevé entre les sacrifices consentis et les bénéfices récoltés.
Les plus amers d'entre nous sont certainement les survivants; ceux qui avaient porté les armes et qui, au spectale de notre société actuelle, doivent pleurer de dépit. Ils doivent se répéter : "Nous nous sommes donc entretués pour que des voyous tirent profit de notre sacrifice ".
La solution la meilleure aurait été de parler de cette guerre, de ses atrocités et de sa vacuité. Nous aurions dû inviter les soldats et les rebelles à nous parler de cette guerre et de leurs sentiements. Nous aurions dû recueillir les témoignages de différents belligérants. En donnant la parole à tout le monde, en dénonçant toute forme de violence portant atteinte à la vie, on aura assister à une véritable catharcis collective. A l'issue d'un tel spectacle, les Djiboutiens mieux conscientisés sur les dangers de la guerre civile auraient pu dire "plus jamais ça ". Or il en a rien été. Le peuple a été privé de faire le deuil de ses morts. Il ne peut par conséquent tirer des leçons d'un conflit sur lequel on lui a ordonné de pratiquer l'amnésie.

Alors, de nouveau en 2010, les Djiboutiens peuvent recommencer à s'entretuer pour … consolider la dictature ! Au rythme où vont les choses dans le nord et le sud-ouest du pays, le dictateur aura "sa" guerre à lui.

Pour notre parti, à l'approche de l'élection présidentielle, toutes les forces de l'opposition djiboutienne (pacifique et armée) doivent adopter une stratégie commune à partir des assertions suivantes :
1. si nous voulons arrêter Ismail Omar Guelleh en 2011, ce sera forcément dans la capitale et il faudra l'affronter à Djibouti-ville;
2. le dictateur n'a pas des partisans inconditionnels, il compte sur des partisans intéressés dans la capitale;
3. l'opposition doit mobiliser ses sympathisants qui sont majoritaires dans le pays (les régions de l'intérieur sont plus ou moins acquises à l'opposition);
4. l'opposition doit
accepter l'idée d'un affrontement pacifique qui se soldera forcément par la mort des civils mais ce ne sera pas de notre fait.

Le centre névralgique du pouvoir se trouve à Djibouti-ville et non dans les montagnes de Mabla ou de Goda. En période d'élections présidentielles, cette vérité est encore plus prégnante pour nous. Nous devons rassembler nos forces, nos compétences et nos moyens.
C'est triste de le reconnaître mais un mort d'un civil survenu dans le cadre d'une manifestation pacifique à Djibouti-ville a plus de poids et de signification, sur le plan politique, que dix morts dans un affrontement qui se déroule dans les montagnes de Mabla.

Gifta Ali Coubba
Uguta-Toosa, janvier 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011


Titre 1 : Le poids et la signification de la
guerre civile de 1991

Il faut que les Djiboutiens sachent que la guerre civile de 1991 n'est rien d'autre que l'évènement le plus meurtrier de notre histoire. La violence politique que subit notre pays est multiforme mais celle-ci a été exemplaire. Les décasements des familles d'Arhiba ou de Balbala, la mort d'un étudiant ou l'assassinat d'un nomade ne constituent que de tristes et infimes épisodes du drame national. Pour gratuite qu'elle soit, cette violence ne nous renseigne pas assez sur l'ampleur du crime, ni sur le poids réel des exactions commises par ce régime au regard de notre brève histoire de trente-deux ans. Le philosphe hollandais, Spinoza, a décrit assez bien la situation dans laquelle se trouvait notre société avant le déclenchement de la guerre civile de 1991. "Lorsque les sujets d'une nation donnée sont trop terrorisés pour se soulever en armes, dit-il, on ne devrait pas dire que la paix règne dans ce pays, mais seulement qu'il n'est pas en guerre."

Chers compatriotes, je ne vais pas noircir la réalité djiboutienne, déjà suffisamment dramatique sur le plan social avec un taux de chômage moyen de 60%, un système de santé en déconfiture, une éducation nationale délabrée, des inégalités de revenus abyssales entre les riches et les pauvres. Que dois-je vous dire si ce n'est que le régime djiboutien, à cause de son refus de tout dialogue avec l’opposition, a perpétré des crimes innommables. Dans l’éditorial de son journal « Réalité » n° 26, l’ARD écrit que « la pathologie dont souffre ce régime, c’est l’autisme. » Où mène cette pathologie ? « Au retard et au sous-développement », conclut l’éditorial. En dernier lieu, il conduit à la guerre civile puisque tôt ou tard les victimes, lassées de subir l’injustice, peuvent vouloir se faire entendre par des moyens radicaux.

Le poids des crimes commis par l'Etat djiboutien

Chers compatriotes, savez-vous que si l’on dresse un parallèle entre les crimes perpétrés par la colonisation française, depuis son installation en 1884, et ceux commis par le régime actuel, on en arrive à un constat effrayant.
Le régime de Hassan Gouled et d'Ismail Omar Guelleh, celui de parti unique, celui du RPP, a tué en trente deux ans plus de Djiboutiens que la colonisation française ne l’a fait en un siècle et demi ! Faites-en le compte vous-même. Les actes de violence perpétrés contre la population pacifique et que l’on prête à la colonisation française après 1945, ne sont pas si nombreuses pour qu'on ne puisse pas en faire un bilan rapide. La fusillade sur l’esplanade de l’assemblée territoriale en 1966 ? Les exécutions sommaires pendant le couvre-feu de 1966-1967 ? Les réfugiés anonymes tués lorsqu’ils essayaient de franchir les barbelés encerclant la ville de Djibouti à partir de 1968 ? Les martyrs disparus sous la torture comme le regretté Abdourahman Andoole ? Après tout, le système colonial étant par définition inhumain, personne ne s’attendait de sa part à la charité et à l’humanisme. Inutile de faire son procès ici.

 

Le régime djiboutien a commis des crimes impardonnables

Mais plions-nous quand même à cet exercice intellectuel de comparaison. Qu'observe-t-on ? La barbarie coloniale est dépassée dans notre histoire par la barbarie de l’Etat djiboutien. C'est le régime du parti unique qui est l'artisan principal de cette barbarie.
Chers compatriotes, selon vous, lors de la guerre civile de 1991 à 1994, combien d'hommes portant l'uniforme djiboutienne ont péri dans les embuscades de la rébellion armée ?
D’après vous, en trois ans de conflit, combien de jeunes rebelles du FRUD sont morts à Kalaf, à Gorabous dans la région de Dikhil, aux alentours de Dikhil de Tadjoura et d’Obock ? (Personnellement, j’ai perdu deux de mes neveux dans ce conflit opposant la rébellion à l’armée djiboutienne.)
A combien s'élève le chiffre de civils innocents tués entre 1977 et 2010 ? Certainement à plus de trois cents victimes qui avaient le tort de ne pas soutenir la dictature.
Pour l’instant, les statistiques font défaut sur le nombre de morts djiboutiens imputable à l'Etat djiboutien. Peut-être y-a-t-il eu deux mille ou trois mille morts en trente deux ans de régime de parti unique.

Nous disposons cependant des chiffres plus fiables sur la « tuerie d’Arhiba » qui a entraîné la mort de 58 civils innocents. Le charnier de Day, découvert en 2007, comptait sept corps de civils, auquel il faut ajouter des assassinats ciblés et disparition inexpliquée de hauts responsables politiques et les membres du FLCS mystérieusement disparu entre 1977 et 1990. Je vous renvoie au rapport de Abdallah Deberkalé, un travail remarquable, sur l’assassinat politique pratiqué par le régime djiboutien depuis 1977.
Les dernières victimes de la folie de grandeur du régime remontent au mois de juillet 2008. Dans l’affrontement avec les troupes érythréennes à Ras-Doumeira, 75 soldats djiboutiens ont trouvé la mort. Peut-être davantage.

D'autres crimes invisibles

Nos compatriotes innocents sont morts physiquement sous les balles et la torture. Ces opérations d'élimination ont été commanditée par Hassan Gouled ou Ismail Omar Guelleh. A côté de ces violences extrêmes et absolues, il y a d'autres crimes plus difficiles à cerner.
Un nombre difficile à chiffrer de nos compatriotes souffre depuis des années parce qu'ils ont été réduits à la misère. D'autres meurent, dans le silence, des conséquences d'une injustice qui les a mis à la marge de la société.
Je vous laisse faire votre propre opinion sur d’autres crimes perpétrés par la dictature djiboutienne. En raison de leur nature, ils ne sont pas quantifiables. Je fais allusion à la division ethnique, à la haine tribale, à la discrimination clanique, à l’exclusion et à la frustration des citoyens dont les droits sont bafoués, les biens confisqués, la vie brisée par le chômage et la misère imposée.

Uguta/Toosa, janvier 2010

D'après la consttition nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

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Titre 2 : La guerre civile de 1991 a-t-elle été une guerre idéologique ?

La guerre, dit-on, est un accélérateur de l'histoire. Selon Karl Marx, "la force est l'accoucheuse de toute vieille société". F. Engels ajoute de son côté que la société ancienne "porte une nouvelle en son flanc". Les deux théoriciens partagent l'idée d'une violence, d'une force ou d'une guerre "révolutionnaire" et fondatrice d'une nouvelle société.

Une guerre idéologique (1991-1993)

De 1991 à 1993, une différence idéologique opposait les partisans de Hassan Gouled et ceux qui soutenaient le FRUD armé. Les premiers soutenaiennt le régime du parti unique au nom de la solidariré tribale et ethnique. Un immense mensonge, une tricherie confortée par des moyens financiers colossaux, faisait croire que le régime djiboutien oeuvrait pour l'hégémonie issa. Jusqu'à la fin du conflit, la communauté issa crédule restera prisonnière de cette propagande. A posteriori, nul ne peut lui faire des reproches ! L'opposition d'Aden Roblé ni celle de Mohamed Djama Elabé, trop timorées, n'ont pu entamer la solidarité cristallisée autour de la dictature.
En face, le FRUD, ses combattants et sa direction prônaient la démocratie et le multipartisme. Ils dénonçaient la dictature, le régime de parti unique et l'injustice qui sévissait dans le pays. Beaucoup de notables, fonctionnaires et employés de l'Etat djiboutien, mais aussi plusieurs entrepreneurs, l'avaient compris. Pour soutenir la rébellion, la contribution financière vint-elle aussi bien des sympathisants somalis qu'arabes, lesquels désireux avant tout de rompre avec le régime du parti unique. Plus que l'amour du FRUD, c'est la haine du régime de Hassan Gouled qui déterminaient leur choix. Ces Djiboutiens voulaient vivre dans une société économique et sociale libérée de toute entrave politique.

Les deux forces belligérantes, composées en majorité de jeunes Djiboutiens de toutes origines, se sont livrées une guerre sanglante. De part et d'autre, de nombreux morts et disparitions ont été relevés. Le héros du livre Transit de Abdourahman A Wabéri venait de "Quartier 6 de Djibouti". Avant de faire appel aux mercenaires somaliens, le régime a recruté en masse de jeunes chômeurs désoeuvrés. Tandis que la rebellion recevait des contingents de lycéens et collégiens de la capitale et ceux des districts de l'intérieur.

Le désenchantement des uns et des autres

En décembre 1994, l'accord de paix entre le gouvernement et la rébellion a mis un terme à la guerre civile. Et là, les Djiboutiens ont découvert le pot aux roses. Les Somalis qui soutenaient Hassan Gouled se sont fait berner le régime du parti unique. Les Afars, acquis à la la rébellion armée, ont été roulé dans la farine par Ougré Kiflé, Jean-Mariee et d'autres méprisables individus.
L'Accord de paix de décembre 1994, a été une douche froide pour tous ceux qui avaient cru en la lutte armée et en particulier au FRUD armé. Les Afars et les sympathisants de la rébellion ont été dégoûtés, révoltés dans leur conscience ! La restauration du régime de Hassan Gouled s'est avéré également une vaste duperie pour les Somalis, en premier pour les Issas.
Au cours de ce conflit, les rebelles avaient tué des soldats djiboutiens. Les hommes en tenue avaient tué les maquisards et n'avaient pas hésité, pousser par les propagandes haineuses du régime, à massacrer les civils innocents. Mais au final, de part et d'autre, on se rend compte que les choses ont mal tourné pour la masse de partisans du régime et ceux du FRUD armé.
Les soldats et la population somalophone ont contribué à la victoire d'un bourreau, Ismail Omar Guelleh, puisque leur situation est pire que ce qu'elle était en 1990.
Les rebelles semblent avoir sacrifié leurs vies pour qu'un Ougouré Kifflé devienne ministre docile d'un Ismail Omar Guelleh ! Et c'est tout.

Nous sommes en 2011 et pourtant rien n'a évolué positivement. La démocratisation escomptée est toujours absente. Les Djiboutiens sont de plus en plus nombreux à exécrer le régime mais les responsables voyous échappent à toute punition. Les populations de l'intérieur croulent sous la misère, frappées par le chômage et la sécheresse. Petit à petit, la pauvreté a nivelées les Djiboutiens, quelle que soit leur lieu de résidence. Et curieusement, il se trouve que les plus démunis sont souvent de vrais citoyens djiboutiens, tandis que les Somalis fraîchement installés à Djibouti tirent leur épingle du jeu.

Uguta/toosa, janvier 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 3 / La fin du régime de parti unique

Notre parti Uguta-Toosa tire les conséquences de la nature véritable du régime djiboutien C'est pourquoi il réclame, dans l’intérêt national, la formation d’un gouvernement de transition qui comprendra toutes les sensibilités et courants politiques. Afin que cette transition démocratique ne soit pas un rafistolage de l'ancien pour le rendre plus tolérable, il nous paraît indispensable de clarifier les choses.

Les préalables à la formation d'un gouvernement de transition

Si l’on se met d'accord sur le principe qui consiste à tourner la page de la dictature et du despotisme, il faut écarter toute idée de rafistolage de l'ancien régime, d’arrangements avec les représentans du régime de parti unique et de demies mesures dans la réforme des institutions.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP) doit être dissout et prendre un nouveau nom qui lui conviendra. La dissolution du système de parti unique nous paraît un préalable nécessaire et indispensable. C’est tout l’édifice construit par le régime de parti unique qu’il faut détruire, ses réseaux, ses pratiques de corruption, son système de reproduction fondé sur l’incompétence et la filiation tribale.
Cela veut dire que les Djiboutiens doivent aussi se débarrasser du dictateur Ismail Omar Guelleh, de préférence comme nous l'avons déjà dit sans effusion de sang et de dommages pour le pays. Car, dans notre hypothèse, il faut également s’émanciper de tout parrainage de la transition démocratique par un Ismail Omar Guelleh et ses semblables.

La dissolution du RPP, parti unique de fait


Ce n'est pas seulement Hassan Gouled qui est responsable de la guerre civile. Il a eu des complices et un régime qui ont rendu possible cet affrontement fratricide en exploitant la crédulité de certains de nos compatriotes. Toujours en vigueur dans notre pays, ce régime a planifié et perpétré la tuerie d’Arhiba en décembre 1922. Son principal commanditaire, Hassan Gouled, a disparu en novembre 2006 mais la dictature lui a survécu ainsi que l'idéologie qui l'insipire. Il est certain que si nous, le peuple djiboutien et les partis d'opposition, ne réussissions pas à donner congé à ces deux monstruosités, dans un même élan de révolte, ce régime va survivre.

Conclusion

Nous ne croyons pas en la possibilité d'une Conférence Nationale ou d'un Gouvernement de transition qui serait convoqué par Ismail Omar Guelleh et se déroulerait dans une atmosphère de conciliation nationale. C'est grâce à notre résistance et à notre lutte, sous forme de manifestations populaires, qu'il faudra bâtir un régime démocratique. Lequel, pour être viable, devra être édifié sur les ruines de la dictature.
Le président djiboutien n'a pas l'étoffe d'un dirigeant politique à l'instar d'un Kérékou. Nous savons qu'en 1992 le président béninois sortant, alors qu'il détenait les rêns du pouvoir dans son pays, avait accepté de réformer radicalement le régime de parti unique, en confiant la tâche à une conférence nationale souveraine.
A l'instar de son oncle inculte, Ismail Omar ne laissera aucune oeuvre à la postérité. On dira de lui qu'il fut, en plus de quinze ans d'exercice de pouvoir sans partage (1995-2011 ?), un homme violent, sans scrupule, irresponsable, immoral, haineux et mesquin.


Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 4 : La guerre civile nous a-t-elle libérés de nos peurs ?

En général, les hommes se révoltent pour améliorer leurs conditions de vie. Le refus de l’injustice peut même les pousser à affronter la mort. Alors on peut se demander ce que la guerre civile de 1991 a apporté de plus, de positif, de remarquable, à notre pays et à notre peuple.

Ce conflit n'a pas été ...

Nous l'avons dit, ce conflit s'est avéré au final une sorte de violence organisée contre le peuple par une poignée d'individus sans scruples. Formant deux camps adverses, ils poursuivaient en fait le même but parce qu'ils ont fait de la même pâte. Ceux qui se trouvaient déjà au pouvoir s'accrochaient au pouvoir, les autres aspiraient au confort matériel. Ils étaient prêts à sacrifier toute la jeunesse djiboutienne pourvu que cela leur rapporte quelque avantage matériel. Aucune idéologie ne conditionnait cette guerre civile comme le peuple l'avait cru.
Cependant, et il faut le reconnaître, ce conflit n’a pas été une version moderne de la guerre que les Debné (Afars) et les Issas se livraient pour l’accès à « l’eau et aux pâturages ». Ce n’est pas une guerre ethnique entre Afars et Somalis, bien que les propagandes du régime ont réussi à imposer cette idée durant les années 90. La composition ethnique des belligérants le laissait penser.
Cette guerre civile a opposé les Djiboutiens naïfs aux autres Djiboutiens naïfs, parce que le régime a fait croire que l’intérêt de Hassan Gouled était celui d’une partie de la population djiboutienne. Il est, de ce fait, difficile d'affirmer qu'il y a eu d'un côté les bons, de l'autre les méchants.

De ce conflit fratricide, avons-nous tiré des leçons ?

Les sentiments de toute sorte participent à nous rendre agressifs. Par l'intermédaire d'un régime qui joue avec nos sentiments, le peuple peut jouer à la fois le rôle de la victime et du bourreau, jeu sinistre qui finira par le détruire.
La dictature exercerbe en nous la peur de perdre ce qu'on a ou ce qu'on croit avoir symboliquement, le sentiment d'inférorité et de frustrations, celui de la supériorité imaginaire de notre clan , etc.
Il faut que nous parvenions à détruite par d'autres moyens, par exemple pacifiques, le régime du parti unique.
En leur inoculant le virus de la haine et de la discorde, un régime violent incite les hommes qui n'ont a priori aucun intérêt à le faire à s'entretuer. Nous avons affaire à une violence particulière qui "se fait "institution et moyen de gouvernement" (Georges Gusdorf, La vertu de force, PUF, 1957). Au contraire, l'intérêt de tous les Djiboutiens est aujourd'hui de se dabarrasser d'Ismail Omar Guelleh.
Il faut que les Djiboutiens comprennent que dans une guerre civile, on est confronté toujours à notre semblable, à notre concitoyen, non pas tel qu'il est mais tel que le pouvoir en place nous le présente. Alors il nous apparaît méconnaissable, dangereux et animé de mauvaises intentions à notre égard. Or ce conflit se déroulant à l'intérieur du pays, aucune partie ne peut en sortir gagnante ou indemne.

