Nous
vous présentons la vidéo : Discours
en afar
2 (par ali coubba).
Excusez-nous
pour la mauvaise qualité de la reproduction.
Cette
video présente le voeu de bonne
2010 en s'inspirant de la démarche et
des expressions courantes empployées par les Afars.
Ta
videol, Qusba liggidak qaagitnam elle baddaqisna.
A Sanat, sidiicam nel tamaqay :
1) Gaat ilko nel yakkay
2) agbi salot ilko nel yakkay
3) Baritto kee taama haykal nek takkay. Maquk raaqa. ...
"Il n’y a que la liberté d’agir
et de penser qui soit capable de produire de grandes choses »
D’Alembert (1717-1783)
Mot
du président
La
guerre civile de 1991 : une guerre fratricide
Lorsqu'elle
a surgi dans notre vie, la guerre civile de 1991 ressemblait à
une guerre entre deux idéologies distinctes : la dictature
du parti unique représentée par le régime djiboutien
et la démocratie incarnée par la résistance armée.
Ce schéma a concordé avec la réalité que
durant les trois premières années du FRUD armé,
c'est à dire de 1991 à 1993, au cours desquelles la
direction du front armé poursuivait un véritable idéal
politique. Du moins la population en avait confusément l'impression.
C'était avant la cascade de scission survenue au sein de cette
organisation politico-militaire.
Pour ceux qui se sont rangés aux côtés du FRUD
légalisé qui a signé en décembre 1994
un accord de paix avec les autorités djiboutiennes, la
guerre civile a duré quatre ans. Pour la dissidence dirigée par Ahmed Dini
ayant rendu les armes en 2001, le conflit armé avec
le régime a pris neuf ans.
AUDIO Ecouter la cassette audio n°2
(en langue afar) présentée par Ali Coubba Lien
____________________
Ecouter la cassette audio n°1 (en langue afar) présentée
par Ali Coubba. Lien
_______________________
Pour la troisième version du FRUD armé
dont les exploits alimentent ce dernier temps la chronique djiboutienne,
relayés avec un zèle suspect par la presse gouvernementale,
la guerre civile a commencé en 1991 et se poursuit
depuis.
Probablement,
compte tenu de la nature du régime djiboutien, il ne va pas
manquer des hommes pour soutenir l'hypothèse d'une guerre civile
ayant débuté à Djibouti, dès décembre
1977, soit six mois après l'indépendance de Djibouti,
lorsque Hassan Gouled a trahi son compagnon de lutte Ahmed Dini et
instauré le régime de parti unique en 1981. Cette approche
n'est pas recevable ici. Pour pouvoir parler d'une guerre civile,
il faut que certaines conditions soient réunies.
La
guerre civile de 1991 : une guerre oubliée
Qu'est-ce
que la guerre civile ? « Une guerre civile est la situation
qui existe lorsqu'au sein d'un État, une lutte armée
oppose les forces armées régulières à
des groupes armés identifiables ». Le conflit ayant
opposé, à partir de janvier 1991, l'armée djiboutienne
à la rébellion du FRUD entre bien dans ce cadre. A la
lumière de cette définition, on comprend mieux les choses.
La guerre civile n'est donc pas un conflit contre un ennemi à
éliminer ou à faire disparaître. Elle correspond
à un acte révolutionnaire, organisé et rationnel
qui se dresse contre l'injustice générée par
le régime politique. Et mettant forcément aux prises
des citoyens contre d'autres citoyens, il brouille les jugements des
valeurs à porter sur les belligérants. Pour
l'exorciser, toute la nation aurait dû se prêter au spectacle
de la psychanalyse collective, au premier chef les rebelles et les
soldats djiboutiens.
Or cette guerre civile a été gérée de
façon lamentable (mais assez compréhensible pour nous)
par le régime djiboutien après l'accord de paix de décembre
1994. D'ailleurs cet accord de paix n'en est vraiment un. Il s'est
traduit seulement par le ralliement d'une faction de la rébellion
du FRUD au régime de Hassan Gouled. Quant à la guerre
civile de 1991, elle a fini par avoir une seule version. C'est la
version officielle, validées par le FRUD légalisé
qui n'avait pas plus voix au chapitre. D'après le régime, il n'y a pas eu de guerre
civile à Djibouti, ni de conflti armé. A en
croire le peu d'échos et de traces médiatiques que le
peuple reçoit de ce conflit, on peut douter que cet évènement
ait vraiement existé. Les officiels nous ont exhortés
à l'oublier, à l'effacer de notre mémoire collective
et le peuple a obéi. Toute référence à
cet évènement traumatique a disparu de notre vie publique.
Comme vous l'avez remarqué, il n'y ni martyrs à pleurer
ni héros à célébrer. Les familles endeuillées
sont priées de célébrer leurs morts dans l'intimité.
Et la commémoration de la tuerie d'Arhiba ? Il convient de
ne pas faire l'amalgame. Célébrer annuellement la tuerie
d'Arhiba de 1992 s'apparente à une sorte de protestation populaire.
Car cette tragédie survenue à Djibouti-ville, au moment
même où la guerre civile faisait rage dans l'arrière-pays,
renvoie davantage à la barbarie du régime qu'à
une quelconque référence à la guerre civile.
Disons
que la volonté de tourner la page de la guerre civile part
d'une bonne intention et nous nous rallions à ce principe.
Mais est-ce la bonne démarche que d'imposer par diktat le silence
et l'oubli sur une guerre traumatisante qui a fait, au bas mot, plus
deux mille morts dans les rangs des deux forces bélligérants
(militaires et rebelles) ?
Ne
pas en parler : une mauvaise solution
Cette
approche qui consiste à éluder la guerre civile de 1991
et ses martyrs n'est pas la bonne solution. L'acte traumatique a eu
des conséquences trop graves pour être oublié
ainsi, sur commande. Trop de sang a coulé : pas moins de deux
mille djiboutiens sont morts ou peut-être plus. Bien que les
chiffres exacts ne soient pas connus, pour une nation comprenant moins
de 600.000 citoyens, le prix paraît très élevé
entre les sacrifices consentis et les bénéfices récoltés.
Les plus amers d'entre nous sont certainement les survivants; ceux
qui avaient porté les armes et qui, au spectale de notre société
actuelle, doivent pleurer de dépit. Ils doivent se répéter
: "Nous nous sommes donc entretués pour que des voyous
tirent profit de notre sacrifice ".
La
solution la meilleure aurait été de parler de cette
guerre, de ses atrocités et de sa vacuité. Nous aurions
dû inviter les soldats et les rebelles à nous parler
de cette guerre et de leurs sentiements. Nous aurions dû recueillir
les témoignages de différents belligérants. En
donnant la parole à tout le monde, en dénonçant
toute forme de violence portant atteinte à la vie, on aura
assister
à une véritable catharcis collective. A l'issue d'un
tel spectacle, les Djiboutiens mieux conscientisés sur les
dangers de la guerre civile auraient pu dire "plus jamais
ça ". Or il en a rien été. Le peuple
a été privé de faire le deuil de ses morts. Il
ne peut par conséquent tirer des leçons d'un conflit
sur lequel on lui a ordonné de pratiquer l'amnésie.
Alors,
de nouveau en 2010, les Djiboutiens peuvent recommencer à s'entretuer
pour … consolider la dictature ! Au rythme où vont les
choses dans le nord et le sud-ouest du pays, le dictateur aura "sa"
guerre à lui.
Pour notre parti, à l'approche de l'élection présidentielle,
toutes les forces de l'opposition djiboutienne (pacifique et armée)
doivent adopter une stratégie commune à partir des assertions
suivantes :
1. si nous voulons arrêter Ismail Omar Guelleh en 2011, ce sera
forcément dans la capitale et il faudra l'affronter à
Djibouti-ville;
2. le dictateur n'a pas des partisans inconditionnels, il compte sur
des partisans intéressés dans la capitale;
3. l'opposition doit mobiliser ses sympathisants qui sont majoritaires
dans le pays (les régions de l'intérieur sont plus ou
moins acquises à l'opposition);
4. l'opposition doit
accepter l'idée d'un affrontement pacifique qui se soldera
forcément par la mort des civils mais ce ne sera pas de notre
fait.
Le
centre névralgique du pouvoir se trouve à Djibouti-ville
et non dans les montagnes de Mabla ou de Goda. En période
d'élections présidentielles, cette vérité
est encore plus prégnante pour nous. Nous devons rassembler
nos forces, nos compétences et nos moyens. C'est triste de le reconnaître mais un mort d'un civil
survenu dans le cadre d'une manifestation pacifique à
Djibouti-ville a plus de poids et de signification, sur le plan politique,
que dix morts dans un affrontement qui se déroule dans les
montagnes de Mabla.
Gifta
Ali Coubba
Uguta-Toosa, janvier 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 1 : Le poids et la signification
de la
guerre civile de 1991
Il
faut que les Djiboutiens sachent que la guerre civile de 1991 n'est
rien d'autre que l'évènement le plus meurtrier
de notre histoire. La violence politique
que subit notre pays est multiforme mais celle-ci a été
exemplaire. Les décasements des familles d'Arhiba ou de Balbala,
la mort d'un étudiant ou l'assassinat d'un nomade ne constituent
que de tristes et infimes épisodes du drame national. Pour
gratuite qu'elle soit, cette violence ne nous renseigne pas assez
sur l'ampleur du crime, ni sur le poids réel des exactions
commises par ce régime au regard de notre brève histoire
de trente-deux ans. Le philosphe hollandais, Spinoza, a décrit
assez bien la situation dans laquelle se trouvait notre société
avant le déclenchement de la guerre civile de 1991. "Lorsque
les sujets d'une nation donnée sont trop terrorisés
pour se soulever en armes, dit-il, on ne devrait pas dire
que la paix règne dans ce pays, mais seulement qu'il n'est
pas en guerre."
Chers
compatriotes, je ne vais pas noircir la réalité djiboutienne,
déjà suffisamment dramatique sur le plan social avec
un taux de chômage moyen de 60%, un système de santé
en déconfiture, une éducation nationale délabrée,
des inégalités de revenus abyssales entre les riches
et les pauvres. Que dois-je vous dire si ce n'est que le régime
djiboutien, à cause de son refus de tout dialogue avec l’opposition,
a perpétré des crimes innommables. Dans l’éditorial
de son journal « Réalité » n° 26, l’ARD
écrit que « la pathologie dont souffre ce régime,
c’est l’autisme. » Où mène cette
pathologie ? « Au retard et au sous-développement
», conclut l’éditorial. En dernier lieu, il conduit
à la guerre civile puisque tôt ou tard les victimes,
lassées de subir l’injustice, peuvent vouloir se faire
entendre par des moyens radicaux.
Le
poids des crimes commis par l'Etat djiboutien
Chers compatriotes, savez-vous que si l’on dresse un parallèle
entre les crimes perpétrés par la colonisation française,
depuis son installation en 1884, et ceux commis par le régime
actuel, on en arrive à un constat effrayant.
Le régime de Hassan Gouled et d'Ismail Omar Guelleh, celui
de parti unique, celui du RPP, a tué en trente deux ans plus
de Djiboutiens que la colonisation française ne l’a fait
en un siècle et demi ! Faites-en le compte vous-même.
Les actes de violence perpétrés contre la population
pacifique et que l’on prête à la colonisation française
après 1945, ne sont pas si nombreuses pour qu'on ne puisse
pas en faire un bilan rapide. La fusillade sur l’esplanade de
l’assemblée territoriale en 1966 ? Les exécutions
sommaires pendant le couvre-feu de 1966-1967 ? Les réfugiés
anonymes tués lorsqu’ils essayaient de franchir les barbelés
encerclant la ville de Djibouti à partir de 1968 ? Les martyrs
disparus sous la torture comme le regretté Abdourahman Andoole
? Après tout, le système colonial étant par définition
inhumain, personne ne s’attendait de sa part à la charité
et à l’humanisme. Inutile de faire son procès
ici.
Le
régime djiboutien a commis des crimes impardonnables
Mais
plions-nous quand même à cet exercice intellectuel de
comparaison. Qu'observe-t-on ? La barbarie coloniale est dépassée
dans notre histoire par la barbarie de l’Etat djiboutien. C'est
le régime du parti unique qui est l'artisan principal de cette
barbarie.
Chers compatriotes, selon vous, lors de la guerre civile de 1991 à
1994, combien d'hommes portant l'uniforme djiboutienne ont péri
dans les embuscades de la rébellion armée ?
D’après vous, en trois ans de conflit, combien de jeunes
rebelles du FRUD sont morts à Kalaf, à Gorabous dans
la région de Dikhil, aux alentours de Dikhil de Tadjoura et
d’Obock ? (Personnellement, j’ai perdu deux de mes neveux
dans ce conflit opposant la rébellion à l’armée
djiboutienne.)
A
combien s'élève le chiffre de civils innocents tués
entre 1977 et 2010 ? Certainement à plus de trois cents victimes
qui avaient le tort de ne pas soutenir la dictature.
Pour l’instant, les statistiques font défaut sur le nombre
de morts djiboutiens imputable à l'Etat djiboutien. Peut-être
y-a-t-il eu deux mille ou trois mille morts en trente deux ans de
régime de parti unique.
Nous disposons cependant des chiffres plus fiables sur la «
tuerie d’Arhiba » qui a entraîné la mort
de 58 civils innocents. Le charnier de Day, découvert en 2007,
comptait sept corps de civils, auquel il faut ajouter des assassinats
ciblés et disparition inexpliquée de hauts responsables
politiques et les membres du FLCS mystérieusement disparu entre
1977 et 1990. Je vous renvoie au rapport de Abdallah Deberkalé,
un travail remarquable, sur l’assassinat politique pratiqué
par le régime djiboutien depuis 1977. Les dernières victimes de la folie de grandeur du régime
remontent au mois de juillet 2008. Dans l’affrontement
avec les troupes érythréennes à Ras-Doumeira,
75 soldats djiboutiens ont trouvé la mort. Peut-être
davantage.
D'autres crimes invisibles
Nos
compatriotes innocents sont morts physiquement sous les balles et
la torture. Ces opérations d'élimination ont été
commanditée par Hassan Gouled ou Ismail Omar Guelleh. A côté
de ces violences extrêmes et absolues, il y a d'autres crimes
plus difficiles à cerner.
Un nombre difficile à chiffrer de nos compatriotes souffre
depuis des années parce qu'ils ont été réduits
à la misère. D'autres meurent, dans le silence, des
conséquences d'une injustice qui les a mis à la marge
de la société.
Je vous laisse faire votre propre opinion sur d’autres crimes
perpétrés par la dictature djiboutienne. En raison de
leur nature, ils ne sont pas quantifiables. Je fais allusion à
la division ethnique, à la haine tribale, à la discrimination
clanique, à l’exclusion et à la frustration des
citoyens dont les droits sont bafoués, les biens confisqués,
la vie brisée par le chômage et la misère imposée.
Uguta/Toosa,
janvier 2010
D'après la consttition nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir
en 2011
Titre
2 : La guerre civile de 1991 a-t-elle été une guerre
idéologique ?
La
guerre, dit-on, est un accélérateur de l'histoire. Selon
Karl Marx, "la force est l'accoucheuse de toute vieille société".
F. Engels ajoute de son côté que la société
ancienne "porte une nouvelle en son flanc". Les
deux théoriciens partagent l'idée d'une violence, d'une
force ou d'une guerre "révolutionnaire"
et fondatrice d'une nouvelle société.
Une
guerre idéologique (1991-1993)
De
1991 à 1993, une différence idéologique opposait
les partisans de Hassan Gouled et ceux qui soutenaient le FRUD armé.
Les premiers soutenaiennt le régime du parti unique
au nom de la solidariré tribale et ethnique. Un immense
mensonge, une tricherie confortée par des moyens financiers
colossaux, faisait croire que le régime djiboutien oeuvrait
pour l'hégémonie issa. Jusqu'à la fin
du conflit, la communauté issa crédule restera prisonnière
de cette propagande. A posteriori, nul ne peut lui
faire des reproches
! L'opposition d'Aden Roblé ni celle de Mohamed Djama Elabé,
trop timorées, n'ont pu entamer la solidarité cristallisée
autour de la dictature.
En face, le FRUD, ses combattants et sa direction prônaient
la démocratie et le multipartisme. Ils dénonçaient
la dictature, le régime de parti unique et l'injustice qui
sévissait dans le pays. Beaucoup de notables, fonctionnaires
et employés de l'Etat djiboutien, mais aussi plusieurs entrepreneurs,
l'avaient compris. Pour soutenir la rébellion, la contribution
financière vint-elle aussi bien des sympathisants somalis qu'arabes,
lesquels désireux avant tout de rompre avec le régime
du parti unique. Plus que l'amour du FRUD, c'est la haine du régime
de Hassan Gouled qui déterminaient leur choix. Ces Djiboutiens
voulaient vivre dans une société économique et
sociale libérée de toute entrave politique.
Les
deux forces belligérantes, composées en majorité
de jeunes Djiboutiens de toutes origines, se sont livrées une
guerre sanglante. De part et d'autre, de nombreux morts et disparitions
ont été relevés. Le héros du livre Transit
de Abdourahman A Wabéri venait de "Quartier 6 de Djibouti".
Avant de faire appel aux mercenaires somaliens, le régime a
recruté en masse de jeunes chômeurs désoeuvrés.
Tandis que la rebellion recevait des contingents de lycéens
et collégiens de la capitale et ceux des districts de l'intérieur.
Le
désenchantement des uns et des autres
En décembre 1994, l'accord de paix entre le gouvernement et
la rébellion a mis un terme à la guerre civile. Et là,
les Djiboutiens ont découvert le pot aux roses. Les Somalis
qui soutenaient Hassan Gouled se sont fait berner le régime
du parti unique. Les Afars, acquis à la la rébellion
armée, ont été roulé dans la farine par
Ougré Kiflé, Jean-Mariee et d'autres méprisables
individus.
L'Accord
de paix de décembre 1994, a été une douche froide
pour tous ceux qui avaient cru en la lutte armée et en particulier
au FRUD armé. Les Afars et les sympathisants de la rébellion
ont été dégoûtés, révoltés
dans leur conscience ! La restauration du régime de Hassan
Gouled s'est avéré également une vaste duperie
pour les Somalis, en premier pour les Issas.
Au
cours de ce conflit, les rebelles avaient tué des soldats djiboutiens.
Les hommes en tenue avaient tué les maquisards et n'avaient
pas hésité, pousser par les propagandes haineuses du
régime, à massacrer les civils innocents. Mais au final,
de part et d'autre, on se rend compte que les choses ont mal tourné
pour la masse de partisans du régime et ceux du FRUD armé.
Les soldats et la population somalophone ont contribué à
la victoire d'un bourreau, Ismail Omar Guelleh, puisque leur situation
est pire que ce qu'elle était en 1990.
Les rebelles semblent avoir sacrifié leurs vies pour qu'un
Ougouré Kifflé devienne ministre docile d'un Ismail
Omar Guelleh ! Et c'est tout.
Nous
sommes en 2011 et pourtant rien n'a évolué positivement.
La démocratisation escomptée est toujours absente. Les
Djiboutiens sont de plus en plus nombreux à exécrer
le régime mais les responsables voyous échappent à
toute punition. Les populations de l'intérieur croulent sous
la misère, frappées par le chômage et la sécheresse.
Petit à petit, la pauvreté a nivelées les Djiboutiens,
quelle que soit leur lieu de résidence. Et curieusement, il
se trouve que les plus démunis sont souvent de vrais citoyens
djiboutiens, tandis que les Somalis fraîchement installés
à Djibouti tirent leur épingle du jeu.
Uguta/toosa,
janvier 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Notre
parti Uguta-Toosa tire les conséquences de la nature véritable
du régime djiboutien C'est pourquoi il réclame, dans
l’intérêt national, la formation d’un gouvernement
de transition qui comprendra toutes les sensibilités et courants
politiques. Afin que cette transition démocratique ne soit
pas un rafistolage de l'ancien pour le rendre plus tolérable,
il nous paraît indispensable de clarifier les choses.
Les
préalables à la formation d'un gouvernement de transition
Si l’on se met d'accord sur le principe qui consiste à
tourner la page de la dictature et du despotisme, il faut écarter
toute idée de rafistolage de l'ancien régime, d’arrangements
avec les représentans du régime de parti unique et de
demies mesures dans la réforme des institutions.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le Rassemblement
populaire pour le progrès (RPP) doit être dissout
et prendre un nouveau nom qui lui conviendra. La dissolution du système
de parti unique nous paraît un préalable nécessaire
et indispensable. C’est tout l’édifice construit
par le régime de parti unique qu’il faut détruire,
ses réseaux, ses pratiques de corruption, son système
de reproduction fondé sur l’incompétence et la
filiation tribale.
Cela veut dire que les Djiboutiens doivent aussi se débarrasser
du dictateur Ismail Omar Guelleh, de préférence
comme nous l'avons déjà dit sans effusion de sang et
de dommages pour le pays. Car, dans notre hypothèse, il faut
également s’émanciper de tout parrainage de la
transition démocratique par un Ismail Omar Guelleh et ses semblables.
La
dissolution du RPP, parti unique de fait
Ce n'est pas seulement Hassan Gouled qui est responsable de la guerre
civile. Il a eu des complices et un régime qui ont rendu possible
cet affrontement fratricide en exploitant la crédulité
de certains de nos compatriotes. Toujours en vigueur dans notre pays,
ce régime a planifié et perpétré la tuerie
d’Arhiba en décembre 1922. Son principal commanditaire,
Hassan Gouled, a disparu en novembre 2006 mais la dictature lui a
survécu ainsi que l'idéologie qui l'insipire. Il est
certain que si nous, le peuple djiboutien et les partis d'opposition,
ne réussissions pas à donner congé à ces
deux monstruosités, dans un même élan de révolte,
ce régime va survivre.
Conclusion
Nous
ne croyons pas en la possibilité d'une Conférence Nationale
ou d'un Gouvernement de transition qui serait convoqué par
Ismail Omar Guelleh et se déroulerait dans une atmosphère
de conciliation nationale. C'est grâce à notre
résistance et à notre lutte, sous forme de
manifestations populaires, qu'il faudra bâtir un régime
démocratique. Lequel, pour être viable, devra être
édifié sur les ruines de la dictature.
Le président djiboutien n'a pas l'étoffe d'un dirigeant
politique à l'instar d'un Kérékou. Nous savons
qu'en 1992 le président béninois sortant, alors qu'il
détenait les rêns du pouvoir dans son pays, avait accepté
de réformer radicalement le régime de parti unique,
en confiant la tâche à une conférence nationale
souveraine.
A l'instar de son oncle inculte, Ismail Omar ne laissera aucune oeuvre
à la postérité. On dira de lui qu'il fut, en
plus de quinze ans d'exercice de pouvoir sans partage (1995-2011 ?),
un homme violent, sans scrupule, irresponsable, immoral, haineux et
mesquin.
Uguta-Toosa, janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 4 : La
guerre civile nous a-t-elle libérés de nos peurs ?
En
général, les hommes se révoltent pour améliorer
leurs conditions de vie. Le refus de l’injustice peut même
les pousser à affronter la mort. Alors on peut se demander
ce que la guerre civile de 1991 a apporté de plus, de positif,
de remarquable, à notre pays et à notre peuple.
Ce
conflit n'a pas été ...
Nous
l'avons dit, ce conflit s'est avéré au final une sorte
de violence organisée contre le peuple par une poignée
d'individus sans scruples. Formant deux camps adverses, ils poursuivaient
en fait le même but parce qu'ils ont fait de la même pâte.
Ceux qui se trouvaient déjà au pouvoir s'accrochaient
au pouvoir, les autres aspiraient au confort matériel. Ils
étaient prêts à sacrifier toute la jeunesse djiboutienne
pourvu que cela leur rapporte quelque avantage matériel. Aucune
idéologie ne conditionnait cette guerre civile comme le peuple
l'avait cru.
Cependant, et il faut le reconnaître, ce conflit n’a pas
été une version moderne de la guerre que les Debné
(Afars) et les Issas se livraient pour l’accès à
« l’eau et aux pâturages ». Ce n’est
pas une guerre ethnique entre Afars et Somalis, bien que les propagandes
du régime ont réussi à imposer cette idée
durant les années 90. La composition ethnique des belligérants
le laissait penser.
Cette guerre civile a opposé les Djiboutiens naïfs aux
autres Djiboutiens naïfs, parce que le régime a fait croire
que l’intérêt de Hassan Gouled était celui
d’une partie de la population djiboutienne. Il est, de ce fait,
difficile d'affirmer qu'il y a eu d'un côté les bons,
de l'autre les méchants.
De
ce conflit fratricide, avons-nous tiré des leçons ?
Les
sentiments de toute sorte participent à nous rendre agressifs.
Par l'intermédaire d'un régime qui joue avec nos sentiments,
le peuple peut jouer à la fois le rôle de la victime
et du bourreau, jeu sinistre qui finira par le détruire.
La dictature exercerbe en nous la peur de perdre ce qu'on a ou ce
qu'on croit avoir symboliquement, le sentiment d'inférorité
et de frustrations, celui de la supériorité imaginaire
de notre clan , etc.
Il faut que nous parvenions à détruite par d'autres
moyens, par exemple pacifiques, le régime du parti unique.
En leur inoculant le virus de la haine et de la discorde, un régime
violent incite les hommes qui n'ont a priori aucun intérêt
à le faire à s'entretuer. Nous avons affaire à
une violence particulière qui "se fait "institution
et moyen de gouvernement" (Georges Gusdorf, La vertu
de force, PUF, 1957). Au contraire, l'intérêt de
tous les Djiboutiens est aujourd'hui de se dabarrasser d'Ismail Omar
Guelleh.
Il faut que les Djiboutiens comprennent que dans une guerre civile,
on est confronté toujours à notre semblable, à
notre concitoyen, non pas tel qu'il est mais tel que le pouvoir en
place nous le présente. Alors il nous apparaît méconnaissable,
dangereux et animé de mauvaises intentions à notre égard.
Or ce conflit se déroulant à l'intérieur du pays,
aucune partie ne peut en sortir gagnante ou indemne.
Pouvons-nous affirmer que ce fut une guerre qui nous a libérés
des chaînes du tribalisme ? Non. Notre économie est-elle
plus prospère ? Non.
Avons-nous, grâce au sang versé par nos fils, nos frères
et nos cousins, grâce au sacrifice consenti par des milliers
de personnes arrachées à leurs foyers, appris à
tourner définitivement la page de la guerre civile ? Non.
Sommes-nous devenus plus sages ? Non. Nous avons oublié la
vertu de la discussion et du débat contradictoire.
Aujourd'hui,
y-a-t-il des Djiboutiens qui veulent mourir pour Ismail Omar Guelleh
? Qui croit un instant qu’en laissant sa vie dans une embuscade
organisée par la rébellion, un militaire Djiboutien
sert la cause nationale ? Aucun citoyen d’origine djiboutienne,
aucun Djiboutien de souche ne croit à ces sornettes. Pour
parer à l'éventualité d'une défection
au sein de l'armée et de la police, Ismail Omar Guelleh a créé
la Garde présidentielle composée en
proportion importante d'étrangers. Mais si la confrontation
a lieu pacifiquement à Djibouti, cette troupe prétorienne
sera handicapée, vulnérable.
Uguta-Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Notre
parti est conscient qu'il ne faut jamais cesser de mobiliser les gens.
Nos critiques sur l'apathie de la diaspora djiboutienne et les fonctionnaires
abrutis par le khat sont toujours d'actualité. En ce début
d'année 2010, nous répétons donc nos mots d'ordre
: "Uguta
Labhay !" " Toosa !"
Deux types de citoyens, dit un proverbe
afar
Les hommes, comme vous le savez, diffèrent les uns des autres.
Un proverbe afar affirme qu'il y a deux catégories d'hommes
dans une société : "Afah haan waqdi yaaxige
barra-b-baxa kee deerih haan waqdi yaaxige barra-b-baxa".
Pour simplifier, nous avons "celui qui sait d'instinct"
et "celui qui sait quand on le lui montre".
Dans la première catégorie s'inscrivent
les citoyens qui saisissent immédiatement les enjeux politiques
et savent différencier le bien du mal, le droit de l'injsutice.
Ces hommes et femmes sont politiquement engagés. Par exemple,
ils n'attendent qu'un parti politique devienne fort. Ils n'ont pas
besoin de réfléchir dix ans ! Ils ne perdent pas leurs
temps à dénigrer ou à écrire des tracts
alors qu'ils peuventadhérer à des partis politiques.
Ils n'attendent pas de devenir membre d'un front armé quand
celui-ci mène des actions. Leur conscience étant en
alerte, ils savent qu'ils trouveront un accomplissement personnel
supplémentaire au sein d'un parti politique qui partage leurs
idées.
Dans la deuxième catégorie, nous rencontrons
des hommes et femmes qui ont besoin qu'on leur attrappe par la main,
qu'on leur répète cents fois le même message et
la même chose. Ce n'est pas qu'ils sont bêtes mais la
nature les a faites ainsi. Il me semble que dans la société
djiboutienne actuelle, il y a beaucoup dans la deuxième catégorie.
Il y a une troisième catégorie née de la perversion
de notre société.
La
troisième catégorie : Futur député ou
Futur ministre ?
Cette
catégorie d'hommes passe son temps entre le travail et le mabraze,
lorsqu'ils ont du travail. Lorsque ils n'ont pas d'emploi, ils n'essaient
pas de dépasser leur condition de paria ou de faire quelque
chose de leur vie. Non, ils attendent l'heure de brouter du khat sans
état d'âme puisque de toute façon, même
déasrgenté, il n'est pas difficile d'avoir sa "botte"
de khat à Djibouti. Ils attendent aussi autre chose ...
Ces hommes, diplômés ou non - cela n'a aucune importance
à Djibouti - rêvent tous d'être haut fonctionnaire,
député et ministre d'Ismail Omar Guelleh. Certains d'entre
eux ont déjà occupé l'un des ses fonctions et
se disent que le destin pourrait repasser par là ! De tout
leur coeur, dans leur naïveté maladive, ls espèrent
que le dictateur va les appeler et qu'ainsi leur calvaire va cesser.
Ayant goutté au vertige du pouvoir et de l'argent facile, ils
pourraient vendre leur mère et leur soeur pour retrouver ces
privilèges ! D'autres hommes attendent, plus impatients et
plus fébriles, parfois leur niveau scolaire est si bas qu'ils
ne savent pas écrire correctement leur nom ! Mais ils se disent
"Mon cousin a été député et ministre
illettré, pourquoi ne le serais-je moi aussi si je me fais
voir par Ismail Omar ". Voilà les propos que tiennent
ces Djiboutiens de la troiième catégorie. Et ils sont
très nombreux.
C'est le résultat de l'aliénation de la politique coloniale
française et celle de Hassan Gouled qui ont dévalorisé
le savoir et la commpétence dans notre pays. Notre
parti essaie de briser cette aliénation en menant notre campagne
en langue française et en écrivant en langue afar.
La
fiqma : une sorte d'organisation politique
La
société moderne s'est développée grâce
à la division des tâches. Quand on se penche sur la façon
dont la société afar distingue la fonction de chaque
individu au sein de la société, on est amené
à se poser des questions. Comme nous le dit le texte ci-dessus
en afar, l'homme d'expérience (kasle), le
responsable politique (saqala) et le plus jeune (maqanxa)
remplissent chacun un rôle. Ce qui est plus instructif, c'est
le rôle dévolu dans notre région (Laaqo) à
la fiqma. Ne correspond-elle pas plus ou moins à
un parti politique ou à une association citoyenne puisque chaque
individu est obligé d'y adhérer à partir de la
puberté. Cette adhésion implique la civilité,
le respect, l'apprentissage de la contradiction. De plus, tout le
monde est concerné : les hommmes et les femmes.
dans la société afare traditionnelle, il n'y avait pas
de place pour des gens qui voulaient réfléchir pour
adhérer à une fiqma. Tout être humain
ayant son libre arbitre appartenait à une organisation.
Aujourd'hui où nous sommes fort d'une culture moderne et écrite,
des connaissances dont nos grands parents ne pouvaient même
pas imaginer, que faisons-nous ? Il y a des Djiboutiens qui attendent
avant de devenir membre d'un parti politique. Les plus à blâmer
sont les Afars qui, depuis des générations, save que
l'on apelle faire partie d'une organisation sociale.
Labuk sayih itrita labhay ! Hommes et femmes assumez vos responsabilités.
Uguta-Toosa,
janvier 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Est-ce
pour notre bien ou pour conforter l’intérêt national
qu'on marginalise, qu'on licencie, qu'on affame une fraction de nos
compatriotes ?Est-ce dans notre intérêt
que les diplômés djiboutiens sont écartés
du marché du travail ? Est-ce pour améliotrer nos conditions
de vie que le régime nous impose un système dictatorial
? Nous ne le croyons pas. La lecture des extraits suivants nous permet
de comprendre comment les Djiboutiens inconcients participent à
leur propre asservissement.
1.
Le Consentement Maurice
Godelier, Pouvoir et Langage, in Communications", 1978.
"La
force la plus forte du pouvoir, ce n'est pas la violence, c'est le
consentement, le consentement des dominés à leur domination...
Il y a donc dans tout pouvoir, un enjeu fondamental et une force fondamentale
qui retiennent les choses "en ordre" qui est le consentement
que les dominés apportent souvent à leur domination.
Et ce consentement, ils l'apportent parce que l'état des choses
leur paraît légitime. [...]
Il part d'une représentation, d'une représentation partagée
par les dominés et les dominants."
2.
"La perversion du désir grégaire" G.
Deleuze et F. Guattari, Capitalisme et Schizophrénie, 1972.
"Pourquoi
les hommes combattent-ils pour leur servitude comme s'il s'agissait
de leur salut ? ... l'étonnant n'est pas que des gens
volent, que d'autres fassent grève, mais plutôt que les
affamés ne volent pas toujours et que les exploités
ne fassent pas toujours grève : Pourquoi
des hommes supportent-ils depuis des siècles l'exploitation,
l'humiliation, l'esclavage, au point de les vouloir non seulement
pour les autres, mais pour eux-mêmes ?"
3.
Le pouvoir du tyran est illusoire Epictète,
Entretiens, La Pléiade, 1962
"Si
l'on a quelque avantage sur un autre, ou si l'on croit l'avoir bien
qu'on ne l'est pas, il est inévitable si on est grossier qu'on
en conçoive de l'orgueil. Un tyran dit tout de suite : "je
suis le plus puissant des hommes". Et qu'as-tu donc à
m'offrir ? Peux-tu faire mes désirs ne trouvent point d'obstacles
? Et d'où aurais-tu ce pouvoir ? Peux-tu toi-même éviter
ce que tu veux fuir ?
[...] Qu'est-ce donc qui trouble et terrorise la plupart des hommes
? Le tyran et sa garde ? Et pourquoi ? Il n'est pas possible qu'un
être libre par nature soit trpoublé ou empêché
par un autre que par lui-même; ce sont ses propres opinions
qui ne peuvent le troubler."
4.
"La tyrannie est la force suprême de l'échec"
Amédée Ponceau, Timoléen, réflexions
sur la tyrannie, 1950.
"Il
[le sage] exècre la tyrannie parce qu'il y voit la pire forme
d'injustice.
A ses yeux (aux yeux du sage), la tyrannie n'est pas seulement le
règne d'un seul, elle est aussi le règne de la masse
livrée à ses instincts aveugles. Le
tyran est le démaguoge, il flatte le peuple avant de l'enchaîner,
il se donne pour seviteur de ceux qu'il réduira en esclave.
il éveille les passions mauvaises auxquelles il feint ensuite
de se soumettre. Le tyran et la foule qui l'acclame partagent confusément,
en même temps que les jouissnances du pouvoir, la honte de la
servitude. L'autorité arbitraire abaisse autant celui qui l'exerce
que celui qui la subit."
5.
Ambiguité de la violence Gorges Gusdorf, La vertu de force, PUF, 1957.
"Toute
violence, par-delà le meurte du prochain, poursuit son propre
suicide. Elle est en effet destruction de soi ; les Anciens savaient
déjà que la colère est une courte folie. [...]
Le violent, incapable de se contenir, recherche dans sa propre frénésie
une sorte d'apaisement magique, comme si en augmentant le volume et
l'intensité de sa voie, en enflant ses muscles, il sentait
cette majorité qu'il sent devant l'obstacle, confusément
perdu. [] La violence, une fois déclenchée, s'enivre
d'elle-même par un effet d'accélération ; elle
fait boule de neige, comme enchantée par son propre déchainement,
elle ne s'arrête plus."
Uguta-Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution
nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
-
rester inébranlables dans nos convictions ;
- demeurer unis dans notre engagement politique jusqu'à l'instauration
de la démocratie dans notre pays ;
- faire triompher l'Etat de droit pour le bien de tous les Djiboutiens
;
Nos
convictions (nek bagi niya/hangi) :
-
Seul un régime démocratique pourrait concilier les Djiboutiens
avec l'appareil d'Etat discrédité par le tribalisme
;
- la démocratie garantit la liberté d'expression, d'entreprise
et respecte les cultures nationales (afare, arabe et somalie) ;
- la clé du succès politique réside dans l'Unité
de l'Opposition djiboutienne ; une unité qui repose sur des
vraies alliances politiques.
Nos objectifs (nek mala) :
-
Combattre et dénoncer l'injustice qui sévit à
Djibouti au plan politique, économique, social, ethnique, etc.
;
- Participer à l'éducation politique de nos concitoyens
au sujet des notions de démocratie, de multipartisme, d'alternance
démocratique ;
- démystifier le régime djiboutien, sa politique tribale
et clanique
- Populariser notre combat et celui de l'ensemble de l'Opposition.
Uguta/Toosa, janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 8 / La république de djibouti
ne survivra
pas à une deuxième guerre civile
Comment
décrire notre petit pays afin de démontrer combien il
est fragile ? Combien la paix sociale ne tient à Djibouti qu'à
un mince fil ? D'ailleurs, notre cohabitation pacifique correspond
davantage à un " état de guerre"
(Spinoza) qu'à une société apaisée. "
Vingt sept
mille kilomètres de haine et de misère, mon pays d'ergs
et d'acacias." [Transit de Abdourahman
A. Wabéri, p. 30]
Pouvons-nous nous permettre le luxe de vivre une deuxième guerre
civile ? Ce conflit, parce qu'il y a l'antécédent de
la Somalie voisine, devrait nous épouvanter. Il risque de nous
entraîner plus loin qu'on ne le désire. Tout laisse penser,
à cause de la présence d'une population importante -
les "nouveaux" citoyens exacerbant les tensions - ne partageant
pas notre "mémoire collective", de glisser vers une
guerre inter-ethnique.
Le peuple djiboutien ne veut pas de guerre, ni de guerre extérieure,
ni de guerre intérieure. Il veut la paix. Alors pourquoi notre
pays est-il en conflit larvé avec l'Erythrée ? Pourquoi,
une guerre civile se profile-t-elle à l'horizon ? Parce que
le dictateur Ismail Omar choisit tout pour nous. Il sait ce qui est
bon pour nous MIEUX QUE NOUS. Il n'a pas besoin de nous consulter.
Ismail Omar Guelleh prépare une guerre extérieure
Ismail
Omar Guelleh prépare psychologiquement la population à
l'idée d'une guerre civile.
Disons tout de suite une vérité : notre pays n'est pas
en guerre avec l'Erythrée. C'est le régime djiboutien
et son chef qui ont déclenché les accrochages et tensions
frontalières avec ce voisin belliqueux. Si une portion de notre
territoire national est occupée, notre dictateur en assume
l'entière responsabilité. En jouant à un jeu
dangereux avec son homologue érythréen, dont nous ne
comprenons pas encore les tenants et aboutissants, il a provoqué
cette crise surréaliste.
L'acharnement de l'Etat érythréen, condamnée
par l'ONU en raison de l'occupation de Ras-Doumiera, en dit long sur
la nature du litige. La crise dépasse le cadre d'un un simple
différend frontalier. Si Issayas Afworki court le risque d'une
mise au ban des nations, en s'entêtant à maintenir ses
troupes à Ras-Doumeira, il y a quelque chose d'autre qu'une
simple tractation diplomatique ou de différence de points de
vue au sujet de la crise somalienne.
Ismail Omar Guelleh prépare une guerre intérieure
Ismail
Omar Guelleh prépare aussi une guerre intérieure contre
la rébellion. Le FRUD armé lui offre l'occasion, un
alibi en or, pour pouvoir négocier un 3ème mandat en
prétextant l'état d'insécurité qui menance
Djibouti. Cet argument peut peser lourd auprès des membres
de sa tribu et de ses partisans "naturels".
La guerre constitue le pain blanc pour un dictateur. Sa nature profonde
de tyran réfractaire à toute idée de dialogue
l'encourage à privilégier le rapport des forces. Dans
la mort des innocents, il trouve une jouissance obscène. Le
tyran, imbu de lui-même, s'inquiète toujours quant à
l'étendue de ses pouvoirs réels. Alors il se condamne
à une fuite en avant.
Le
peuple djiboutien ne veut pas de guerre
Qu'elle
soit extérieure ou intérieure, la guerre n'est pas dans
l'intérêt du peuple djiboutien.
Il n'est pas dans l’intérêt national de marginaliser,
de licencier, de forcer à l'exil nos compatriotes.
Il n'est pas dans l'intérêt national d'affamer une fraction
de nos compatriotes, sous prétexte qu'ils sont afars ou opposants
au régime.
Il n'est pas dans l'intérêt de notre pays de refuser
du travail aux diplômés gadaboursis ou issaq? afars et
arabes, ou voire à de jeunes issas du pays.
Il n'est pas dans l'intérêt national de voir mourir notre
jeunesse.