Pouvons-nous affirmer que ce fut une guerre qui nous a libérés des chaînes du tribalisme ? Non. Notre économie est-elle plus prospère ? Non.
Avons-nous, grâce au sang versé par nos fils, nos frères et nos cousins, grâce au sacrifice consenti par des milliers de personnes arrachées à leurs foyers, appris à tourner définitivement la page de la guerre civile ? Non.
Sommes-nous devenus plus sages ? Non. Nous avons oublié la vertu de la discussion et du débat contradictoire.

Aujourd'hui, y-a-t-il des Djiboutiens qui veulent mourir pour Ismail Omar Guelleh ? Qui croit un instant qu’en laissant sa vie dans une embuscade organisée par la rébellion, un militaire Djiboutien sert la cause nationale ? Aucun citoyen d’origine djiboutienne, aucun Djiboutien de souche ne croit à ces sornettes. Pour parer à l'éventualité d'une défection au sein de l'armée et de la police, Ismail Omar Guelleh a créé la Garde présidentielle composée en proportion importante d'étrangers. Mais si la confrontation a lieu pacifiquement à Djibouti, cette troupe prétorienne sera handicapée, vulnérable.

Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 5 : Le rôle de la "Fiqma"

Notre parti est conscient qu'il ne faut jamais cesser de mobiliser les gens. Nos critiques sur l'apathie de la diaspora djiboutienne et les fonctionnaires abrutis par le khat sont toujours d'actualité. En ce début d'année 2010, nous répétons donc nos mots d'ordre : "Uguta Labhay !" " Toosa !"

Deux types de citoyens, dit un proverbe afar

Les hommes, comme vous le savez, diffèrent les uns des autres. Un proverbe afar affirme qu'il y a deux catégories d'hommes dans une société : "Afah haan waqdi yaaxige barra-b-baxa kee deerih haan waqdi yaaxige barra-b-baxa". Pour simplifier, nous avons "celui qui sait d'instinct" et "celui qui sait quand on le lui montre".
Dans la première catégorie s'inscrivent les citoyens qui saisissent immédiatement les enjeux politiques et savent différencier le bien du mal, le droit de l'injsutice. Ces hommes et femmes sont politiquement engagés. Par exemple, ils n'attendent qu'un parti politique devienne fort. Ils n'ont pas besoin de réfléchir dix ans ! Ils ne perdent pas leurs temps à dénigrer ou à écrire des tracts alors qu'ils peuventadhérer à des partis politiques. Ils n'attendent pas de devenir membre d'un front armé quand celui-ci mène des actions. Leur conscience étant en alerte, ils savent qu'ils trouveront un accomplissement personnel supplémentaire au sein d'un parti politique qui partage leurs idées.
Dans la deuxième catégorie
, nous rencontrons des hommes et femmes qui ont besoin qu'on leur attrappe par la main, qu'on leur répète cents fois le même message et la même chose. Ce n'est pas qu'ils sont bêtes mais la nature les a faites ainsi. Il me semble que dans la société djiboutienne actuelle, il y a beaucoup dans la deuxième catégorie. Il y a une troisième catégorie née de la perversion de notre société.

La troisième catégorie : Futur député ou Futur ministre ?

Cette catégorie d'hommes passe son temps entre le travail et le mabraze, lorsqu'ils ont du travail. Lorsque ils n'ont pas d'emploi, ils n'essaient pas de dépasser leur condition de paria ou de faire quelque chose de leur vie. Non, ils attendent l'heure de brouter du khat sans état d'âme puisque de toute façon, même déasrgenté, il n'est pas difficile d'avoir sa "botte" de khat à Djibouti. Ils attendent aussi autre chose ...
Ces hommes, diplômés ou non - cela n'a aucune importance à Djibouti - rêvent tous d'être haut fonctionnaire, député et ministre d'Ismail Omar Guelleh. Certains d'entre eux ont déjà occupé l'un des ses fonctions et se disent que le destin pourrait repasser par là ! De tout leur coeur, dans leur naïveté maladive, ls espèrent que le dictateur va les appeler et qu'ainsi leur calvaire va cesser. Ayant goutté au vertige du pouvoir et de l'argent facile, ils pourraient vendre leur mère et leur soeur pour retrouver ces privilèges ! D'autres hommes attendent, plus impatients et plus fébriles, parfois leur niveau scolaire est si bas qu'ils ne savent pas écrire correctement leur nom ! Mais ils se disent "Mon cousin a été député et ministre illettré, pourquoi ne le serais-je moi aussi si je me fais voir par Ismail Omar ". Voilà les propos que tiennent ces Djiboutiens de la troiième catégorie. Et ils sont très nombreux.
C'est le résultat de l'aliénation de la politique coloniale française et celle de Hassan Gouled qui ont dévalorisé le savoir et la commpétence dans notre pays. Notre parti essaie de briser cette aliénation en menant notre campagne en langue française et en écrivant en langue afar.

La fiqma : une sorte d'organisation politique

La société moderne s'est développée grâce à la division des tâches. Quand on se penche sur la façon dont la société afar distingue la fonction de chaque individu au sein de la société, on est amené à se poser des questions. Comme nous le dit le texte ci-dessus en afar, l'homme d'expérience (kasle), le responsable politique (saqala) et le plus jeune (maqanxa) remplissent chacun un rôle. Ce qui est plus instructif, c'est le rôle dévolu dans notre région (Laaqo) à la fiqma. Ne correspond-elle pas plus ou moins à un parti politique ou à une association citoyenne puisque chaque individu est obligé d'y adhérer à partir de la puberté. Cette adhésion implique la civilité, le respect, l'apprentissage de la contradiction. De plus, tout le monde est concerné : les hommmes et les femmes.
dans la société afare traditionnelle, il n'y avait pas de place pour des gens qui voulaient réfléchir pour adhérer à une fiqma. Tout être humain ayant son libre arbitre appartenait à une organisation.
Aujourd'hui où nous sommes fort d'une culture moderne et écrite, des connaissances dont nos grands parents ne pouvaient même pas imaginer, que faisons-nous ? Il y a des Djiboutiens qui attendent avant de devenir membre d'un parti politique. Les plus à blâmer sont les Afars qui, depuis des générations, save que l'on apelle faire partie d'une organisation sociale.

Labuk sayih itrita labhay ! Hommes et femmes assumez vos responsabilités.

Uguta-Toosa, janvier 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 6/ Qu'est-ce que l'asservissement ?

Est-ce pour notre bien ou pour conforter l’intérêt national qu'on marginalise, qu'on licencie, qu'on affame une fraction de nos compatriotes ? Est-ce dans notre intérêt que les diplômés djiboutiens sont écartés du marché du travail ? Est-ce pour améliotrer nos conditions de vie que le régime nous impose un système dictatorial ? Nous ne le croyons pas. La lecture des extraits suivants nous permet de comprendre comment les Djiboutiens inconcients participent à leur propre asservissement.

1. Le Consentement
Maurice Godelier, Pouvoir et Langage, in Communications", 1978.

"La force la plus forte du pouvoir, ce n'est pas la violence, c'est le consentement, le consentement des dominés à leur domination... Il y a donc dans tout pouvoir, un enjeu fondamental et une force fondamentale qui retiennent les choses "en ordre" qui est le consentement que les dominés apportent souvent à leur domination. Et ce consentement, ils l'apportent parce que l'état des choses leur paraît légitime. [...]
Il part d'une représentation, d'une représentation partagée par les dominés et les dominants."


2. "La perversion du désir grégaire"
G. Deleuze et F. Guattari, Capitalisme et Schizophrénie, 1972.

"Pourquoi les hommes combattent-ils pour leur servitude comme s'il s'agissait de leur salut ? ... l'étonnant n'est pas que des gens volent, que d'autres fassent grève, mais plutôt que les affamés ne volent pas toujours et que les exploités ne fassent pas toujours grève : Pourquoi des hommes supportent-ils depuis des siècles l'exploitation, l'humiliation, l'esclavage, au point de les vouloir non seulement pour les autres, mais pour eux-mêmes ?"

3. Le pouvoir du tyran est illusoire
Epictète, Entretiens, La Pléiade, 1962

"Si l'on a quelque avantage sur un autre, ou si l'on croit l'avoir bien qu'on ne l'est pas, il est inévitable si on est grossier qu'on en conçoive de l'orgueil. Un tyran dit tout de suite : "je suis le plus puissant des hommes". Et qu'as-tu donc à m'offrir ? Peux-tu faire mes désirs ne trouvent point d'obstacles ? Et d'où aurais-tu ce pouvoir ? Peux-tu toi-même éviter ce que tu veux fuir ?
[...] Qu'est-ce donc qui trouble et terrorise la plupart des hommes ? Le tyran et sa garde ? Et pourquoi ? Il n'est pas possible qu'un être libre par nature soit trpoublé ou empêché par un autre que par lui-même; ce sont ses propres opinions qui ne peuvent le troubler."

4. "La tyrannie est la force suprême de l'échec"
Amédée Ponceau, Timoléen, réflexions sur la tyrannie, 1950.

"Il [le sage] exècre la tyrannie parce qu'il y voit la pire forme d'injustice.
A ses yeux (aux yeux du sage), la tyrannie n'est pas seulement le règne d'un seul, elle est aussi le règne de la masse livrée à ses instincts aveugles. Le tyran est le démaguoge, il flatte le peuple avant de l'enchaîner, il se donne pour seviteur de ceux qu'il réduira en esclave. il éveille les passions mauvaises auxquelles il feint ensuite de se soumettre. Le tyran et la foule qui l'acclame partagent confusément, en même temps que les jouissnances du pouvoir, la honte de la servitude. L'autorité arbitraire abaisse autant celui qui l'exerce que celui qui la subit."

5. Ambiguité de la violence
Gorges Gusdorf, La vertu de force, PUF, 1957.

"Toute violence, par-delà le meurte du prochain, poursuit son propre suicide. Elle est en effet destruction de soi ; les Anciens savaient déjà que la colère est une courte folie. [...] Le violent, incapable de se contenir, recherche dans sa propre frénésie une sorte d'apaisement magique, comme si en augmentant le volume et l'intensité de sa voie, en enflant ses muscles, il sentait cette majorité qu'il sent devant l'obstacle, confusément perdu. [] La violence, une fois déclenchée, s'enivre d'elle-même par un effet d'accélération ; elle fait boule de neige, comme enchantée par son propre déchainement, elle ne s'arrête plus."

Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 7/ Notre positionnement politique
(Février 2005)


Notre logo et notre couleur (nek asta) :

Notre logo : des gens (hommes et femmes debout) - cf. Carte de notre parti.
Notre couleur : marron clair - couleur de gundi (afar) ou gundati (somali)

Notre devise : Madqaay, dimokrasi x-xintow, inkittiino

" Lois, Démocratie et Unité "

Notre attitude politique (nek xiiba)

- rester inébranlables dans nos convictions ;
- demeurer unis dans notre engagement politique jusqu'à l'instauration de la démocratie dans notre pays ;
- faire triompher l'Etat de droit pour le bien de tous les Djiboutiens ;

Nos convictions (nek bagi niya/hangi) :

- Seul un régime démocratique pourrait concilier les Djiboutiens avec l'appareil d'Etat discrédité par le tribalisme ;
- la démocratie garantit la liberté d'expression, d'entreprise et respecte les cultures nationales (afare, arabe et somalie) ;
- la clé du succès politique réside dans l'Unité de l'Opposition djiboutienne ; une unité qui repose sur des vraies alliances politiques.

Nos objectifs (nek mala) :

- Combattre et dénoncer l'injustice qui sévit à Djibouti au plan politique, économique, social, ethnique, etc. ;
- Participer à l'éducation politique de nos concitoyens au sujet des notions de démocratie, de multipartisme, d'alternance démocratique ;
- démystifier le régime djiboutien, sa politique tribale et clanique
- Populariser notre combat et celui de l'ensemble de l'Opposition.

Uguta/Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 8 / La république de djibouti ne survivra
pas à une deuxième guerre civile

Comment décrire notre petit pays afin de démontrer combien il est fragile ? Combien la paix sociale ne tient à Djibouti qu'à un mince fil ? D'ailleurs, notre cohabitation pacifique correspond davantage à un " état de guerre" (Spinoza) qu'à une société apaisée. " Vingt sept mille kilomètres de haine et de misère, mon pays d'ergs et d'acacias." [Transit de Abdourahman A. Wabéri, p. 30] Pouvons-nous nous permettre le luxe de vivre une deuxième guerre civile ? Ce conflit, parce qu'il y a l'antécédent de la Somalie voisine, devrait nous épouvanter. Il risque de nous entraîner plus loin qu'on ne le désire. Tout laisse penser, à cause de la présence d'une population importante - les "nouveaux" citoyens exacerbant les tensions - ne partageant pas notre "mémoire collective", de glisser vers une guerre inter-ethnique.
Le peuple djiboutien ne veut pas de guerre, ni de guerre extérieure, ni de guerre intérieure. Il veut la paix. Alors pourquoi notre pays est-il en conflit larvé avec l'Erythrée ? Pourquoi, une guerre civile se profile-t-elle à l'horizon ? Parce que le dictateur Ismail Omar choisit tout pour nous. Il sait ce qui est bon pour nous MIEUX QUE NOUS. Il n'a pas besoin de nous consulter.

Ismail Omar Guelleh prépare une guerre extérieure

Ismail Omar Guelleh prépare psychologiquement la population à l'idée d'une guerre civile.
Disons tout de suite une vérité : notre pays n'est pas en guerre avec l'Erythrée. C'est le régime djiboutien et son chef qui ont déclenché les accrochages et tensions frontalières avec ce voisin belliqueux. Si une portion de notre territoire national est occupée, notre dictateur en assume l'entière responsabilité. En jouant à un jeu dangereux avec son homologue érythréen, dont nous ne comprenons pas encore les tenants et aboutissants, il a provoqué cette crise surréaliste.
L'acharnement de l'Etat érythréen, condamnée par l'ONU en raison de l'occupation de Ras-Doumiera, en dit long sur la nature du litige. La crise dépasse le cadre d'un un simple différend frontalier. Si Issayas Afworki court le risque d'une mise au ban des nations, en s'entêtant à maintenir ses troupes à Ras-Doumeira, il y a quelque chose d'autre qu'une simple tractation diplomatique ou de différence de points de vue au sujet de la crise somalienne.

Ismail Omar Guelleh prépare une guerre intérieure

Ismail Omar Guelleh prépare aussi une guerre intérieure contre la rébellion. Le FRUD armé lui offre l'occasion, un alibi en or, pour pouvoir négocier un 3ème mandat en prétextant l'état d'insécurité qui menance Djibouti. Cet argument peut peser lourd auprès des membres de sa tribu et de ses partisans "naturels".
La guerre constitue le pain blanc pour un dictateur. Sa nature profonde de tyran réfractaire à toute idée de dialogue l'encourage à privilégier le rapport des forces. Dans la mort des innocents, il trouve une jouissance obscène. Le tyran, imbu de lui-même, s'inquiète toujours quant à l'étendue de ses pouvoirs réels. Alors il se condamne à une fuite en avant.

Le peuple djiboutien ne veut pas de guerre

Qu'elle soit extérieure ou intérieure, la guerre n'est pas dans l'intérêt du peuple djiboutien.
Il n'est pas dans l’intérêt national de marginaliser, de licencier, de forcer à l'exil nos compatriotes.
Il n'est pas dans l'intérêt national d'affamer une fraction de nos compatriotes, sous prétexte qu'ils sont afars ou opposants au régime.
Il n'est pas dans l'intérêt de notre pays de refuser du travail aux diplômés gadaboursis ou issaq? afars et arabes, ou voire à de jeunes issas du pays.
Il n'est pas dans l'intérêt national de voir mourir notre jeunesse.
Le peuple djiboutien ne veut pas de guerre civile. Il n'a aucun contentieux avec ses voisins. Sa priorité est de voir ses conditions de vie s'améliorer. Il est prêt à se mobiliser résolument pour développer son pays et sortir de la misère. Pas pour assouvir les lubies criminelles d'un dictateur.

Uguta-Toosa, décembre 2009

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 9 / "Juste une petite révolte pour corriger les choses".
(Abdourahman A. Wabéri)

Je vous propose un bref portrait de notre pays fait par Abdourahman A. Wabéri dans Transit (Gallimard, 2003). En termes voilés, touches pudiques, allusions brèves, il nous livre des tableaux courts et dérangeants de notre pays. A cause de leur véracité, ses phrases laissent en nous des sentiments coupables. On a du mal à porter des jugements tranchés sur ce qui est donné à voir. Grâce à leur beauté, la description du paysage et des gens renferme la fascination de la magie. Et on éprouve une envie secrète, un élan suspicieux, d'adhérer à ces portraits irrévérencieux que Abdourahman A. Wabéri dresse de nous. (Ali Coubba)

" Tout est à moi, ses mamelons volcaniques, sa faune étique, ses tragiques déhanchements de chamelle famélique, sa flore aquatique qui orne les timbres postaux, ses ilôts déserts comme le fameux Guinni Koma (que les Français appellent aussi l'Ile du Diable). Je sens sur mon corps son sel. Je suis ce gouffre entre les monts comme une vulve blessée. [...] Oui, tout est à moi. Ses lacs de sel, ses pitons glabres, son firmament fantasque au lac Assal, sa petite forêt d'un autre âge, ses hauts plateaux de calcaire, son grand Bara et son petit Bara, son principal sommet culminant à un peu plus de deux mille mètres. Ses eaux saumâtres et sa salinité hors de commun, le coeur liquide de son golfe, sa solitude crenelée des vagues. Son monde à jamais inviolable. Voici mon pays qui brasse l'air du palmier-Lyre, l'arbre du voyageur qui traîne ses exils sur la croûte terrestre. Mon pays qui court à perte de vue, à perte de souffle. Mon pays triste et beau comme la toile cirée d'un café de village breton par un dimanche matin pluvieux. [...] Vingt sept mille kilomètres de haine et de misère, mon pays d'ergs et d'acacias." [p.29-30]

L'extrait suivant sur la guerre civile de 1991 - il s'agit d'une fiction - nous plonge dans l'esprit d'un jeune mobilisé, héros du livre. Les Wadags (afars) et les Walal (Somalis).