Le peuple djiboutien ne veut pas de guerre civile. Il n'a aucun contentieux
avec ses voisins. Sa priorité est de voir ses conditions de
vie s'améliorer. Il est prêt à se mobiliser résolument
pour développer son pays et sortir de la misère. Pas
pour assouvir les lubies criminelles d'un dictateur.
Uguta-Toosa,
décembre 2009
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 9 / "Juste
une petite révolte pour corriger les choses".
(Abdourahman A. Wabéri)
Je
vous propose un bref portrait de notre pays fait par Abdourahman A.
Wabéri dans Transit (Gallimard, 2003).
En termes voilés, touches pudiques, allusions brèves,
il nous livre des tableaux courts et dérangeants de notre pays.
A cause de leur véracité, ses phrases laissent en nous
des sentiments coupables. On a du mal à porter des jugements
tranchés sur ce qui est donné à voir. Grâce
à leur beauté, la description du paysage et des gens
renferme la fascination de la magie. Et on éprouve une envie
secrète, un élan suspicieux, d'adhérer à
ces portraits irrévérencieux que Abdourahman A. Wabéri
dresse de nous. (Ali Coubba)
"
Tout est
à moi, ses mamelons volcaniques, sa faune étique, ses
tragiques déhanchements de chamelle famélique, sa flore
aquatique qui orne les timbres postaux, ses ilôts déserts
comme le fameux Guinni Koma (que les Français appellent aussi
l'Ile du Diable). Je sens sur mon corps son sel. Je suis ce gouffre
entre les monts comme une vulve blessée. [...] Oui, tout est
à moi. Ses lacs de sel, ses pitons glabres, son firmament fantasque
au lac Assal, sa petite forêt d'un autre âge, ses hauts
plateaux de calcaire, son grand Bara et son petit Bara, son principal
sommet culminant à un peu plus de deux mille mètres.
Ses eaux saumâtres et sa salinité hors de commun, le
coeur liquide de son golfe, sa solitude crenelée des vagues.
Son monde à jamais inviolable. Voici mon pays qui brasse l'air
du palmier-Lyre, l'arbre du voyageur qui traîne ses exils sur
la croûte terrestre. Mon pays qui court à perte de vue,
à perte de souffle. Mon pays triste et beau comme la toile
cirée d'un café de village breton par un dimanche matin
pluvieux. [...] Vingt sept mille kilomètres de haine et de
misère, mon pays d'ergs et d'acacias." [p.29-30]
L'extrait
suivant sur la guerre civile de 1991 - il s'agit d'une fiction - nous
plonge dans l'esprit d'un jeune mobilisé, héros du livre.
Les Wadags (afars) et les Walal (Somalis).
"Sur
le front, y avait beaucoup de nous sans treillis militaire. Ca c'est
mobilisé recrutés vite vite comme moi. T'as quel âge,
petit ? Dix huit ans. J'ai menti dur. Tu viens d'oû ? Quartier
6 de Djibouti. T'es un petit gars de la magalla, mets-toi
de ce côté. Rassemblement dans la cour. Vous partez demain
à Yoboki. Bon, rompez. (...) Bon je dois confirmer immédaitement
cete histoire : oui, dans les troupes, tout le monde n'est pas autochtones,
y a beaucoup de cousins de la Somalie. Y a des éléments
de l'armée de Menguistou, surtout chez rebelles. "
"Ou
alors se révolter, mais ça je ne crois pas beaucoup
à cause de khat. Khat ça fait parler parler, rêver
rêver etaprès zéro patates. Khat, ça endrot
l'énergie du corps.Alors la révolte, ce n'est pas demain
la veille, je vous dis moi.Aïdid n'est pas d'accord avec moi,
il dit révolution ça peut arriver demain. (...) Djibouti,
c'est grand champions du broutage après Yéménites.
(...) Nous aussi on peut se révolter comme Somaliens mais attention
faut savoir arrêter guerre" (...) Juste une petite révolte
pour corriger les choses." (p.71-72).
Uguta-Toosa,
janvier
2010 D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 10 / Le 3ème
mandat présidentiel
d'Ismail Omar guelleh
Ismail
Omar Guelleh ne boude pas son plaisir. Il tarde à annoncer
publiquement et officiellement sa volonté de briguer son 3ème
mandat présidentiel, auquel constitutionnellement il n'a pas
droit. Il le sait et prend tout son temps afin que l'opposition et
le peuple djiboutien se perdent, au lieu de fourbir leurs armes politiques,
en vaines conjectures.
L'escale du président français Nicolas Sarkozy, dans
la nuit du 18 au 19 janvier à Djibouti, a pris subitement une
signification autre que celle d'une simple escale technique. A en
croire la presse internationale, les thèmes de discussion entre
les présidents djiboutien et français, ont porté
essentiellement sur les dossiers suivants : crise somalienne, conflit
djibouto-érythréen, accord de défense et de coopération
djibouto-français, affaire du juge Borrel, etc. ON laisse entendre
qu'il y a tractations sur l'affaire Borrel. D'après la
Lettre de l'Océan Indien (LOI) du 18/01/2010 "le
président djiboutien attend avec impatience que la France lui
exprime son soutien avant d'annoncer officiellement sa candidature."
L'accord
de défense et de coopération franco-djiboutien
L'Accord
de défense est un dossier
fort sensible entre les deux capitales. Il est communément
admis que les questions relatives à la république de
Djibouti relèvent, auprès des autorités françaises,
du ministère de la Défense que du ministère des
affaires étrangères. L'armée a son mot à
dire dans les accords et pourparlers concernant ce pays.
Pendant la guerre civile de 1991-1994, l'Accord de défense
avait donné lieu à une prise de bec entre François
Mitterrand et Hassan Gouled. Il en fut de même en mai 2007 lorsque
des accrochages et tirs d'armes lourdes ont opposé à
Ras-Doumeira les troupes érythréennes et djiboutiennes.
La France a refusé la première fois d'intervenir sous
prétexte qu'il s'agissait d'une guerre civile. La seconde fois,
elle a, officiellement, refusé de qualifier de "guerre",
et a laissé les deux belligérants, Djibouti et l'Erythrée,
en découdre l'un avec l'autre. Nous l'avons déjà
écrit : si Paris n'a pas voulu s'immiscer dans le bref conflit
de mai 2007, c'est parce qu'Ismail Omar Guelleh avait noué
avec Asmara des relations diplomatiques dont les termes rendaient
caducs certaines dispositions de l'accord de défense franco-djiboutien.
Du côté du dictateur djiboutien, deux raisons donnent
à ce dossier un caractère urgent. Sur le plan
national, l'opposition armée multiplie les embuscades
et semble avoir pour principal allié Asmara. Le différend
frontalier au sujet de Ras-Doumeira demeure encore irrésolu.
Politique de bon aloi, Ismail Omar a cherché à se reconclier
le président français, Nicolas Sarkozy. Celui-ci a décidé
d'oublier les tractations secrètes que son "ami djiboutien"
avait passé avec l'Erythrée avant leurs relations débouchent
sur un conflit armé. Sur le plan régional, il y a la
menace émise par les Tribunaux islamiques
qui accusent le président djiboutien de s'immiscer, de façon
partisane, dans les "affaires nationales".
Le 3ème mandat présidentiel : une promenade
de santé
Nous
ne croyons pas un instant que l'affaire Borrel ait fait l'objet de
tractations entre les deux hommes. Et cela, pour des raisons qui tiennent
à la sensibilité de la question de justice en France
ces dernières années. Tout ce qui touche à la
justice exige de la part de Nicolas Sarkozy des précautions
supplémentaires. La rigidité proviendrait donc du côté
français.
Nous ne croyons pas un instant que le dictateur djiboutien ait besoin
de l'aval de principe de Nicolas Sarkozy pour briguer le 3ème
mandat présidentiel. En tant que professionnel des services
de renseignements, Ismail Omar se targue d'avoir le contrôle
total de ce qui se passe dans son pays. Et pour cela, il passe auprès
de la France pour un allié aussi sûr que le président
tunisien, Ben Ali. Les deux hommes, froids et secrets, brutaux et
radicaux, ont le même profil psychologique et aussi le même
profil de carrière. A ce sujet, la réticence peut provenir
du président djiboutien qui a intérêt à
afficher une sérénité à toute épreuve.
En aucun cas, il doit laisser transparaître son le désir
d'être adoubé ou encouragé par la France.
Ismail Omar Guelleh ne prend pas la peine de se précipiter
pour se déclarer au sujet du 3ème mandat présidentiel,
c'est parce qu'il a depuis longtemps obtenu, indirectement, l'aval
de la France, de l'Union européenne et des Etats-Unis. Plusieurs
présidents africains, du Niger au Cameroun, en passant par
le Congo Brazzaville, ont révisé la constitution nationale
pour briguer le troisième mandat, sans subir de sérieuses
critiques de leurs alliés occidentaux. Alors il doit plutôt
imposer aux yeux de ses interlocuteurs européens l'image d'un
dirigeant de haut vol. Préoccupé à résoudre
des dossiers à carcatère régional (piraterie
en Somalie), international (Terrorisme islamique) et de développement
économique de son pays, et non de vulgaires dossiers à
l'échelle d'individus.
la seule inconnue, c'est l'attitude des autorités américaines.
Ce pays a une longue tradition faite de respect quasi religieux et
d'interprétation scrupuleuse de la Constitution nationale.
Ils croient en la légitimité issue d'une élection
mais ont du mal à admettre que l'on joue avec les lois pour
des motifs purement privés.
Le
RPP n'existe pas, IOG est seul
La
faiblesse de l’opposition légalisée rassure Ismail
Omar Guelleh. Il a trop confiance en lui. Qu'a-t-il à craindre
de la part d'un Ismail Guédi Hared ou d'un Ahmed Youssouf ?
Ses informateurs lui apportent des preuves multiples de la faiblesse
l'oppposition de l'extérieur. Ces faits rendent moins urgente
la mise en œuvre d’une longue et vaste campagne. A notre
avis, les choses risquent d’être un peu plus compliquées
que ne le croit le dictateur. Ce scrutin ne sera pas une promenade
de santé pour le chef de l'Etat. Et nous y reviendrons.
L’organisation même du régime djiboutien, ses structures
vermoulues, en disent long sur ses faiblesses.
Le régime du parti unique est réduit à un seul
homme, un tyran omniprésent, aspirant à l’omniscience
par le nombre de préoccupations oiseuses qu’il assume
dans la vie des djiboutiens. Logiquement, il est plus aisé
d’abattre un homme qu’un système soutenu, pour
des raisons d'intérêt, par une poignée de successeurs
déclarés.
A Djibouti, le chef d'Etat n'a pas de successeur déclaré.
Le RPP aligne des dirigeants insipides, terrorisés depuis longtemps
par la brutalité de leur chef. Déchirés par les
luttes de faction, en proie à des difficultés financières
résultant de l’endettement excessif de certains d’entre
eux, les partisans inconditionnels du dictateur se comptent sur les
doigts d'une main. Beaucoup d’entre eux sont subjugués
par l’homme et non par le système moribond, asphyxié
par la gabegie et la corruption, dont la rationalité primitive
tient à la redistribution de la richesse tirée de maigres
ressources étatiques et des aides internationales.
Donc Ismail Omar n’a pas désigné un successeur
potentiel. Pour peu qu’il soit fragilisé, le régime
risque de se désagréger comme un chateau de cartes.
Les rats vont quitter le navire plus vite qu’ils y étaient
montés...
Uguta-Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Cet article paru sur
le site www.ardhd.org nous a plu. Bonne lecture.
Titre 11 /
Radio-Trottoir. Waraba en Somali :
qu'est-ce que cela signifie exactement pour un Djiboutien ?
Un correspondant djiboutien, que nous remercions, répond
à la question qui avait été posée par
un lecteur français.
Cette définition est tirée du Qaamuuska Af Somaliga
(dictionnaire de la langue Somalie) publié en 1976 par Akademiya
Dhanka (Académie de la Culture en République de Somalie)
et présenté par Yaasiin C. Keenadid.
Waraabe
ou Dhurwaa (ga) (hyène en français):
«
Bahal yeeyda xoogaa ka weyn hilibka cuna, mid uu disho iyo mid
baqti ahba.
Wuxuu lee yahay guud iyo ilko xoog badan oo laf kasta buburin kara
iyo labo lugood oo jeenyaha ka gaaggaaban, cagtiisuna afar suul bay
leedahay.
Wuxuu caan ku yahay, ci’sillan oo wirixa iyo qosolka dadka waalan
u eg. »
C’est un animal de forte corpulence de la famille des canines,
dangereux carnassier qui mange aussi des cadavres.
Il a des mâchoires et des dents puissantes. Il peut broyer même
les os.
Il a quatre pattes dont les deux arrières sont plus petites.
Ses pattes se terminent par quatre doigts.
Son cri
ressemble à celui d’un fou enragé.
En politique Waraabe est un surnom qui signifie qu’un dirigeant
est corrompu, un dirigeant qui n’hésite pas à
tout bouffer sans aucun respect.
Mais attention lorsque vous poursuivez un Waraaba, il ne faut pas
se mettre juste dernière sa queue car lorsqu’il a vraiment
peur, il est atteint de diarrhée et il éjecte de son
postérieur un liquide très chaud, qui risque de vous
brûler les pieds à moins d'être équipé
de bottes.
_____________________________
Recommandations
Avant
de partir chasser le Warabe, équipez-vous de bottes et d'un
masque nasal, car les odeurs sont désagréables et très
fortes
Uguta/Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 12/
Le FRUD armé peut jouer un rôle efficace
"L'épouvantail
des rebelles du FRUD", c'est en ces termes que la Lettre
de l'Ocan Indien du 18/01/2010 a traduit l'intérêt
et le zèle empressés que les autorités djiboutiennes
manifestent subitement pour rapporter les faits et gestes de la rébellion.
Pourquoi en effet, cet intérêt ? La réponse est
quasi enfantine.
Ismail Omar Guelleh est conscient que la république de Djibouti
aux prises d'une guerre civile va cristallier l'attention sur cet
évènement au lieu du viol constitutionnel qu'il s'apprête
à commettre en briguant le 3ème mandat.
Analyse de la Lettre de l'Océan Indien
Lisons
d'abord ses propos. "
La présence rebelle dans le Nord du pays est difficile
à évaluer. Mais c'est une menace prise au sérieux
par les autorités. Sans doute avec des arrière-pensées
politiques… Le discours que les représentants du gouvernement
tiennent en ce moment aux dignitaires du Nord du pays, à majorité
afar, est très rodé. Quant ceux-ci se plaignent du sous-développement
de leur région, les ministres leur répondent que c'est
à cause de l'insécurité créée par
les rebelles du Front pour la restauration de l'unité et de
la démocratie (FRUD). Tel a été en substance
le sens des propos du ministre de l'agriculture, Abdoulkader Kamil,
lors de sa rencontre, le 27 décembre, avec les notables de
la région de Moussa Ali. Il leur a reproché de donner
de la nourriture aux rebelles et de ne prévenir les agents
de l’Etat qu'après le passage de ces derniers dans leurs
villages.
La délégation gouvernementale qui s'est rendue à
Tadjourah, le 1er et 2 janvier, pour assister aux obsèques
d'un notable local, Hassan Osman, a tenu un langage identique. Toutefois
l'argumentaire comportait un élément supplémentaire
: l'accusation selon laquelle le FRUD et son porte-parole en France,
Mohamed Kadamy, se sont alignés sur l’Erythrée
dans le conflit frontalier qui l'oppose à Djibouti. Après
ces visites diplomatiques, c'est une séquence militaire qui
a eu lieu du 2 au 9 janvier dans la même région. Des
troupes gouvernementales, venues de Tadjourah et de la capitale, se
sont rassemblées à Obock sous les ordres du commandant
Ali Hassan et de son adjoint, le colonel Abdo Abdi Dembil, avant de
se lancer à la chasse aux rebelles dans la zone. Des coups
de feu ont été échangés les 4 et 5 janvier
avec des groupes du FRUD positionnés en quelques points stratégiques
(Suali, Gaulois, Orbima et Dalha). Mais les troupes gouvernementales
n'ont pas été plus loin et se sont ensuite retirées
dans leurs casernes le 9 janvier."
Propositions
de Uguta-Toosa
Je ne veux pas m'attarder ici en présentant des arguments sur
la pertinence ou non de la lutte armée. Actuellement cette
discussion est dépassée. La seule certitude que nous
avons est que la lutte pacifique est plus efficace, plus économique
de la vie humaine et plus porteuse d'un avenir meilleur que ne l'est
la lutte armée. L'enjeu se résume actuellement à
conjuguer les forces de l'opposition (pacifique et armée) pour
abréger la vie de la dictature.
L'opposition
civile et l'opposition armée peuvent-elle oeuvrer ensemble
au renversement du régime ? Oui, elles peuvent et doivent le
faire.
Que peuvent-elles faire ensemble ? L'opposition armée a intérêt,
parallèlement à ses opérations militaires, à
participer aux campagnes de manifestations populaires que l'ARD ou
l'UAD va organiser prochainement. Elle doit être présente
plus activement et à Djibouti-ville plutôt que dans les
montagnes. Clandestinement, elle peut solliciter auprès des
militants des partis d'opposition pacifique des aides financières
individuelles. Cela suppose un assouplissement de leur méthode
de travail, moins de rigidité et de dogmatisme.
En 2010/2011,
l'opposition djiboutienne doit éviter de disperser ses forces.
D'abord, il convient de miser sur les manifestations populaires à
cause de leur efficacité dont nous avons parlé plus
haut. La contribution du FRUD armé n'acquerra un sens que si
auparavant Uguta-Toosa, l'ARD, le MRD et le PDD réalisent une
large et solide colaition autour de l'UAD.
En fin de compte, Uguta-Toosa est persuadé que si en 2011 Ismail
Omar Guelleh s'entête à vouloir rester au pouvoir, la
lutte armée sera une alternative viable, une option envisageable,
même pour des gens qui ont fait voeu de renverser la dictature
par des moyens pacifiques.
Uguta/toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 13 : Les analyses sur l'escale de Nicolas Sarkozy à
Djibouti, la sortie politique d'Aden Roblé, l'USAID, etc.
La
LOI ne prend pas les pincettes pour affirmer que le chef
d''Etat Djiboutien, Ismail Omar Guelleh, attendait la caution du président
français, Nicolas Sarkozy, et l'a obtenu lors de l'escale technique
de son avion en provenance de La Réunion dans la nuit du 19
janvier 2010.
La semaine précédente, le même journal ironisait
sur l'angélisme de l'USAID qui "se
berce d'illusion lorsqu'elle considère
que la fin du mandat constitutionnel du président Ismaïl
Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser
"la porte ouverte pour un nouveau leadership".
Une
étude de la réalité djiboutienne prouve que cette
dernière analyse a de fortes probabilités de se réaliser.
Djibouti étant un pays contrôlé, à tous
les échelons, par les partisans du président sortant,
il araît difficile qu'une révolution puisse s'y produire.
Or, de leur côté, les Américains ont un savoir-faire
dans le domaine de programmes d'aide et de soutien au pluralisme politique.
Dans la transition démocratique de l'Ukraine, l'USAID et des
fondations américaines ont joué un rôle de premier
plan, notamment en contribuant à la naissance d'une presse
libre. Si le nouvel leadership peine à se frayer un chemin
à Djibouti, ce ne sera pas en raison de la naïveté
des dirigeants de l'USAID mais à cause de la pusillanimité
des leaders de l'opposition. Pour nous, tout est possible.
Pour l'instant, le poids politique réel de l'oppposition djiboutienne,
comme celui du président sortant, demeure inconnu. Il n'y a
jamais eu de véritables élections, transparentes, entre
les deux camps. Quant au scrutin présidentiel de 2011, il est
placé sous le signe des crises. Avant même d'en arriver
là, la multiplication d'enjeux rend opaque l'avenir d'Imail
Omar Guelleh et de son régime. En effet, la stratégie
de l'opposition pacifique demeure une inconnue. L'évolution
de la rebellion armée menace la stabilité du régime.
La question du 3ème mandat présidentiel est sans doute
l'obstacle le plus périlleux, elle risque de coûter cher
au candidat sortant.
Le
président Guelleh adoubé par Sarkozy
Invité
depuis deux ans par le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG)
à se rendre à Djibouti, Nicolas Sarkozy y a finalement
fait un stop lors d'une escale technique, le 19 janvier à 23
heures, au retour de sa visite officielle à Mayotte et à
La Réunion. Le chef de l'Etat djiboutien est ressorti comblé
de leur entretien nocturne. Raison : Nicolas Sarkozy lui a confirmé
l'entier soutien français dans le conflit frontalier qui oppose
son pays à l'Erythrée. La page semble donc définitivement
tournée sur la mésentente entre les deux hommes, consécutive
à l'enquête judiciaire menée en France sur les
conditions du décès du juge Bernard Borel
à Djibouti en 1995.
Haro
sur l'Erythrée. Jusqu'ici Paris avait toujours évité
d'utiliser la formule "agression contre Djibouti" pour caractériser
le conflit déclenché par l'Erythrée en avril
2008. Les diplomates français s'étaient ainsi opposés
à ce que ces termes figurent dans la résolution 1907
du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée
le 23 décembre 2009 pour sanctionner Asmara. Nicolas Sarkozy
a fait fi de ces prudences de langage et, face aux demandes répétées
de Djibouti, a finalement lâché le mot "agression",
lequel a été repris dans un communiqué officiel
de l'Elysée. La sémantique n'est pas anodine car l'accord
de défense franco-djiboutien de 1977 prévoit l'engagement
des forces françaises en cas d'agression étrangère.
Certes, cela doit se faire d'un "commun accord" avec Djibouti,
ce qui a d'ailleurs donné lieu à une querelle d'interprétation
avec les officiels de ce pays lors des escarmouches de 2008 avec l'Erythrée.
Dans le cadre de la renégociation dudit accord de défense,
l'Elysée tient à ce que l'engagement des troupes françaises
soit clairement limité à des attaques étrangères
réelles, et que l'application de cet accord reste soumise à
son appréciation.
Autre point de discussion à venir entre Paris et Djibouti :
la redevance de 30 millions € payée annuellement par la
France pour faire stationner ses troupes dans le pays. Adopté
en 2003 pour un minimum de neuf ans, cet accord doit être prorogé
en 2012. Et l'Elysée voudrait voir ce "loyer" quelque
peu réduit.
Caution
politique. Par cet entretien qualifié de "chaleureux"
avec son homologue djiboutien, auquel il a donné l'accolade,
Nicolas Sarkozy a apporté implicitement son onction politique
au projet d'IOG de modifier la Constitution afin de briguer un troisième
mandat en avril 2011. "J'ai dit au président Guelleh combien
nous le soutenions", a publiquement expliqué Sarkozy.
Une formule qui ne faisait pas seulement référence au
conflit avec l'Erythrée ou au rôle de Djibouti contre
la piraterie dans la région. Bien que la question d'un nouveau
mandat n'ait pas été abordée entre les deux chefs
d'Etat, il est néanmoins difficile d'interpréter autrement
que comme une caution politique la présence lors de leur entrevue,
même s'ils n'ont pas ouvert la bouche, du secrétaire
général de l'UMP, Xavier Bertrand, et du député
Eric Raoult (UMP). En fait, depuis un certain temps déjà,
le président Guelleh attendait cette sorte de feu vert français.
A ses yeux, cela faisait partie de la mise en place des conditions
propices à une nouvelle candidature.
IOG
se hâte lentement. Après avoir donné l'impression
de vouloir rapidement l'officialiser, le président Guelleh
semble maintenant avoir changé de braquet en adoptant une attitude
plus prudente. Il aurait choisi de retarder le plus possible l'annonce
de sa candidature, afin de laisser à ses partisans le temps
de susciter des "appels populaires" en sa faveur. Mi-décembre,
le ministre de la communication et de la culture, Ali Abdi Farah,
et les artistes du festival Fest'Horn se sont exprimés en ce
sens. Mais IOG peine à rallier le soutien enthousiaste des
partis de sa propre coalition gouvernementale. Ainsi, le PND
d'Aden Robleh lui a déjà clairement dit niet.
Le FRUD légal d'Ali Mohamed Daoud, dit Jean
Marie, dont il a reçu les dirigeants fin décembre, se
fait toujours tirer l'oreille. Seul le PSD d'Ahmed Boulaleh
Barreh, dit Gabayo, a publiquement pris fait et cause pour
un troisième mandat d'IOG. Et encore, nombre d'adhérents
de ce parti sont hostiles à cette position et restent fidèles
au fondateur du PSD, Moumin Bahdon Farah, décédé
en septembre 2009, mais qui de son vivant s'était prononcé
contre une telle révision de la Constitution. Du coup, le
grand congrès du RPP (parti présidentiel),
qui proclamera officiellement IOG candidat pour le scrutin de 2011,
est sans cesse reporté.
DJIBOUTI
: Mission impossible pour l'USAID
En vue
du scrutin présidentiel et des élections régionales
de 2011, l'USAID va lancer un programme de soutien au pluralisme politique.
Bonne chance ! L'United States Agency for International Development
(USAID) se berce quelque peu d'illusions lorsqu'elle considère
que la fin du mandat constitutionnel du président Ismaïl
Omar Guelleh (IOG) en 2011 va laisser "la porte ouverte pour
un nouveau leadership". Cette appréciation, contenue
dans la description d'un projet que l'organisation américaine
entend lancer l'année prochaine pour favoriser le pluralisme
politique à Djibouti, semble assez éloignée de
la réalité. Au sein du Rassemblement populaire
pour le progrès (RRP, gouvernemental) et du gouvernement djiboutien,
personne ne doute vraiment que le chef de l'Etat souhaite trouver
le moyen de modifier la Constitution afin de pouvoir se présenter
à un troisième mandat. La "porte" que l'USAID
voit "ouverte" risque donc de se refermer assez rapidement.
Néanmoins, l'organisation américaine veut y croire et
a lancé un appel à candidatures pour son programme visant
à renforcer la participation des citoyens aux processus politique
et électoral. Doté d'un budget de 1,8 million $, il
sera mis en œuvre en collaboration avec les officiels djiboutiens
en charge d'organiser ces élections, les membres de la commission
électorale, les partis politiques et les médias afin
de s'assurer que les électeurs seront bien informés
des choix possibles. Selon l'USAID, ces élections de 2011 "pourraient
briser le statu quo" et "introduire un niveau de
compétition et de pluralisme qui n'a jamais été
vu auparavant à Djibouti". C'est faire là
un pari pour le moins risqué ! (LOI)
UGUTA-TOOSA
:L'ancien président du FLCS (Front
de libération de la Côte des Somalis), Aden Roblé
Awaleh, va se présenter aux élections présidentielles
de 2011. L'approbation de son parti et les conditions singulières
dans lesquelles le futur scrutin pourrait se dérouler, motiveraient
son entrée en scène. C'est un bon calcul. Aden Roblé
Awaleh et son parti, PND, ont réalisé une belle opération
politique en se déclarant contre le 3ème mandat présidentiel.
La coalition présidentielle, l'UMP, perd un membre assez influent
parmi ses alliés. Alors que les autres membres de la coalition
sont des apparatchiks du RPP, Aden Roblé apportait une caution
non négligeable à la majorité présidentielle.
Mais pas autant que le FRUD légal. En cas de défection
et de critique du 3ème mandat présidentiel, ce parti
peut provoquer l'éclatement de l'UMP.
En tout cas cette sortie politique a apporté une certaine notoriété
à Aden Roblé Awaleh. Un coup médiatique ne suffira
pas pour faire de lui un leader crédible face à l'ambition
insatiable du candidat sortant. Il va être boudé par
l'opposition suspicieuse. Les manoeuvres politiciennes des personnalités,
parfois télécommandées par le chef d'Etat, vont
se multiplier à l'aproche du scrutin présidentiel. Depuis
longtemps, ses errements politiques, son inconstance, ont ruiné
l'image qu'il s'était forgé dans la lutte pour l'indépendance
du pays. Et de nombreux Djiboutiens le considèrent comme un
leader antipathique, à l'intégrité contestable.
Toutefois, qui sait ? Grâce à des protestations publiques
de son parti, Aden Robleh pourrait gagner l'adhésion d'une
opinion publique, par définition erratique. Et comme l'opposition
djiboutienne ne s'est pas idéologiquement bien distinguéede la dictature, les confusions du genre sont possibles.
C'est regrettable mais c'est comme ça.
Nous, nous sommes contre le régime, contre le parti unique,
contre Ismail Omar Guelleh, contre le système tribal. Le 3ème
mandat n'est qu'un point anecdotique. C'est tout le système
politique et ses partisans qu'il faut détruire. Remplacer un
Ismail Omar Guelleh par un Aden Robleh ou un Ismail Guédi Hared,
n'est pas dans notre programme. Nous voulons l'avènement
de la démocratie, d'une nouvelle société et d'une
nouvelle génération d'hommes.
DJIBOUTI
: Aden Robleh Awaleh
Le congrès du Parti national démocratique (PND), qui
s’est déroulé le 16 décembre à Djibouti,
a approuvé la candidature de son leader Aden Robleh Awaleh
pour l'élection présidentielle de 2011. Cette décision
met le PND en marge de la majorité présidentielle à
laquelle il appartenait jusque-là. D'autant que ce congrès
a également refusé la révision de la Constitution.
Il a donc décidé de s'opposer à ce que le président
Ismaïl Omar Guelleh soit candidat pour un troisième mandat.
Il a également lancé un appel à la tenue d'une
conférence nationale souveraine pour éviter que le débat
électoral ne provoque des affrontements au sein de la population
djiboutienne. Aden Robleh a campé sur sa position de refus
du troisième mandat pour IOG malgré des pressions exercées
par les autorités sur sa famille. Ainsi, sa fille a été
licenciée de l’Electricité de Djibouti (EDD) dont
le directeur général n'est autre que Djama Ali Guelleh,
un proche cousin du chef de l'Etat. De son côté, son
fils a été convoqué par un juge d’instruction
qui l'a accusé de détournement de fonds. Depuis lors,
Le Progrès, organe du Rassemblement populaire pour le progrès
(RPP, parti du chef de l'Etat), s’est répandu en insultes
contre Aden Robleh. (LOI)
LOI
: L'opposition à IOG se cherche Les
diverses composantes de l'opposition tâtonnent pour mettre sur
pied une campagne politique contre un troisième mandat du président
Ismail Omar Guelleh.
La
plupart des composantes de l’opposition djiboutienne sont d’accord
pour s’opposer à un nouveau mandat du président
Ismaïl Omar Guelleh (IOG), mais on est encore loin d'une éventuelle
campagne commune contre lui en vue des élections d'avril 2011.
Toutefois, les consultations vont bon train entre diverses sensibilités
d’opposants. D'ores et déjà un pôle informel
s'est constitué entre le MRD de Daher Ahmed Farah,
les représentants du FRUD-Armé à
l'étranger et l'homme d'affaires Abdourahman Boreh, ancien
ami d'IOG devenu un farouche rival depuis que ce dernier l'a dépossédé
de ses biens à Djibouti et poussé à l'exil.
Ce
pôle a également noué des contacts avec des leaders
de l'opposition à Djibouti comme Ismaël Guedi
Hared (PJD) et Ahmed Youssouf (ARD, le parti
créé par le défunt Ahmed Dini). Mais
ces deux formations craignent encore qu’une alliance avec le
FRUD-Armé leur fasse perdre leur légalité, tout
comme le MRD qui a été dissous en août 2008.
D'un autre côté, nombre de ces opposants, assez muselés
à Djibouti-ville, comptent en partie sur des actions des rebelles
du FRUD dans le Nord du pays pour bousculer quelque peu le régime
et attiser ses divisions. De son côté, le FRUD-Armé
met un bémol à une éventuelle alliance avec l'opposition
légale : il faut que cela soit porteur d'un changement radical
du système politique.
Enfin,
le PND d’Aden Robleh, ex-membre de la majorité
présidentielle, est aujourd'hui dans l’antichambre
de l’opposition. Néanmoins, une condition s'impose
avant toute alliance avec lui : qu'Aden Robleh mette entre parenthèses
sa candidature solitaire au futur scrutin présidentiel.
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Uguta/Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution nationale, I.O.G doit quitter le pouvoir en 2011
Ce document a été
publié sur le site de www.ardhd.or avec la liste complète
de 150 signataires
Titre 14 / Déclaration
collective envoyée à Ismail Omar Guelleh par la tribu
Yonis Moussa - Clan Odahgob et signée par 150 personnes (info
lecteur)
UGUTA-TOOSA
: La teneur de cette déclaration et l'identité de ses
auteurs ne peuvent aucunément nous surprendre parce que la
société djiboutienne est contaminée depuis longtemps
par le tribalisme et le clanisme. Plus d'une fois, à l'époque
coloniale, les clans issas et les okals afars, sous la dictée
du Chef du territoire, signaient des accords ou des déclarations
pour renouveler leur allégeance à la France.
L'Accord d'Arta signé en septembre 1963 entre les
élus afars et issas stipulaient que la Côte française
des Somalis voulait demeurer "une collectivité territoriale
de la république française" et faisaient "entière
confiance au Gouvernement de la République et tout particulièrement
au Chef de l'Etat, le général de Gaulle".
Celui-ci, pour l'histoire, avait décidé de ne jamais
accordé Les Gadaboursis et les Issaqs, laissés sur la
touche, s'étaient dépêchés pour remettre
dans foulée un document similaire, déclarant leur dévouement
éyernel à la puissance de tutelle.
Plus tard, à la veille d'indépendance de notre pays,
l'Accord d'Aicha'a avait scellé la solidarité
de différents clans issas autour de la personnalité
de Hassan Gouled Aptidon. De ces tractations, le pays a hérité
la dictature tribale.
Ce type de déclaration n'a rien de nouveau dans le milieu somali.
Elle
s'inscrit dans le système tribal et clanique, auquel la société
somalie reste tributaire. La dictature djiboutienne en a fait son
plat principal au risque de déboucher sur la "somalisation".
Les 150 Yonis Moussa, signataires de cette déclaration,
ne veulent pas la démocratie et l'amélioration de leurs
conditions de vie. Ils ne demandent pas du travail, un peu plus de
justice et d'égalité entre les citoyens djiboutiens.
Ce qu'ils désirent, c'est apporter leur soutien à Aden
Robleh Awaleh et non à Idriss Arnaoud, le président
du parlement djiboutien, une créature acquise corps et âme
à Ismail Omar Guelleh. Apparemment cette revendication va changer
la face de notre pays ! Aden Roblé Awaleh et ses partisans
auraient pu trouver une autre solution pour attirer l'attention d'Ismail
Omar au lieu d'exploiter un schéma tribal et clanique usé
par la dictature en place.
Il est vrai que l'enjeu réel de cette déclaration cache
les ambitions perverses nées de la politique tribale. En vérité
les questions qui se posent concernent exclusivement les tribus, clans
et sous-clans issas qui se sentent marginalisés. Les excès
du clan Mamassan ont réveillé l'appétit de ses
collègues.
pourquoi les Odahgob ne pourraient-ils pas profiter
de la manne étatique au même titre que les Mamassane
? Les Fourlaba ne peuvent-ils pas légitiement nourrir la même
ambition ? Les Horroné, les Wardiiq et les Urweyné ne
sont-ils en droit d'exiger leur partu du gâteau ?
A en croire la typololgie dressée par Ali Moussa Iyé
sur la société issa dans son livre "Le
verdict de l'Arbre" (P. 118), nous sommes dans une compétition
politique qui oppose non pas les tribus mais les clans et les sous-clans
issas.
Une telle démarche est-elle possible et envisageable
dans le milieu afar ? Dans le climat actuel, tout est possible. Mais
émanant d'un responsable politique, cela prêterait au
rire et au ridicule.
Note de l'ARDHD : Pour faciliter
la compréhension du texte, nous avons effectué certaines
corrections de forme et non de sens, quand elles nous paraissaient
judicieuses ! Cependant, pour garantir la transparence et l'exactitude
de cette communication importante, nous remercions les lecteurs de
télécharger l'original de la déclaration telle
que nous l'avons reçue et qui est disponible en format Pdf
(Lui seul fait foi, comme on dit en langage juridique) : lien de téléchargement.Par
ailleurs, la liste nominative des 150 signataires est aussi téléchargeable
en Pdf : lien de téléchargement ________________________________________________________________________
Djibouti,
le 24/01/2010
Pour
le Président de la République
à son ExcellenceIsmaël Omar Guelleh
Donné
par la Tribu Yonis Moussa Clan Odhogob
A son excellence, Monsieur le Président de la République
de Djibouti.
Nous,
membres de la tribu YONIS MOUSSA (Clan Odohgob),
nous vous informons que nous sommes en priorité des hommes
citoyens du pays.
Et comme tout le monde le sait, vous-même aussi, les citoyens,
vrais patrotes sont toujours disponibles pour la défense de
notre pays à la condition que la justice soit parfaite.
Nous, les notables de la famille YONIS MOUSSA et les intellectuels
déclaront à partir d’aujourd’hui que nous
ne donnerons jamais notre soutien sans faille et indéfectible
aux hommes qui nous représentent dans le gouvernement actuel
: en particulier à Monsieur IDRISS ARNAOUD ni aux autres hommes
qui représentent notre famille au sein de l'Etat. Le Président
de l’Assemblée M. ARNAOUD constitue aujourd’hui
un danger pour la démarche politique actuelle circulant dans
notre pays et vers notre tribu Odohgob.
Voici le compte-rendu de la réunion à laquelle ont assisté
les notables de la famille Odohgob. En annexe, nous vous adressons
les noms et les signatures collectives pour la famille Odohgoh.
La fami1le YONIS MOUSSA envoie de belles salutations parfumées
à son excellence le Président de la République
de Djibouti. Vive le Président de la République de Djibouti
M. Ismaël Omar Guelleh. Enfin, vive le Président
du PND M. Aden Robleh Awalleh.
Liste des 150 signataires (document téléchargeable)
:
1.
Sarkozy à Djibouti…
( Round
trip: Toronto Djibouti - Toronto, ON, M4W1A7
Revenant
de La Réunion ce mardi, le président français
Nicolas Sarkozy, a effectué une escale à Djibouti. Mais,
ce qui est étrange, c’est que les Forces Françaises
stationnées à Djibouti, plus connues sous l’acronyme
FFDJ, ont monopolisé l’accueil, ce qui a privé
son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh (IOG) des toutes
premières étreintes. Raison de sécurité
pour les uns (IOG n’aurait su qu’une fois Sarkozy à
Djibouti-Ville, donc trop tard pour l’accueillir à l’aéroport
et comme il se doit !); message vibrant pour les autres, celui selon
lequel : « je suis plutôt venu rendre visite au peuple
djiboutien » aurait murmuré Sakozy tout bas.
Chronomètre à la main, le président français
ne pouvait se permettre d’accorder à son homologue djiboutien
plus que 45 minutes : 7 minutes pour les premières poignées
de mains et accolades; 30 minutes d’entretien; et 8 minutes
pour s’en défaire. Pas question pour IOG, qui a tenu
à mettre son hôte dans l’avion ! Et oui, chez les
gaulois, les minutes sont précieuses…
Résultat, pas moyen de boire avec IOG, ni manger
! Soit parce que l’Affaire Borrel remonte en surface et continue
par le fait même, à hanter la vie des français
(y compris leur président), soit parce que le temps presse…
Pour les analystes, c’est plutôt la première hypothèse
qu’il faudra retenir.
Selon l'Elysée, Sarkozy aurait profité de l’occasion
pour élaguer le terrain eu égard au projet du nouvel
accord de partenariat de défense, destiné à remplacer
celui de 1977. Pour rassurer IOG, un autre communiqué indique
que « Le président de la République a réaffirmé
l'attachement de la France à la sécurité et à
la souveraineté de Djibouti ». Il lui aurait rappelé
que la France a voté POUR des sanctions contre l’Erythrée.
Est arrivé ensuite, le tour des dossiers de la Somalie, du
Yémen et de l’Afghanistan.
Voter POUR c’est bien, mais donner l’ordre à l’Erythrée
de se retirer serait mieux ! N’est-ce pas ce qu’à
fait la France avec le FRUD en 1994 ? N’est-ce pas la substance
même de ce fameux accord entre la France et la France ? Oh pardon
! Je voulais dire entre la France et Djibouti.
Enfin, on a l’impression que cette fois-ci, la France a intentionnellement
voulu garder l’épine dans la cheville de son ami IOG…
Alors de la patience Adéro !
Round
trip: Toronto -Djibouti
(Service Presse, Toronto).
www.
ardhd.org : A lire dans Billets d'Afrique
et d'ailleurs N° 108, édité par SURVIE.
2.
La visite nocturne de Sarkozy à Guelleh
(Jean-Loup Schaal)
C’est
au retour de son séjour à La Réunion et à
Mayotte, que Nicolas Sarkozy a fait une halte surprise, le 19 janvier,
pour y rencontrer son homologue djiboutien Omar Guelleh. Une
rencontre nocturne où il a été question de «l’ensemble
des questions bilatérales ».
Revue
des dossiers qui ont pu être abordés officiellement ou
secrètement.
-
D’abord, sur le plan intérieur djiboutien, la modification
constitutionnelle pour un troisième mandat. Guelleh envisage,
en effet, de modifier la constitution afin de briguer un troisième
mandat. Deux voies lui sont ouvertes : le vote par une
Assemblée nationale sur mesure et «aux ordres»(1)
et la voie référendaire, sans suspense aussi, car
le pouvoir contrôle le dépouillement des scrutins et
publie les résultats qui lui conviennent.
Guelleh
a-t-il cherché la caution du président français
avant de lancer son opération de viol constitutionnel ? C’est
une hypothèse vraisemblable, «qui est privilégiée
par plusieurs observateurs.»
- Ensuite, la renégociation des accords de défense
même s’il est curieux que ce dossier ait nécessité
un entretien « surprise » de trente minutes en pleine
nuit. C’est, en tous les cas, ce qu’a rapporté
la presse française.