"Sur le front, y avait beaucoup de nous sans treillis militaire. Ca c'est mobilisé recrutés vite vite comme moi. T'as quel âge, petit ? Dix huit ans. J'ai menti dur. Tu viens d'oû ? Quartier 6 de Djibouti. T'es un petit gars de la magalla, mets-toi de ce côté. Rassemblement dans la cour. Vous partez demain à Yoboki. Bon, rompez. (...) Bon je dois confirmer immédaitement cete histoire : oui, dans les troupes, tout le monde n'est pas autochtones, y a beaucoup de cousins de la Somalie. Y a des éléments de l'armée de Menguistou, surtout chez rebelles. "

"Ou alors se révolter, mais ça je ne crois pas beaucoup à cause de khat. Khat ça fait parler parler, rêver rêver etaprès zéro patates. Khat, ça endrot l'énergie du corps.Alors la révolte, ce n'est pas demain la veille, je vous dis moi.Aïdid n'est pas d'accord avec moi, il dit révolution ça peut arriver demain. (...) Djibouti, c'est grand champions du broutage après Yéménites. (...) Nous aussi on peut se révolter comme Somaliens mais attention faut savoir arrêter guerre" (...) Juste une petite révolte pour corriger les choses." (p.71-72).

Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 10 / Le 3ème mandat présidentiel
d'Ismail Omar guelleh

Ismail Omar Guelleh ne boude pas son plaisir. Il tarde à annoncer publiquement et officiellement sa volonté de briguer son 3ème mandat présidentiel, auquel constitutionnellement il n'a pas droit. Il le sait et prend tout son temps afin que l'opposition et le peuple djiboutien se perdent, au lieu de fourbir leurs armes politiques, en vaines conjectures.
L'escale du président français Nicolas Sarkozy, dans la nuit du 18 au 19 janvier à Djibouti, a pris subitement une signification autre que celle d'une simple escale technique. A en croire la presse internationale, les thèmes de discussion entre les présidents djiboutien et français, ont porté essentiellement sur les dossiers suivants : crise somalienne, conflit djibouto-érythréen, accord de défense et de coopération djibouto-français, affaire du juge Borrel, etc. ON laisse entendre qu'il y a tractations sur l'affaire Borrel. D'après la Lettre de l'Océan Indien (LOI) du 18/01/2010 "le président djiboutien attend avec impatience que la France lui exprime son soutien avant d'annoncer officiellement sa candidature."

 

L'accord de défense et de coopération franco-djiboutien

L'Accord de défense est un dossier fort sensible entre les deux capitales. Il est communément admis que les questions relatives à la république de Djibouti relèvent, auprès des autorités françaises, du ministère de la Défense que du ministère des affaires étrangères. L'armée a son mot à dire dans les accords et pourparlers concernant ce pays.
Pendant la guerre civile de 1991-1994, l'Accord de défense avait donné lieu à une prise de bec entre François Mitterrand et Hassan Gouled. Il en fut de même en mai 2007 lorsque des accrochages et tirs d'armes lourdes ont opposé à Ras-Doumeira les troupes érythréennes et djiboutiennes. La France a refusé la première fois d'intervenir sous prétexte qu'il s'agissait d'une guerre civile. La seconde fois, elle a, officiellement, refusé de qualifier de "guerre", et a laissé les deux belligérants, Djibouti et l'Erythrée, en découdre l'un avec l'autre. Nous l'avons déjà écrit : si Paris n'a pas voulu s'immiscer dans le bref conflit de mai 2007, c'est parce qu'Ismail Omar Guelleh avait noué avec Asmara des relations diplomatiques dont les termes rendaient caducs certaines dispositions de l'accord de défense franco-djiboutien.
Du côté du dictateur djiboutien, deux raisons donnent à ce dossier un caractère urgent. Sur le plan national, l'opposition armée multiplie les embuscades et semble avoir pour principal allié Asmara. Le différend frontalier au sujet de Ras-Doumeira demeure encore irrésolu. Politique de bon aloi, Ismail Omar a cherché à se reconclier le président français, Nicolas Sarkozy. Celui-ci a décidé d'oublier les tractations secrètes que son "ami djiboutien" avait passé avec l'Erythrée avant leurs relations débouchent sur un conflit armé. Sur le plan régional, il y a la menace émise par les Tribunaux islamiques qui accusent le président djiboutien de s'immiscer, de façon partisane, dans les "affaires nationales".

Le 3ème mandat présidentiel : une promenade de santé

Nous ne croyons pas un instant que l'affaire Borrel ait fait l'objet de tractations entre les deux hommes. Et cela, pour des raisons qui tiennent à la sensibilité de la question de justice en France ces dernières années. Tout ce qui touche à la justice exige de la part de Nicolas Sarkozy des précautions supplémentaires. La rigidité proviendrait donc du côté français.
Nous ne croyons pas un instant que le dictateur djiboutien ait besoin de l'aval de principe de Nicolas Sarkozy pour briguer le 3ème mandat présidentiel. En tant que professionnel des services de renseignements, Ismail Omar se targue d'avoir le contrôle total de ce qui se passe dans son pays. Et pour cela, il passe auprès de la France pour un allié aussi sûr que le président tunisien, Ben Ali. Les deux hommes, froids et secrets, brutaux et radicaux, ont le même profil psychologique et aussi le même profil de carrière. A ce sujet, la réticence peut provenir du président djiboutien qui a intérêt à afficher une sérénité à toute épreuve. En aucun cas, il doit laisser transparaître son le désir d'être adoubé ou encouragé par la France.
Ismail Omar Guelleh ne prend pas la peine de se précipiter pour se déclarer au sujet du 3ème mandat présidentiel, c'est parce qu'il a depuis longtemps obtenu, indirectement, l'aval de la France, de l'Union européenne et des Etats-Unis. Plusieurs présidents africains, du Niger au Cameroun, en passant par le Congo Brazzaville, ont révisé la constitution nationale pour briguer le troisième mandat, sans subir de sérieuses critiques de leurs alliés occidentaux. Alors il doit plutôt imposer aux yeux de ses interlocuteurs européens l'image d'un dirigeant de haut vol. Préoccupé à résoudre des dossiers à carcatère régional (piraterie en Somalie), international (Terrorisme islamique) et de développement économique de son pays, et non de vulgaires dossiers à l'échelle d'individus.

la seule inconnue, c'est l'attitude des autorités américaines. Ce pays a une longue tradition faite de respect quasi religieux et d'interprétation scrupuleuse de la Constitution nationale. Ils croient en la légitimité issue d'une élection mais ont du mal à admettre que l'on joue avec les lois pour des motifs purement privés.

Le RPP n'existe pas, IOG est seul

La faiblesse de l’opposition légalisée rassure Ismail Omar Guelleh. Il a trop confiance en lui. Qu'a-t-il à craindre de la part d'un Ismail Guédi Hared ou d'un Ahmed Youssouf ? Ses informateurs lui apportent des preuves multiples de la faiblesse l'oppposition de l'extérieur. Ces faits rendent moins urgente la mise en œuvre d’une longue et vaste campagne. A notre avis, les choses risquent d’être un peu plus compliquées que ne le croit le dictateur. Ce scrutin ne sera pas une promenade de santé pour le chef de l'Etat. Et nous y reviendrons.
L’organisation même du régime djiboutien, ses structures vermoulues, en disent long sur ses faiblesses.
Le régime du parti unique est réduit à un seul homme, un tyran omniprésent, aspirant à l’omniscience par le nombre de préoccupations oiseuses qu’il assume dans la vie des djiboutiens. Logiquement, il est plus aisé d’abattre un homme qu’un système soutenu, pour des raisons d'intérêt, par une poignée de successeurs déclarés.
A Djibouti, le chef d'Etat n'a pas de successeur déclaré. Le RPP aligne des dirigeants insipides, terrorisés depuis longtemps par la brutalité de leur chef. Déchirés par les luttes de faction, en proie à des difficultés financières résultant de l’endettement excessif de certains d’entre eux, les partisans inconditionnels du dictateur se comptent sur les doigts d'une main. Beaucoup d’entre eux sont subjugués par l’homme et non par le système moribond, asphyxié par la gabegie et la corruption, dont la rationalité primitive tient à la redistribution de la richesse tirée de maigres ressources étatiques et des aides internationales.
Donc Ismail Omar n’a pas désigné un successeur potentiel. Pour peu qu’il soit fragilisé, le régime risque de se désagréger comme un chateau de cartes. Les rats vont quitter le navire plus vite qu’ils y étaient montés...

Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Cet article paru sur le site www.ardhd.org nous a plu. Bonne lecture.

Titre 11 / Radio-Trottoir. Waraba en Somali :
qu'est-ce que cela signifie exactement pour un Djiboutien ?

Un correspondant djiboutien, que nous remercions, répond à la question qui avait été posée par un lecteur français.
Cette définition est tirée du Qaamuuska Af Somaliga (dictionnaire de la langue Somalie) publié en 1976 par Akademiya Dhanka (Académie de la Culture en République de Somalie) et présenté par Yaasiin C. Keenadid.

Waraabe ou Dhurwaa (ga) (hyène en français):

« Bahal yeeyda xoogaa ka weyn hilibka cuna, mid uu disho iyo mid baqti ahba.
Wuxuu lee yahay guud iyo ilko xoog badan oo laf kasta buburin kara iyo labo lugood oo jeenyaha ka gaaggaaban, cagtiisuna afar suul bay leedahay.
Wuxuu caan ku yahay, ci’sillan oo wirixa iyo qosolka dadka waalan u eg.
»
C’est un animal de forte corpulence de la famille des canines, dangereux carnassier qui mange aussi des cadavres.
Il a des mâchoires et des dents puissantes. Il peut broyer même les os.
Il a quatre pattes dont les deux arrières sont plus petites. Ses pattes se terminent par quatre doigts.

Son cri ressemble à celui d’un fou enragé.
En politique Waraabe est un surnom qui signifie qu’un dirigeant est corrompu, un dirigeant qui n’hésite pas à tout bouffer sans aucun respect.
Mais attention lorsque vous poursuivez un Waraaba, il ne faut pas se mettre juste dernière sa queue car lorsqu’il a vraiment peur, il est atteint de diarrhée et il éjecte de son postérieur un liquide très chaud, qui risque de vous brûler les pieds à moins d'être équipé de bottes.

_____________________________ Recommandations

Avant de partir chasser le Warabe, équipez-vous de bottes et d'un masque nasal, car les odeurs sont désagréables et très fortes

Uguta/Toosa, janvier 2010

 

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 12/ Le FRUD armé peut jouer un rôle efficace

"L'épouvantail des rebelles du FRUD", c'est en ces termes que la Lettre de l'Ocan Indien du 18/01/2010 a traduit l'intérêt et le zèle empressés que les autorités djiboutiennes manifestent subitement pour rapporter les faits et gestes de la rébellion. Pourquoi en effet, cet intérêt ? La réponse est quasi enfantine.
Ismail Omar Guelleh est conscient que la république de Djibouti aux prises d'une guerre civile va cristallier l'attention sur cet évènement au lieu du viol constitutionnel qu'il s'apprête à commettre en briguant le 3ème mandat.

Analyse de la Lettre de l'Océan Indien

Lisons d'abord ses propos. " La présence rebelle dans le Nord du pays est difficile à évaluer. Mais c'est une menace prise au sérieux par les autorités. Sans doute avec des arrière-pensées politiques… Le discours que les représentants du gouvernement tiennent en ce moment aux dignitaires du Nord du pays, à majorité afar, est très rodé. Quant ceux-ci se plaignent du sous-développement de leur région, les ministres leur répondent que c'est à cause de l'insécurité créée par les rebelles du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (FRUD). Tel a été en substance le sens des propos du ministre de l'agriculture, Abdoulkader Kamil, lors de sa rencontre, le 27 décembre, avec les notables de la région de Moussa Ali. Il leur a reproché de donner de la nourriture aux rebelles et de ne prévenir les agents de l’Etat qu'après le passage de ces derniers dans leurs villages.
La délégation gouvernementale qui s'est rendue à Tadjourah, le 1er et 2 janvier, pour assister aux obsèques d'un notable local, Hassan Osman, a tenu un langage identique. Toutefois l'argumentaire comportait un élément supplémentaire : l'accusation selon laquelle le FRUD et son porte-parole en France, Mohamed Kadamy, se sont alignés sur l’Erythrée dans le conflit frontalier qui l'oppose à Djibouti. Après ces visites diplomatiques, c'est une séquence militaire qui a eu lieu du 2 au 9 janvier dans la même région. Des troupes gouvernementales, venues de Tadjourah et de la capitale, se sont rassemblées à Obock sous les ordres du commandant Ali Hassan et de son adjoint, le colonel Abdo Abdi Dembil, avant de se lancer à la chasse aux rebelles dans la zone. Des coups de feu ont été échangés les 4 et 5 janvier avec des groupes du FRUD positionnés en quelques points stratégiques (Suali, Gaulois, Orbima et Dalha). Mais les troupes gouvernementales n'ont pas été plus loin et se sont ensuite retirées dans leurs casernes le 9 janvier
."

Propositions de Uguta-Toosa

Je ne veux pas m'attarder ici en présentant des arguments sur la pertinence ou non de la lutte armée. Actuellement cette discussion est dépassée. La seule certitude que nous avons est que la lutte pacifique est plus efficace, plus économique de la vie humaine et plus porteuse d'un avenir meilleur que ne l'est la lutte armée. L'enjeu se résume actuellement à conjuguer les forces de l'opposition (pacifique et armée) pour abréger la vie de la dictature.

L'opposition civile et l'opposition armée peuvent-elle oeuvrer ensemble au renversement du régime ? Oui, elles peuvent et doivent le faire.
Que peuvent-elles faire ensemble ? L'opposition armée a intérêt, parallèlement à ses opérations militaires, à participer aux campagnes de manifestations populaires que l'ARD ou l'UAD va organiser prochainement. Elle doit être présente plus activement et à Djibouti-ville plutôt que dans les montagnes. Clandestinement, elle peut solliciter auprès des militants des partis d'opposition pacifique des aides financières individuelles. Cela suppose un assouplissement de leur méthode de travail, moins de rigidité et de dogmatisme.

En 2010/2011, l'opposition djiboutienne doit éviter de disperser ses forces. D'abord, il convient de miser sur les manifestations populaires à cause de leur efficacité dont nous avons parlé plus haut. La contribution du FRUD armé n'acquerra un sens que si auparavant Uguta-Toosa, l'ARD, le MRD et le PDD réalisent une large et solide colaition autour de l'UAD.

En fin de compte, Uguta-Toosa est persuadé que si en 2011 Ismail Omar Guelleh s'entête à vouloir rester au pouvoir, la lutte armée sera une alternative viable, une option envisageable, même pour des gens qui ont fait voeu de renverser la dictature par des moyens pacifiques.

Uguta/toosa, janvier 2010


D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 13 : Les analyses sur l'escale de Nicolas Sarkozy à Djibouti, la sortie politique d'Aden Roblé, l'USAID, etc.


La LOI ne prend pas les pincettes pour affirmer que le chef d''Etat Djiboutien, Ismail Omar Guelleh, attendait la caution du président français, Nicolas Sarkozy, et l'a obtenu lors de l'escale technique de son avion en provenance de La Réunion dans la nuit du 19 janvier 2010.
La semaine précédente, le même journal ironisait sur l'angélisme de l'USAID qui "se berce d'illusion lorsqu'elle considère que la fin du mandat constitutionnel du président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser
"la porte ouverte pour un nouveau leadership". Une étude de la réalité djiboutienne prouve que cette dernière analyse a de fortes probabilités de se réaliser. Djibouti étant un pays contrôlé, à tous les échelons, par les partisans du président sortant, il araît difficile qu'une révolution puisse s'y produire. Or, de leur côté, les Américains ont un savoir-faire dans le domaine de programmes d'aide et de soutien au pluralisme politique. Dans la transition démocratique de l'Ukraine, l'USAID et des fondations américaines ont joué un rôle de premier plan, notamment en contribuant à la naissance d'une presse libre. Si le nouvel leadership peine à se frayer un chemin à Djibouti, ce ne sera pas en raison de la naïveté des dirigeants de l'USAID mais à cause de la pusillanimité des leaders de l'opposition. Pour nous, tout est possible.
Pour l'instant, le poids politique réel de l'oppposition djiboutienne, comme celui du président sortant, demeure inconnu. Il n'y a jamais eu de véritables élections, transparentes, entre les deux camps. Quant au scrutin présidentiel de 2011, il est placé sous le signe des crises. Avant même d'en arriver là, la multiplication d'enjeux rend opaque l'avenir d'Imail Omar Guelleh et de son régime. En effet, la stratégie de l'opposition pacifique demeure une inconnue. L'évolution de la rebellion armée menace la stabilité du régime. La question du 3ème mandat présidentiel est sans doute l'obstacle le plus périlleux, elle risque de coûter cher au candidat sortant.

Le président Guelleh adoubé par Sarkozy

Invité depuis deux ans par le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) à se rendre à Djibouti, Nicolas Sarkozy y a finalement fait un stop lors d'une escale technique, le 19 janvier à 23 heures, au retour de sa visite officielle à Mayotte et à La Réunion. Le chef de l'Etat djiboutien est ressorti comblé de leur entretien nocturne. Raison : Nicolas Sarkozy lui a confirmé l'entier soutien français dans le conflit frontalier qui oppose son pays à l'Erythrée. La page semble donc définitivement tournée sur la mésentente entre les deux hommes, consécutive à l'enquête judiciaire menée en France sur les conditions du décès du juge Bernard Borel à Djibouti en 1995.

Haro sur l'Erythrée. Jusqu'ici Paris avait toujours évité d'utiliser la formule "agression contre Djibouti" pour caractériser le conflit déclenché par l'Erythrée en avril 2008. Les diplomates français s'étaient ainsi opposés à ce que ces termes figurent dans la résolution 1907 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 23 décembre 2009 pour sanctionner Asmara. Nicolas Sarkozy a fait fi de ces prudences de langage et, face aux demandes répétées de Djibouti, a finalement lâché le mot "agression", lequel a été repris dans un communiqué officiel de l'Elysée. La sémantique n'est pas anodine car l'accord de défense franco-djiboutien de 1977 prévoit l'engagement des forces françaises en cas d'agression étrangère. Certes, cela doit se faire d'un "commun accord" avec Djibouti, ce qui a d'ailleurs donné lieu à une querelle d'interprétation avec les officiels de ce pays lors des escarmouches de 2008 avec l'Erythrée. Dans le cadre de la renégociation dudit accord de défense, l'Elysée tient à ce que l'engagement des troupes françaises soit clairement limité à des attaques étrangères réelles, et que l'application de cet accord reste soumise à son appréciation.
Autre point de discussion à venir entre Paris et Djibouti : la redevance de 30 millions € payée annuellement par la France pour faire stationner ses troupes dans le pays. Adopté en 2003 pour un minimum de neuf ans, cet accord doit être prorogé en 2012. Et l'Elysée voudrait voir ce "loyer" quelque peu réduit.

Caution politique. Par cet entretien qualifié de "chaleureux" avec son homologue djiboutien, auquel il a donné l'accolade, Nicolas Sarkozy a apporté implicitement son onction politique au projet d'IOG de modifier la Constitution afin de briguer un troisième mandat en avril 2011. "J'ai dit au président Guelleh combien nous le soutenions", a publiquement expliqué Sarkozy. Une formule qui ne faisait pas seulement référence au conflit avec l'Erythrée ou au rôle de Djibouti contre la piraterie dans la région. Bien que la question d'un nouveau mandat n'ait pas été abordée entre les deux chefs d'Etat, il est néanmoins difficile d'interpréter autrement que comme une caution politique la présence lors de leur entrevue, même s'ils n'ont pas ouvert la bouche, du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et du député Eric Raoult (UMP). En fait, depuis un certain temps déjà, le président Guelleh attendait cette sorte de feu vert français. A ses yeux, cela faisait partie de la mise en place des conditions propices à une nouvelle candidature.