Certaines rumeurs, non vérifiées pour le moment, affirment
que la France aurait pour projet de déplacer un contingent
important de troupes stationnées à Djibouti, vers
la nouvelle base d’Abu Dhabi.
Ce qui peut inquiéter Guelleh, d’abord pour la sécurité
de Djibouti, mais surtout pour ses revenus. Depuis l’arrivée
des troupes américaines à Djibouti, le loyer payé
par les forces françaises a été revu à
la hausse (30 millions d’euros par an), dont une partie alimente
certainement la cagnotte personnelle de Guelleh.
- Sur le plan régional, Sarkozy et Guelleh ont pu aussi évoquer
l’évolution du conflit avec l’Erythrée
voisine. Celle-ci avait annexé, 21 avril 2008, une portion
de quelques kilomètres carrés en territoire djiboutien,
le rocher de Ras Doumeira. Bien que la zone soit très peu
peuplée, ce rocher représente un enjeu stratégique
important.
Situé au Bab-El- Mandeb, il commande le point où la
mer Rouge est la plus étroite (environ 20 km). C’est
un poste idéal d’observation de tous les navires qui
transitent par le canal de Suez. Djibouti et l’Erythrée
s’étaient affrontés militairement le 11 juin
2008.
En
dépit des communiqués rassurants de la présidence
djiboutienne, il semble que ces combats aient fait de nombreux morts,
blessés et prisonniers dans les rangs de l’Armée
nationale djiboutienne. (AND)
Certaines sources citent plus de 500 morts et blessés. Depuis
lors, c’est le statu quo sur le terrain. L’armée
française, contrairement à la dernière attaque
de 1994, n’est pas intervenue militairement, se limitant à
assurer une assistance médicale sur le terrain et un poste
d’observation occupé par une centaine de légionnaires.
A l’issue de l’entretien, Sarkozy a simplement rappelé
que la France avait voté en faveur d’une résolution
des Nations unies qui condamne l’Erythrée.
-
Par ailleurs, Djibouti peut craindre une extension de la menace
islamiste venue de la Somalie voisine, d’autant plus qu’une
partie de sa population, lassée de la dégradation
de ses conditions de vie, pourrait être sensible aux appels
des intégristes.
- Les deux chefs d’Etat ont pu également évoquer
les conséquences de la crise au Yémen et de la montée
du terrorisme, à partir ce pays. Mais on voit mal, comment
ce problème, quelle que soit sa gravité, aurait pu
justifier la visite personnelle de Nicolas Sarkozy.
Bolloré
de retour ?
-
A moins qu’entre les deux chefs d’Etat, il ait été
question d’un dossier économique : la gestion du port
de Djibouti. Guelleh avait confié, sans appel d’offre,
sa gestion (mais aussi celle de l’aéroport et de la
collecte des taxes d’importation) à Dubaï Port
Authority.
Depuis qu’il a banni son ancien ami et directeur du port,
l’homme d’affaires Borreh et que Dubaï connaît
des difficultés financières, Guelleh pourrait rechercher
un nouveau gestionnaire. Bolloré ?
Une piste d’autant plus plausible que le groupe Bolloré,
aurait vu son offre d’investir 500 millions dans le développement
du port de Berbera, au Somaliland, rejetée, sous la pression
de l’opposition dénonçant la corruption du président
Dahir Rayale Kahin.
«Une
coopération exemplaire»
Mais
quels qu’aient pu être les sujets abordés durant
ces trente minutes d’entretien, Guelleh utilisera certainement
cette rencontre pour faire savoir qu’il bénéficie
du soutien personnel de Sarkozy dans son projet de troisième
mandat.
A noter également que le Sénat français n’est
pas en reste pour soutenir le régime dictatorial djiboutien.
Après avoir organisé un colloque, le 20 octobre 2008,
avec la participation de grandes entreprises pour promouvoir les investissements
français à Djibouti, malgré les graves atteintes
locales aux droits des travailleurs, c’est Claudine Lepage,
représentant les Français de l’étranger
qui a, à la mi-janvier, rencontré le premier ministre
Dileita pour l’assurer de l’amitié et de la coopération
française dans le cadre d’une «coopération
» qualifiée «d’exemplaire».
Jean-Loup Schaal
(1)
L’Assemblée nationale djiboutienne ne compte aucun député
de l’opposition. De plus la séparation des pouvoirs exécutifs
et législatifs n’est pas appliquée : plusieurs
ministres dont le Premier ministre sont aussi députés.
dimanche
7 février 2010
Début 2009 encore, Ismail Omar Guelleh (IOG), président
autoritaire de Djibouti, devait s’imaginer son avenir politique
tel un long fleuve tranquille. Comme d’autres pairs en Afrique,
il s’est échafaudé un projet de prolongation de
mandat, antichambre d’une présidence à vie.
La répression fait partie du projet: citons celle de trois
étudiants arrêtés puis emprisonnés à
la suite de manifestations et celle d’une artiste placée
en détention à la prison de Gabode pour une chanson
se moquant de Kadra Mahmoud Haïd, l’influente épouse
d’IOG. Pendant ce temps, le schéma d’un appel à
un plébiscite préélectoral vers une adaptation
constitutionnelle est apprêté: les «militants»
du parti d’IOG (le RPP/Rassemblement populaire pour le progrès)
tentent de démontrer que le pays entier exige un nouveau mandat
du président alors qu’il en est à son second et
n’est rééligible qu’une fois selon l’article23
de la Constitution. Des candidatures à cette présidentielle
sont alors opportunément annoncées… Ambitions
personnelles ? Connivences avec le «système IOG»
? On se perd en conjecture…
À Djibouti, les partis d’opposition et la société
civile sont muselés voire (pour beaucoup) interdits. Les leaders
politiques sont spoliés de leurs biens et/ou exilés,
les syndicalistes privés d’emploi, la presse indépendante
inexistante… Si les précédentes élections
ont donné lieu à un appel au boycott de l’opposition,
celle-ci semble ne pas accepter un nouveau mandat pour IOG. Une résistance
multiforme a grandi dès lors qu’IOG a susurré
ses intentions de se maintenir à tout prix ! Acculé,
le régime recourt à la provocation tribale afin d’augmenter
les tensions au sein de la population et de terroriser les habitants
: jets de grenades explosives, incendies de maisons et d’édifices
publics, inimitiés organisées volontairement entre les
habitants de différentes ethnies et de différents quartiers,
pour déclencher des réactions de groupe, tirs à
balles réelles, arrestations, incarcérations et tortures
de centaines de citoyens, rumeurs sur l’ordre du Palais par
les agents des polices politiques.
IOG est d’ailleurs obnubilé par les questions de sécurité
: gros déploiement des services de la sécurité,
de la Garde présidentielle voire de la Force d’action
rapide, comme quand il réunit des fois chez lui à Day
dans le Nord, par exemple, l’ensemble de son conseil des ministres.
Consignes : surveiller la région, interroger tout nouvel arrivant
et surtout signaler à l’armée et aux éléments
de la Garde présidentielle les personnes étrangères
à la région, ainsi que tous les comportements suspects.
Les résistants aguerris, eux, gagnent du terrain tandis que
l’entourage présidentiel se fissure de plus en plus.
Depuis juin, les combattants du FRUD (Front pour la restauration de
l’unité et de la démocratie) dament le pion dans
le Nord et le Sud-Ouest à l’armée djiboutienne
pourtant dotée en armes et matériels (dont des hélicoptères
MI8) nouveaux, la font reculer et recrutent massivement dans la jeunesse.
Dans les sphères dirigeantes, les défections se multiplient,
à l’image de la disgrâce de l’homme d’affaires
Abdourahman Boreh (cigarettes et béton), désormais traqué
par le fisc mais qui se trouve être un Issa-Odahgob, du sous-clan
concurrent des Issa-Mamassan d’IOG. Dans ce mic-mac politico-affairiste,
les protégés (civils et militaires) de la première
dame s’activent à virer tout ce qui les gêne. D’un
autre côté, des démarcations politiques de ténors
ont lieu, pour ne citer que celle du député Aden Robleh
Awaleh, membre par ailleurs du parlement panafricain: le congrès
de son parti (PND/parti national démocratique) vient d’affirmer
son opposition à un troisième mandat d’IOG. Dans
cette ambiance de fin de règne, l’espoir de libération
pour la population réside fortement dans une fusion entre les
forces politiques civiles progressistes représentatives et
la fraction armée du FRUD.
À suivre de près les urgences françafricano-djiboutiennes
évoquées lors de la rencontre Sarkozy-IOG du 19 janvier:
apaisement du contentieux inhérent à l’Affaire
Borel, nouveau partenariat de défense pour remplacer l’accord
de 1977, soutien à la transition somalienne mais aussi aux
offensives anti-pirateries (Corne de l’Afrique) et anti-terroristes
(Yémen). Djibouti reste un bastion fort pour la Françafrique
malgré les nouvelles installations françaises à
Abu Dhabi. Pour autant, celle-ci abondera-t-elle pour le «Troisième
mandat» qui serait hors-sujet, malgré tout, pour des
USA soutenant déjà fortement des défections politiques
locales?
Pierre Sidy
http://www.npa2009.org/content/djibouti-%E2%80%93-ambiance-de-fin-de-r%C3%A8gne
Uguta/Toosa,
janvier 2010
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Document
publié sur le site "Réalité" (organe
de l'ARD) - édition février 2010
Titre 17 :
Rapport
global 2009 de la LDDH (Ligue
djiboutienne des droits humains) - le 7 février
2010
Note
Liminaire.
Ce rapport global est un bref commentaire par thème
sur la situation actuelle. Les commentaires sont répartis de
la manière suivante :
1. Inexistence d’une presse libre en république de Djibouti
;
2. Paralysie et criminalisation de l’opposition légale
djiboutienne ;
3. Réfugiés érythréens, éthiopiens
et somalis en république de Djibouti;
4. Crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Somalie
et en Ogaden ;
5. Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlements
et dénigrements permanents ;
I) - Inexistence d’une presse libre en république de
Djibouti.
La république de Djibouti est l’un des quelques rares
pays dictatoriaux comme la Corée du Nord où la presse
libre est inexistante. Non seulement il n’existe plus de journaux
libres, les organes de presse de l’opposition légale
sont dans la pratique interdites sans aucune décision judiciaire,
avec les méthodes des répressions similaires à
celles de la Corée du Nord.
Le dernier journal de l’opposition « Le Renouveau »
est de facto interdit de publication. En effet, durant dix ans, les
répressions policières sur ordre d’un régime
dictatorial instauré en république de Djibouti, après
des élections mascarades classiques, plus précisément,
après un coup d’Etat électoral avec l’appui
des forces armées de la police sous les ordres du Général
feu Yassin Yabeh, qui, d’ailleurs, un an plus tard fut arrêté
et emprisonné puis décédé suite à
un refus de non assistance à personne en danger, par son propre
ami de plus de trente ans, probablement en guise de récompense
pour l’avoir aidé à usurper le pouvoir en 1999.
Tout ceci, inévitablement sous le regard, voire même
l’aval des puissances et des forces armées pré
positionnées dans notre pays, phénomène d’autant
plus choquant que ces mêmes puissances se réclament comme
les fondateurs de la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, de la démocratie, en particulier la France et
les Etats-Unis, dont les intérêts militaires immédiats
les acculent à soutenir la dictature à Djibouti avec
des Fonds à une pseudo démocratie, qui tue dans le silence
et sous embargo, des informations discrètement ordonnées
par des démarches onusiennes.
Donc pour ces raisons, il ne faut pas qu’il y ait des journalistes
emprisonnés comme en Chine ou en Erythrée, il ne faut
pas tuer des journalistes comme en Somalie. Il suffit, tout simplement,
de les condamner d’un mois à six mois de prison ferme
à Gabode, de donner des ordres à la police, de s’accaparer
des matériels d’impression de ces journaux, de rafler
non seulement les vendeurs à la crié, mais aussi, de
s’approprier périodiquement les journaux mis en vente,
surtout dès que des articles sensibles sur les détournements
et les scandales socio financiers sont publiés par voie écrite.
Comme disent certains officiers en se marrant: « pas de journaux
libres, alors les Reporters Sans Frontières ne peuvent rien
dire ». Avec ce « Faux constat New Look », les Nations
Unies de New York pourront la tête haute déclarer «
qu’en république de Djibouti officiellement il n’y
a pas de répression contre la presse. » Et pourtant,
la liberté d’expression est totalement violée,
avec les sites web qui sont bloqués et sans les Djiboutiens
qui ne peuvent pas avoir leur accès sur moteur Google comme
en Chine. C’est le cas de l’ARDHD, d’Uguta-Toosa,
d’autres sites en Europe et au Canada, ainsi que celui de la
LDDH.
Pire encore : le viol du respect des ECHANGES COMMERCIAUX doublé
du viol constant de l’Article 13 de la constitution de la république
de Djibouti qui stipule : « Le secret de la correspondance et
de tous autres moyens de communications EST INVIOLABLE. Il ne peut-être
ORDONNE DE RESTRICTION à cette INVIOLABILITE qu’en application
de la LOI »
C’est probablement pour ces raisons que des importants commerçants
ont levé l’ancre, estimant que la divulgation des secrets
en matière de la concurrence commerciale fausse d’emblée
et totalement la liberté des informations et des secrets commerciaux,
qui sont la priorité nécessaire à la libre concurrence.
Que faire face à un régime sans vergogne, aux réactions
et aux comportements des spécialistes des crimes organisés
?
II) - Paralysie et criminalisation de l’opposition légale
djiboutienne
Les mascarades électorales qui sévissent depuis l’époque
coloniale avec les emprisonnements arbitraires, les rafles, les expulsions,
sont, hélas, les principaux legs de l’administration
coloniale française.
Force est de déplorer que le régime RPP a non seulement
recours à ces tristes méthodes mais les a perfectionnées
pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire au
changement.
Ce climat
antidémocratique a conduit l’opposition légale
regroupée au sein de l’UAD à boycotter toutes
parodies d’élection à partir de 2005. Face au
mépris gouvernemental de tenir compte de ses exigences de transparence
électorale, l’opposition nationale n’a pas eu d’autre
choix que de boycotter les élections truquées imposées
par un régime redevenu de facto une dictature de parti unique.
L’année 2008 reste emblématique d’une dérive
autoritaire sans précédent. A l’occasion des législatives
2008 une seule liste a été mise en place par la mouvance
présidentielle (UMP).
L’opposition s’est vue interdire de tenir des meetings
d’explication de son appel au boycott du scrutin.
Le
jour du vote, ses principaux dirigeants ont été assignés
à résidence. En juin 2008 le parti d’opposition
MRD a été illégalement dissout par un décret
présidentiel sur la base d’un document dont l’authenticité
n’a jamais pu être prouvée par le régime
liberticide. La plainte pour faux introduite par le MRD a été
jugée recevable par le Tribunal administratif, mais le procès
n’est toujours pas terminé et le délibéré
est attendu pour le 20 mars 2010.
L’année 2009 restera également noire au chapitre
des droits de l’opposition qui est régulièrement
insultée dans les médias publics. Comme d’habitude,
avant les prochaines élections présidentielles, élections
d’ores et déjà verrouillées de 2011, il
faut s’attendre non seulement à des insultes mais aussi
à des provocations, des séquestrations dont les premières
victimes seront les opposants politiques, leurs familles et les proches.
Dans ces perspectives, et dans le cadre de la prévention des
conflits, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains a lancé
cette Lettre Ouverte au Chef de l’Etat :
LETTRE
OUVERTE AU CHEF DE L’ETAT
REPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Djibouti,
le 1er février 2010
Excellence,
Je tiens à vous rappeler qu'à la fin de l'année
1999 jusqu’au 7 janvier 2000 (un mois avant la signature de
Paix à Paris), la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)
avait à maintes reprises exhorter le nouveau pouvoir à
ouvrir le dialogue avec l'opposition armée afin de mettre fin
au conflit civil qui n'avait que trop duré.
Cet appel a été entendu puisque votre nouveau gouvernement
de l'époque a signé deux accords de paix avec le FRUD-armé
de feu regretté Ahmed Dini. Cette paix que votre gouvernement,
avec le soutien de l’Union Européenne, des USA et de
bon nombre de pays amis de la communauté internationale, a
signé avec le Frud-armé l’Accord de Paix du 12
mai 2001. Il est déplorable d’avoir constaté que
votre gouvernement ait violé cet accord et qu’ensuite
l'autre partie l'ait dénoncé !
Cela c'est du passé et c'est l'avenir de notre pays qui inquiète
au premier point tous les défenseurs des Droits de l’Homme
en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH)
au regard de la zone de très fortes turbulences que traverse
notre patrie, car le spectre de la guerre civile est là sur
tout notre territoire et frappe sourdement aux portes de la capitale...
C'est pourquoi, nous réitérons notre Appel d’urgence,
une semaine avant le 7 février 2010, 10ème Anniversaire
de la signature de Paix à Paris, pour :
• Le strict respect du dernier Accord de Paix signé le
12 mai 2001 ;
• une rapide et nouvelle orientation politique en vue des élections
libres, équilibrées, équitables et concertées
avec tous les dirigeants politiques, sans discrimination aucune ;
• un dialogue ouvert à tous sans distinction aucune,
car la situation et les priorités politiques l'exigent.
Dans le contexte actuel très sensible, il est urgent d’agir
vite car vous êtes le premier magistrat, garant du respect de
la constitution et la première autorité habilitée
d'initier un dialogue franc et sincère avec toutes les forces
de l’opposition, qu'il serait condamnable d'ignorer, afin d’éviter
de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui ouvrirait
la voie dangereuse de la violence politique déjà latente
et au chaos qui ne peuvent qu’engendrer des recours aux répressions
violentes difficilement maîtrisables à long terme.
A nouveau en cette fin de mandat agité, l'Histoire et la Paix
civile vous interpellent directement ! Il vous appartient de prendre
à nouveau une décision politique courageuse dans le
cadre de la prévention d’un nouveau conflit imminent
!
Cette initiative personnelle entre dans le cadre de nos missions de
prévention et de résolution des conflits et n'a d'autre
objectif que d'apporter la contribution de la Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) à la définitive restauration de
la paix civile et la concorde nationale aujourd'hui plus gravement
menacées qu'hier ! Dans l'espoir qu'une oreille attentive sera
cette fois encore prêtée à cet appel, je vous
prie d'agréer, Excellence, l'expression de mes sentiments déférents
!
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reviendra ultérieurement
sur ce point durant les mois à venir.
III)
– Les Réfugiés érythréens, éthiopiens
et somalis en république de Djibouti
Depuis
que Djibouti est devenu membre de la Conseil des Droits de l’Homme,
on a l’impression que certains des très Hauts responsables
djiboutiens peuvent se permettre en toute impunité de bafouer
et de violer des Accords Internationaux qu’ils ont ratifiés,
notamment celle de la Convention Relative au Statut des Réfugiés.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance des alertes
pressants et dénonce à chaque fois les expulsions manu
militari sans avoir au préalable informé le HCR et sans
qu’aucune décision judiciaire ne soit prise d’un
commun accord.
Il est temps aux autorités djiboutiennes de mettre fin aux
reconductions forcées des demandeurs d’asile politique
qui ont fui leur pays pour sauvegarder leur vie et qui sont reconduits
de force en violation des textes relatifs au Statut des Réfugiés
et plus récemment vers les zones de guerre de Mogadiscio, ou
bien avant vers Addis Abeba comme les pilotes remis par les autorités
djiboutiennes aux autorités éthiopiennes pour être
fusillés.
IV – Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité
en république de Somalie et en Ogaden.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce les
crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés
par les Forces onusiennes d’Amison, ainsi que les crimes de
génocide à l’égard des populations civiles
de Mogadiscio suite aux bombardements aveugles et prémédités
avec le silence criminel de l’ONU et de l’Union Africaine.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) témoigne son
entière solidarité et apprécie les efforts louables
des défenseurs des droits de l’Homme, des organisations
internationales des droits de l’Homme, de Reporters Sans Frontières,
des organisations humanitaires telles que le HCR du Kenya à
Djibouti et les Médecins Internationaux et Nationaux et de
tous les journalistes somalis qui opèrent aux risques de leur
vie. Depuis le 1er janvier 2010 le nombre des victimes à Mogadiscio
de ces bombardements aveugles des forces tueuses burundaises et ougandaises
dépassent les six cents morts ou grièvement blessés
sans compter le départ des populations des zones libérées
par les forces patriotiques somalies.
En effet, depuis fin janvier 2010, des opérations d’extension
des zones d’exterminations des populations civiles vont s’étendre
de Mogadiscio à Kismayo.
Ces opérations, sous le financement de l’administration
d’OBAMA, seront dans un proche avenir opérées
conjointement par les forces tueuses d’Amison et celles des
paramilitaires éthiopiens. Alors que le dit gouvernement somali
fabriqué en république de Djibouti n’arrive même
pas à sécuriser « ses quelques pâtés
de maisons », il est à constater que les zones libérées
par les forces patriotiques sont largement sécurisées
même s’il existe d’énormes difficultés
financières.