IOG se hâte lentement. Après avoir donné l'impression de vouloir rapidement l'officialiser, le président Guelleh semble maintenant avoir changé de braquet en adoptant une attitude plus prudente. Il aurait choisi de retarder le plus possible l'annonce de sa candidature, afin de laisser à ses partisans le temps de susciter des "appels populaires" en sa faveur. Mi-décembre, le ministre de la communication et de la culture, Ali Abdi Farah, et les artistes du festival Fest'Horn se sont exprimés en ce sens. Mais IOG peine à rallier le soutien enthousiaste des partis de sa propre coalition gouvernementale. Ainsi, le PND d'Aden Robleh lui a déjà clairement dit niet. Le FRUD légal d'Ali Mohamed Daoud, dit Jean Marie, dont il a reçu les dirigeants fin décembre, se fait toujours tirer l'oreille. Seul le PSD d'Ahmed Boulaleh Barreh, dit Gabayo, a publiquement pris fait et cause pour un troisième mandat d'IOG. Et encore, nombre d'adhérents de ce parti sont hostiles à cette position et restent fidèles au fondateur du PSD, Moumin Bahdon Farah, décédé en septembre 2009, mais qui de son vivant s'était prononcé contre une telle révision de la Constitution. Du coup, le grand congrès du RPP (parti présidentiel), qui proclamera officiellement IOG candidat pour le scrutin de 2011, est sans cesse reporté.

DJIBOUTI : Mission impossible pour l'USAID
En vue du scrutin présidentiel et des élections régionales de 2011, l'USAID va lancer un programme de soutien au pluralisme politique. Bonne chance ! L'United States Agency for International Development (USAID) se berce quelque peu d'illusions lorsqu'elle considère que la fin du mandat constitutionnel du président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser "la porte ouverte pour un nouveau leadership". Cette appréciation, contenue dans la description d'un projet que l'organisation américaine entend lancer l'année prochaine pour favoriser le pluralisme politique à Djibouti, semble assez éloignée de la réalité. Au sein du Rassemblement populaire pour le progrès (RRP, gouvernemental) et du gouvernement djiboutien, personne ne doute vraiment que le chef de l'Etat souhaite trouver le moyen de modifier la Constitution afin de pouvoir se présenter à un troisième mandat. La "porte" que l'USAID voit "ouverte" risque donc de se refermer assez rapidement. Néanmoins, l'organisation américaine veut y croire et a lancé un appel à candidatures pour son programme visant à renforcer la participation des citoyens aux processus politique et électoral. Doté d'un budget de 1,8 million $, il sera mis en œuvre en collaboration avec les officiels djiboutiens en charge d'organiser ces élections, les membres de la commission électorale, les partis politiques et les médias afin de s'assurer que les électeurs seront bien informés des choix possibles. Selon l'USAID, ces élections de 2011 "pourraient briser le statu quo" et "introduire un niveau de compétition et de pluralisme qui n'a jamais été vu auparavant à Djibouti". C'est faire là un pari pour le moins risqué ! (LOI)

UGUTA-TOOSA : L'ancien président du FLCS (Front de libération de la Côte des Somalis), Aden Roblé Awaleh, va se présenter aux élections présidentielles de 2011. L'approbation de son parti et les conditions singulières dans lesquelles le futur scrutin pourrait se dérouler, motiveraient son entrée en scène. C'est un bon calcul. Aden Roblé Awaleh et son parti, PND, ont réalisé une belle opération politique en se déclarant contre le 3ème mandat présidentiel. La coalition présidentielle, l'UMP, perd un membre assez influent parmi ses alliés. Alors que les autres membres de la coalition sont des apparatchiks du RPP, Aden Roblé apportait une caution non négligeable à la majorité présidentielle. Mais pas autant que le FRUD légal. En cas de défection et de critique du 3ème mandat présidentiel, ce parti peut provoquer l'éclatement de l'UMP.
En tout cas cette sortie politique a apporté une certaine notoriété à Aden Roblé Awaleh. Un coup médiatique ne suffira pas pour faire de lui un leader crédible face à l'ambition insatiable du candidat sortant. Il va être boudé par l'opposition suspicieuse. Les manoeuvres politiciennes des personnalités, parfois télécommandées par le chef d'Etat, vont se multiplier à l'aproche du scrutin présidentiel. Depuis longtemps, ses errements politiques, son inconstance, ont ruiné l'image qu'il s'était forgé dans la lutte pour l'indépendance du pays. Et de nombreux Djiboutiens le considèrent comme un leader antipathique, à l'intégrité contestable. Toutefois, qui sait ? Grâce à des protestations publiques de son parti, Aden Robleh pourrait gagner l'adhésion d'une opinion publique, par définition erratique. Et comme l'opposition djiboutienne ne s'est pas idéologiquement bien distinguée de la dictature, les confusions du genre sont possibles. C'est regrettable mais c'est comme ça.
Nous, nous sommes contre le régime, contre le parti unique, contre Ismail Omar Guelleh, contre le système tribal. Le 3ème mandat n'est qu'un point anecdotique. C'est tout le système politique et ses partisans qu'il faut détruire. Remplacer un Ismail Omar Guelleh par un Aden Robleh ou un Ismail Guédi Hared, n'est pas dans notre programme. Nous voulons l'avènement de la démocratie, d'une nouvelle société et d'une nouvelle génération d'hommes.

DJIBOUTI : Aden Robleh Awaleh
Le congrès du Parti national démocratique (PND), qui s’est déroulé le 16 décembre à Djibouti, a approuvé la candidature de son leader Aden Robleh Awaleh pour l'élection présidentielle de 2011. Cette décision met le PND en marge de la majorité présidentielle à laquelle il appartenait jusque-là. D'autant que ce congrès a également refusé la révision de la Constitution. Il a donc décidé de s'opposer à ce que le président Ismaïl Omar Guelleh soit candidat pour un troisième mandat. Il a également lancé un appel à la tenue d'une conférence nationale souveraine pour éviter que le débat électoral ne provoque des affrontements au sein de la population djiboutienne. Aden Robleh a campé sur sa position de refus du troisième mandat pour IOG malgré des pressions exercées par les autorités sur sa famille. Ainsi, sa fille a été licenciée de l’Electricité de Djibouti (EDD) dont le directeur général n'est autre que Djama Ali Guelleh, un proche cousin du chef de l'Etat. De son côté, son fils a été convoqué par un juge d’instruction qui l'a accusé de détournement de fonds. Depuis lors, Le Progrès, organe du Rassemblement populaire pour le progrès (RPP, parti du chef de l'Etat), s’est répandu en insultes contre Aden Robleh. (LOI)


LOI : L'opposition à IOG se cherche
Les diverses composantes de l'opposition tâtonnent pour mettre sur pied une campagne politique contre un troisième mandat du président Ismail Omar Guelleh.
La plupart des composantes de l’opposition djiboutienne sont d’accord pour s’opposer à un nouveau mandat du président Ismaïl Omar Guelleh (IOG), mais on est encore loin d'une éventuelle campagne commune contre lui en vue des élections d'avril 2011. Toutefois, les consultations vont bon train entre diverses sensibilités d’opposants. D'ores et déjà un pôle informel s'est constitué entre le MRD de Daher Ahmed Farah, les représentants du FRUD-Armé à l'étranger et l'homme d'affaires Abdourahman Boreh, ancien ami d'IOG devenu un farouche rival depuis que ce dernier l'a dépossédé de ses biens à Djibouti et poussé à l'exil.

Ce pôle a également noué des contacts avec des leaders de l'opposition à Djibouti comme Ismaël Guedi Hared (PJD) et Ahmed Youssouf (ARD, le parti créé par le défunt Ahmed Dini). Mais ces deux formations craignent encore qu’une alliance avec le FRUD-Armé leur fasse perdre leur légalité, tout comme le MRD qui a été dissous en août 2008. D'un autre côté, nombre de ces opposants, assez muselés à Djibouti-ville, comptent en partie sur des actions des rebelles du FRUD dans le Nord du pays pour bousculer quelque peu le régime et attiser ses divisions. De son côté, le FRUD-Armé met un bémol à une éventuelle alliance avec l'opposition légale : il faut que cela soit porteur d'un changement radical du système politique.

Enfin, le PND d’Aden Robleh, ex-membre de la majorité présidentielle, est aujourd'hui dans l’antichambre de l’opposition. Néanmoins, une condition s'impose avant toute alliance avec lui : qu'Aden Robleh mette entre parenthèses sa candidature solitaire au futur scrutin présidentiel.

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Uguta/Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Ce document a été publié sur le site de www.ardhd.or avec la liste complète de 150 signataires

Titre 14 / Déclaration collective envoyée à Ismail Omar Guelleh par la tribu Yonis Moussa - Clan Odahgob et signée par 150 personnes (info lecteur)

UGUTA-TOOSA : La teneur de cette déclaration et l'identité de ses auteurs ne peuvent aucunément nous surprendre parce que la société djiboutienne est contaminée depuis longtemps par le tribalisme et le clanisme. Plus d'une fois, à l'époque coloniale, les clans issas et les okals afars, sous la dictée du Chef du territoire, signaient des accords ou des déclarations pour renouveler leur allégeance à la France.
L'Accord d'Arta signé en septembre 1963
entre les élus afars et issas stipulaient que la Côte française des Somalis voulait demeurer "une collectivité territoriale de la république française" et faisaient "entière confiance au Gouvernement de la République et tout particulièrement au Chef de l'Etat, le général de Gaulle". Celui-ci, pour l'histoire, avait décidé de ne jamais accordé Les Gadaboursis et les Issaqs, laissés sur la touche, s'étaient dépêchés pour remettre dans foulée un document similaire, déclarant leur dévouement éyernel à la puissance de tutelle.
Plus tard, à la veille d'indépendance de notre pays, l'Accord d'Aicha'a avait scellé la solidarité de différents clans issas autour de la personnalité de Hassan Gouled Aptidon. De ces tractations, le pays a hérité la dictature tribale.
Ce type de déclaration n'a rien de nouveau dans le milieu somali. Elle
s'inscrit dans le système tribal et clanique, auquel la société somalie reste tributaire. La dictature djiboutienne en a fait son plat principal au risque de déboucher sur la "somalisation".

Les 150 Yonis Moussa, signataires de cette déclaration, ne veulent pas la démocratie et l'amélioration de leurs conditions de vie. Ils ne demandent pas du travail, un peu plus de justice et d'égalité entre les citoyens djiboutiens. Ce qu'ils désirent, c'est apporter leur soutien à Aden Robleh Awaleh et non à Idriss Arnaoud, le président du parlement djiboutien, une créature acquise corps et âme à Ismail Omar Guelleh. Apparemment cette revendication va changer la face de notre pays ! Aden Roblé Awaleh et ses partisans auraient pu trouver une autre solution pour attirer l'attention d'Ismail Omar au lieu d'exploiter un schéma tribal et clanique usé par la dictature en place.
Il est vrai que l'enjeu réel de cette déclaration cache les ambitions perverses nées de la politique tribale. En vérité les questions qui se posent concernent exclusivement les tribus, clans et sous-clans issas qui se sentent marginalisés. Les excès du clan Mamassan ont réveillé l'appétit de ses collègues.
pourquoi les Odahgob ne pourraient-ils pas profiter de la manne étatique au même titre que les Mamassane ? Les Fourlaba ne peuvent-ils pas légitiement nourrir la même ambition ? Les Horroné, les Wardiiq et les Urweyné ne sont-ils en droit d'exiger leur partu du gâteau ?
A en croire la typololgie dressée par Ali Moussa Iyé sur la société issa dans son livre "Le verdict de l'Arbre" (P. 118), nous sommes dans une compétition politique qui oppose non pas les tribus mais les clans et les sous-clans issas.

Une telle démarche est-elle possible et envisageable dans le milieu afar ? Dans le climat actuel, tout est possible. Mais émanant d'un responsable politique, cela prêterait au rire et au ridicule.

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Note de l'ARDHD : Pour faciliter la compréhension du texte, nous avons effectué certaines corrections de forme et non de sens, quand elles nous paraissaient judicieuses ! Cependant, pour garantir la transparence et l'exactitude de cette communication importante, nous remercions les lecteurs de télécharger l'original de la déclaration telle que nous l'avons reçue et qui est disponible en format Pdf (Lui seul fait foi, comme on dit en langage juridique) : lien de téléchargement.Par ailleurs, la liste nominative des 150 signataires est aussi téléchargeable en Pdf : lien de téléchargement ________________________________________________________________________

Djibouti, le 24/01/2010

Pour le Président de la République
à son ExcellenceIsmaël Omar Guelleh

Donné par la Tribu Yonis Moussa Clan Odhogob


A son excellence, Monsieur le Président de la République de Djibouti.

Nous, membres de la tribu YONIS MOUSSA (Clan Odohgob), nous vous informons que nous sommes en priorité des hommes citoyens du pays.
Et comme tout le monde le sait, vous-même aussi, les citoyens, vrais patrotes sont toujours disponibles pour la défense de notre pays à la condition que la justice soit parfaite.
Nous, les notables de la famille YONIS MOUSSA et les intellectuels déclaront à partir d’aujourd’hui que nous ne donnerons jamais notre soutien sans faille et indéfectible aux hommes qui nous représentent dans le gouvernement actuel : en particulier à Monsieur IDRISS ARNAOUD ni aux autres hommes qui représentent notre famille au sein de l'Etat. Le Président de l’Assemblée M. ARNAOUD constitue aujourd’hui un danger pour la démarche politique actuelle circulant dans notre pays et vers notre tribu Odohgob.

Voici le compte-rendu de la réunion à laquelle ont assisté les notables de la famille Odohgob. En annexe, nous vous adressons les noms et les signatures collectives pour la famille Odohgoh.

La fami1le YONIS MOUSSA envoie de belles salutations parfumées à son excellence le Président de la République de Djibouti. Vive le Président de la République de Djibouti M. Ismaël Omar Guelleh. Enfin, vive le Président du PND M. Aden Robleh Awalleh.

Liste des 150 signataires (document téléchargeable) :

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Uguta-Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
 

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15. NICOLAS SARKOZY A DJIBOUTI

1. Sarkozy à Djibouti…
(
Round trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7

Revenant de La Réunion ce mardi, le président français Nicolas Sarkozy, a effectué une escale à Djibouti. Mais, ce qui est étrange, c’est que les Forces Françaises stationnées à Djibouti, plus connues sous l’acronyme FFDJ, ont monopolisé l’accueil, ce qui a privé son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh (IOG) des toutes premières étreintes. Raison de sécurité pour les uns (IOG n’aurait su qu’une fois Sarkozy à Djibouti-Ville, donc trop tard pour l’accueillir à l’aéroport et comme il se doit !); message vibrant pour les autres, celui selon lequel : « je suis plutôt venu rendre visite au peuple djiboutien » aurait murmuré Sakozy tout bas.
Chronomètre à la main, le président français ne pouvait se permettre d’accorder à son homologue djiboutien plus que 45 minutes : 7 minutes pour les premières poignées de mains et accolades; 30 minutes d’entretien; et 8 minutes pour s’en défaire. Pas question pour IOG, qui a tenu à mettre son hôte dans l’avion ! Et oui, chez les gaulois, les minutes sont précieuses…
Résultat, pas moyen de boire avec IOG, ni m
anger ! Soit parce que l’Affaire Borrel remonte en surface et continue par le fait même, à hanter la vie des français (y compris leur président), soit parce que le temps presse… Pour les analystes, c’est plutôt la première hypothèse qu’il faudra retenir.

Selon l'Elysée, Sarkozy aurait profité de l’occasion pour élaguer le terrain eu égard au projet du nouvel accord de partenariat de défense, destiné à remplacer celui de 1977. Pour rassurer IOG, un autre communiqué indique que « Le président de la République a réaffirmé l'attachement de la France à la sécurité et à la souveraineté de Djibouti ». Il lui aurait rappelé que la France a voté POUR des sanctions contre l’Erythrée. Est arrivé ensuite, le tour des dossiers de la Somalie, du Yémen et de l’Afghanistan.

Voter POUR c’est bien, mais donner l’ordre à l’Erythrée de se retirer serait mieux ! N’est-ce pas ce qu’à fait la France avec le FRUD en 1994 ? N’est-ce pas la substance même de ce fameux accord entre la France et la France ? Oh pardon ! Je voulais dire entre la France et Djibouti.
Enfin, on a l’impression que cette fois-ci, la France a intentionnellement voulu garder l’épine dans la cheville de son ami IOG… Alors de la patience Adéro !

Round trip: Toronto -Djibouti
(Service Presse, Toronto).

www. ardhd.org : A lire dans Billets d'Afrique et d'ailleurs N° 108, édité par SURVIE.

2. La visite nocturne de Sarkozy à Guelleh
(Jean-Loup Schaal)


C’est au retour de son séjour à La Réunion et à Mayotte, que Nicolas Sarkozy a fait une halte surprise, le 19 janvier, pour y rencontrer son homologue djiboutien Omar Guelleh. Une rencontre nocturne où il a été question de «l’ensemble des questions bilatérales ».

Revue des dossiers qui ont pu être abordés officiellement ou secrètement.

- D’abord, sur le plan intérieur djiboutien, la modification constitutionnelle pour un troisième mandat. Guelleh envisage, en effet, de modifier la constitution afin de briguer un troisième mandat.
Deux voies lui sont ouvertes : le vote par une Assemblée nationale sur mesure et «aux ordres»(1) et la voie référendaire, sans suspense aussi, car le pouvoir contrôle le dépouillement des scrutins et publie les résultats qui lui conviennent.

Guelleh a-t-il cherché la caution du président français avant de lancer son opération de viol constitutionnel ? C’est une hypothèse vraisemblable, «qui est privilégiée par plusieurs observateurs.»

- Ensuite, la renégociation des accords de défense même s’il est curieux que ce dossier ait nécessité un entretien « surprise » de trente minutes en pleine nuit. C’est, en tous les cas, ce qu’a rapporté la presse française.
Certaines rumeurs, non vérifiées pour le moment, affirment que la France aurait pour projet de déplacer un contingent important de troupes stationnées à Djibouti, vers la nouvelle base d’Abu Dhabi.
Ce qui peut inquiéter Guelleh, d’abord pour la sécurité de Djibouti, mais surtout pour ses revenus. Depuis l’arrivée des troupes américaines à Djibouti, le loyer payé par les forces françaises a été revu à la hausse (30 millions d’euros par an), dont une partie alimente certainement la cagnotte personnelle de Guelleh.
- Sur le plan régional, Sarkozy et Guelleh ont pu aussi évoquer l’évolution du conflit avec l’Erythrée voisine. Celle-ci avait annexé, 21 avril 2008, une portion de quelques kilomètres carrés en territoire djiboutien, le rocher de Ras Doumeira. Bien que la zone soit très peu peuplée, ce rocher représente un enjeu stratégique important.
Situé au Bab-El- Mandeb, il commande le point où la mer Rouge est la plus étroite (environ 20 km). C’est un poste idéal d’observation de tous les navires qui transitent par le canal de Suez. Djibouti et l’Erythrée s’étaient affrontés militairement le 11 juin 2008.