Laissons aux Somalis gérer comme bon leur semble leur pays
sans des interférences extérieures et surtout sans les
crimes de guerre et crimes contre l’humanité en contradiction
flagrante de la Mission des forces étrangères et onusiennes
qui s’affichent sous le faux prétexte de paix.
En Ogaden, territoire encore sous colonisation éthiopienne,
les crimes de guerre, les crimes de génocide sont sous embargo
et aucune presse internationale ne peut se déplacer librement,
car cette zone est une zone militaire où toutes formes de communications
sont sous contrôle. C’est une zone de non communication.
V) - Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlement
et dénigrements permanents.
Née dans un contexte de conflit armé et avec un vide
réel de défenseurs des droits de l’Homme, la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dès sa création
le 4 mai 1999 et le dépôt de ses Statuts le 9 mai de
la même année s’est immédiatement attelée
à suivre avec une particulière attention toutes les
exactions commises contre nos populations civiles du Nord et de l’Ouest
de la République de Djibouti ;
C’est ainsi, que nous n’avons pas cessé de dénoncer
les emprisonnements et les détentions arbitraires, les exécutions
extrajudiciaires, les disparitions et autres formes de répression
comme les blocus alimentaires et sanitaires.
Dès août 1999 jusqu’au 7 janvier 2000, la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) n’avait cessé
de lancer des appels pour la concertation et la signature d’Accord
de Paix.
Le 7 février 2000, enfin et pour la première fois la
LDDH avait été entendu, car le défunt regretté
Ahmed Dini Ahmed a signé à Paris un premier Accord de
Paix suivi dès le 12 mai 2001 de l’Accord de Paix signé
à Djibouti avec la partie gouvernementale.
Avec le temps, il s’est malheureusement avéré
que la partie gouvernementale n’avait pas du tout respecté
cet accord historique et s’est même permise de modifier
en comble l’une des clauses principales à savoir les
accords sur la décentralisation, et les dispositions des procédures
électorales libres et transparents, d’un Conseil constitutionnel
et d’une CENI équitable et neutres tant dans les normes
de ses prérogatives que dans sa composition équilibrée
et choisis de commun accord.
Sur le plan Social, cet Accord prévoyait la fin de la politique
de répression à l’égard des libertés
de la presse, des activités syndicales et du respect des droits
de l’Homme.
La situation des droits et des libertés fondamentales a depuis
empiré. Le règne de la force et de la terreur est le
lot quotidien : dire la vérité, dénoncer les
atrocités intolérables et témoigner en faveur
des victimes sont à très haut risques.
Les défenseurs des droits de l’Homme, des droits socioéconomiques
et des droits syndicaux sont en permanence harcelés, dénigrés.
Ce qui explique que les centrales syndicales n’ont aucun champ
de manœuvre, aucune grève n’est autorisée
sous peine d’être immédiatement emprisonné,
aucune manifestation n’est autorisée sous peine d’être
immédiatement matraqué, arrêté et condamné
avec les risques des balles perdues.
NOEL
ABDI Jean-Paul
D'après
notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 18 / Communiqué
: Appel aux Assises nationales de l'ARD les 25 et 26 février
2010
Djibouti, le 10 février 2010
Alliance
Républicaine pour le Développement
(ARD)
COMMUNIQUE
Décidées le 22 décembre 2009 lors de la réunion
du Bureau Politique du Parti, des Assises Nationales se dérouleront
à Balbala du jeudi 25 février 2010 à 14 heures
au vendredi 26 février 2010 à 17 heures. L’ordre
du jour est le suivant :
1)
Compte rendu des activités du Parti dans le pays, à
l’étranger et sur le plan diplomatique
2)
Analyse de la situation aux niveaux national, régional et international3)
Perspectives
d’action
a)
Renforcement du Parti
b) Dynamisation de l’opposition
c) Démarches diplomatiques
4)
Recommandations et mots d’ordre
5)
Questions diverses
6)
Adoption du procès verbal et clôture
Le
contexte présidant à leur tenue donne à ces Assises
une portée toute particulière :
1)
la détérioration croissante des conditions de vie de
nos concitoyens, malgré l’augmentation des recettes publiques
générées par celle des différentes présences
militaires étrangères ;
2)
la glose et le donquichottisme autour d’un énième
mandat présidentiel, alors que toute alternance démocratique
est institutionnellement impossible et que persiste gravement une
citoyenneté à plusieurs vitesses ;
3)
l’aggravation des injustices à l’origine du conflit
armé et de sa reprise actuelle.
Enfin,
dix ans après l’accord-cadre du 7 février 2000,
intervenu à Paris entre le gouvernement et l’organisation
politico-militaire FRUD, dont l’ARD est l’émanation
historique, il reviendra à ces Assises de rappeler que le boycott
des consultations électorales, pour légitime qu’il
soit, ne peut durablement contribuer au renforcement de la paix. Et
d’y remédier...
Le Secrétaire Général de l’ARD
Kassim Ali Dini
Uguta/Toosa,
janvier 2010
D'après
notre Constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 19/ Ali
Coubba : L'Union de Reims du 8 avril 2005 - France-Monde
"
Aucune possibilité pour l'opposition de se faire entendre "
Le
Rémois Ali Coubba sera aujourd'hui à
Paris pour manifester devant l'ambassade de Djibouti.
Réfugié
politique depuis 1991 après avoir été torturé
à Djibouti, Ali Coubba est désormais installé
à Reims où il enseigne dans un lycée. Opposant
au régime en place dans son pays, il vient de créer
un nouveau parti d'opposition qui, avec tous ceux déjà
en place, appelle au boycott des élections.
U.R. Pourquoi demandez-vous
aux électeurs de ne pas se rendre aux urnes ?
A.C.L'adoption
du multipartisme en septembre 2002 à Djibouti ne s'est jamais
concrétisée dans les faits. On est toujours dans la
pratique d'un système de parti unique. Il n'y a pas de presse
libre, pas de liberté d'expression, pas de possibilité
pour l'opposition de se faire entendre. Ce boycott, une première
à Djibouti, décrédibilisera aussi l'élection
du candidat unique et nous renforcera dans notre action.
U.R. Comment expliquez-vous cette relative
indifférence de l'opinion internationale ?
A.C. Djibouti représente un intérêt
géostratégique pour les nations et il convient donc
pour les États d'entretenir de bons rapports avec le pays.
La France y est historiquement impliquée depuis longtemps avec
une de ses bases militaires les plus importantes dans le monde. Après
le 11 septembre, les États-Unis, mais aussi l'Allemagne et
l'Espagne y ont aussi installé une présence militaire
conséquente. Tout cela fait que les gouvernements ne cherchent
pas à faire trop de vague sur ce qui se passe dans notre pays.
UR. Qu'attendez-vous de ces élections
?
A.C.
Je suis persuadé que l'opposition en sortira crédibilisée
au plan local mais aussi aux yeux des organismes et des médias
internationaux. Nous devrons être plus radicaux, en exploitant
le caractère quelque peu illégitime du pouvoir avec,
pourquoi pas, un scénario à l'Ukraine ou à la
Géorgie ?
Recueilli
par Grégoire Amir-Tahmasseb
Uguta/Toosa,
novembre 2009
D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le
pouvoir en 2011
Titre 20/ Les nouvelles de Djibouti du 09 avril 2005
(Spécial élection 2005)
"
Il est 13h13 et je t'écris rapidement les dernières
nouvelles du pays.
"Les
communiqués de Uguta (Toosa) mais aussi celui
de l'U.A.D. ont très bien circulé dans notre milieu.
Aujourd'hui beaucoup de personnes sont en prison : une centaine, disent
les gens. J'en connais personnellement des jeunes femmes et de jeunes
garçons. Hier (le 8 avril), Kassim Ali Dini
était recherché. S'il y a une quelconque nouvelle à
ce sujet, je te contacterais….
"Il
y a une rumeur qui circule comme quoi d'autres personnalités
seraient arrêtées au cours de cette semaine. Pourquoi
? Parce que certains sympathisants ont écris sur les murs de
la cité d'Arhiba et imprimés sur des tee-shirts des
mots d'ordre et des " injures " (affirment les officiels)
en afar de type : Ibbixa Oobisa Garqa (I.O.G.). Il s'agit d'une expression
signifiant " Attrapez, destituez le voleur " qui mettent
en évidence les initiales d'Ismaïl Omar Guelleh.
"Hier
(le 8 avril 2005), à midi, les opposants ont tenté de
fermer les 12 bureaux de vote, d'Arhiba, de Makkat-al Mukarram, de
quartiers 6 et 7, où on annonçait des fraudes massives.
"L'armée est intervenue et a ouvert de force ces bureaux
de vote. Je n'ai jamais vu dans ma vie un tel déploiement de
force à Arhiba. Toute la citée était bouclée…
"
(Spécial - élection présidentielle
du 8 avril 2005)
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 21 / Merci Monsieur Ismail Omar Guelleh de légitimer notre
combat ...
La presse
internationale se donne à cœur joie au spectacle ridicule
de notre candidat-président. Celui-ci vient d'être plébiscité
au cours d'une élection présidentielle où il
était seul devant les électeurs djiboutiens. Il n'a
eu à affronter, pour ainsi dire, que ses propres divagations
et paranoïas. Le candidat sortant, affirme la presse officielle
qui est aux services de l'homme fort du pays, a gagné le référendum
avec un score de 96 ,3%. Cela revient à une autocélébration,
à une autosatisfaction béate.
Nous sommes en l'an 2005. L'Afrique a de nouveaux dirigeants, de nouveaux
leaders, capables de porter ses espoirs de développement. Les
Bokassa, les Mobutu, les Siad Barré, les Menguistou et d'autres
roitelets africains, dictateurs ubuesques plus vrais que nature, ont
disparu de la scène africaine et internationale. Le dernier
d'entre eux, Eyadéma, un dirigeant brutal qui n'avait aucun
goût pour le déguisement, vient de rendre l'âme
il y a quelques mois. Nous croyions à tort que le temps de
cette caste de "rois nègres" qui ridiculisait
l'image de l'Afrique était révolu. Eh bien, non ! En
République de Djibouti, un avatar grotesque de cette espèce
survit et prospère en la personne d'Ismaïl Omar Guelleh.
Un prétendu chef d'Etat qui s'inscrit dans la lignée
de ces dictateurs chamarrés comme un totem, se nourrissant
d'éloges et de célébrations de pacotille. Personnages
assoiffés de pouvoir et d'attributs guignolesques, que l'on
rencontre plus dans les livres que dans la réalité.
Ce que fait Ismail Omar Guelleh est pitoyable.
(Extraits, mai 2005)
D'après
la constitution nationale, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en
2011
Titre 22 : L'Afrique
n'a pas besoin de démocratie mais d'être nourrie ! !
!
L'AFRIQUE n'a pas besoin de démocratie mais
d'être nourrie. C'est la principale leçon que l'on peut
retenir des attitudes et des propos tenus par le chef de l'Etat français,
depuis plusieurs années. Il est mal venu de parler, en Afrique,
de démocratie et de violations de droits de l'homme. Le communiqué
de félicitations du président Jacques Chirac au président-autoproclamé,
Ismaïl Omar Guelleh, ne le dément pas :
"J'ai le plaisir de vous adresser, à titre personnel et
au nom du peuple français, mes chaleureuses félicitations,
à l'occasion de votre réélection à la
magistrature suprême de la République de Djibouti.
Tous mes voeux vous accompagnent pour la poursuite de votre activité
en faveur de l'unité nationale et du développement économique
et social de votre pays ainsi que de la réconciliation régionale.
Vous savez que les relations anciennes et durables entre nos deux
pays me tiennent personnellement à coeur. Votre réélection
nous offre l'occasion de les développer encore, en surmontant
ensemble les obstacles à leur approfondissement.
Vous pourrez, à cet égard, compter sur mon soutien sincère,
ainsi que sur celui de la France.
Présence
américaine et inquiétude française
Que
le chef de l'Etat français, Jacques Chirac, adresse une missive
protocolaire félicitant son homologue-autoproclamé,
Ismaïl Omar Guelleh, n'a rien de scandaleux. Qu'il émette,
dans les circonstances actuelles, les vœux que les " obstacles
" soient aplanis entre son pays et Djibouti, relève du
bon sens. Parce que l'imprévisible autocrate djiboutien a provoqué,
suite à l'" affaire Borrel ", une crise diplomatique.
Arguant que la presse et la justice françaises cherchent à
le déstabiliser, il a expulsé sept ressortissants français
et ordonné la fermeture de l'antenne de radio France internationale
(R.f.i.). Sans doute les intérêts géostratégiques
de Djibouti valent bien quelques humiliations ! Ismaïl Omar a
transformé le différend juridique en une crise diplomatique.
D'où l'embarras des autorités françaises de gérer
cet imbroglio juridico-diplomatique. D'une part, cette " Affaire
Borrel " qui n'en finit pas de faire des remous. D'autre part,
la présence d'une base américaine à Djibouti
qui met à mal le monopole français au cœur la Françafrique,
une chasse-gardée qui passait pour être un sanctuaire
inviolable. Il y a de quoi s'inquiéter si l'on se rappelle
que le président américain mène une diplomatie
qui contredit le statu quo prôné par la France. Sa politique
internationale appelle à la démocratisation urgente
des Etats dictatoriaux. Dès la fin de l'année 2003,
devant la Fondation Américaine pour la Démocratie, le
président Georges Bush avait affirmé que "La liberté
doit être l'horizon de tous les pays ". A l'adresse de
ses homologues occidentaux, il avait ajouté que " pendant
60 ans l'Occident a excusé et a accepté l'absence de
liberté au Moyen Orient et ceci n'a pas renforcé notre
sécurité, et en fin de compte la stabilité du
monde ne peut être obtenue au prix de la liberté."
Le risque
de la surenchère de la part de la France
Paris
a choisi son camp : celui du profil bas. Son silence assourdissant
sur le déroulement d'une élection présidentielle
surréaliste témoigne de cette politique. La démocratie
est, entre Paris et Djibouti, le sujet qui fâche. Alors, Chirac
suggère de ne plus parler avec les roitelets africains des
sujets qui fâchent. Jusque-là rien d'alarmant. Mais le
risque existe que les autorités françaises fassent de
la surenchère pour plaire au "roi" djiboutien. Et
puis, de quoi nous plaignons-nous ? Nous, les Africains et les Français
qui luttons contre le cynisme de l'Etat français, sommes depuis
longtemps familiers des jeux de moins en moins troubles, pour ne pas
dire cyniques, de Paris. Consolider et favoriser la stabilité
des régimes établis, tels sont les maîtres mots
de la politique française en Afrique. Depuis 1981, Paris soutient
à Djibouti, le régime de parti unique, sans jamais dévier
de sa trajectoire. La preuve nous est administrée depuis 28
ans. L'épisode le plus grave est survenu en 1992-1993, lorsque
Paris a trahi la confiance des dirigeants du FRUD. Ses manœuvres
dilatoires ont contribué à la victoire de l'armée
djiboutienne sur la résistance armée, en prétextant
le déploiement des troupes françaises sur la ligne de
front en 1992. Enfin, aujourd'hui, le silence devant la dictature
d'un président-plébiscité, non élu selon
les normes démocratiques, nous donne des informations édifiantes
sur la position de principe des autorités françaises.
Pourquoi
Jacques Chirac ne fait pas référence à la démocratie
?
Si
le chef de l'Etat français ne fait aucune référence
à la démocratie, cela tient à deux considérations
: l'une d'ordre économique, l'autre d'ordre idéologique.
Jacques Chirac, ni d'ailleurs son prédécesseur, n'a
jamais été un partisan de la démocra-tisation
de l'Afrique. Un tel processus des pays francophones remettrait en
cause, non pas les intérêts supérieurs de la France,
mais certains intérêts occultes des entreprises et ressortissants
d'origine française. Au sein de la Françafrique, l'argent
(sous toutes ses formes) conditionne et explique bien de compromissions.
C'est la contrainte économique. Jacques Chirac a déjà
tenu des propos (peu dignes) en Côte d'Ivoire en déclarant
que l'Afrique n'avait pas besoin de démocratie. En décembre
1993, il a récidivé en Tunisie dans le but de conforter
son homologue tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, qui n'a jamais été
élu d'une manière démocratique. La Tunisie est
sans doute, après la République de Djibouti, l'Etat
de la Ligue arabe le plus policier - la Syrie mise à part.
Dans ces pays, une myriade d'espions et d'agents de renseignements
surveille les faits et gestes du citoyen. Lors de sa visite en Tunisie,
J. Chirac a annoncé sa conception idéologique de l'Etat
en Afrique. " Le premier des droits de l'homme, c'est manger,
être soigné, recevoir une éducation et avoir un
habitat", a-t-il déclaré.
Donc, retenons la leçon donnée par Chirac. En premier
lieu, nous suggère-t-il, il convient d'assouvir les besoins
économiques d'un peuple avant de lui octroyer les libertés
publiques. Avant de le laisser parler librement, il faut le nourrir
et le soigner.
Or
comment peut-on savoir si l'être humain privilégie la
liberté de s'exprimer ou la nourriture, si on l'interroge pas
sur ce dilemme? Qui est-ce qui a décidé que le peuple
tunisien préfère d'abord manger avant de s'exprimer
librement ? Est-ce qu'il n'aime pas disposer autant de son libre arbitre
que de confort économique ? Bien sûr, pour tout être
humain, être nourri, éduqué et soigné est
primordial. Mais étant d'origine nomade, donc appartenant à
une société où la liberté est une valeur
intrinsèque à l'être humain, le Djiboutien ne
conçoit pas que l'on puisse hiérarchiser les besoins
économiques et l'une des valeurs fondamentales de l'homme :
la liberté.
Mais que faire lorsqu'un régime, sévissant depuis 28
ans, s'avère incapable de réaliser et l'un et l'autre
?
(Spécial - élections présidentielles du 8 avril
2005.
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre
23 /DJIBOUTI
! La FIDH condamne la mascarade élecotorale
www.fidh.org
[français] > Afrique > Togo (26/04/2005) La FIDH condamne
la mascarade électorale
« La FIDH considère ainsi que les conditions dans
lesquelles s’est tenue cette élection [24 avril 2005]
sont en violation flagrante des principes de transparence, de pluralisme
et de libre détermination du peuple garantis par les instruments
régionaux et internationaux en la matière.
La FIDH déplore la caution regrettable apportée par
la France et la CEDEAO à cette mascarade électorale.
».
Commentaire de Uguta (Toosa)
Les élections électorales en Afrique
se suivent et se ressemblent étrangement par la cohorte de
déni de libertés publiques des citoyens, cultivant une
idée naîve et fausse sur ce que représente l'Etat
et le service public, et par la gratuité des violences qui
visent les populations civiles. "Au moins 7 personnes" ont
pardu la vie parce qu'un fils d'un dictateur, préoccupé
uniquement par l'obsession du pouvoir, a décidé de devenir
"président du Togo". Tel père, tel fils.
Maintenant qu'il est parvenu au pouvoir par des moyens les plus contestables,
il veut procéder à l'ouverture politique en direction
de l'opposition.
Le scénario est désuet et ne rime à rien, si
ce n'est de légitimer un homme qui n'a pas respecté
les règles démocratiques. JE SAVAIS. VOUS SAVIEZ ET
NOUS SAVIONS QUE Faure Gnassingbé allait gagner cette élection.
Alors pourquoi l'opposition en Afrique accepte-t-elle de jouer à
ce jeu absurde qui consiste de participer à un scrutin électoral
dont on sait d'avance les résultats ? La dictature risque d'exacerber
la division entre les ethnies, d'approfondir le fossé entre
la classe possédante et l'immense majorité des Togolais
et d'aggraver - on ne le sait que trop bien - les difficultés
sociales.
Le nombre des victimes s'accroît de jour en jour au Togo :
"Au moins 22 morts à Lomé : c'est le bilan
provisoire des violences qui ont suivi l'annonce de la victoire de
Faure Gniassingbé - le fils du général-président
Eyadéma - à l'élection présidentielle
de dimanche. Le candidat de l'opposition Akitani Bob vient de se proclamer
vainqueur du scrutin." (Richard Labévière,
Togo: le péché original, 28/04/05), RFI).
(Spécial - élections présidentielle du 8 avril
2005.)
Commentaire
de Uguta (Toosa)sur
l’entretien de Mélès Zénawi, Premier ministre,
de la République fédérale
démocratique d'Éthiopie
(Cf. Les nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel
Raphaël, 16 avril 2005, 11h00
Les propos du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi,
nous laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés
ces dernières années ne laissent subsister aucun doute
sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien
admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays
entier semble figé dans une étrange léthargie
sur le plan politique. Précisons, soit dit en passant, que
la culture du coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve
Awash). Les agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part
des autorités centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge
d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne.
La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme
qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain
que, comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé
des progrès notables en matière de démocratie.
Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le
"nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les
réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux
ont été dépouillés tout simplement de
la relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale.