En dépit des communiqués rassurants de la présidence djiboutienne, il semble que ces combats aient fait de nombreux morts, blessés et prisonniers dans les rangs de l’Armée nationale djiboutienne. (AND)
Certaines sources citent plus de 500 morts et blessés. Depuis lors, c’est le statu quo sur le terrain. L’armée française, contrairement à la dernière attaque de 1994, n’est pas intervenue militairement, se limitant à assurer une assistance médicale sur le terrain et un poste d’observation occupé par une centaine de légionnaires.
A l’issue de l’entretien, Sarkozy a simplement rappelé que la France avait voté en faveur d’une résolution des Nations unies qui condamne l’Erythrée.

 

- Par ailleurs, Djibouti peut craindre une extension de la menace islamiste venue de la Somalie voisine, d’autant plus qu’une partie de sa population, lassée de la dégradation de ses conditions de vie, pourrait être sensible aux appels des intégristes.
- Les deux chefs d’Etat ont pu également évoquer les conséquences de la crise au Yémen et de la montée du terrorisme, à partir ce pays. Mais on voit mal, comment ce problème, quelle que soit sa gravité, aurait pu justifier la visite personnelle de Nicolas Sarkozy.

Bolloré de retour ?

 

- A moins qu’entre les deux chefs d’Etat, il ait été question d’un dossier économique : la gestion du port de Djibouti. Guelleh avait confié, sans appel d’offre, sa gestion (mais aussi celle de l’aéroport et de la collecte des taxes d’importation) à Dubaï Port Authority.
Depuis qu’il a banni son ancien ami et directeur du port, l’homme d’affaires Borreh et que Dubaï connaît des difficultés financières, Guelleh pourrait rechercher un nouveau gestionnaire. Bolloré ?
Une piste d’autant plus plausible que le groupe Bolloré, aurait vu son offre d’investir 500 millions dans le développement du port de Berbera, au Somaliland, rejetée, sous la pression de l’opposition dénonçant la corruption du président Dahir Rayale Kahin.

«Une coopération exemplaire»

Mais quels qu’aient pu être les sujets abordés durant ces trente minutes d’entretien, Guelleh utilisera certainement cette rencontre pour faire savoir qu’il bénéficie du soutien personnel de Sarkozy dans son projet de troisième mandat.
A noter également que le Sénat français n’est pas en reste pour soutenir le régime dictatorial djiboutien. Après avoir organisé un colloque, le 20 octobre 2008, avec la participation de grandes entreprises pour promouvoir les investissements français à Djibouti, malgré les graves atteintes locales aux droits des travailleurs, c’est Claudine Lepage, représentant les Français de l’étranger qui a, à la mi-janvier, rencontré le premier ministre Dileita pour l’assurer de l’amitié et de la coopération française dans le cadre d’une «coopération » qualifiée «d’exemplaire».


Jean-Loup Schaal

(1) L’Assemblée nationale djiboutienne ne compte aucun député de l’opposition. De plus la séparation des pouvoirs exécutifs et législatifs n’est pas appliquée : plusieurs ministres dont le Premier ministre sont aussi députés.

Uguta/Toosa, janvier 2010

 

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Titre 16 / Djibouti - Ambiance de fin de règne

dimanche 7 février 2010
Début 2009 encore, Ismail Omar Guelleh (IOG), président autoritaire de Djibouti, devait s’imaginer son avenir politique tel un long fleuve tranquille. Comme d’autres pairs en Afrique, il s’est échafaudé un projet de prolongation de mandat, antichambre d’une présidence à vie.

La répression fait partie du projet: citons celle de trois étudiants arrêtés puis emprisonnés à la suite de manifestations et celle d’une artiste placée en détention à la prison de Gabode pour une chanson se moquant de Kadra Mahmoud Haïd, l’influente épouse d’IOG. Pendant ce temps, le schéma d’un appel à un plébiscite préélectoral vers une adaptation constitutionnelle est apprêté: les «militants» du parti d’IOG (le RPP/Rassemblement populaire pour le progrès) tentent de démontrer que le pays entier exige un nouveau mandat du président alors qu’il en est à son second et n’est rééligible qu’une fois selon l’article23 de la Constitution. Des candidatures à cette présidentielle sont alors opportunément annoncées… Ambitions personnelles ? Connivences avec le «système IOG» ? On se perd en conjecture…

À Djibouti, les partis d’opposition et la société civile sont muselés voire (pour beaucoup) interdits. Les leaders politiques sont spoliés de leurs biens et/ou exilés, les syndicalistes privés d’emploi, la presse indépendante inexistante… Si les précédentes élections ont donné lieu à un appel au boycott de l’opposition, celle-ci semble ne pas accepter un nouveau mandat pour IOG. Une résistance multiforme a grandi dès lors qu’IOG a susurré ses intentions de se maintenir à tout prix ! Acculé, le régime recourt à la provocation tribale afin d’augmenter les tensions au sein de la population et de terroriser les habitants : jets de grenades explosives, incendies de maisons et d’édifices publics, inimitiés organisées volontairement entre les habitants de différentes ethnies et de différents quartiers, pour déclencher des réactions de groupe, tirs à balles réelles, arrestations, incarcérations et tortures de centaines de citoyens, rumeurs sur l’ordre du Palais par les agents des polices politiques.

IOG est d’ailleurs obnubilé par les questions de sécurité : gros déploiement des services de la sécurité, de la Garde présidentielle voire de la Force d’action rapide, comme quand il réunit des fois chez lui à Day dans le Nord, par exemple, l’ensemble de son conseil des ministres. Consignes : surveiller la région, interroger tout nouvel arrivant et surtout signaler à l’armée et aux éléments de la Garde présidentielle les personnes étrangères à la région, ainsi que tous les comportements suspects. Les résistants aguerris, eux, gagnent du terrain tandis que l’entourage présidentiel se fissure de plus en plus. Depuis juin, les combattants du FRUD (Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie) dament le pion dans le Nord et le Sud-Ouest à l’armée djiboutienne pourtant dotée en armes et matériels (dont des hélicoptères MI8) nouveaux, la font reculer et recrutent massivement dans la jeunesse.

Dans les sphères dirigeantes, les défections se multiplient, à l’image de la disgrâce de l’homme d’affaires Abdourahman Boreh (cigarettes et béton), désormais traqué par le fisc mais qui se trouve être un Issa-Odahgob, du sous-clan concurrent des Issa-Mamassan d’IOG. Dans ce mic-mac politico-affairiste, les protégés (civils et militaires) de la première dame s’activent à virer tout ce qui les gêne. D’un autre côté, des démarcations politiques de ténors ont lieu, pour ne citer que celle du député Aden Robleh Awaleh, membre par ailleurs du parlement panafricain: le congrès de son parti (PND/parti national démocratique) vient d’affirmer son opposition à un troisième mandat d’IOG. Dans cette ambiance de fin de règne, l’espoir de libération pour la population réside fortement dans une fusion entre les forces politiques civiles progressistes représentatives et la fraction armée du FRUD.

À suivre de près les urgences françafricano-djiboutiennes évoquées lors de la rencontre Sarkozy-IOG du 19 janvier: apaisement du contentieux inhérent à l’Affaire Borel, nouveau partenariat de défense pour remplacer l’accord de 1977, soutien à la transition somalienne mais aussi aux offensives anti-pirateries (Corne de l’Afrique) et anti-terroristes (Yémen). Djibouti reste un bastion fort pour la Françafrique malgré les nouvelles installations françaises à Abu Dhabi. Pour autant, celle-ci abondera-t-elle pour le «Troisième mandat» qui serait hors-sujet, malgré tout, pour des USA soutenant déjà fortement des défections politiques locales?


Pierre Sidy

http://www.npa2009.org/content/djibouti-%E2%80%93-ambiance-de-fin-de-r%C3%A8gne

 

Uguta/Toosa, janvier 2010

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Document publié sur le site "Réalité" (organe de l'ARD) - édition février 2010

Titre 17 : Rapport global 2009 de la LDDH (Ligue djiboutienne des droits humains) - le 7 février 2010

Note Liminaire.

Ce rapport global est un bref commentaire par thème sur la situation actuelle. Les commentaires sont répartis de la manière suivante :
1. Inexistence d’une presse libre en république de Djibouti ;
2. Paralysie et criminalisation de l’opposition légale djiboutienne ;
3. Réfugiés érythréens, éthiopiens et somalis en république de Djibouti;
4. Crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Somalie et en Ogaden ;
5. Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlements et dénigrements permanents ;

I) - Inexistence d’une presse libre en république de Djibouti.


La république de Djibouti est l’un des quelques rares pays dictatoriaux comme la Corée du Nord où la presse libre est inexistante. Non seulement il n’existe plus de journaux libres, les organes de presse de l’opposition légale sont dans la pratique interdites sans aucune décision judiciaire, avec les méthodes des répressions similaires à celles de la Corée du Nord.
Le dernier journal de l’opposition « Le Renouveau » est de facto interdit de publication. En effet, durant dix ans, les répressions policières sur ordre d’un régime dictatorial instauré en république de Djibouti, après des élections mascarades classiques, plus précisément, après un coup d’Etat électoral avec l’appui des forces armées de la police sous les ordres du Général feu Yassin Yabeh, qui, d’ailleurs, un an plus tard fut arrêté et emprisonné puis décédé suite à un refus de non assistance à personne en danger, par son propre ami de plus de trente ans, probablement en guise de récompense pour l’avoir aidé à usurper le pouvoir en 1999.
Tout ceci, inévitablement sous le regard, voire même l’aval des puissances et des forces armées pré positionnées dans notre pays, phénomène d’autant plus choquant que ces mêmes puissances se réclament comme les fondateurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la démocratie, en particulier la France et les Etats-Unis, dont les intérêts militaires immédiats les acculent à soutenir la dictature à Djibouti avec des Fonds à une pseudo démocratie, qui tue dans le silence et sous embargo, des informations discrètement ordonnées par des démarches onusiennes.

Donc pour ces raisons, il ne faut pas qu’il y ait des journalistes emprisonnés comme en Chine ou en Erythrée, il ne faut pas tuer des journalistes comme en Somalie. Il suffit, tout simplement, de les condamner d’un mois à six mois de prison ferme à Gabode, de donner des ordres à la police, de s’accaparer des matériels d’impression de ces journaux, de rafler non seulement les vendeurs à la crié, mais aussi, de s’approprier périodiquement les journaux mis en vente, surtout dès que des articles sensibles sur les détournements et les scandales socio financiers sont publiés par voie écrite.

Comme disent certains officiers en se marrant: « pas de journaux libres, alors les Reporters Sans Frontières ne peuvent rien dire ». Avec ce « Faux constat New Look », les Nations Unies de New York pourront la tête haute déclarer « qu’en république de Djibouti officiellement il n’y a pas de répression contre la presse. » Et pourtant, la liberté d’expression est totalement violée, avec les sites web qui sont bloqués et sans les Djiboutiens qui ne peuvent pas avoir leur accès sur moteur Google comme en Chine. C’est le cas de l’ARDHD, d’Uguta-Toosa, d’autres sites en Europe et au Canada, ainsi que celui de la LDDH.

Pire encore : le viol du respect des ECHANGES COMMERCIAUX doublé du viol constant de l’Article 13 de la constitution de la république de Djibouti qui stipule : « Le secret de la correspondance et de tous autres moyens de communications EST INVIOLABLE. Il ne peut-être ORDONNE DE RESTRICTION à cette INVIOLABILITE qu’en application de la LOI »
C’est probablement pour ces raisons que des importants commerçants ont levé l’ancre, estimant que la divulgation des secrets en matière de la concurrence commerciale fausse d’emblée et totalement la liberté des informations et des secrets commerciaux, qui sont la priorité nécessaire à la libre concurrence.
Que faire face à un régime sans vergogne, aux réactions et aux comportements des spécialistes des crimes organisés ?

II) - Paralysie et criminalisation de l’opposition légale djiboutienne

Les mascarades électorales qui sévissent depuis l’époque coloniale avec les emprisonnements arbitraires, les rafles, les expulsions, sont, hélas, les principaux legs de l’administration coloniale française.
Force est de déplorer que le régime RPP a non seulement recours à ces tristes méthodes mais les a perfectionnées pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire au changement.

Ce climat antidémocratique a conduit l’opposition légale regroupée au sein de l’UAD à boycotter toutes parodies d’élection à partir de 2005. Face au mépris gouvernemental de tenir compte de ses exigences de transparence électorale, l’opposition nationale n’a pas eu d’autre choix que de boycotter les élections truquées imposées par un régime redevenu de facto une dictature de parti unique.
L’année 2008 reste emblématique d’une dérive autoritaire sans précédent. A l’occasion des législatives 2008 une seule liste a été mise en place par la mouvance présidentielle (UMP).
L’opposition s’est vue interdire de tenir des meetings d’explication de son appel au boycott du scrutin.

Le jour du vote, ses principaux dirigeants ont été assignés à résidence. En juin 2008 le parti d’opposition MRD a été illégalement dissout par un décret présidentiel sur la base d’un document dont l’authenticité n’a jamais pu être prouvée par le régime liberticide. La plainte pour faux introduite par le MRD a été jugée recevable par le Tribunal administratif, mais le procès n’est toujours pas terminé et le délibéré est attendu pour le 20 mars 2010.
L’année 2009 restera également noire au chapitre des droits de l’opposition qui est régulièrement insultée dans les médias publics. Comme d’habitude, avant les prochaines élections présidentielles, élections d’ores et déjà verrouillées de 2011, il faut s’attendre non seulement à des insultes mais aussi à des provocations, des séquestrations dont les premières victimes seront les opposants politiques, leurs familles et les proches.
Dans ces perspectives, et dans le cadre de la prévention des conflits, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains a lancé cette Lettre Ouverte au Chef de l’Etat :

LETTRE OUVERTE AU CHEF DE L’ETAT
REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Djibouti, le 1er février 2010

Excellence,


Je tiens à vous rappeler qu'à la fin de l'année 1999 jusqu’au 7 janvier 2000 (un mois avant la signature de Paix à Paris), la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait à maintes reprises exhorter le nouveau pouvoir à ouvrir le dialogue avec l'opposition armée afin de mettre fin au conflit civil qui n'avait que trop duré.

Cet appel a été entendu puisque votre nouveau gouvernement de l'époque a signé deux accords de paix avec le FRUD-armé de feu regretté Ahmed Dini. Cette paix que votre gouvernement, avec le soutien de l’Union Européenne, des USA et de bon nombre de pays amis de la communauté internationale, a signé avec le Frud-armé l’Accord de Paix du 12 mai 2001. Il est déplorable d’avoir constaté que votre gouvernement ait violé cet accord et qu’ensuite l'autre partie l'ait dénoncé !

Cela c'est du passé et c'est l'avenir de notre pays qui inquiète au premier point tous les défenseurs des Droits de l’Homme en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) au regard de la zone de très fortes turbulences que traverse notre patrie, car le spectre de la guerre civile est là sur tout notre territoire et frappe sourdement aux portes de la capitale...
C'est pourquoi, nous réitérons notre Appel d’urgence, une semaine avant le 7 février 2010, 10ème Anniversaire de la signature de Paix à Paris, pour :

• Le strict respect du dernier Accord de Paix signé le 12 mai 2001 ;
• une rapide et nouvelle orientation politique en vue des élections libres, équilibrées, équitables et concertées avec tous les dirigeants politiques, sans discrimination aucune ;
• un dialogue ouvert à tous sans distinction aucune, car la situation et les priorités politiques l'exigent.

Dans le contexte actuel très sensible, il est urgent d’agir vite car vous êtes le premier magistrat, garant du respect de la constitution et la première autorité habilitée d'initier un dialogue franc et sincère avec toutes les forces de l’opposition, qu'il serait condamnable d'ignorer, afin d’éviter de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui ouvrirait la voie dangereuse de la violence politique déjà latente et au chaos qui ne peuvent qu’engendrer des recours aux répressions violentes difficilement maîtrisables à long terme.

A nouveau en cette fin de mandat agité, l'Histoire et la Paix civile vous interpellent directement ! Il vous appartient de prendre à nouveau une décision politique courageuse dans le cadre de la prévention d’un nouveau conflit imminent !

Cette initiative personnelle entre dans le cadre de nos missions de prévention et de résolution des conflits et n'a d'autre objectif que d'apporter la contribution de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) à la définitive restauration de la paix civile et la concorde nationale aujourd'hui plus gravement menacées qu'hier ! Dans l'espoir qu'une oreille attentive sera cette fois encore prêtée à cet appel, je vous prie d'agréer, Excellence, l'expression de mes sentiments déférents !
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reviendra ultérieurement sur ce point durant les mois à venir.

III) – Les Réfugiés érythréens, éthiopiens et somalis en république de Djibouti

Depuis que Djibouti est devenu membre de la Conseil des Droits de l’Homme, on a l’impression que certains des très Hauts responsables djiboutiens peuvent se permettre en toute impunité de bafouer et de violer des Accords Internationaux qu’ils ont ratifiés, notamment celle de la Convention Relative au Statut des Réfugiés.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance des alertes pressants et dénonce à chaque fois les expulsions manu militari sans avoir au préalable informé le HCR et sans qu’aucune décision judiciaire ne soit prise d’un commun accord.
Il est temps aux autorités djiboutiennes de mettre fin aux reconductions forcées des demandeurs d’asile politique qui ont fui leur pays pour sauvegarder leur vie et qui sont reconduits de force en violation des textes relatifs au Statut des Réfugiés et plus récemment vers les zones de guerre de Mogadiscio, ou bien avant vers Addis Abeba comme les pilotes remis par les autorités djiboutiennes aux autorités éthiopiennes pour être fusillés.

IV – Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en république de Somalie et en Ogaden.


La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par les Forces onusiennes d’Amison, ainsi que les crimes de génocide à l’égard des populations civiles de Mogadiscio suite aux bombardements aveugles et prémédités avec le silence criminel de l’ONU et de l’Union Africaine.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) témoigne son entière solidarité et apprécie les efforts louables des défenseurs des droits de l’Homme, des organisations internationales des droits de l’Homme, de Reporters Sans Frontières, des organisations humanitaires telles que le HCR du Kenya à Djibouti et les Médecins Internationaux et Nationaux et de tous les journalistes somalis qui opèrent aux risques de leur vie. Depuis le 1er janvier 2010 le nombre des victimes à Mogadiscio de ces bombardements aveugles des forces tueuses burundaises et ougandaises dépassent les six cents morts ou grièvement blessés sans compter le départ des populations des zones libérées par les forces patriotiques somalies.
En effet, depuis fin janvier 2010, des opérations d’extension des zones d’exterminations des populations civiles vont s’étendre de Mogadiscio à Kismayo.
Ces opérations, sous le financement de l’administration d’OBAMA, seront dans un proche avenir opérées conjointement par les forces tueuses d’Amison et celles des paramilitaires éthiopiens. Alors que le dit gouvernement somali fabriqué en république de Djibouti n’arrive même pas à sécuriser « ses quelques pâtés de maisons », il est à constater que les zones libérées par les forces patriotiques sont largement sécurisées même s’il existe d’énormes difficultés financières.
Laissons aux Somalis gérer comme bon leur semble leur pays sans des interférences extérieures et surtout sans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en contradiction flagrante de la Mission des forces étrangères et onusiennes qui s’affichent sous le faux prétexte de paix.
En Ogaden, territoire encore sous colonisation éthiopienne, les crimes de guerre, les crimes de génocide sont sous embargo et aucune presse internationale ne peut se déplacer librement, car cette zone est une zone militaire où toutes formes de communications sont sous contrôle. C’est une zone de non communication.

V) - Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlement et dénigrements permanents.


Née dans un contexte de conflit armé et avec un vide réel de défenseurs des droits de l’Homme, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dès sa création le 4 mai 1999 et le dépôt de ses Statuts le 9 mai de la même année s’est immédiatement attelée à suivre avec une particulière attention toutes les exactions commises contre nos populations civiles du Nord et de l’Ouest de la République de Djibouti ;
C’est ainsi, que nous n’avons pas cessé de dénoncer les emprisonnements et les détentions arbitraires, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions et autres formes de répression comme les blocus alimentaires et sanitaires.
Dès août 1999 jusqu’au 7 janvier 2000, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) n’avait cessé de lancer des appels pour la concertation et la signature d’Accord de Paix.
Le 7 février 2000, enfin et pour la première fois la LDDH avait été entendu, car le défunt regretté Ahmed Dini Ahmed a signé à Paris un premier Accord de Paix suivi dès le 12 mai 2001 de l’Accord de Paix signé à Djibouti avec la partie gouvernementale.
Avec le temps, il s’est malheureusement avéré que la partie gouvernementale n’avait pas du tout respecté cet accord historique et s’est même permise de modifier en comble l’une des clauses principales à savoir les accords sur la décentralisation, et les dispositions des procédures électorales libres et transparents, d’un Conseil constitutionnel et d’une CENI équitable et neutres tant dans les normes de ses prérogatives que dans sa composition équilibrée et choisis de commun accord.
Sur le plan Social, cet Accord prévoyait la fin de la politique de répression à l’égard des libertés de la presse, des activités syndicales et du respect des droits de l’Homme.
La situation des droits et des libertés fondamentales a depuis empiré. Le règne de la force et de la terreur est le lot quotidien : dire la vérité, dénoncer les atrocités intolérables et témoigner en faveur des victimes sont à très haut risques.
Les défenseurs des droits de l’Homme, des droits socioéconomiques et des droits syndicaux sont en permanence harcelés, dénigrés. Ce qui explique que les centrales syndicales n’ont aucun champ de manœuvre, aucune grève n’est autorisée sous peine d’être immédiatement emprisonné, aucune manifestation n’est autorisée sous peine d’être immédiatement matraqué, arrêté et condamné avec les risques des balles perdues.

NOEL ABDI Jean-Paul

D'après notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 18 / Communiqué : Appel aux Assises nationales de l'ARD les 25 et 26 février 2010


Djibouti, le 10 février 2010

Alliance Républicaine pour le Développement
(ARD)


COMMUNIQUE


Décidées le 22 décembre 2009 lors de la réunion du Bureau Politique du Parti, des Assises Nationales se dérouleront à Balbala du jeudi 25 février 2010 à 14 heures au vendredi 26 février 2010 à 17 heures. L’ordre du jour est le suivant :

1) Compte rendu des activités du Parti dans le pays, à l’étranger et sur le plan diplomatique
2) Analyse de la situation aux niveaux national, régional et international3) Perspectives
d’action

a) Renforcement du Parti
b) Dynamisation de l’opposition
c) Démarches diplomatiques

4) Recommandations et mots d’ordre
5) Questions diverses
6) Adoption du procès verbal et clôture

Le contexte présidant à leur tenue donne à ces Assises une portée toute particulière :

1) la détérioration croissante des conditions de vie de nos concitoyens, malgré l’augmentation des recettes publiques générées par celle des différentes présences militaires étrangères ;
2) la glose et le donquichottisme autour d’un énième mandat présidentiel, alors que toute alternance démocratique est institutionnellement impossible et que persiste gravement une citoyenneté à plusieurs vitesses ;
3) l’aggravation des injustices à l’origine du conflit armé et de sa reprise actuelle.

Enfin, dix ans après l’accord-cadre du 7 février 2000, intervenu à Paris entre le gouvernement et l’organisation politico-militaire FRUD, dont l’ARD est l’émanation historique, il reviendra à ces Assises de rappeler que le boycott des consultations électorales, pour légitime qu’il soit, ne peut durablement contribuer au renforcement de la paix. Et d’y remédier...


Le Secrétaire Général de l’ARD
Kassim Ali Dini

Uguta/Toosa, janvier 2010

D'après notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 
 

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Titre 19/
Ali Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005 - France-Monde


" Aucune possibilité pour l'opposition de se faire entendre "

Le Rémois Ali Coubba sera aujourd'hui à Paris pour manifester devant l'ambassade de Djibouti.
Réfugié politique depuis 1991 après avoir été torturé à Djibouti, Ali Coubba est désormais installé à Reims où il enseigne dans un lycée. Opposant au régime en place dans son pays, il vient de créer un nouveau parti d'opposition qui, avec tous ceux déjà en place, appelle au boycott des élections.

U.R. Pourquoi demandez-vous aux électeurs de ne pas se rendre aux urnes ?

A.C. L'adoption du multipartisme en septembre 2002 à Djibouti ne s'est jamais concrétisée dans les faits. On est toujours dans la pratique d'un système de parti unique. Il n'y a pas de presse libre, pas de liberté d'expression, pas de possibilité pour l'opposition de se faire entendre. Ce boycott, une première à Djibouti, décrédibilisera aussi l'élection du candidat unique et nous renforcera dans notre action.

U.R. Comment expliquez-vous cette relative indifférence de l'opinion internationale ?

A.C. Djibouti représente un intérêt géostratégique pour les nations et il convient donc pour les États d'entretenir de bons rapports avec le pays. La France y est historiquement impliquée depuis longtemps avec une de ses bases militaires les plus importantes dans le monde. Après le 11 septembre, les États-Unis, mais aussi l'Allemagne et l'Espagne y ont aussi installé une présence militaire conséquente. Tout cela fait que les gouvernements ne cherchent pas à faire trop de vague sur ce qui se passe dans notre pays.

UR. Qu'attendez-vous de ces élections ?

A.C. Je suis persuadé que l'opposition en sortira crédibilisée au plan local mais aussi aux yeux des organismes et des médias internationaux. Nous devrons être plus radicaux, en exploitant le caractère quelque peu illégitime du pouvoir avec, pourquoi pas, un scénario à l'Ukraine ou à la Géorgie ?

Recueilli par Grégoire Amir-Tahmasseb

Uguta/Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 20/ Les nouvelles de Djibouti du 09 avril 2005
(Spécial élection 2005)

" Il est 13h13 et je t'écris rapidement les dernières nouvelles du pays.

"Les communiqués de Uguta (Toosa) mais aussi celui de l'U.A.D. ont très bien circulé dans notre milieu. Aujourd'hui beaucoup de personnes sont en prison : une centaine, disent les gens. J'en connais personnellement des jeunes femmes et de jeunes garçons. Hier (le 8 avril), Kassim Ali Dini était recherché. S'il y a une quelconque nouvelle à ce sujet, je te contacterais….

"Il y a une rumeur qui circule comme quoi d'autres personnalités seraient arrêtées au cours de cette semaine. Pourquoi ? Parce que certains sympathisants ont écris sur les murs de la cité d'Arhiba et imprimés sur des tee-shirts des mots d'ordre et des " injures " (affirment les officiels) en afar de type : Ibbixa Oobisa Garqa (I.O.G.). Il s'agit d'une expression signifiant " Attrapez, destituez le voleur " qui mettent en évidence les initiales d'Ismaïl Omar Guelleh.

"Hier (le 8 avril 2005), à midi, les opposants ont tenté de fermer les 12 bureaux de vote, d'Arhiba, de Makkat-al Mukarram, de quartiers 6 et 7, où on annonçait des fraudes massives.
"L'armée est intervenue et a ouvert de force ces bureaux de vote. Je n'ai jamais vu dans ma vie un tel déploiement de force à Arhiba. Toute la citée était bouclée…
"

(Spécial - élection présidentielle du 8 avril 2005)

Uguta-Toosa, novembre 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 21 / Merci Monsieur Ismail Omar Guelleh de légitimer notre combat ...


La presse internationale se donne à cœur joie au spectacle ridicule de notre candidat-président. Celui-ci vient d'être plébiscité au cours d'une élection présidentielle où il était seul devant les électeurs djiboutiens. Il n'a eu à affronter, pour ainsi dire, que ses propres divagations et paranoïas. Le candidat sortant, affirme la presse officielle qui est aux services de l'homme fort du pays, a gagné le référendum avec un score de 96 ,3%. Cela revient à une autocélébration, à une autosatisfaction béate.

Nous sommes en l'an 2005. L'Afrique a de nouveaux dirigeants, de nouveaux leaders, capables de porter ses espoirs de développement. Les Bokassa, les Mobutu, les Siad Barré, les Menguistou et d'autres roitelets africains, dictateurs ubuesques plus vrais que nature, ont disparu de la scène africaine et internationale. Le dernier d'entre eux, Eyadéma, un dirigeant brutal qui n'avait aucun goût pour le déguisement, vient de rendre l'âme il y a quelques mois. Nous croyions à tort que le temps de cette caste de "rois nègres" qui ridiculisa
it l'image de l'Afrique était révolu. Eh bien, non ! En République de Djibouti, un avatar grotesque de cette espèce survit et prospère en la personne d'Ismaïl Omar Guelleh. Un prétendu chef d'Etat qui s'inscrit dans la lignée de ces dictateurs chamarrés comme un totem, se nourrissant d'éloges et de célébrations de pacotille. Personnages assoiffés de pouvoir et d'attributs guignolesques, que l'on rencontre plus dans les livres que dans la réalité. Ce que fait Ismail Omar Guelleh est pitoyable.

(Extraits, mai 2005)

D'après la constitution nationale, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 22 : L'Afrique n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie ! ! !

L'AFRIQUE n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie. C'est la principale leçon que l'on peut retenir des attitudes et des propos tenus par le chef de l'Etat français, depuis plusieurs années. Il est mal venu de parler, en Afrique, de démocratie et de violations de droits de l'homme. Le communiqué de félicitations du président Jacques Chirac au président-autoproclamé, Ismaïl Omar Guelleh, ne le dément pas :
"J'ai le plaisir de vous adresser, à titre personnel et au nom du peuple français, mes chaleureuses félicitations, à l'occasion de votre réélection à la magistrature suprême de la République de Djibouti.
Tous mes voeux vous accompagnent pour la poursuite de votre activité en faveur de l'unité nationale et du développement économique et social de votre pays ainsi que de la réconciliation régionale.
Vous savez que les relations anciennes et durables entre nos deux pays me tiennent personnellement à coeur. Votre réélection nous offre l'occasion de les développer encore, en surmontant ensemble les obstacles à leur approfondissement.
Vous pourrez, à cet égard, compter sur mon soutien sincère, ainsi que sur celui de la France.

Présence américaine et inquiétude française

Que le chef de l'Etat français, Jacques Chirac, adresse une missive protocolaire félicitant son homologue-autoproclamé, Ismaïl Omar Guelleh, n'a rien de scandaleux. Qu'il émette, dans les circonstances actuelles, les vœux que les " obstacles " soient aplanis entre son pays et Djibouti, relève du bon sens. Parce que l'imprévisible autocrate djiboutien a provoqué, suite à l'" affaire Borrel ", une crise diplomatique. Arguant que la presse et la justice françaises cherchent à le déstabiliser, il a expulsé sept ressortissants français et ordonné la fermeture de l'antenne de radio France internationale (R.f.i.). Sans doute les intérêts géostratégiques de Djibouti valent bien quelques humiliations ! Ismaïl Omar a transformé le différend juridique en une crise diplomatique. D'où l'embarras des autorités françaises de gérer cet imbroglio juridico-diplomatique. D'une part, cette " Affaire Borrel " qui n'en finit pas de faire des remous. D'autre part, la présence d'une base américaine à Djibouti qui met à mal le monopole français au cœur la Françafrique, une chasse-gardée qui passait pour être un sanctuaire inviolable. Il y a de quoi s'inquiéter si l'on se rappelle que le président américain mène une diplomatie qui contredit le statu quo prôné par la France. Sa politique internationale appelle à la démocratisation urgente des Etats dictatoriaux. Dès la fin de l'année 2003, devant la Fondation Américaine pour la Démocratie, le président Georges Bush avait affirmé que "La liberté doit être l'horizon de tous les pays ". A l'adresse de ses homologues occidentaux, il avait ajouté que " pendant 60 ans l'Occident a excusé et a accepté l'absence de liberté au Moyen Orient et ceci n'a pas renforcé notre sécurité, et en fin de compte la stabilité du monde ne peut être obtenue au prix de la liberté."

Le risque de la surenchère de la part de la France

Paris a choisi son camp : celui du profil bas. Son silence assourdissant sur le déroulement d'une élection présidentielle surréaliste témoigne de cette politique. La démocratie est, entre Paris et Djibouti, le sujet qui fâche. Alors, Chirac suggère de ne plus parler avec les roitelets africains des sujets qui fâchent. Jusque-là rien d'alarmant. Mais le risque existe que les autorités françaises fassent de la surenchère pour plaire au "roi" djiboutien. Et puis, de quoi nous plaignons-nous ? Nous, les Africains et les Français qui luttons contre le cynisme de l'Etat français, sommes depuis longtemps familiers des jeux de moins en moins troubles, pour ne pas dire cyniques, de Paris. Consolider et favoriser la stabilité des régimes établis, tels sont les maîtres mots de la politique française en Afrique. Depuis 1981, Paris soutient à Djibouti, le régime de parti unique, sans jamais dévier de sa trajectoire. La preuve nous est administrée depuis 28 ans. L'épisode le plus grave est survenu en 1992-1993, lorsque Paris a trahi la confiance des dirigeants du FRUD. Ses manœuvres dilatoires ont contribué à la victoire de l'armée djiboutienne sur la résistance armée, en prétextant le déploiement des troupes françaises sur la ligne de front en 1992. Enfin, aujourd'hui, le silence devant la dictature d'un président-plébiscité, non élu selon les normes démocratiques, nous donne des informations édifiantes sur la position de principe des autorités françaises.

Pourquoi Jacques Chirac ne fait pas référence à la démocratie ?

Si le chef de l'Etat français ne fait aucune référence à la démocratie, cela tient à deux considérations : l'une d'ordre économique, l'autre d'ordre idéologique. Jacques Chirac, ni d'ailleurs son prédécesseur, n'a jamais été un partisan de la démocra-tisation de l'Afrique. Un tel processus des pays francophones remettrait en cause, non pas les intérêts supérieurs de la France, mais certains intérêts occultes des entreprises et ressortissants d'origine française. Au sein de la Françafrique, l'argent (sous toutes ses formes) conditionne et explique bien de compromissions. C'est la contrainte économique. Jacques Chirac a déjà tenu des propos (peu dignes) en Côte d'Ivoire en déclarant que l'Afrique n'avait pas besoin de démocratie. En décembre 1993, il a récidivé en Tunisie dans le but de conforter son homologue tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, qui n'a jamais été élu d'une manière démocratique. La Tunisie est sans doute, après la République de Djibouti, l'Etat de la Ligue arabe le plus policier - la Syrie mise à part. Dans ces pays, une myriade d'espions et d'agents de renseignements surveille les faits et gestes du citoyen. Lors de sa visite en Tunisie, J. Chirac a annoncé sa conception idéologique de l'Etat en Afrique. " Le premier des droits de l'homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat", a-t-il déclaré.
Donc, retenons la leçon donnée par Chirac. En premier lieu, nous suggère-t-il, il convient d'assouvir les besoins économiques d'un peuple avant de lui octroyer les libertés publiques. Avant de le laisser parler librement, il faut le nourrir et le soigner.

Or comment peut-on savoir si l'être humain privilégie la liberté de s'exprimer ou la nourriture, si on l'interroge pas sur ce dilemme? Qui est-ce qui a décidé que le peuple tunisien préfère d'abord manger avant de s'exprimer librement ? Est-ce qu'il n'aime pas disposer autant de son libre arbitre que de confort économique ? Bien sûr, pour tout être humain, être nourri, éduqué et soigné est primordial. Mais étant d'origine nomade, donc appartenant à une société où la liberté est une valeur intrinsèque à l'être humain, le Djiboutien ne conçoit pas que l'on puisse hiérarchiser les besoins économiques et l'une des valeurs fondamentales de l'homme : la liberté.
Mais que faire lorsqu'un régime, sévissant depuis 28 ans, s'avère incapable de réaliser et l'un et l'autre ?


(Spécial - élections présidentielles du 8 avril 2005.

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 23 /DJIBOUTI ! La FIDH condamne la mascarade élecotorale

www.fidh.org [français] > Afrique > Togo (26/04/2005) La FIDH condamne la mascarade électorale

« La FIDH considère ainsi que les conditions dans lesquelles s’est tenue cette élection [24 avril 2005] sont en violation flagrante des principes de transparence, de pluralisme et de libre détermination du peuple garantis par les instruments régionaux et internationaux en la matière.
La FIDH déplore la caution regrettable apportée par la France et la CEDEAO à cette mascarade électorale.
».


Commentaire de Uguta (Toosa)


Les élections électorales en Afrique se suivent et se ressemblent étrangement par la cohorte de déni de libertés publiques des citoyens, cultivant une idée naîve et fausse sur ce que représente l'Etat et le service public, et par la gratuité des violences qui visent les populations civiles. "Au moins 7 personnes" ont pardu la vie parce qu'un fils d'un dictateur, préoccupé uniquement par l'obsession du pouvoir, a décidé de devenir "président du Togo". Tel père, tel fils.
Maintenant qu'il est parvenu au pouvoir par des moyens les plus contestables, il veut procéder à l'ouverture politique en direction de l'opposition.
Le scénario est désuet et ne rime à rien, si ce n'est de légitimer un homme qui n'a pas respecté les règles démocratiques. JE SAVAIS. VOUS SAVIEZ ET NOUS SAVIONS QUE Faure Gnassingbé allait gagner cette élection.

Alors pourquoi l'opposition en Afrique accepte-t-elle de jouer à ce jeu absurde qui consiste de participer à un scrutin électoral dont on sait d'avance les résultats ? La dictature risque d'exacerber la division entre les ethnies, d'approfondir le fossé entre la classe possédante et l'immense majorité des Togolais et d'aggraver - on ne le sait que trop bien - les difficultés sociales.
Le nombre des victimes s'accroît de jour en jour au Togo :
"Au moins 22 morts à Lomé : c'est le bilan provisoire des violences qui ont suivi l'annonce de la victoire de Faure Gniassingbé - le fils du général-président Eyadéma - à l'élection présidentielle de dimanche. Le candidat de l'opposition Akitani Bob vient de se proclamer vainqueur du scrutin." (Richard Labévière, Togo: le péché original, 28/04/05), RFI).