C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat
National et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a
été réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand il affirme
que l'instauration d'une "démocratie forte" dans
son pays pourrait contribuer à l'évènement de
la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus
cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview
(effectuée il est vrai dans de conditions difficiles) porte
sur le silence du journaliste, Alain Leterrier, quant à la
crise politique que traverse notre pays. En effet quelle est la position
d'Addis-Abeba par rapport à la crise survenue dans notre pays
lors de l'élection présidentielle ? L'Etat éthiopien
a-t-il de bonnes relations avec la majorité présidentielle
et l'opposition djiboutienne? Le Premier ministre éthiopien
a-t-il déjà rencontré les responsables de l'opposition
djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien
ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de
l'Union européenne ou de l'Unité africaine.
(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)
D'après
la constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 24 :
Commentaire de Uguta-Toosa sur l'entretien de Meles Zénawi (16
avril 2005, L.NA, 2005)
Cf.
Commentaire de Uguta (Toosa) sur l’entretien de Mélès
Zénawi, Premier ministre, de la République
fédérale démocratique d'Éthiopie (Cf. Les
nouvelles d'Addis (L.N.A.)- Paris, hôtel Raphaël, 16 avril
2005, 11h00
Les propos
du Premier ministre éthiopien, Méles Zénawi, nous
laissent sur notre faim. Si les résultats enregistrés
ces dernières années ne laissent subsister aucun doute
sur les performences économiques de l'Ethiopie, il faut bien
admettre que depuis la guerre erythro-éthiopienne, le pays entier
semble figé dans une étrange léthargie sur le plan
politique. Précisons, soit dit en passant, que la culture du
coton a disparu de la région d'Awsa (Sud du fleuve Awash). Les
agriculteurs n'ont obtenu aucune compensation de la part des autorités
centrales.
Quant aux réformes politiques, après avoir connu l'âge
d'or avec les années 90, elles sont tout simplement en panne.
La centralisation à outrance rend illusoire le multipartisme
qui fonctionne tant bien que mal dans la capitale. Il est certain que,
comparée à notre pays, l'Ethiopie a réalisé
des progrès notables en matière de démocratie.
Mais le "nationalisme tigréen", comme autrefois le
"nationalisme Amhara", paralyse tout le pays ainsi que les
réformes économiques et politiques.
Depuis la fin de l'année 2001, certains Etats régionaux
ont été dépouillés tout simplement de la
relative autonomie que leur octroie la Constitution fédérale.
C'est le cas de l'Etat National et Régional Somali, de Etat National
et régional Afar, etc.. Leur marge de manoeuvres a été
réduite à néant.
Effectivement Méles Zénawi a raison quand
il affirme que l'instauration d'une "démocratie forte"
dans son pays pourrait contribuer à l'évènement
de la paix dans la corne de l'Afrique. C'est aussi notre voeu le plus
cher.
Une autre déception à la lecture de cette interview (effectuée
il est vrai dans de conditions difficiles) porte sur le silence du journaliste,
Alain Leterrier, quant à la crise politique
que traverse notre pays. En effet quelle est la position d'Addis-Abeba
par rapport à la crise survenue dans notre pays lors de l'élection
présidentielle ? L'Etat éthiopien a-t-il de bonnes relations
avec la majorité présidentielle et l'opposition djiboutienne?
Le Premier ministre éthiopien a-t-il déjà rencontré
les responsables de l'opposition djiboutienne ?
Pour notre parti, Uguta-Toosa, les déclarations de l'Etat éthiopien
ont autant d'importance que celles des Etats-Unis, de la France, de
l'Union européenne ou de l'Unité africaine.
(Spécial - election présidentille du 8 avril 2005.)
Titre 25 / Omar
Gabassé se bat pour les réfugiés djiboutiens
Commentaire de Uguta-Toosa : Notre
parti est sensible à la question des réfugiés
djiboutiens et fait tout son sensible, en diffusant dans la mesure
du possible les informations les concernant, en luttant depuis longtemps
aux côtés de l'ARDHD et apportant notre soutien moral
à ceux qui en ont besoin. Depuis l'entrée en scène
de Monsieur Omar Gabassé, nous sommes davantage sollicité.
Nous tenons à souligner son dynamisme, sa motivation hors
de commun et l'acharnement qu'il met à vouloir donner le
plus possible d'informations sur les réfugiés djiboutiens
qui survivent en Ethiopie.
Nos félicitations à Omar Gabassé. Le premier
succès est également à mettre au compte des
personnalités qui entourent Jean-Loup Schaal.
ali
coubba
Informations
sur les réfugiés djiboutiens - décembre 2009
29/11/09 (B527) : 16ème
anniversaire de l'arrivée des premiers réfugiés
djiboutiens à Addis Abeba. Arrivée le 15 décembre
de la première famille en France. (www. ardhd.org)
Les
représentants des réfugiés installés
à Addis Abeba nous ont fait savoir que la première
famille qui a été acceptée par la France, dans
le cadre des programmes internautionaux de réinstallation
du HCR, prendra l'avion le 14 décembre à Addis Abeba.
L'arrivée du vol 704 d'Ethiopian Airlines est prévu
le mardi 15 décembre vers 5h45 à Roissy Charles de
Gaulle Terminal 2A.
Nous espérons que la communauté djiboutienne déléguera
des représentants pour accueillir cette femme et ses deux
enfants, afin de lui apporter un soutien indispensable et pour l'accompagner
ensuite dans cette nouvelle vie en France. (www.ardhd.org)
30/11/09 (B527)16ème
anniversaire de l'installation des premiers réfugiés
djiboutiens en Ethiopie. Trois nouveaux dossiers acceptés
par la France.
Les
services du HCR viennent de nous informer que trois nouvelles familles
de réfugiés avaient été acceptées
par les autorités françaises, ce qui porte le total
à 4 à ce jour.
Quand
on parle de famille, il s'agit bien entendu des parents et de leurs
enfants. On estime qu'une vingtaine de personnes est concernée.
Nous
savons que ces nouvelles font renaître l'espoir d'une réinstallation
au sein des familles de réfugiés qui vivent dans un
dénuement presque total en Ethiopie, à Addis et/ou dans
les régions Afar.
Le
Comité de soutien aux réfugiés djiboutiens d'Addis
se réjouit de ces premiers succés. Même si les
accords ne concernent encore qu'un petit nombre de familles, c'est
une première qui a été obtenue, en grande partie,
grâce à l'engagement sans faille des membres du comité
conjointement avec le travail du HCR.
Surtout
ils permettent d'espèrer que d'autres accords de réinstallation
seront offerts à des familles "en attente", soit
par la France, soit par les USA, le Canada ou d'autres pays européens.
-----------------------
30/11/09 (B527) : 16ème
anniversaire de l'installation des premiers réfugiés
djiboutiens en Ethiopie. Omar Gabasse exprime son émotion à
l'annonce de l'accord de la France pour la réinstallation de
trois nouvelles familles supplémentaires.
Vous
ne pouvez pas imaginer combien a été grande ma joie
dès que j'ai appris cette bonne nouvelle pour mes frères
réfugiés d'Addis Abeba. C'est le résultat du
travail extraordianire d'une equipe déterminée, solide
et engagée.
Au
nom des réfugiés Djiboutiens que je co-représente,
je tiens à remercier, par la présente, l'ARDHD, son
president l'infatigable Jean-Loup Schaal (qui a été
choisi comme co-représentant par les réfugiés)
et sa vice- présidente Anne-Marie de Vaivre, Survie et en particulier
la présidente du Groupe Paris Ile-de-France, Uguta-Toosa n'a
pas ménagé non plus ses efforts ni son soutien à
partir du moment où son Président a été
sensibilisé par le sort des réfugiés Djiboutiens,
Cassim Ahmed Dini s'est investi en faveur des réfugiés
et il a participé à des rencontres avec les autorités
internationales, sans oublier toutes les Associations humanitaires
qui se sont mobilisées a nos côtés, pour relayer
nos appels.
J'adresse
un remerciement particulier à Madame Thirode du bureau du HCR
de Paris qui a toujours été à l'écoute
de nos informations et qui s'est mobilisée avec discrétion
et efficacité pour obtenir le resultat que nous connaissons
aujourd'hui
Nul
doute que ses collègues, responsables de la direction des bureaux
HCR d'Addis et de Nairobi, ont contribué activement à
cet heureux dénouement et je leur adresse aussi tous mes remerciements.
__________________________
J'attire l'attention sur le cas de certains Djiboutiens, réfugiés
à Addis Abeba. Il s'agit de sept personnes récemment
enregistés par le HCR et l'ARRA.
Bien
que reconnus désrrmais comme réfugiés, ils ne
bénéficient encore d'aucune assistance sociale ni médicale.
Malheureusement
la liste ne cesse de s'allonger de jour en jour. En effet, je rappelle
que des milliers de réfugiés djiboutiens n"ont
toujours pas été reconnus par la communauté internationale
et en particulier par le HCR. Ils sont réduits à (sur)vivre
dans des conditions humanitaires lamentables. La majorité a
trouvé des refuges de forture dans la région Afar d'Ethiopie.
Notre
combat ne se termine pas là. Bien au contraire nous devons
le poursuivre et l'amplifier. Car les réfugiés Djiboutiens
comptent sur nous tous. Sans notre aide, ils seraient de nouveau livrés
à l'oubli. Ils ont pleinement conscience des progrès
qui ont été accomplis depuis que l'ARDHD s'est mobilisée
pour sauver la petite Hasna en janvier-février 2008.
Depuis
le milieu de 2007, le HCR et l'ARRA s'employaient à convaincre
les réfugiés qu'ils n'avaient plus d'autre choix que
d'accepter leur retour forcé sur le sol djiboutien.
Grâce
à la médiatisation de leur sort, les choses ont beaucoup
changé et les dossiers avancent aujourd'hui. Le moral de nos
soeurs et de nos frères est remonté d'un cran car ils
mesurent concrètement les progrés accomplis, même
s'ils souhaitent que leurs dossiers avancent plus vite et surtout
que des blocages "parasites" à certains niveaux de
la chaîne cessent enfin de ralentir l'instruction normale de
leurs demandes de réinstallation..
Un
grand merci et bravo à toute l'équipe. Le combat continue...
Omar
GABASSE
co-représentant des réfugiés djiboutiens en Europe
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
La population de Djibouti consomme du Khat dans une proportion de
90%. C’est une plante aux substances psychotropes qui règle
le comportement de ses sujets en les rendant entière-ment dépendants.
La drogue nationale : le bonheur pour tous
Les
leaders politiques et les plus fortunés de nos compatriotes
en sont les plus friands. Or le Khat est une drogue plus ou moins
interdit à travers le monde. L’Arabie Saoudite et la
France, pour ne citer que ces deux pays, le considèrent comme
une drogue à part entière. Elles le soumettent aux mêmes
législations que la cocaïne et les autres drogues dures.
Lorsqu’on la consomme quotidiennement, cette plante induit des
hallucinations et une forte dépendance. Un politicien
qui hallucine est un malade inapte à assumer des responsabilités
pour l'intérêt de la collectivité.Il
mérite plutôt de bénéficier des soins thérapeutiques
particuliers. Cette drogue, comme toute drogue est néfaste
à la santé de ses consommateurs et déstabilise
les foyers, car sa consommation absorbe plus de 50% de revenus de
ménages..
Un drogué, par nature, fonctionne au gré de sa dose
quotidienne.
La République de Djibouti tire un profit substantiel du commerce
de Khat. En substance une drogue ! Presque l’ensemble de la
population est soumise à sa prise. Il est consommé par
toutes les couches sociales allant du simple citoyen au Président
de la République. Les femmes, en nombre beaucoup moindre autrefois,
en raffolent autant que leurs maris.
A midi, la faune humaine attend le khat
A
partir de midi, Djibouti ressemble à une basse-cour où
les animaux s’agitent devant leur maitre pour recevoir leur
repas. Dans un tohu-bohu indescriptible, ils se bousculent, s’insultent,
se marchent dessus. Devant la vendeuse du Khat, ils se comportement
comme des mendiants. Et pourtant cette plante n’est pas gratuite.
Ils quémandent un produit dont la valeur marchande dépend
de leur bon vouloir.
A ce moment-là, on payerait une fortune pour l'avoir. La conscience
vacille. Et on peut tout se dire. C’est l’euphorie. Les
mots n’ont pas les mêmes significations qu’en temps
normal. Une fois leur dose quotidienne dans la main, les hommes ont
un comportement apaisé. Leur journée est assurément
validée. Chacun se dirige vers lui, fier et ne doutant guère
de lui et de sa valeur.
Le
brouteur du khat n'a jamais des problèmes !
Il
rentre chez lui en conquérant. Joyeux mais excité, le
brouteur du khat ingurgite en un temps éclair le bol de riz
pour lequel on l’attendait à la maison. A peine assis,
on le voit se lever, ignorant même le goût qu’avait
le repas avalé dare-dare. Dans leur précipitation, certains
hommes ignorent même, si ce qu’ils viennent de manger
était salé ou pas. Pressé, il quitte sa maison,
mâchant sa dernière bouchée de nourriture tout
en marchant. Telle une équipe de football, ses compagnons l’attendent
au mabraze, lieu où l’on consomme du khat. Assis
à sa place habituelle, on se met à parler à bâtons
rompus. De tout et de rien. C’est un moment d’extase !
On crie, on hurle, on parle de tout ce qui passe par la tête.
On niche sa botte de khat dans un morceau de tissu humide réservé
spécialement à son usage, on le bichonne, on le protége
de la chaleur ambiante. Au contact du khat, son propriétaire
a l’impression que rien ne lui manque. Les problèmes
et les soucis s'avanouissent comme par enchantement. On se sent à
l’abri de toutes les petits grands malheurs qui assaillent l’être
humain.
Le brouteur est au-dessus de sa condition sociale
Si on est sans emploi, il suffit d’aller brouter dans le même
mabraze qu’un ministre pour se sentir égal à
ce dernier. Pendant un instant, on se prévaut de mêmes
prérogatives que lui. Les sujets de discussion sont multiples,
variés, sans tête ni queue. On aboutit à des consensus
sur des questions sur lesquelles en temps normal, on ne pourrait jamais
être d’accord. On se plaît à disserter sur
tous les sujets avec une extraordinaire lucidité. Celle est
bien entendu apparente. De préférence, on débat
des problèmes des autres, mais jamais des siens. Car le brouteur,
une fois au-dessus de sa botte de khat, n’a pas de problèmes
! Il ne peut pas en avoir pour une raison simple : il évolue
dans un univers issu de son imagination.
L’actualité internationale est le sujet favori des consommateurs
du khat.
Quand ils abordent des sujets à caractère local, ils
le font avec prudence et avec un certain doigté, pour ne pas
se compromettre. Malgré l’action de la drogue sur leur
conscience, c’est un réflexe auquel la vie les a depuis
peu initiés. A l’annonce de certains sujets, la censure
tombe automatiquement sur le mabraze et on change aussitôt de
chapitre.
L'indifférence
face à l'injustice
Autrefois,
les Djiboutiens s’offusquaient devant toute forme d’injustice.
Ils réagissaient spontanément sans crainte de l’autorité.
Aujourd’hui, l’Etat tue, l’armée nationale
viole ou l'administration publique abuse de tout le monde. Pourtant
les Djiboutiens ne bougent pas. Ils sont indifférents aux malheurs
des autres. On laisse faire. On ne sait par quelle magie, les autorités
djiboutiennes ont neutralisé les valeurs et le courage qui
animaient la population. Rien n’a de la valeur, même la
vie des innocents qu’on aimait à défendre autrefois
!
Au fait a-t-on simplement et sans le savoir enterrer ce qui constituait
cette djiboutienneté ? Les voleurs sont devenus aux
yeux de la population « des lions » (libaac, lubooka).
Les malfrats passent pour des gens intelligents et habiles.
Des promesse en l'air menant à la mort
En
tout cas, on parle jusqu'aux alentours de 19 heures, voire 20 heures.
Alors la cloche cérébrale sonne et la logorrhée
verbale s’arrête. La plante injecte dans le corps une
dose supplémentaire de son concentré maléfique
qui tranquillement impose ses effets de domination et de soumission.
Les hommes ne parlent comme au début de la séance. Ils
s’observent en silence. A ce moment rare, tels des anges, ils
semblent sensibles à toutes les souffrances du monde. Chacun
affiche une mine pitoyable ou des yeux exorbités. « Ils
sont mirgaan (ivres) », dit-on.
Nombreux sont ceux qui, à cet instant, jurent qu’ils
ne le toucheront plus à cette maudite plante. Que la prise
d’aujourd’hui sera leur dernière consommation.
Leur décision s’apparente malheureusement à celle
d’une femme enceinte qui, sous l’effet de la douleur que
lui infligent les contractions qui précédent l’accouchement,
hurle que c’est la dernière fois qu’elle tombe
enceinte. Nous le savons tous, une fois délivrée de
cette brève douleur, la mère renoue le plaisir d’avoir
un autre enfant. Parfois le désir est plus vif et plus beau.
Ici, le brouteur continuera à brouter sans bénéfice,
jusqu'à l’épuisement total, voire fatal à
son corps et à son esprit.
Le gouvernement et l'opposition sous la drogue
Les
membres d’un gouvernement et l’opposition forment en principe,
dans une gestion saine d’une société, un binôme
nécessaire et sans laquelle aucune gestion ne peut présenter
un caractère sérieux. A Djibouti, les premiers exercent
leur pouvoir sans leur paire nécessaire. Loin de s’en
émouvoir, ils se réjouissent de leurs absences préjudiciables
à l’intérêt du pays et assument sans gêne
la perte de crédibilité de leur politiques. Ils l’exercent
avec une tranquillité déconcertante. Quant à
l’opposition, on dirait que l’effet du khat est plus marqué
auprès de ses membres. Ils ne se s’inquiètent
pas d’offrir autant de tranquillité aux autorités.
Gouvernants comme opposition vivent dans une sorte d’irréalité.
Car le khat ne permet pas à ses usagers d’aller au devant
de la réalité. Leur vie est truffée en permanence
des faux semblants : un petit communiqué une fois par an, telle
une pratique religieuse; un pèlerinage bien symbolique pour
les uns; des promesses sans cesses répétées mais
jamais tenues pour les autres. Chacun se plait à sauver l’apparence
et la partie continue indéfiniment.
La vie a Djibouti est donc dictée par son Excellence le Khat,
qui consolide de jour en jour son pouvoir sur la population. Si on
aspire toutefois à une forme de liberté, le premier
pas sera de se libérer de son emprise. Si on se plait dans
ces pratiques alors il reste à tout un chacun de faire le deuil
de la vérité, de la justice et de droit. En somme, un
trait sur l’avenir du pays. Une opposition qui se plait dans
ses mutismes n’est ni digne de porter son nom, ni légitime
pour exister. (à suivre)
Y.M.B.
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
la onstitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre 27 / Communiqué
du 19 Novembre 2009 de l'ARD (Alliance Républicaine pour
le Développement)
Convaincu
de la nécessité d'impliquer toutes les composantes de
la diaspora djiboutienne dans le combat démocratique, Le Comité
exécutif de l'ARD réuni en session ordinaire, a décidé
de procéder aux nominations suivantes :
-
M. Madhi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président,
- M. Hassan Cher Hared, en qualité de représentant
de l'ARD en Suisse,
- M. Hamad Daoud, en qualité de représentant
de l'ARD en France.
Signé
par le Président de l'ARD.
---------------------
La
nomination de Mahdi Ibrahim Ahmed God au poste de vice-président
de l'A. R. D.
Mahdi
Ibrahim God étant un responsable politique confirmé,
pour ainsi dire un vétéran de la chose publique, il
n’est pas question ici de s’attarder sur sa nomination
à la fonction de vice-président de l’ARD (Alliance
républicaine pour la Démocratie). Ancien membre de l’exécutif
de cette formation, actif sur la scène nationale depuis plus
de deux décennies, il n’a rien à démontrer
ou à prouver dans le domaine de l'action politique. De plus,
en tant que membre d’une communauté djiboutienne lourdement
marginalisée dans notre pays, en l’occurrence les Gadaboursis,
il apporte une visibilité certaine à ce groupe social
et renforce du coup l’image de son parti auprès de l’opinion
publique. Par ailleurs, l'ARD semble en pleine recomposition.
Un
membre d'une nouvelle classe politique
La plupart du temps, la nomination des vices-présidents afar,
somali et arabe, obéit à des calculs purement arithmétiques,
à des rafistolages factices, afin de faire croire que le parti
a une assise au sein de toutes les communautés nationales (afar,
arabe, issa, gadboursi, issaq). Ici, nous sommes dans une démarche
différente. Nous n’avons pas affaire à un ancien
apparatchik du R.P.P. qui s’est reconverti en 1991-1992, lorsqu’il
a senti le vent tourné. N’ayant pas trempé dans
les allégeances ethniques, il se situe dans la lignée
de cette élite politique cultivée, moderne et ouverte,
qui représente l’avenir de la république de Djibouti.