(Spécial - élections présidentielle du 8 avril 2005.)

Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès Zénawi, Premier ministre, de la République fédérale démocratique d'Éthiopie
(Cf. Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôte
l Raphaël, 16 avril 2005, 11h00

Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi, nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés ces dernières années ne laissent subsister aucun doute sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier semble figé dans une étrange léthargie sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant, que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé des progrès notables en matière de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux ont été dépouillés tout simplement de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale. C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme que l'instauration d'une "démocratie forte" dans son pays pourrait contribuer à l'évènement de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview (effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans notre pays lors de l'élection présidentielle ? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité africaine.


(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)

D'après la constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 24 : Commentaire de Uguta-Toosa sur l'entretien de Meles Zénawi (16 avril 2005, L.NA, 2005)

Cf. Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès Zénawi, Premier ministre, de la République fédérale démocratique d'Éthiopie (Cf. Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël, 16 avril 2005, 11h00

Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi, nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés ces dernières années ne laissent subsister aucun doute sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier semble figé dans une étrange léthargie sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant, que la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne. La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que, comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé des progrès notables en matière de démocratie. Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le "nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux ont été dépouillés tout simplement de la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale. C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme que l'instauration d'une "démocratie forte" dans son pays pourrait contribuer à l'évènement de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview (effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la position d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans notre pays lors de l'élection présidentielle ? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations avec la majorité présidentielle et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne ou de l'Unité africaine.


(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)

 

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Titre 25 / Omar Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens

Commentaire de Uguta-Toosa : Notre parti est sensible à la question des réfugiés djiboutiens et fait tout son sensible, en diffusant dans la mesure du possible les informations les concernant, en luttant depuis longtemps aux côtés de l'ARDHD et apportant notre soutien moral à ceux qui en ont besoin. Depuis l'entrée en scène de Monsieur Omar Gabassé, nous sommes davantage sollicité. Nous tenons à souligner son dynamisme, sa motivation hors de commun et l'acharnement qu'il met à vouloir donner le plus possible d'informations sur les réfugiés djiboutiens qui survivent en Ethiopie.
Nos félicitations à Omar Gabassé. Le premier succès est également à mettre au compte des personnalités qui entourent Jean-Loup Schaal.

ali coubba

Informations sur les réfugiés djiboutiens - décembre 2009

29/11/09 (B527) : 16ème anniversaire de l'arrivée des premiers réfugiés djiboutiens à Addis Abeba. Arrivée le 15 décembre de la première famille en France. (www. ardhd.org)

Les représentants des réfugiés installés à Addis Abeba nous ont fait savoir que la première famille qui a été acceptée par la France, dans le cadre des programmes internautionaux de réinstallation du HCR, prendra l'avion le 14 décembre à Addis Abeba.
L'arrivée du vol 704 d'Ethiopian Airlines est prévu le mardi 15 décembre vers 5h45 à Roissy Charles de Gaulle Terminal 2A.
Nous espérons que la communauté djiboutienne déléguera des représentants pour accueillir cette femme et ses deux enfants, afin de lui apporter un soutien indispensable et pour l'accompagner ensuite dans cette nouvelle vie en France. (www.ardhd.org)


30/11/09 (B527) 16ème anniversaire de l'installation des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Trois nouveaux dossiers acceptés par la France.

Les services du HCR viennent de nous informer que trois nouvelles familles de réfugiés avaient été acceptées par les autorités françaises, ce qui porte le total à 4 à ce jour.
Quand on parle de famille, il s'agit bien entendu des parents et de leurs enfants. On estime qu'une vingtaine de personnes est concernée.
Nous savons que ces nouvelles font renaître l'espoir d'une réinstallation au sein des familles de réfugiés qui vivent dans un dénuement presque total en Ethiopie, à Addis et/ou dans les régions Afar.
Le Comité de soutien aux réfugiés djiboutiens d'Addis se réjouit de ces premiers succés. Même si les accords ne concernent encore qu'un petit nombre de familles, c'est une première qui a été obtenue, en grande partie, grâce à l'engagement sans faille des membres du comité conjointement avec le travail du HCR.
Surtout ils permettent d'espèrer que d'autres accords de réinstallation seront offerts à des familles "en attente", soit par la France, soit par les USA, le Canada ou d'autres pays européens.

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30/11/09 (B527) : 16ème anniversaire de l'installation des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Omar Gabasse exprime son émotion à l'annonce de l'accord de la France pour la réinstallation de trois nouvelles familles supplémentaires.

Vous ne pouvez pas imaginer combien a été grande ma joie dès que j'ai appris cette bonne nouvelle pour mes frères réfugiés d'Addis Abeba. C'est le résultat du travail extraordianire d'une equipe déterminée, solide et engagée.

Au nom des réfugiés Djiboutiens que je co-représente, je tiens à remercier, par la présente, l'ARDHD, son president l'infatigable Jean-Loup Schaal (qui a été choisi comme co-représentant par les réfugiés) et sa vice- présidente Anne-Marie de Vaivre, Survie et en particulier la présidente du Groupe Paris Ile-de-France, Uguta-Toosa n'a pas ménagé non plus ses efforts ni son soutien à partir du moment où son Président a été sensibilisé par le sort des réfugiés Djiboutiens, Cassim Ahmed Dini s'est investi en faveur des réfugiés et il a participé à des rencontres avec les autorités internationales, sans oublier toutes les Associations humanitaires qui se sont mobilisées a nos côtés, pour relayer nos appels.

J'adresse un remerciement particulier à Madame Thirode du bureau du HCR de Paris qui a toujours été à l'écoute de nos informations et qui s'est mobilisée avec discrétion et efficacité pour obtenir le resultat que nous connaissons aujourd'hui

Nul doute que ses collègues, responsables de la direction des bureaux HCR d'Addis et de Nairobi, ont contribué activement à cet heureux dénouement et je leur adresse aussi tous mes remerciements.
__________________________

J'attire l'attention sur le cas de certains Djiboutiens, réfugiés à Addis Abeba. Il s'agit de sept personnes récemment enregistés par le HCR et l'ARRA.
Bien que reconnus désrrmais comme réfugiés, ils ne bénéficient encore d'aucune assistance sociale ni médicale.
Malheureusement la liste ne cesse de s'allonger de jour en jour. En effet, je rappelle que des milliers de réfugiés djiboutiens n"ont toujours pas été reconnus par la communauté internationale et en particulier par le HCR. Ils sont réduits à (sur)vivre dans des conditions humanitaires lamentables. La majorité a trouvé des refuges de forture dans la région Afar d'Ethiopie.

Notre combat ne se termine pas là. Bien au contraire nous devons le poursuivre et l'amplifier. Car les réfugiés Djiboutiens comptent sur nous tous. Sans notre aide, ils seraient de nouveau livrés à l'oubli. Ils ont pleinement conscience des progrès qui ont été accomplis depuis que l'ARDHD s'est mobilisée pour sauver la petite Hasna en janvier-février 2008.
Depuis le milieu de 2007, le HCR et l'ARRA s'employaient à convaincre les réfugiés qu'ils n'avaient plus d'autre choix que d'accepter leur retour forcé sur le sol djiboutien.

Grâce à la médiatisation de leur sort, les choses ont beaucoup changé et les dossiers avancent aujourd'hui. Le moral de nos soeurs et de nos frères est remonté d'un cran car ils mesurent concrètement les progrés accomplis, même s'ils souhaitent que leurs dossiers avancent plus vite et surtout que des blocages "parasites" à certains niveaux de la chaîne cessent enfin de ralentir l'instruction normale de leurs demandes de réinstallation..

Un grand merci et bravo à toute l'équipe. Le combat continue...

Omar GABASSE
co-représentant des réfugiés djiboutiens en Europe


Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 26 / Le khat et la politique à Djibouti

La population de Djibouti consomme du Khat dans une proportion de 90%. C’est une plante aux substances psychotropes qui règle le comportement de ses sujets en les rendant entière-ment dépendants.

La drogue nationale : le bonheur pour tous

Les leaders politiques et les plus fortunés de nos compatriotes en sont les plus friands. Or le Khat est une drogue plus ou moins interdit à travers le monde. L’Arabie Saoudite et la France, pour ne citer que ces deux pays, le considèrent comme une drogue à part entière. Elles le soumettent aux mêmes législations que la cocaïne et les autres drogues dures. Lorsqu’on la consomme quotidiennement, cette plante induit des hallucinations et une forte dépendance. Un politicien qui hallucine est un malade inapte à assumer des responsabilités pour l'intérêt de la collectivité. Il mérite plutôt de bénéficier des soins thérapeutiques particuliers. Cette drogue, comme toute drogue est néfaste à la santé de ses consommateurs et déstabilise les foyers, car sa consommation absorbe plus de 50% de revenus de ménages..
Un drogué, par nature, fonctionne au gré de sa dose quotidienne.
La République de Djibouti tire un profit substantiel du commerce de Khat. En substance une drogue ! Presque l’ensemble de la population est soumise à sa prise. Il est consommé par toutes les couches sociales allant du simple citoyen au Président de la République. Les femmes, en nombre beaucoup moindre autrefois, en raffolent autant que leurs maris.

A midi, la faune humaine attend le khat

A partir de midi, Djibouti ressemble à une basse-cour où les animaux s’agitent devant leur maitre pour recevoir leur repas. Dans un tohu-bohu indescriptible, ils se bousculent, s’insultent, se marchent dessus. Devant la vendeuse du Khat, ils se comportement comme des mendiants. Et pourtant cette plante n’est pas gratuite. Ils quémandent un produit dont la valeur marchande dépend de leur bon vouloir.
A ce moment-là, on payerait une fortune pour l'avoir. La conscience vacille. Et on peut tout se dire. C’est l’euphorie. Les mots n’ont pas les mêmes significations qu’en temps normal. Une fois leur dose quotidienne dans la main, les hommes ont un comportement apaisé. Leur journée est assurément validée. Chacun se dirige vers lui, fier et ne doutant guère de lui et de sa valeur.

Le brouteur du khat n'a jamais des problèmes !

Il rentre chez lui en conquérant. Joyeux mais excité, le brouteur du khat ingurgite en un temps éclair le bol de riz pour lequel on l’attendait à la maison. A peine assis, on le voit se lever, ignorant même le goût qu’avait le repas avalé dare-dare. Dans leur précipitation, certains hommes ignorent même, si ce qu’ils viennent de manger était salé ou pas. Pressé, il quitte sa maison, mâchant sa dernière bouchée de nourriture tout en marchant. Telle une équipe de football, ses compagnons l’attendent au mabraze, lieu où l’on consomme du khat. Assis à sa place habituelle, on se met à parler à bâtons rompus. De tout et de rien. C’est un moment d’extase ! On crie, on hurle, on parle de tout ce qui passe par la tête. On niche sa botte de khat dans un morceau de tissu humide réservé spécialement à son usage, on le bichonne, on le protége de la chaleur ambiante. Au contact du khat, son propriétaire a l’impression que rien ne lui manque. Les problèmes et les soucis s'avanouissent comme par enchantement. On se sent à l’abri de toutes les petits grands malheurs qui assaillent l’être humain.

Le brouteur est au-dessus de sa condition sociale

Si on est sans emploi, il suffit d’aller brouter dans le même mabraze qu’un ministre pour se sentir égal à ce dernier. Pendant un instant, on se prévaut de mêmes prérogatives que lui. Les sujets de discussion sont multiples, variés, sans tête ni queue. On aboutit à des consensus sur des questions sur lesquelles en temps normal, on ne pourrait jamais être d’accord. On se plaît à disserter sur tous les sujets avec une extraordinaire lucidité. Celle est bien entendu apparente. De préférence, on débat des problèmes des autres, mais jamais des siens. Car le brouteur, une fois au-dessus de sa botte de khat, n’a pas de problèmes ! Il ne peut pas en avoir pour une raison simple : il évolue dans un univers issu de son imagination.
L’actualité internationale est le sujet favori des consommateurs du khat.
Quand ils abordent des sujets à caractère local, ils le font avec prudence et avec un certain doigté, pour ne pas se compromettre. Malgré l’action de la drogue sur leur conscience, c’est un réflexe auquel la vie les a depuis peu initiés. A l’annonce de certains sujets, la censure tombe automatiquement sur le mabraze et on change aussitôt de chapitre.

L'indifférence face à l'injustice

Autrefois, les Djiboutiens s’offusquaient devant toute forme d’injustice. Ils réagissaient spontanément sans crainte de l’autorité. Aujourd’hui, l’Etat tue, l’armée nationale viole ou l'administration publique abuse de tout le monde. Pourtant les Djiboutiens ne bougent pas. Ils sont indifférents aux malheurs des autres. On laisse faire. On ne sait par quelle magie, les autorités djiboutiennes ont neutralisé les valeurs et le courage qui animaient la population. Rien n’a de la valeur, même la vie des innocents qu’on aimait à défendre autrefois !
Au fait a-t-on simplement et sans le savoir enterrer ce qui constituait cette djiboutienneté ? Les voleurs sont devenus aux yeux de la population « des lions » (libaac, lubooka). Les malfrats passent pour des gens intelligents et habiles.

Des promesse en l'air menant à la mort

En tout cas, on parle jusqu'aux alentours de 19 heures, voire 20 heures. Alors la cloche cérébrale sonne et la logorrhée verbale s’arrête. La plante injecte dans le corps une dose supplémentaire de son concentré maléfique qui tranquillement impose ses effets de domination et de soumission. Les hommes ne parlent comme au début de la séance. Ils s’observent en silence. A ce moment rare, tels des anges, ils semblent sensibles à toutes les souffrances du monde. Chacun affiche une mine pitoyable ou des yeux exorbités. « Ils sont mirgaan (ivres) », dit-on.
Nombreux sont ceux qui, à cet instant, jurent qu’ils ne le toucheront plus à cette maudite plante. Que la prise d’aujourd’hui sera leur dernière consommation. Leur décision s’apparente malheureusement à celle d’une femme enceinte qui, sous l’effet de la douleur que lui infligent les contractions qui précédent l’accouchement, hurle que c’est la dernière fois qu’elle tombe enceinte. Nous le savons tous, une fois délivrée de cette brève douleur, la mère renoue le plaisir d’avoir un autre enfant. Parfois le désir est plus vif et plus beau.
Ici, le brouteur continuera à brouter sans bénéfice, jusqu'à l’épuisement total, voire fatal à son corps et à son esprit.

Le gouvernement et l'opposition sous la drogue

Les membres d’un gouvernement et l’opposition forment en principe, dans une gestion saine d’une société, un binôme nécessaire et sans laquelle aucune gestion ne peut présenter un caractère sérieux. A Djibouti, les premiers exercent leur pouvoir sans leur paire nécessaire. Loin de s’en émouvoir, ils se réjouissent de leurs absences préjudiciables à l’intérêt du pays et assument sans gêne la perte de crédibilité de leur politiques. Ils l’exercent avec une tranquillité déconcertante. Quant à l’opposition, on dirait que l’effet du khat est plus marqué auprès de ses membres. Ils ne se s’inquiètent pas d’offrir autant de tranquillité aux autorités. Gouvernants comme opposition vivent dans une sorte d’irréalité. Car le khat ne permet pas à ses usagers d’aller au devant de la réalité. Leur vie est truffée en permanence des faux semblants : un petit communiqué une fois par an, telle une pratique religieuse; un pèlerinage bien symbolique pour les uns; des promesses sans cesses répétées mais jamais tenues pour les autres. Chacun se plait à sauver l’apparence et la partie continue indéfiniment.
La vie a Djibouti est donc dictée par son Excellence le Khat, qui consolide de jour en jour son pouvoir sur la population. Si on aspire toutefois à une forme de liberté, le premier pas sera de se libérer de son emprise. Si on se plait dans ces pratiques alors il reste à tout un chacun de faire le deuil de la vérité, de la justice et de droit. En somme, un trait sur l’avenir du pays. Une opposition qui se plait dans ses mutismes n’est ni digne de porter son nom, ni légitime pour exister. (à suivre)


Y.M.B.


Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après la onstitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 27 / Communiqué du 19 Novembre 2009 de l'ARD (Alliance Républicaine pour le Développement)


Convaincu de la nécessité d'impliquer toutes les composantes de la diaspora djiboutienne dans le combat démocratique, Le Comité exécutif de l'ARD réuni en session ordinaire, a décidé de procéder aux nominations suivantes :

- M. Madhi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président,
- M. Hassan Cher Hared, en qualité de représentant de l'ARD en Suisse,
- M. Hamad Daoud, en qualité de représentant de l'ARD en France.

Signé par le Président de l'ARD.

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La nomination de Mahdi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président de l'A. R. D.

Mahdi Ibrahim God étant un responsable politique confirmé, pour ainsi dire un vétéran de la chose publique, il n’est pas question ici de s’attarder sur sa nomination à la fonction de vice-président de l’ARD (Alliance républicaine pour la Démocratie). Ancien membre de l’exécutif de cette formation, actif sur la scène nationale depuis plus de deux décennies, il n’a rien à démontrer ou à prouver dans le domaine de l'action politique. De plus, en tant que membre d’une communauté djiboutienne lourdement marginalisée dans notre pays, en l’occurrence les Gadaboursis, il apporte une visibilité certaine à ce groupe social et renforce du coup l’image de son parti auprès de l’opinion publique. Par ailleurs, l'ARD semble en pleine recomposition.

Un membre d'une nouvelle classe politique

La plupart du temps, la nomination des vices-présidents afar, somali et arabe, obéit à des calculs purement arithmétiques, à des rafistolages factices, afin de faire croire que le parti a une assise au sein de toutes les communautés nationales (afar, arabe, issa, gadboursi, issaq). Ici, nous sommes dans une démarche différente. Nous n’avons pas affaire à un ancien apparatchik du R.P.P. qui s’est reconverti en 1991-1992, lorsqu’il a senti le vent tourné. N’ayant pas trempé dans les allégeances ethniques, il se situe dans la lignée de cette élite politique cultivée, moderne et ouverte, qui représente l’avenir de la république de Djibouti. Ses compétences personnelles sont incontestables. Prenant exemple sur lui, les Djiboutiens gadaboursis, jeunes et moins jeunes, pourraient-ils voir dans cette nomination l’occasion de prendre assaut les partis politique actifs sur le terrain ? Après tout, leur poids économpique, intellectuel et politique, que le régime cherche à combattre depuis trois décennies, demeure indéniable dans notre société.
Précédemment, dans les colonnes de Uguta-Toosa, j’invitais les Gadaboursis à créer leur propre parti politique parce que, à mon sens, la réalité politique djiboutienne l’exige. Ce faisant, je laissais en suspens l’autre terme de l’alternative qui consiste à se fondre dans les autres partis, à ne pas s'afficher tribalement.
Mahdi I. God fait partie de ceux qui refusent de donner toute coloration tribale à leur engagement tribal. Cette approche, lorsqu’on a les compétences du nouveau vice-président et qu'on s'est engagé depuis de longue date en politique, tombe sous le sens. Mais en marge de ce type d'engagement, il y a un aspect qu'il convient de regarder.