Ses compétences personnelles sont incontestables. Prenant exemple
sur lui, les Djiboutiens gadaboursis, jeunes et moins jeunes, pourraient-ils
voir dans cette nomination l’occasion de prendre assaut les
partis politique actifs sur le terrain ? Après tout, leur poids
économpique, intellectuel et politique, que le régime
cherche à combattre depuis trois décennies, demeure
indéniable dans notre société.
Précédemment, dans les colonnes de Uguta-Toosa,
j’invitais les Gadaboursis à créer leur propre
parti politique parce que, à mon sens, la réalité
politique djiboutienne l’exige. Ce faisant, je laissais en suspens
l’autre terme de l’alternative qui consiste à se
fondre dans les autres partis, à ne pas s'afficher tribalement.
Mahdi
I. God fait partie de ceux qui refusent de donner toute coloration
tribale à leur engagement tribal. Cette approche, lorsqu’on
a les compétences du nouveau vice-président et qu'on
s'est engagé depuis de longue date en politique, tombe sous
le sens. Mais en marge de ce type d'engagement, il y a un aspect qu'il
convient de regarder.
Contrer la propagande du régime
C'est
vrai que la classe politique somalie souffre d’une dangereuse
atomisation et qu'il serait contre-productif d’en rajouter d’autres
clivages sous forme de "parti politique gadaboursi » ou
« parti politique issaq », etc. Cet argument se tient
mais il n’en demeure pas moins que les clivages tribaux (issa,
gadaboursi, issaq) font partie de notre histoire. L’éluder
ne servirait à rien d'autant que la société djiboutienne
et la réalité régionale nous l'impose. A notre
avis, il est urgent de récuser d'une anière frontale
et directe la propagande étatique qui estime, à tort,
que les Somalis allogènes ne sont pas de « vrais »
Djiboutiens ? Alors que les Issas de Dire-Dawa le seraient !
Si des dirigeants politiques de première importance, de la
trempe de Mahdi Ibrahim, assument des responsabilités importantes
au sein de Uguta-Toosa, du MRD, du FRUD armé, cela suffira-t-il
à mobiliser la communauté gadaboursi ? Je ne suis pas
convaincu de l'efficacité de cette démarche. Je continue
à plaider aussi pour une stratégie plus audacieuse.
En premier lieu, les Gadaboursis et Issaq doivent s’organisent
d’urgence en partis politiques autonomes. En deuxième
lieu, ils doivent rejoindre directement l’UAD ou passer des
alliances étroites avec des formations politiques à
dominante afar et à dominante issa. Cette façon de procéder
doit intervenir avant la transition démocratique.
Docteur Hamad Daoud
Représentant de l’ARD en France
Cette
nomination va provoquer des remous au sein de la diaspora djiboutienne.
Celle-ci se caractérise, comme nous l’avons déjà
noté, par le dénigrement des partis d’opposition
et la consommation du khat. Sa contribution à la lutte contre
la dictature demeure nulle pour l'instant. Une dictature qui, ne l’oublions
pas, expliquerait l'exil et la présence problématique
de ces "opposants potentiels" en Europe, au Canada et aux
Etats-Unis.
Une figure emblématique de la diaspora djiboutienne
Hamad
Daoud, docteur en médecine, est la figure emblématique
de cette diaspora, issue du cursus universitaire, avec laquelle notre
parti politique, Uguta-Toosa, a voulu créer une opposition
organisée et combative à l’étranger. Cette
stratégie n'a pas donné les résulats escomptés
parce que les hommes et les femmes à qui on s’adressait
n’avaient pas atteint le niveau de mobilisation sociale
requise.
Après des années d’hésitation, Docteur
Hamad a franchi un pas que ses camarades n’osent pas encore
franchir. Il l'a fait dans des conditions, disons, opportunistes.
En politique, l’opportunisme n’est pas une valeur négative.
D’après les théoriciens américains, K.
Deutsch et D. Lerner, la modernité d’une société
se mesure en comparant plusieurs indices. Ceux qui nous intéressent
portent sur les variables suivantes : l’alphabétisation,
le niveau d’éducation, l’accès
aux mass-media. Or le public que nous visons est urbanisé.
Il vit en Occident, dans des sociétés démocratiques.
Nombre d’entre eux disposent d’un revenu mensuel. Pour
être imparfaite, l’intégration à la société
d’accueil est probante. En théorie, la diaspora djiboutienne
réunit toutes les conditions « capables de lui assurer
un fonctionnement réellement démocratique »
(K. Deutsch). Or, ce n’est pas le cas.
Bien que dotée d’un niveau intellectuel assez conséquent,
la diaspora djiboutienne ne se mobilise pas. La corrélation
entre leur niveau d’éducation et d’information,
leur engagement politique et leur intégration au « public
social et politique », n’est pas évidente.
La réponse de leur immobilisme réside dans la difficulté
éprouvée par beaucoup d’entre eux à rationaliser
leurs aspirations et à rompre avec les allégeances traditionnelles.
Un Djiboutien, même universitaire, a encore du mal à
raisonner en tant qu’individu. Il a du mal à rompre avec
sa tribu (avec l’ordre ancien). Alors que sa culture
devrait le porter vers des idées politiques modernes (réussite
personnelle, intérêt général, respect des
lois, croyance aux valeurs universelles de liberté et de démocratie,
etc.), il compte sur son cousin bien placé. De préférence,
il adhère au parti qui est dirigé par son cousin.
Un
long et chaotique cheminement
Docteur
Hamad a fait un long cheminement. Il a beaucoup hésité
à s’engager clairement et franchement. L'indécision
: un trait de caractère qu’il partage avec toute sa génération
que nous appelerons "les trentenaires", bien que certains
ont dépassé la quarantaine ! Cependant, par rapport
à ses camarades, il manifeste un mélange d’impatience
et de maladresse qui n’appartient qu’à lui.
Ces dernières années, son activisme a été
remarquable. Tantôt, il voulait être membre du FRUD armé,
tantôt il voulait rejoindre Uguta-Toosa, tantôt il voulait
créer un nouveau parti politique. Toujours insatisfait, essayant
de jouer les intermédiaires pour réconcilier les opposants,
d'arbitrer des conflits impossibles à résoudre, de garder
le contact avec les dirigeants politiques (Kadami et moi). L’opposition
existante lui paraissait indigne de lui. Par-dessus tout,
il a beaucoup dénigré Uguta-Toosa et son président,
comme pour mieux valoriser sa personne. Tout cela ne menant
à rien, il a fini par comprendre que le terrain était
occupé et bien occupé.
Maintenant, sorti de l’anonymat politique, après l'intermède
associatif qui ne rimait à rien pour quelqu’un comme
lui, il assume une responsabilité importante au sein de l’ARD.
Se demander s’il sera à la hauteur de cette mission est
une question futile. Car Hamad Daoud dispose de réels atouts
pour réussir : docteur en médecine, bonne capacité
d’analyse, dynamisme certain, bon orateur, etc. Quant à
s’imposer, il est trop tôt pour le dire. Disons qu’il
doit faire ses preuves.
Si nous avons consacré ces quelques lignes à un nouveau
responsable, nouvellement arrivé sur la scène politique
mais mieux armés que certains, c’est parce que notre
parti est en pourparlers avec l’ARD. Nous voulons aussi inciter
les nombreux membres de la diaspora djiboutienne à prendre
exemple sur docteur Hamad Daoud et de sortir de l’anonymat.
Ali
Coubba
Uguta-Toosa, novembre 2009
D'après notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le
pouvoir en 2011
Titre
28 /
Que s'est-il réellement passé entre IOG et Booré
(l'homme d'affaires djiboutien) ? (Angel Free)
Angel
free nous a donné cette semaine une autre information
en provenance de Djibouti : les sites de Uguta-Toosa (www.uguta.org)
et celui de l'ARDHD (www.ardhd.org) ne feraient plus l'objet de censure
à Djibouti-ville. Si c'est le cas, cela signifie que le dictateur
djiboutien libère un peu, en prévision des élections
présidentielles, l'espace public dans le but de faire croire
que son régime accepte la liberté d'expression !
Quelqu'un pourrait-il vérifier cette information et nous la
confirmer? Merci. (A.C.)
Depuis
quelques temps, je mène une enquête sur le conflit qui
oppose le chef d’Etat djiboutien à l’homme d’affaires
banni, M. Booré.
D’après les personnes proches des deux parties et qui
connaîtraient bien le dossier, il faut se mettre plus ou moins
dans la peau d’Ismail Omar Guelleh pour comprendre l’origine
du conflit. La personnalité et la paranoïa expliqueraient
la réaction violente du chef d’Etat contre son ancien
ami.
Le
chef de l'Etat avait peur de la popularité de son associé
Voyant son ami et associé, Monsieur Booré, acquérir
une notoriété égalant la sienne, voire un peu
plus grande que la sienne, le président a voulu réagir.
Les Djiboutiens parlaient en effet beaucoup de l’entreprenier
à qui tout semblait réussir sue le plan économique.
Il n’était pas plus aimé que IOG mais moins détesté
que le chef d’Etat. Ce dernier avait marre d’entendre
partout que le nom de Booré était associé à
tous les grands projets réalisés dans le pays.
Ces rumeurs étaient, politiquement parlant, mauvaises pour
IOG, surtout s’il voulait se maintenir au pouvoir, en changeant
la Constitution afin de briguer un troisième mandat présidentiel.
Aucun membre de son gouvernement ne pouvait et ne peut se prévaloir
d’avoir réalisé quoi que ce soit dans le pays.
Il n’ y avait que Booré qui lui faisait de l’ombre.
De plus, Borreh s’était acheté un avion privé
! Ce qui a encore ajouter de l’huile sur le feu !
Mesures
radicales du chef d'Etat contre son ancien associé
Alors, ne pouvant plus supporter la popularité de son associé
et ne pouvant s’offrir le luxe de croire que celui-ci ne nourrissait
pas aucune ambition politique, il a préféré l’écarter
avant les prochaines échéances électorales. Il
était conscient que Booré apparaissait de plus en plus
comme un rival potentiel, dangereux et influent.
Ismail Omar Guelleh, son épouse Kadra Haid et consorts ont
décidé alors d’en finir avec lui. Il faut le reconnaître
d’une manière ignoble : en le forçant à
l'exil, dilapidant sa fortune, détruisant une à une
les sociétés qu’il avait créées,
saisissant ses biens. Ainsi les autorités djiboutiennes n'ont
pas hésité à détruire au passage des milliers
d’emplois.
Mais le Bon Dieu en a décidé autrement. Leur plan initial
ne s’est pas déroulé comme ils l’avaient
prévu. Booré a pu s’en fuir et se mettre à
l’abri de leurs exactions sur sa personne. IOG s’est créé
de nouveaux ennemis au sein de sa tribu.
L'un
a affaibli l'autre, et vice-versa
Ce
qui est sûr c’est que depuis ce conflit, Ismail Omar et
son ancien associé Booré se sont beaucoup affaiblis.
Tant que le combat continue, ils vont continuer à s’affaiblir
davantahe et mutuellement. Cette réalité ouvre de nouvelles
perspectives et opportunités à d’autres candidats,
à d’autres forces, et particulièrement à
l’opposition djiboutienne. Au lieu de faire cavalier seul, l’homme d’affaires
serait plus avisé de rejoindre les rangs de l'opposition ou
de l'aider d'une manière franche ?
Pourvu
que le match IOG vs Booré continue…
Uguta/Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
FORUM POUR LA DEMOCRATIE ET LA PAIX
Chaussée de Louvain 124,
1210 Bruxelles
Projet
: Journée d’information sur le massacre d’arhiba
le 18/12/1991 à Djibouti
Titre : Commémoration du 18 décembre 1991, où
va Djibouti ?
Salle : Pianofabriek
Rue du Fort, n°35
1060 Saint- Gilles, Bruxelles
Modératrice
: Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
Le samedi 19 décembre 2009 de 14 h à 17 h
Durée de
l’intervention - Intervenants - Titre
15’ HOUMADO
: Introduction
20’ Film sur le massacre d’arhiba 18/12/91
15’ ALI COUBBA : la violence politique à
Djibouti. Ses origines, ses méthodes et ses conséquences
15’ DAHER AHMED FARAH : Les victimes civiles à
Djibouti
15’ MOHAMED KADAMY : Les représailles sur
les civils soupçonnés de soutenir la rébellion
à l’extérieur de Djibouti et la situation actuelle
15’ CASSIM AHMED DINI : Comment et pourquoi commémorer
le 18 décembre?
15’ PUBLIC : Questions
15’ HOUMADO : Conclusion
La
commémoration du massacre d'Arhiba (18 décembre 2009)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Comme
chaque année, les associations djiboutiennes (ADD et FDP)
appellent la diaspora djiboutienne à manifester devant les
ambassades djiboutiennes à Paris et à Bruxelles pour
ne pas oublier le massacre d'Arhiba. Nous savons que ces
manifestations seront peu suivies parce que la division des
partis d'opposition resurgit sur cet évènement qui
aurait dû normalement susciter le consensus de tous les partis
d'opposition. Si l'on
cherche à donner un sens, une signification, à cet
évènement barbare perpétré par le régime
djiboutien sous la présidence de Hassan Gouled (1977-1999),
il faut le rapprocher de ce qu'on appelle en principe le "terrorisme
d'Etat".
Le massacre d'Arhiba constitue pour nous le
paroxysme de la violence politique pratiquée par une
génération d’hommes ayant bu, à la mamelle
tribale. Le principal mobile n'est rien d'autre que l'esprit de
vengeance et la haine de la communauté afar, bouc-émissaire
de l'Etat tribal. Toute la classe politique "issa", membres
du gouvernement de Hassan Gouled, a participé à la
prise de décision collective qui a eu lieu lors de la réunion
qui s'est déroulée au Palais présidentiel,
à la veille du massacre. Il fallait coûte que coûte
venger l'embuscade de Kalaf organisée le 17 décembre
1991 par les rebelles du FRUD armé ! Compte tenu des partiques
gouvernementales depuis trente deux ans, licenciement économique
(violence structurelle),marginalisation, répression ciblée,
massacre, exécutions sommaires, il est impossible de faire
dans notre pays l'économie d'une Conférence
nationale. L'UAD doit intégrer dans
sa plateforme politique cette formule politique.
(Uguta-Toosa, décembre 2009)
(Uguta-Toosa)
MOUVEMENT
DE SOUTIEN AUX VICTIMES CIVILES
(Extraits du « Bulletin d'information n° 1 », 9
janvier 1992)
(Archives de « La Tribune de l'opposition »
-
Paris, décembre 1991)
« 59 morts, plus de 300 blessés et 7 disparus
: tel est le bilan provisoire de l'abominable massacre perpétré
le 18 décembre 1991 dans le quartier d'Arbiha par l'armée
nationale, la gendarmerie et la police. »
« On sait que la guerre entraîne avec elle des atrocités,
des destructions et des pertes humaines entre les deux parties en
conflit tout en préservant au mieux la vie des populations
civiles habitant dans les contrées avoisinant le champ de bataille.
On ignorait par contre que celle-ci avec sa face cachée ne
respectait pas ces règles. Au menu de la contre-offensive AND/FNS,
comme horsd'oeuvre, tirs à vue sur tout ce qui bouge, cheptel
ou nomade, civil ou rebelle, femme ou enfant, et en plat de résistance,
pillage, destructions et incendie de toute habitation.
IV.
LE D ROULEMENT
6H00 du matin, le quartier d'Arhiba est totalement
investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes
coalisées dans une action militaire sans précédent
à Djibouti-ville d'environ 400 personnes en armes et équipements
de guerre.
Alors que l'essentiel des troupes d'assaut est placé en position
de tir dans les tranchées, dans les tanks, sur des jeeps
et sur les vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis
des gourdins, est chargé de convaincre leurs frères
de sang avec lesquels ils engagent le dialogue. Parallèlement,
les "crânes rasés" issus de la mobilisation
générale vident tous les civils de leurs cases en
cartons et les rassemblent sur le terrain vague. 7H00 : Les premiers lève-tôt d'Arhiba
II, sortis de chez eux, sont aussitôt embarqués dans
les camions mis à la disposition des caméras que les
Français n'ont certainement pas manqué de sortir pour
un tel flagrant délit.
Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont
le ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons,
mais continuent à pourchasser les rescapés dès
que le Puma s'éloigne. Au second passage, les "chasseurs"
décident de se retirer et maquillent le chiffre réel
du carnage en s'empressant d'entasser dans deux camions un maximum
de cadavres.
Combien de morts? Impossible à dire avec précision.
Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent à
50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les
hommes en uniforme quittent enfin Arhiba. 8H00. Les habitants d'Einguela constatent que le
terrain vague des Salines qui s'étend au Nord d'Arhiba est
lui aussi quadrillé par les hommes de la FNS, à la
hauteur du chantier séoudien jusqu'aux Théâtres
des Salines. Toutes les routes menant à Einguela sont bloquées
par les agents de la circulation et ni piétons ni véhicules
ne passent. Certains observateurs constatent qu'un long convoi de
véhicules militaires qui assure l'encadrement, se dirige
vers le secteur bouclé. »
Video
: extrait de la conférence de l'AFD organisée à
Bruxelle
le 19 décembre 2009
Modératrice
: Mme BENKHELIFA Selma
(Avocate spécialisée dans le droit des étrangers.)
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011
Titre
30/ 25ème
conférence ministérielle de la Francophonie
(La
Nation du N° 199 du Jeudi 17 Décembre 2009)
Commentaire
de Uguta-Toosa : Les conférences internationales servent
à accréditer à la fois la primauté de
l'Etat sur toutes autres formes d'organisations politiques et sociales
existant dans un pays, il est donc normal que la diplomatie régionale
d'Ismail Omar Guelleh soit saluée d'autant que, dans le cas
de la crise de Ras-Doumeira, l'Erythrée s'est mis dans de beaux
draps en multipliant des actions violentes et agressives à
l'encontre de ses voisins (Yémen, Ethiopie, Djibouti, etc.).
Inutile de vous rappeler ici que le conflit larvé entre Djibouti
et Asamara cache des enjeux et des alliances qui ont mal tourné
au sujet de la crise somalienne. La diplomatie régionale d'Ismail Omar Guelleh
se traduit par la violation constante des territoires éthiopiens
et la violence à l'encontre des nomades Afars d'Ethiopie, par
le biais des milices issa. Elle affiche une animosité jamais
démentie à l'encontre du Somaliland qui contrarie ses
ambitions hégémoniques dans la région de Zeylaq.
Sur le plan intérieur, la république
de Djibouti est un régime autoritaire qui se perpétue
grâce à la violence structurelle et symbolique imposée
à la société civile.
Une
convergence de vues
La
Conférence Ministérielle de la Francophonie, réunie
en sa 25e session, a adopté mardi dernier à l'unanimité
deux résolutions présentées par la délégation
djiboutienne lors du Conseil Permanent de la Francophonie qui s'est
tenue la veille. La première porte sur le conflit avec
l'Erythrée et l'autre sur la piraterie.
La
délégation de la République de Djibouti a été
représentée à cet effet par M. Ahmed
Ali Silay, Ministre Délégué Chargé
de la Coopération Internationale auprès du Ministre
des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale,
M.Rachad Farah, Ambassadeur de la République
de Djibouti en France et Représentant Personnel du Président
de la République auprès de l'organisation Internationale
de la Francophonie, et M.Mourad Houssein Mouti, Premier
Conseiller de l'Ambassade de la République de Djibouti à
Paris. Par la première résolution adoptée, concernant
l'action militaire conduite par l'Erythrée contre la République
de Djibouti, la Conférence Ministérielle de la Francophonie
"condamne fermement l'action militaire conduite par l'Erythrée
à l'encontre des territoires de Ras Doumeira et de l'île
de Doumeira, et exige de l'Erythrée qu'elle retire immédiatement
et inconditionnellement ses forces armées" notamment,
elle exhorte en particulier l'Erythrée "à faire
preuve de la plus grande retenue", demandant le retour au
statu quo ante bellum ainsi que la poursuite du processus de libération
des prisonniers de guerre, et déplore le refus de l'Erythrée
à recevoir différentes missions des Etats et organisations
régionales et internationales.
La
seconde résolution encourage la lutte contre la piraterie au
large des côtes somaliennes, félicitant la République
de Djibouti ainsi que les Seychelles et les autres pays de la région
pour leur assistance dans ce combat. (...)
L'adoption
de ces résolution à l'unanimité par les soixante-huit
Etats-membres de la CMF témoigne sans réserve du soutien
et de la solidarité de la Francophonie à la diplomatie
Djiboutienne et à la politique menée par M.Ismail Omar
Guelleh, Président de la République, Chef du Gouvernement,
saluant ses efforts pour la stabilisation de la région, de
même qu'elle témoigne de l'attachement de l'espace francophone
à l'avènement de la paix et de la stabilité en
Somalie, et dans l'ensemble de la région de la Corne de l'Afrique.
Uguta-Toosa,
novembre 2009
D'après
notre constitution, Ismail O. Guelleh doit quitter le pouvoir en 2011