Contrer la propagande du régime

C'est vrai que la classe politique somalie souffre d’une dangereuse atomisation et qu'il serait contre-productif d’en rajouter d’autres clivages sous forme de "parti politique gadaboursi » ou « parti politique issaq », etc. Cet argument se tient mais il n’en demeure pas moins que les clivages tribaux (issa, gadaboursi, issaq) font partie de notre histoire. L’éluder ne servirait à rien d'autant que la société djiboutienne et la réalité régionale nous l'impose. A notre avis, il est urgent de récuser d'une anière frontale et directe la propagande étatique qui estime, à tort, que les Somalis allogènes ne sont pas de « vrais » Djiboutiens ? Alors que les Issas de Dire-Dawa le seraient !
Si des dirigeants politiques de première importance, de la trempe de Mahdi Ibrahim, assument des responsabilités importantes au sein de Uguta-Toosa, du MRD, du FRUD armé, cela suffira-t-il à mobiliser la communauté gadaboursi ? Je ne suis pas convaincu de l'efficacité de cette démarche. Je continue à plaider aussi pour une stratégie plus audacieuse. En premier lieu, les Gadaboursis et Issaq doivent s’organisent d’urgence en partis politiques autonomes. En deuxième lieu, ils doivent rejoindre directement l’UAD ou passer des alliances étroites avec des formations politiques à dominante afar et à dominante issa. Cette façon de procéder doit intervenir avant la transition démocratique.

Docteur Hamad Daoud
Représentant de l’ARD en France

Cette nomination va provoquer des remous au sein de la diaspora djiboutienne. Celle-ci se caractérise, comme nous l’avons déjà noté, par le dénigrement des partis d’opposition et la consommation du khat. Sa contribution à la lutte contre la dictature demeure nulle pour l'instant. Une dictature qui, ne l’oublions pas, expliquerait l'exil et la présence problématique de ces "opposants potentiels" en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.

Une figure emblématique de la diaspora djiboutienne

Hamad Daoud, docteur en médecine, est la figure emblématique de cette diaspora, issue du cursus universitaire, avec laquelle notre parti politique, Uguta-Toosa, a voulu créer une opposition organisée et combative à l’étranger. Cette stratégie n'a pas donné les résulats escomptés parce que les hommes et les femmes à qui on s’adressait n’avaient pas atteint le niveau de mobilisation sociale requise.
Après des années d’hésitation, Docteur Hamad a franchi un pas que ses camarades n’osent pas encore franchir. Il l'a fait dans des conditions, disons, opportunistes. En politique, l’opportunisme n’est pas une valeur négative.
D’après les théoriciens américains, K. Deutsch et D. Lerner, la modernité d’une société se mesure en comparant plusieurs indices. Ceux qui nous intéressent portent sur les variables suivantes : l’alphabétisation, le niveau d’éducation, l’accès aux mass-media. Or le public que nous visons est urbanisé. Il vit en Occident, dans des sociétés démocratiques. Nombre d’entre eux disposent d’un revenu mensuel. Pour être imparfaite, l’intégration à la société d’accueil est probante. En théorie, la diaspora djiboutienne réunit toutes les conditions « capables de lui assurer un fonctionnement réellement démocratique » (K. Deutsch). Or, ce n’est pas le cas.
Bien que dotée d’un niveau intellectuel assez conséquent, la diaspora djiboutienne ne se mobilise pas. La corrélation entre leur niveau d’éducation et d’information, leur engagement politique et leur intégration au « public social et politique », n’est pas évidente. La réponse de leur immobilisme réside dans la difficulté éprouvée par beaucoup d’entre eux à rationaliser leurs aspirations et à rompre avec les allégeances traditionnelles. Un Djiboutien, même universitaire, a encore du mal à raisonner en tant qu’individu. Il a du mal à rompre avec sa tribu (avec l’ordre ancien). Alors que sa culture devrait le porter vers des idées politiques modernes (réussite personnelle, intérêt général, respect des lois, croyance aux valeurs universelles de liberté et de démocratie, etc.), il compte sur son cousin bien placé. De préférence, il adhère au parti qui est dirigé par son cousin.

Un long et chaotique cheminement

Docteur Hamad a fait un long cheminement. Il a beaucoup hésité à s’engager clairement et franchement. L'indécision : un trait de caractère qu’il partage avec toute sa génération que nous appelerons "les trentenaires", bien que certains ont dépassé la quarantaine ! Cependant, par rapport à ses camarades, il manifeste un mélange d’impatience et de maladresse qui n’appartient qu’à lui.
Ces dernières années, son activisme a été remarquable. Tantôt, il voulait être membre du FRUD armé, tantôt il voulait rejoindre Uguta-Toosa, tantôt il voulait créer un nouveau parti politique. Toujours insatisfait, essayant de jouer les intermédiaires pour réconcilier les opposants, d'arbitrer des conflits impossibles à résoudre, de garder le contact avec les dirigeants politiques (Kadami et moi). L’opposition existante lui paraissait indigne de lui. Par-dessus tout, il a beaucoup dénigré Uguta-Toosa et son président, comme pour mieux valoriser sa personne. Tout cela ne menant à rien, il a fini par comprendre que le terrain était occupé et bien occupé.
Maintenant, sorti de l’anonymat politique, après l'intermède associatif qui ne rimait à rien pour quelqu’un comme lui, il assume une responsabilité importante au sein de l’ARD. Se demander s’il sera à la hauteur de cette mission est une question futile. Car Hamad Daoud dispose de réels atouts pour réussir : docteur en médecine, bonne capacité d’analyse, dynamisme certain, bon orateur, etc. Quant à s’imposer, il est trop tôt pour le dire. Disons qu’il doit faire ses preuves.

Si nous avons consacré ces quelques lignes à un nouveau responsable, nouvellement arrivé sur la scène politique mais mieux armés que certains, c’est parce que notre parti est en pourparlers avec l’ARD. Nous voulons aussi inciter les nombreux membres de la diaspora djiboutienne à prendre exemple sur docteur Hamad Daoud et de sortir de l’anonymat.

Ali Coubba

Uguta-Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 28 / Que s'est-il réellement passé entre IOG et Booré (l'homme d'affaires djiboutien) ? (Angel Free)


Angel free nous a donné cette semaine une autre information en provenance de Djibouti : les sites de Uguta-Toosa (www.uguta.org) et celui de l'ARDHD (www.ardhd.org) ne feraient plus l'objet de censure à Djibouti-ville. Si c'est le cas, cela signifie que le dictateur djiboutien libère un peu, en prévision des élections présidentielles, l'espace public dans le but de faire croire que son régime accepte la liberté d'expression !
Quelqu'un pourrait-il vérifier cette information et nous la confirmer? Merci. (A.C.)

Depuis quelques temps, je mène une enquête sur le conflit qui oppose le chef d’Etat djiboutien à l’homme d’affaires banni, M. Booré.
D’après les personnes proches des deux parties et qui connaîtraient bien le dossier, il faut se mettre plus ou moins dans la peau d’Ismail Omar Guelleh pour comprendre l’origine du conflit. La personnalité et la paranoïa expliqueraient la réaction violente du chef d’Etat contre son ancien ami.

Le chef de l'Etat avait peur de la popularité de son associé

Voyant son ami et associé, Monsieur Booré, acquérir une notoriété égalant la sienne, voire un peu plus grande que la sienne, le président a voulu réagir. Les Djiboutiens parlaient en effet beaucoup de l’entreprenier à qui tout semblait réussir sue le plan économique. Il n’était pas plus aimé que IOG mais moins détesté que le chef d’Etat. Ce dernier avait marre d’entendre partout que le nom de Booré était associé à tous les grands projets réalisés dans le pays.
Ces rumeurs étaient, politiquement parlant, mauvaises pour IOG, surtout s’il voulait se maintenir au pouvoir, en changeant la Constitution afin de briguer un troisième mandat présidentiel. Aucun membre de son gouvernement ne pouvait et ne peut se prévaloir d’avoir réalisé quoi que ce soit dans le pays. Il n’ y avait que Booré qui lui faisait de l’ombre.
De plus, Borreh s’était acheté un avion privé ! Ce qui a encore ajouter de l’huile sur le feu !

Mesures radicales du chef d'Etat contre son ancien associé

Alors, ne pouvant plus supporter la popularité de son associé et ne pouvant s’offrir le luxe de croire que celui-ci ne nourrissait pas aucune ambition politique, il a préféré l’écarter avant les prochaines échéances électorales. Il était conscient que Booré apparaissait de plus en plus comme un rival potentiel, dangereux et influent.
Ismail Omar Guelleh, son épouse Kadra Haid et consorts ont décidé alors d’en finir avec lui. Il faut le reconnaître d’une manière ignoble : en le forçant à l'exil, dilapidant sa fortune, détruisant une à une les sociétés qu’il avait créées, saisissant ses biens. Ainsi les autorités djiboutiennes n'ont pas hésité à détruire au passage des milliers d’emplois.
Mais le Bon Dieu en a décidé autrement. Leur plan initial ne s’est pas déroulé comme ils l’avaient prévu. Booré a pu s’en fuir et se mettre à l’abri de leurs exactions sur sa personne. IOG s’est créé de nouveaux ennemis au sein de sa tribu.

L'un a affaibli l'autre, et vice-versa

Ce qui est sûr c’est que depuis ce conflit, Ismail Omar et son ancien associé Booré se sont beaucoup affaiblis. Tant que le combat continue, ils vont continuer à s’affaiblir davantahe et mutuellement. Cette réalité ouvre de nouvelles perspectives et opportunités à d’autres candidats, à d’autres forces, et particulièrement à l’opposition djiboutienne.
Au lieu de faire cavalier seul, l’homme d’affaires serait plus avisé de rejoindre les rangs de l'opposition ou de l'aider d'une manière franche ?

Pourvu que le match IOG vs Booré continue…

Uguta/Toosa, novembre 2009

D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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Titre 29/ Communiqué du FDP (Bruxelles)


FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX
Chaussée de Louvain 124,
1210 Bruxelles

Projet : Journée d’information sur le massacre d’arhiba le 18/12/1991 à Djibouti


Titre : Commémoration du 18 décembre 1991, où va Djibouti ?


Salle : Pianofabriek
Rue du Fort, n°35
1060 Saint- Gilles, Bruxelles

Modératrice : Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
Le samedi 19 décembre 2009 de 14 h à 17 h

Durée de l’intervention - Intervenants - Titre

15’ HOUMADO : Introduction
20’ Film sur le massacre d’arhiba 18/12/91
15’ ALI COUBBA : la violence politique à Djibouti. Ses origines, ses méthodes et ses conséquences
15’ DAHER AHMED FARAH : Les victimes civiles à Djibouti
15’ MOHAMED KADAMY : Les représailles sur les civils soupçonnés de soutenir la rébellion à l’extérieur de Djibouti et la situation actuelle
15’ CASSIM AHMED DINI : Comment et pourquoi commémorer le 18 décembre?
15’ PUBLIC : Questions
15’ HOUMADO : Conclusion

La commémoration du massacre d'Arhiba (18 décembre 2009)

Commentaire de Uguta-Toosa : Comme chaque année, les associations djiboutiennes (ADD et FDP) appellent la diaspora djiboutienne à manifester devant les ambassades djiboutiennes à Paris et à Bruxelles pour ne pas oublier le massacre d'Arhiba. Nous savons que ces manifestations seront peu suivies parce que la division des partis d'opposition resurgit sur cet évènement qui aurait dû normalement susciter le consensus de tous les partis d'opposition.
Si l'on cherche à donner un sens, une signification, à cet évènement barbare perpétré par le régime djiboutien sous la présidence de Hassan Gouled (1977-1999), il faut le rapprocher de ce qu'on appelle en principe le "terrorisme d'Etat".
Le massacre d'Arhiba constitue pour nous le paroxysme de la violence politique pratiquée par une génération d’hommes ayant bu, à la mamelle tribale. Le principal mobile n'est rien d'autre que l'esprit de vengeance et la haine de la communauté afar, bouc-émissaire de l'Etat tribal. Toute la classe politique "issa", membres du gouvernement de Hassan Gouled, a participé à la prise de décision collective qui a eu lieu lors de la réunion qui s'est déroulée au Palais présidentiel, à la veille du massacre. Il fallait coûte que coûte venger l'embuscade de Kalaf organisée le 17 décembre 1991 par les rebelles du FRUD armé ! Compte tenu des partiques gouvernementales depuis trente deux ans, licenciement économique (violence structurelle),marginalisation, répression ciblée, massacre, exécutions sommaires, il est impossible de faire dans notre pays l'économie d'une Conférence nationale. L'UAD doit intégrer dans sa plateforme politique cette formule politique.
(Uguta-Toosa, décembre 2009)


(Uguta-Toosa)

MOUVEMENT DE SOUTIEN AUX VICTIMES CIVILES
(Extraits du « Bulletin d'information n° 1 », 9 janvier 1992)
(Archives de « La Tribune de l'opposition » -
Paris, décembre 1991)


« 59 morts, plus de 300 blessés et 7 disparus : tel est le bilan provisoire de l'abominable massacre perpétré le 18 décembre 1991 dans le quartier d'Arbiha par l'armée nationale, la gendarmerie et la police. »
« On sait que la guerre entraîne avec elle des atrocités, des destructions et des pertes humaines entre les deux parties en conflit tout en préservant au mieux la vie des populations civiles habitant dans les contrées avoisinant le champ de bataille.
On ignorait par contre que celle-ci avec sa face cachée ne respectait pas ces règles. Au menu de la contre-offensive AND/FNS, comme horsd'oeuvre, tirs à vue sur tout ce qui bouge, cheptel ou nomade, civil ou rebelle, femme ou enfant, et en plat de résistance, pillage, destructions et incendie de toute habitation.

IV. LE D ROULEMENT

6H00 du matin, le quartier d'Arhiba est totalement investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes coalisées dans une action militaire sans précédent à Djibouti-ville d'environ 400 personnes en armes et équipements de guerre.
Alors que l'essentiel des troupes d'assaut est placé en position de tir dans les tranchées, dans les tanks, sur des jeeps et sur les vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis des gourdins, est chargé de convaincre leurs frères de sang avec lesquels ils engagent le dialogue. Parallèlement, les "crânes rasés" issus de la mobilisation générale vident tous les civils de leurs cases en cartons et les rassemblent sur le terrain vague.
7H00 : Les premiers lève-tôt d'Arhiba II, sortis de chez eux, sont aussitôt embarqués dans les camions mis à la disposition des caméras que les Français n'ont certainement pas manqué de sortir pour un tel flagrant délit.
Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont le ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons, mais continuent à pourchasser les rescapés dès que le Puma s'éloigne. Au second passage, les "chasseurs" décident de se retirer et maquillent le chiffre réel du carnage en s'empressant d'entasser dans deux camions un maximum de cadavres.
Combien de morts? Impossible à dire avec précision. Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent à 50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les hommes en uniforme quittent enfin Arhiba.
8H00. Les habitants d'Einguela constatent que le terrain vague des Salines qui s'étend au Nord d'Arhiba est lui aussi quadrillé par les hommes de la FNS, à la hauteur du chantier séoudien jusqu'aux Théâtres des Salines. Toutes les routes menant à Einguela sont bloquées par les agents de la circulation et ni piétons ni véhicules ne passent. Certains observateurs constatent qu'un long convoi de véhicules militaires qui assure l'encadrement, se dirige vers le secteur bouclé. »

Video : extrait de la conférence de l'AFD organisée à Bruxelle
le 19 décembre 2009

Modératrice : Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)

 

 

 


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Titre 30/ 25ème conférence ministérielle de la Francophonie

(La Nation du N° 199 du Jeudi 17 Décembre 2009)

Commentaire de Uguta-Toosa : Les conférences internationales servent à accréditer à la fois la primauté de l'Etat sur toutes autres formes d'organisations politiques et sociales existant dans un pays, il est donc normal que la diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh soit saluée d'autant que, dans le cas de la crise de Ras-Doumeira, l'Erythrée s'est mis dans de beaux draps en multipliant des actions violentes et agressives à l'encontre de ses voisins (Yémen, Ethiopie, Djibouti, etc.). Inutile de vous rappeler ici que le conflit larvé entre Djibouti et Asamara cache des enjeux et des alliances qui ont mal tourné au sujet de la crise somalienne.
La diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh se traduit par la violation constante des territoires éthiopiens et la violence à l'encontre des nomades Afars d'Ethiopie, par le biais des milices issa. Elle affiche une animosité jamais démentie à l'encontre du Somaliland qui contrarie ses ambitions hégémoniques dans la région de Zeylaq. Sur le plan intérieur, la république de Djibouti est un régime autoritaire qui se perpétue grâce à la violence structurelle et symbolique imposée à la société civile.

Une convergence de vues

La Conférence Ministérielle de la Francophonie, réunie en sa 25e session, a adopté mardi dernier à l'unanimité deux résolutions présentées par la délégation djiboutienne lors du Conseil Permanent de la Francophonie qui s'est tenue la veille. La première porte sur le conflit avec l'Erythrée et l'autre sur la piraterie.

La délégation de la République de Djibouti a été représentée à cet effet par M. Ahmed Ali Silay, Ministre Délégué Chargé de la Coopération Internationale auprès du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, M.Rachad Farah, Ambassadeur de la République de Djibouti en France et Représentant Personnel du Président de la République auprès de l'organisation Internationale de la Francophonie, et M.Mourad Houssein Mouti, Premier Conseiller de l'Ambassade de la République de Djibouti à Paris. Par la première résolution adoptée, concernant l'action militaire conduite par l'Erythrée contre la République de Djibouti, la Conférence Ministérielle de la Francophonie "condamne fermement l'action militaire conduite par l'Erythrée à l'encontre des territoires de Ras Doumeira et de l'île de Doumeira, et exige de l'Erythrée qu'elle retire immédiatement et inconditionnellement ses forces armées" notamment, elle exhorte en particulier l'Erythrée "à faire preuve de la plus grande retenue", demandant le retour au statu quo ante bellum ainsi que la poursuite du processus de libération des prisonniers de guerre, et déplore le refus de l'Erythrée à recevoir différentes missions des Etats et organisations régionales et internationales.

La seconde résolution encourage la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, félicitant la République de Djibouti ainsi que les Seychelles et les autres pays de la région pour leur assistance dans ce combat. (...)

L'adoption de ces résolution à l'unanimité par les soixante-huit Etats-membres de la CMF témoigne sans réserve du soutien et de la solidarité de la Francophonie à la diplomatie Djiboutienne et à la politique menée par M.Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Chef du Gouvernement, saluant ses efforts pour la stabilisation de la région, de même qu'elle témoigne de l'attachement de l'espace francophone à l'avènement de la paix et de la stabilité en Somalie, et dans l'ensemble de la région de la Corne de l'Afrique.


Uguta-Toosa, novembre 2009


D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011

 

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